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Un triple attentat à Nampcelles-la-CourHistoire locale / Articles

Thème : Faits divers, anecdotes, catastrophes | Commune(s) : NAMPCELLES-LA-COUR | Auteur : N.Pryjmak


Le 17 juillet 1880, le Sieur Louis Joseph Raphaël MAYEUR, 42 ans, aubergiste de Malvaux -dépendance de Nampcelles-la-Cour- quitte précipitamment sa demeure ce jour-là pour se rendre à la ferme de Gaston L’HOTTE -LAMAREE, cultivateur et fils du conseiller d’arrondissement. Dès que Mayeur est en présence de ce dernier, il lui tire un coup de fusil à l’aine. La mort est instantanée pour Gaston L’Hotte.
Sans perdre de temps à contempler sa première victime, et poussé par un délire homicide, Mayeur reprend sa course et vingt minutes plus tard, arrive chez M. Athanase GERVAIS à Nampcelles et tire deux coups de feu à bout portant sur ce dernier et sa femme avec un revolver.
Puis il retourne son arme contre lui et se brûle la cervelle, la morte est immédiate.

Comment Mayeur en est-il arrivé là ?
Quelques années auparavant, il avait perdu une dizaine de mille francs dans un incendie qui avait consumé la ferme de Gaston L’Hotte. Le feu ayant été mis par imprudence, Mayeur prétendait que l’agriculteur lui devait un dédommagement de la perte qu’il avait subie par le fait du sinistre qui avait pris naissance dans les bâtiment de L’Hotte.
Devant un refus catégorique et débouté de sa demande, Mayeur s’était aigri et avait vu ses affaires tourner de mal en pis.
Le coup de grâce lui fut sans doute assené quand M. Gervais, l’un de ses créanciers le fit saisir. Apartir de là, les menaces proférées par Mayeur furent fréquentes .

M.L’hotte âgé d’une trentaine d’années laisse une jeune veuve et deux petits enfants. Il semble que les époux Gervais, bien que grièvement blessés, ne soient pas décédés suite à ces attentats. Le 28 juillet suivant, on pouvait lire dans “L’impartial de l’Aisne” que l’état des époux était assez satisfaisant et que l’on espérait toujours les sauver tous les deux. M. Gervais est âgé de 68 ans.
Le fusil fut retrouvé dans un bâtiment au fond du jardin de Mayeur , qui est donc repassé par chez lui pour prendre des pistolets, dont un acheté la semaine précédente. A noter qu’il n’est mentionné qu’une seule fois dans la presse qu’il était aubergiste, on lit plutôt qu’il était scieur de long ou marchand de bois, natif de Leschelles et époux de Adeline Salaberge Drux.

Sources : Retronews (Divers journaux de juillet 1880)-Archives départementales de l’Aisne (RP de Nampcelles-la-Cour)