Connexion à l'espace adhérent



Connexion à l'espace adhérent



Témoignage : le train de la mortHistoire locale / Articles

Thème : GuerresCatégorie : Résistance, Seconde guerre mondiale 1939-1945Commune(s) : GUISE, LA CAPELLEAuteur : L'aurore de l'Aisne


L’aurore de l’Aisne 28.4.1945

Un jeune déporté René DUMUR, de Grougies, revient de Dachau, le bagne nazi où il fut détenu avec des milliers de nos compatriotes.
Il revient porteur d’affreuses nouvelles nouvelles : beaucoup de ses compagnons sont morts et parmi eux , des patriotes de Guise et de La Capelle dont on espérait encore le retour.
Ils n’ont pu supporter l’inhumain voyage dans ce train de la mort qui, sous l’ardent soleil de juillet, stationna toute une journée durant en gare de Reims.
C’était le deux juillet dernier. Dans ce convoi qui quittait Compiègne en direction de l’Allemagne, on entassa les malheureux dans des wagons à bestiaux, dont les portes furent plombées. Un sabotage obligea le convoi à stopper en gare de Reims.
Emmurés vivant dans ces compartiments sans air sur lesquels le soleil jetait une chape de plomb, la plupart d’entre eux devaient lentement mourir d’asphyxie et de soif.
Lorsque le train arriva au terme de son voyage, il comptait plus de morts que de vivants. Dans le wagon qui emportait Dumur, il restait 38 survivants sur 100.
C’est le docteur MAIRESSE, fils du conseiller général de LA Capelle qui devait succomber le premier, bientôt suivi par le docteur DUMAS de Guisequi, vainement, avait tenté de la sauver. Périrent également : le vétérinaire BERNARD, M. DAMBRUN cafetier, M. FABLESKI, M. DROMAS et M. VINCHON employé à l’Energie technique , tous de Guise.
Leurs bourreaux avaient sous la menace de leurs mitraillettes, empêché qu’on leur porta le moindre secours.
Cette nouvelle a jeté la plus grande conternation dans la région. On demeure muet devant une telle sauvagerie.

Gallica