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Jean Granson, aviateur mort en mission

Thème : Personnalités | Commune(s) : SAINT-GOBAIN, MARLE | Auteur : F.Bliaux


Prosper Jean Granson naît à Marle le 14 septembre 1907. Il est le fils d’Édouard Alphonse Granson (né à Marle le 8 novembre 1866 et décédé à Saint-Gobain le 21 mai 1942), employé d’hôtel puis de commerce et de Marie Suzanne Célina Benoît (née à Burelles le 31 janvier 1871 et est décédé à Saint-Gobain le 4 juin 1959).

Ses grands-parents paternels Alphonse Granson (chapelier puis cultivateur, né le 15 septembre 1833 à Marle où il est décédé le 7 mai 1893) et Catherine Léopoldine Olympiade Brunet (née à Renansart le 27 décembre 1833) sont cultivateurs à Marle. Ses grands-parents maternels, Antoine Narcisse Benoit (manouvrier, né à Harcigny le 13 octobre 1823, décédé à Burelles le 27 avril 1897.) et Désirée Amélie Pécheux (née à Burelles le 2 mai 1833. Le couple s’est marié à Burelles le 24 novembre 1856.) sont originaires de Burelles.

Jean Granson passe son enfance à Marle puis ses parents s’installent à Saint-Gobain.

Il s’engage dans l’aéronautique. Il effectue son baptême de l’air le 15 mars 1926 pendant 5 minutes. Deux jours plus tard, il est rouleur. Un mois plus, le 15 avril, il vole déjà en double commande. Dès le 1er juin 1926, il est seul pilote à bord. Il obtient son brevet de pilote le 5 août.

En octobre, il est affecté au centre d’aviation d’Istres puis à l’Escadrille 33. Il participe à des exercices à très haute altitude – 3 500 mètres, à des manœuvres de tir ou à des campagnes photographiques.

En septembre 1927, le 33e régiment d’aviation de l’Armée du Rhin était basé à Wackernheim (A environ 12 km de Mayence ). Des avions sont détachés pour faire des manœuvres sur l’aérodrome de Sarreguemines.

Le 17 septembre à 6 h 35, Jean Granson et Marcel Bouthors décollent à bord d’un Breguet 19 A2, un avion de reconnaissance biplace. Ils prennent la direction du terrain de manœuvre de Bitche. Le secteur de Bliecksbruck et ses environs sont plongés dans un épais brouillard.

Le pilote essaie probablement d’atterrir dans une clairière en forêt de Bliesbrück au lieu-dit « Hühnerbronn » mais la descente a probablement été entamée trop tôt. L’avion reste accroché dans les arbres puis il s’écrase. À 300 mètres de là, à la gare de Woelfling, le cheminot Lindemann et l’aubergiste Hoffmann entendent un grand fracas et arrivent rapidement sur place où ils constatent le décès des deux aviateurs. Jean Granson éjecté de son siège gît près d’un arbre et Marcel Bouthors est toujours sanglé dans son siège dans l’avion renversé. L’incendie de l’avion est éteint par le chef Kani avec la pompe des chemins de fer.

Une cérémonie religieuse a lieu à Sarreguemines le 20 septembre et les corps sont alors rapatriés dans leurs familles à Saint-Gobain pour Jean Granson et dans le Pas-de-Calais pour Marcel Bouthors.

Le général commandant l’Armée du Rhin le cite à l’ordre du corps d’armée pour le motif suivant

« jeune pilote, plein d’allant, aimant voler et toujours volontaire pour les missions aériennes. Excellent sous-officier dévoué, qui avait toujours donné satisfaction par sa manière de servir. A trouvé une mort glorieuse au cours d’un accident aérien survenu au cours de l’exécution d’une mission ».

Quelque temps plus tard, une cérémonie commémorative a lieu sur place et une croix en granit est érigée. C’est le garde forestier Paul Scharff qui est chargé de l’entretien de la croix. Lors de l’opération Nordwind qui ravage la forêt pendant la Seconde Guerre mondiale, seul le bras gauche de la croix est arrachée. Elle a été restaurée en 1997 par trois habitants de Bliesbruck.

En 2009, la stèle est remise à l’honneur lors de de la remise de médaille dans l’ordre du Mérite à Jean-Claude Moulay qui choisit ce lieu symbolique pour sa remise de décoration.

À Saint-Gobain, la mémoire de Jean Granson perdure avec son nom gravé sur le monument aux morts.