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L’église de Blérancourt

Thème : | Catégorie : Églises | Commune(s) : BLÉRANCOURT | Auteur : Jean Gape


par Jean Gape d’après les documents de l’église

L’église SAINT-PIERRE-ES-LIENS, a bénéficié, au long des siècles, de transformations architecturales  successives afin de revêtir son aspect contemporain. Cet édifice a surgi de terre au XVIe siècle, grâce à l’impulsion de Guillaume de LANVIN, alors seigneur de Blérancourt, d’autres bienfaiteurs se joindront à lui, jusqu’au XXe siècle, pour parachève son œuvre.

Quelques dates importantes :

. 1537 :

Date figurant dans la décoration extérieure du portail central, elle permet ainsi de situer la fin du chantier initial (construction du chœur et de la nef centrale)

. 1620 :

Aménagement des deux bas-côtés, grâce à Bernard POTIER et Charlotte de VIEUX-PONT, son épouse.

.1740 :

Aménagement du chœur.

.1914-1918 :

Le bâtiment subit de lourde dommages liés à la guerre et bénéficière d’une vaste restauration, s’accompagnant notamment de la transformation du cloche, à la croisée du transept, désormais  davantage élancé et recouvert pour la circonstance en ardoise.

.18 janvier 1921 :

Il s’agit du classement à l’inventaire des monuments historiques pour cet ensemble architectural.

Quelques éléments remarquables

.le portail central :

De style renaissance, la décoration extérieure comporte les armes de la famille de LANVIN et de la famille de SANGUIN (d(ou est issue l’épouse de Guillaume).

Toutefois, de façon particulièrement insolite, deux gisants encadrent cette porte, dans une position verticale, surprenante et à priori illogique pour cette catégorie de sculpture. L’explication réside dans la découverte de ces pierres tumulaires lors de travaux sur le dallage du chœur, en 1840, aboutissant ainsi à leur scellement ultérieur ignorant leur destination première.

. Les vitraux :

Les trois verrières de l’abside rappellent au visiteur la dédicace de l’église. Le vitrail central (1926) évoque la libération de Saint-Pierre alors emprisonné, dans une fidele illustration d’un passage du livre des actes des apôtres (véritable œuvre de catéchèse, dans le médiéval l’esprit de l’art du vitrail).

Les vitraux latéraux (1937) relatent la vocation de l’apôtre PIERRE et son rôle de premier pape dans l’histoire de l’Eglise. Les vitraux situés dans deux transepts, par leur dessin plus moderne, font plutôt appel à la suggestion. En 1938 est installé dans le transept SUD (où sont inhumés Bernard POTIER et son épouse) un vitrail illustrant la mission pastorale (avec le thème du BON PASTEUR). Le vitrail illuminant le transept NORD, béni en 1989, à la facture indiscutablement contemporaine, suggère quand à lui le geste charitable de Saint-Martin.

.le carillon :

Apres l’armistice du 11 novembre 1918, la restauration de l’Eglise, grâce à des dons, elles purent être rapidement remplacées,

. La plus ancienne cloche, de taille modeste, à été offerte en 1921 par une citoyenne Américaine en souvenir de son Marie,  officier, mort au champ d’honneur pendant le premier conflit mondial.

La seconde s’appelle Louise, en l’honneur de SAINT-LOUIS, patron de l’Ile-Maurice (poids : 930 kg). C’est grâce à cette ile lointaine que la restauration de l’église put être entreprise.

La troisième cloche est nommée ANNE rappelant aux échos d’alentour l’œuvre admirable du Comité Américaine en faveur des régions dévastées par la guerre (poids : 660 kg).

La quatrième  cloche s’appelle Henriette fût offerte par les femmes Américaines et Française, en l’honneur des Combattants des deux Nations et des enfants de Blérancourt, Morts pour la France (poids : 465 kg).

Le baptême des trois dernières cloches a été célébré le 2 octobre 1924.

Vitrail

œuvre du maitre verrier Claude BARRE (Amiens) et de l’artiste-peintre Alain MONGRENIER

Ce vitrail, œuvre du maitre verrier Claude BARRE (Amiens) et de l’artiste-peintre Alain MONGRENIER, suggère, par un dessin aux traits résolument modernes, le geste charitable de SAINT-MARTINpartageant son manteau avec un nécessiteux.

L’impression première au regard de cette œuvre peut toutefois paraitre déconcertante.

En effet, le peintre à travers son dessin tout imprégné de vigueur, imprimé du mouvement presque guerrier de l’épée comme une véritable détermination inflexible : la charité ne semble pas s’accommoder de la moindre hésitation chez ce soldat !

Le visage de SAINT-MARTIN parait lui aussi décidé que le portrait du pauvre, par sa candeur, évoque si bien la vulnérabilité.

D’ailleurs, la position, supérieure dans la verrière, du visage de ce pauvre le met naturellement en évidence, allusion au christ secouru dans ce misérable, cet être fragile.

La partie basse du vitrail est habitée par un curieux ensemble de lignes tourmentées, à la lecture décidément interrogative au ordre mais non provocatrice. La persévérance du regard alliée à l’aide d’un guide permettent de distinguer, de façon fort subtile et particulièrement dans l’angle intérieur gauche, une allusion au cheval de SAINT-MARTIN, représenté franchement ici de manière non conventionnelle, dans un style audacieusement proche de l’esquisse.

Au dessin étonnant, par hardiesse, se marie, dans un heureux et fécond contraste, le traditionnel recours au verre coloré ; puisant dans l’univers de la symbolique, il apaise le rouge, couleur chaude et de proximité. Cette couleur habille naturellement le geste de SAINT-MARTIN, puisqu’elle rappelle l’Amour. Le rouge, évocateur de la Charité, méritait donc une place privilégiée dans le séduisant puzzle des verres colorés.

Le bleu, si dominant dans les vitraux médiévaux, symbolise la sagesse et procure une touche de profondeur au vitrail. Ce bleu trouve donc sa place à la fois dans cette verrière et dans le transept ici dédié à Notre-Dame.

Quand au mauve, disposé également dans une harmonie de ………………, celui-ci sert de délicate transition entre le rouge et le bleu.

Le maitre verrier a aussi utilisé, de façon dispersée et ponctuelle, la couleur jaune, chatoyante, en écho aux nappes de rouge. Comme un rayon de lumière, elle manifeste idéalement la gloire de Dieu.

Ainsi, cette œuvre d’art, si singulier, allie l’expression novatrice du peintre et le langage symbolique habituellement rencontré dans les vitraux, transmettant le souvenir d’un épisode parmi les plus populaires de l’histoire de l’église dans notre pays.

LE VITRAIL CENTRAL

Vitrail central

Ce vitrail est élaboré en 1926, fruit du …….. de J. Gaudin (PARIS) et L. MAZETIER.

Celui-ci, au graphisme délicat, se divise en deux panneaux, dans un juste équilibre.

Dans le panneau supérieur, SAINT-PIERRE apparait libre, accompagné par un ange semblant le guider tandis que dans le panneau inferieur est représenté le cachot vide, encadré par deux gardiens endormis, alors que les chaines ne retiennent plus prisonnier l’apôtre.

Ce vitrail illustre donc, avec clarté ces quelques versets des Actes des Apôtres, proclamés encore aujourd’hui lors de la ……………. des SAINTS PIERRE et PAUL. (Célébrée le 29 juin)

A cette époque, le roi Hérode Agrippa se mit à maltraiter certains membres de l’Eglise il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure était bien vue des juifs, il décida une nouvelle arrestation, celle de Pierre. On était dans la semaine de la Pâque.

Il le fit saisir, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il avait l’intention de le faire comparaitre en présence du peuple après la fête. Tandis que Pierre était ainsi détenu, l’Eglise priait pour lui devant Dieu avec insistance. Hérode allait le faire comparaitre ; la nuit précédente, Pierre dormait entre deux soldats ; il était attaché avec des chaines et devant sa porte, des sentinelles montaient la garde.

Tout à coup surgit l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. L’ange secoua Pierre, le réveilla et lui dit “lève-toi vite“. Les chaines tombèrent de ses mains, alors l’ange lui dit “mets ta ceinture et tes sandales“. Pierre obéit, et l’ange ajouta ; “mets ton manteau et suis-moi“.

Il sortit derrière lui, mais, ce qui lui arrivait grâce à l’ange, il ne se rendait pas compte que c’était vrai, Il s’imaginait que c’était une vision. Passant devant un premier poste de garde puis devant un second, ils arrivèrent à la porte de fer donnant sur la ville. Elle s’ouvrit toute seule devant eux. Une fois dehors, ils marchèrent dans la rue, puis brusquement, l’ange le quitte. Alors Pierre revint à lui, et il dit “maintenant je me rends compte que c’est vrai : le Seigneur a envoyé son ange, et il m’a arraché aux mains d’Hérode et au sort que me souhaitait le peuple Juifs. (Lecture du livre des actes des Apôtres. Chapitre 12. Verset 1-11).

Entre les deux panneaux figure un court texte, précisant que ce vitrail a été offert par le comte Américain pour les régions dévastées de la France (1914-1925). Perpétuant le souvenir émouvant de l’action remarquable des bienfaitrices Anne Morgan et Anne Murray DIKE.

LE VITRAIL LATERAL GAUCHE

vitrail lartéral gauche

Construit sur un schéma identique (un panneau supérieur et un panneau inferieur) ce vitrail, comme son homologue droit, est l’œuvre de M.DELANGE (PARIS) et R. DEPREZ.

L’installation de ces deux vitraux se situe en 1937. Ces considérations expliquent aisément le style différent, tant dans le graphisme que dans la totalité des couleurs.

Le panneau inferieur montre que l’apôtre PIERRE, frère d’André, est d’abord un pêcheur (ici dans l’accomplissement de son labeur quotidien) avant de devenir disciple du CHRIST.

Le panneau supérieur représente le CHRIST interpellant ce pêcheur et l’invitant à le suivre pour une autre tache. Le phylactère, judicieusement choisi dans les Evangiles, rapporte les paroles suivants : “SUIS-MOI, JE TE FERAI PECHEUR D’HOMMES“.

Un œil attentif remarquera, avec étonnement, que PIERRE possède un visage différent sur ces deux panneaux pourtant si proches. Ce détail provient d’une restauration entreprise au début des années 1980. Suite à une effraction (cette restauration s’est ainsi montrée dommageable pour l’impression d’unité du vitrail).

 

 

. La tourelle Sud :

Transformé en chapelle dédiée à SAINT-JOSEPH, elle abrite toujours les anciens fonts baptismaux (la forme octogonale du baptistère en lien avec la symbolique chrétienne).

. La litre funéraire de la famille POTIER DE GESVRES :

Le long des murs intérieurs et des piliers anciens (préserves durant la première guerre mondiale) court une bande noire sur laquelle se détachent distinctement les armoiries de cette famille seigneuriale (deux écus aux armes des POTIER DE GESVRES, surmontés d’une couronne ducale).

.Les trois plaques funéraires :

Deux plaques sont scellées contre les piliers du chœur

–         à gauche : celle-ci indique le tombeau de Robert de FOURCROY, décédé le 8 juillet 1628, probablement propriétaire du fief de FOUCROY, devenu hospice pour orphelins.

–         à droite : une autre pierre tombale porte la mention, partiellement effacée, de Messire Michel LANGLET, ancien curé de la paroisse, décédé en 1632.

Une troisième plaque funéraire, de dimensions plus importantes, accrochée au mur du transept Sud, rappelle le souvenir de Bernard POTIER et de son épouse.

.le chemin de croix :

Le chemin de croix

Œuvre de J.GAUDIN, élaboré au début du XXe siècle, ce chemin de croix mérite une attention justifiée : en effet, le recours à l’art de la mosaïque associé au tracé épuré des lignes du dessin accentue subtilement l’atmosphère particulière de chacune des quatorze stations.

 

 

 

 

.les statues :

De thème varié (Saint-Pierre-es-Liens, Vierge à l’enfant, Saint  Joseph, Saint Sébastien …), elles se caractérisent par une diversité de styles (matériau ou expression artistique).

.le reliquaire :

Celui-ci proviendrait de l’ancien couvent des religieux Feuillants, il est contenu dans une des deux niches pratiquées dans l’épaisseur des murs de l’abside (coté droit).

En 1921, Madame Hamm offre une cloche à la paroisse de Blérancourt, en souvenir de son époux, le capitaine Arthur Ellis Hamm, officier américain mort au champ d’honneur. Il s’agit de la première cloche réinstallée dans le clocher de l’église Saint-Pierre-es-liens, suite aux destructions liées à la première guerre mondiale.

En avril 2003, un petit groupe de paroissiens s’engage à offrir l’électrification de cette cloche, en souvenir de Monsieur l’abbé René BRULE, curé de la paroisse entre 1961 et 1993, décédée en décembre 2002.

Le 15 juin 2003, fête de la Sainte-Trinité, a lieu l’inauguration officielle de ce projet, permettant à cette cloche de tinter désormais lors des trois sonneries quotidiennes de l’Angélus comme d’unir sa voix aux trois autres cloches du carillon