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Un curé nommé Charles Chedaille

Thème : Personnalités, Religion | Commune(s) : SAINT-GOBAIN, CHAUNY, MESBRECOURT-RICHECOURT | Auteur : F.Bliaux


L’enfance

Charles Alexandre Chedaille est né le 22 février 1843 à Mesbrecourt (aujourd’hui Mesbrecourt-Richecourt), village situé au nord de Laon, près de la rivière Serre. Il est le fils d’Amable Chedaille, bourrelier et d’Adélaïde Lefèvre, fileuse de laine à domicile. Tous les deux sont originaires de Mesbrecourt. Il est leur second fils et a 7 frères et sœurs.

Charles Alexandre, enfant, est brillant à l’école et le curé de Mesbrecourt remarque son intelligence. Dès l’âge de 13 ans le curé demande aux parents de le laisser entrer au petit séminaire Saint-Léger de Soissons. Les parents hésitent malgré leur peu de richesse et l’annonce d’un septième enfant pour cette année 1856. L’accord est obtenu lorsque l’évêque de Soissons, Monseigneur de Garcignies, décide de prendre en charge les frais de scolarité du petit Charles.

Charles Alexandre entre au petit séminaire en octobre 1856. En 1861, à l’âge de 17 ans, il analyse devant les membres de l’académie littéraire, présidée par l’abbé Hurillon, l’oraison funèbre de la reine d’Angleterre.

Il entre en 1862 en classe de philosophie au séminaire Saint-Sulpice de Paris où il est ordonné sous-diacre le 27 mai 1865, puis diacre le 23 décembre de la même année.

La prêtrise

Sur demande de Mgr Dours, évêque de Soissons, il quitte le séminaire Saint-Sulpice en mai 1866 pour être ordonné prêtre dans la cathédrale de Soissons le 26 mai 1866. Puis il obtient pour 1867 et 1868 une bourse pour préparer sa licence de lettres et compléter sa formation théologique à l’École des Carmes de Paris.

Sa licence de lettres en poche, Charles Alexandre Chedaille est engagé à Bruxelles comme précepteur d’une riche famille d’aristocrates belges, celle du comte de Meeus. Il voyage avec eux en Orient, en particulier sur les traces de la vie du Christ. Arrivé au Caire, il reçoit un message de l’abbé Mignot, un ami qu’il a rencontré au séminaire Saint-Léger puis au séminaire Saint-Sulpice de Paris. Celui-ci est alors vicaire à la basilique de Saint-Quentin. Il lui annonce sa nomination possible comme vicaire à Saint-Quentin. Il ne peut refuser une telle promotion. Il est nommé le 1er mai 1869 et quitte la famille du comte de Meeus.

La Guerre de 1870 le voit s’occuper des blessés. Il reçoit une décoration pour son dévouement. C’est sans doute cette action pendant la guerre qui lui vaut en 1874 d’être nommé aumônier auxiliaire attaché à la garnison de Saint-Quentin.

Ses qualités littéraires vont lui permettre de participer au journal La Semaine Religieuse de Soissons et d’en devenir le directeur de 1882 à 1902. Son influence est alors forte sur les catholiques du diocèse. Il peut y faire connaître ses idées ainsi que celles de son ami l’abbé Mignot.

De juillet à septembre 1874, les deux amis effectuent un nouveau voyage en Terre Sainte.

En 1877, à 34 ans, Charles Alexandre est nommé supérieur de l’Institution Saint-Charles de Chauny. Il la dirige huit ans jusqu’en juillet 1885, date à laquelle l’institution est détruite par un incendie.

Il est nommé, ainsi que l’abbé Mignot, chanoine honoraire en la cathédrale de Soissons en 1883. Il s’installe à ce poste le 5 janvier 1884. Il participe alors beaucoup aux travaux de la Société académique de Chauny et y présente un cycle de conférences.

Mais il faut trouver, malgré une vie mondaine assez remplie à Chauny, une nouvelle affectation à notre chanoine depuis l’incendie de Saint-Charles.

L’arrivée à Saint-Gobain

L’évêché le nomme en octobre 1887 curé de Saint-Gobain. C’est l’abbé Mignot, ancien doyen de La Fère dont dépend Saint-Gobain, qui installe son ami dans sa nouvelle paroisse en octobre. On peut aussi penser que ce dernier a usé de son influence auprès de l’évêque pour faire nommer Chedaille à Saint-Gobain.

Une visite pastorale en 1893 nous donne des renseignements sur la paroisse à cette époque : L’église est parfaitement entretenue, la chaire et les confessionnaux en parfait état, le linge blanchi et raccommodé en temps utile, le presbytère est neuf et ses jardins sont très bien entretenus tout comme la chapelle située dans la manufacture des glaces. Pas de difficultés, l’entretien est assuré par le personnel de la Compagnie. Il a en outre à sa disposition une bonne, la veuve Legrand âgée de 59 ans.

Pendant ses années gobanaises, il participe toujours activement à la vie religieuse de la région. Il prononce en 1889 l’éloge funèbre de l’abbé Gilquin, chanoine honoraire de Beauvais et un sermon à l’occasion de la fête patronale à Saint-Quentin. En 1890, il bénit deux cloches à Tergnier. Une visite pastorale a lieu à Saint-Gobain les 5 et 6 août 1890 avec le nouvel évêque de Soissons, Mgr Duval qui est reçu par l’abbé Chedaille, trois membres du Conseil d’administration de la Compagnie. Il donne la confession aux enfants, visite les ateliers de la manufacture, se fait promener en barque sur le lac qui sert de réservoir à l’usine. Le chanoine Chedaille prononcera alors un discours. En 1892, Chedaille est l’orateur choisi à Liesse pour commenter : savoir prier, savoir aimer, savoir souffrir.

L’évéché, le rêve de l’abbé

À partir de 1893 l’abbé Chedaille tourne son énergie pour devenir évêque. Il a 50 ans et rêve de gloire épiscopale. C’est un titre qu’il n’obtiendra toutefois jamais.
En 1895 il quitte la cure de Saint-Gobain. Il est nommé curé de Notre-Dame de Chauny en remplacement de l’abbé Jardinier qui vient de décéder. Cette nomination est confirmée par décret de Casimir-Périer, Président de la République, du 26 octobre 1895.


L’abbé Chedaille s’éteint le 30 novembre 1914 dans son presbytère de Chauny non sans avoir encore essayé en 1900 d’obtenir l’évêché de Mende.