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Réaliser son arbre généalogiqueHistoire locale / Articles

Thème : Tutoriels | Auteur : M-A. Schioppa


Etape 1 : Débuter les recherches

Etape 2 : Un peu de méthodologie

Etape 3 : Mener ses recherches

Etape 1 : Débuter les recherches

Vous souhaitez apprendre à mieux connaître vos ancêtres, leurs modes et lieux de vie, leurs mœurs et coutumes et vous avez hâte de vous lancer dans vos premières recherches. Vous êtes très enthousiaste et avez envie de chercher, enquêter, échanger avec d’autres personnes, trouver des liens entre l’histoire de France et celle de votre famille. Cependant, vous n’avez peut-être pas encore identifié tous les obstacles qu’il va falloir franchir pour parvenir à la création réussie de votre arbre. Vous y aider est le but recherché par cette série de tutoriels sans prétention.

La première difficulté contrairement à ce que l’on pourrait penser, consiste à retrouver son ascendance sur les 2 ou 3 générations les plus proches. Les nombreuses demandes d’entraide que nous recevons régulièrement concernent souvent des périodes récentes et c’est bien là le cœur du problème. En effet, la loi protège fort heureusement les personnes et les délais de communication des documents d’archives sont fixés par l’article L. 213-2 du Code du patrimoine de la manière suivante :

  • Actes de naissance et de mariage 75 ans à partir de la clôture du registre
  • Actes de décès immédiatement communicables
  • Tables décennales immédiatement communicables

Cela ne signifie nullement que vous allez pouvoir trouver facilement en ligne des actes de plus de 75 ans, les délais étant portés pour ce type de diffusion à 100 ans pour les naissances et mariages et 25 ans pour les décès, encore faut-il qu’ils soient numérisés !

Pour en savoir plus à ce sujet : https://archives.aisne.fr/archive/recherche/etatcivil/n:11

Alors, comment faire ?

  1. Interroger la famille : parents, grands-parents mais aussi frères et sœurs, oncles et tantes, cousins… qui peuvent avoir connaissance d’informations que vous ne détenez pas.
  2. Regrouper tous les documents pouvant être utiles : livret de famille, papiers d’identité, permis de conduite mais aussi photos, images pieuses, actes notariés, carte SNCF, palmarès scolaire, etc.  Vous en tirerez une foule de renseignements sur les lieux, les dates, l’histoire de vos ancêtres.
  3. Attention, il est important de classer, ordonner, ranger tous ces éléments de façon à retrouver facilement vos sources et vérifier vos informations. Les principales qualités requises en généalogie sont la méthodologie et la patience.
  4. Retrouver les actes : on recherche l’acte dans la commune où il a été établi. S’il est en ligne, pas de souci, dans le cas contraire il faut se déplacer en mairie ou écrire ; le plus simple étant de téléphoner auparavant pour savoir comment procéder.
  • Vous connaissez les dates exactes et la mairie vous conseille d’écrire : vous pouvez demander les copies intégrales avec mentions marginales des actes de naissance, mariage et décès pour vos ascendants directs. N’oubliez pas de joindre une enveloppe timbrée à votre adresse et une photocopie de vos papiers d’identité pour prouver votre lien de parenté. Donnez des indications précises de dates et de lieux, noms et prénoms des personnes.
  • Vous connaissez les dates exactes et la mairie vous conseille de vous déplacer : n’oubliez pas les documents justificatifs et pensez éventuellement à prendre rendez-vous.
  • Vous ne connaissez pas les dates précises des actes, il faudra alors vous déplacer pour consulter les tables décennales. Vous pourrez ensuite demander les actes souhaités

Vous voilà désormais en possession des actes concernant vos ascendants des générations deux et trois et la construction de votre arbre peut commencer en respectant de préférence la numérotation de Sosa-Stradonitz.  (À suivre, étape 2)

Etape 2 : un peu de méthodologie

1. Quels supports utiliser ? Tout d’abord, il importe de classer, ranger, ordonner tous les documents et renseignements que vous trouvez. Il n’y a pas de règle particulière, choisissez un classement où vous retrouvez facilement vos données, notez vos sources et vérifiez les informations que l’on vous transmet. Utiliser un classeur peut être plus judicieux que le cahier : on peut y regrouper les fiches individuelles des ancêtres, les documents, les tableaux de génération, etc. et modifier le classement si besoin. Pour débuter, un papier et un crayon suffisent ; la nécessité d’un logiciel se justifiera lorsqu’il sera nécessaire d’organiser les données et les recherches en raison du nombre grandissant d’ancêtres retrouvés. Il existe des logiciels gratuits : Ancestrologie, Family Tree, Geneweb, etc. et d’autres payants : Généatique, Heredis… La plupart de ces derniers proposent une version d’essai gratuite qui permet de faire son choix sans précipitation.

2. La généalogie ascendante. C’est le cas le plus fréquent : on recherche ses ancêtres en commençant par soi-même puis ses parents, grands-parents et ainsi de suite, sous forme d’arbre ou de tableau. Lorsque l’on s’intéresse également aux fratries, le logiciel devient très vite nécessaire pour plus de lisibilité.

3. Les signes conventionnels. Ce sont les symboles et abréviations que vous allez trouver au cours de vos recherches dans les registres ou que vous utiliserez pour prendre des notes. Les généalogistes pratiquent souvent des échanges et comparent leurs arbres, c’est pourquoi il est important d’avoir un langage commun. Des mois républicains aux titres, en passant par les prénoms, les sigles utilisés, etc. vous pouvez les retrouver ici :

symboles en généalogie

4. La numérotation Sosa-Stradonitz. C’est la plus utilisée en généalogie ascendante, on parle le plus souvent tout simplement de Sosa. Cette numérotation conventionnelle permet de désigner les ascendants d’une personne, le de-cujus, qui porte le numéro 1. On obtient un numéro unique par ancêtre, selon le tableau ci-dessous. Les ascendants hommes sont pairs, les femmes impaires. Pour en savoir plus :

la numérotation Sosa

Les recherches.

Une fois les premières générations retrouvées, la barrière des 75 ans étant franchie, l’on peut alors consulter les registres paroissiaux et d’état civil.

  • Les archives communales : vous pouvez les consulter dans les limites imposées par la loi (délai de 75 ans après la clôture du registre). Beaucoup de mairies de village ont des plages horaires d’ouverture très restreintes, n’hésitez pas à prendre contact et à préciser votre démarche avant de vous déplacer.
  • Les archives départementales : vous pouvez vous y rendre facilement, l’accès est gratuit après inscription. Cependant, de nombreux départements ont mis en ligne leurs archives numérisées. Cela facilite grandement les recherches que l’on peut alors mener de chez soi depuis internet.

Etape 3 : mener ses recherches

Où chercher ?

  • Aux archives communales : En tant que particulier, vous pouvez consulter les registres paroissiaux (avant 1792) et d’état civil (après 1792) dans les limites imposées par la loi (délai de 75 ans après la clôture du registre). N’hésitez pas à prendre contact avec la mairie avant de vous déplacer ; n’oubliez pas votre carte d’identité, elle pourra vous être demandée. Les registres d’état civil de moins de 75 ans ne sont pas accessibles. Vous pouvez cependant demander copie de l’acte de naissance ou de l’acte de mariage recherché d’un défunt en justifiant de votre lien de parenté (conjoint, descendants, ascendants, éventuellement frères et sœurs du défunt s’il n’a pas de descendance). Si vous n’êtes pas un parent proche, vous n’aurez pas accès à une copie intégrale afin de protéger la vie privée de la famille. Dans le meilleur des cas, une copie sans informations considérées comme personnelles par la CNIL peut être délivrée, ce qui correspond à peu près à ce que l’on trouve dans les tables décennales. En revanche, la copie d’un acte de décès peut être remise à quiconque en fait la demande.

Les tables d’état civil ont été instaurées par un décret en date du 20 septembre 1792 et n’existent pas auparavant, même si l’on trouve parfois dans les registres paroissiaux ce qui s’y apparente selon le bon vouloir du curé du lieu. Les tables annuelles et décennales sont librement consultables dès leur clôture. Ces documents listent les naissances, mariages et décès dans la commune concernée : on y trouve uniquement les noms, prénoms et date de l’acte. Ce sont des outils très précieux lorsque l’on est à la recherche de ses ancêtres sans connaissance des dates précises.

  • Aux archives départementales :

  On y trouve lorsqu’ils existent, les registres paroissiaux, d’état civil et tables décennales pour chaque commune. L’avantage est qu’ils sont le plus souvent numérisés et donc consultable depuis chez soi sauf pour les périodes les plus récentes. De nombreux autres documents qui ne sont pas tous numérisés, peuvent également être consultés tels que les actes notariés, les registres matricules, les recensements, etc.

Que ce soit pour déposer sa propre généalogie, effectuer des recherches, etc. c’est réellement un outil incomparable. Prudence toutefois : n’oubliez pas que toutes les infos que vous trouverez se doivent d’être vérifiées avec soin.  La généalogie est source d’échanges, internet le permet mais cela ne doit pas être la seule voie de recherche sous peine de se retrouver avec l’ordinateur comme seul interlocuteur… De nombreux sites existent parmi lesquels Généanet, un outil d’échange et de recherche facile d’accès : geneanet

Que chercher, que noter?

Lors de la lecture d’un acte, n’hésitez pas à noter le maximum de renseignements. Tout peut être utile. Prenez des photos, faites des copies d’écran…  Un parrain désigné comme oncle dont le domicile est cité permettra de rebondir vers une autre piste de recherche lorsqu’on est bloqué. Vous pouvez utiliser à cet effet des fiches de recherches généalogiques, on en trouve gratuitement sur le net. Par exemple ici : Fiche généalogique

On cherche généralement ses ancêtres en remontant le temps : d’abord les parents, grands-parents, arrière-grands-parents et ainsi de suite. Relever la fratrie pour chaque génération devient vite source d’intérêt, cela donne des indications sur les habitudes et niveau de vie, les métiers, etc. Pensez-y avant de vous lancer : souhaitez-vous juste lister vos ancêtres ou vous intéresser également à l’histoire de votre famille ?

Jusqu’où peut-on remonter?

L’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 rend obligatoire la tenue des registres paroissiaux par les curés des paroisses pour les baptêmes et celle de Blois de1579 la tenue des registres des mariages et des sépultures. Dans la réalité, on peut espérer atteindre le XVIIème siècle pour quelques branches familiales. Pour plus de précisions, consulter le site des archives départementales de l’Aisne : ici

Des pièges à éviter, de petites choses à savoir…