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Promenade au fort de GuiseHistoire locale / Articles

Thème : Communes | Catégorie : Histoire | Commune(s) : GUISE


Fort de Guise – CPA : N.Pryjmak

Partie 1

La promenade dans la vallée de l’Oise, depuis Mézières jusqu’à Guise, est toujours agréable. Qu’on aille à Guise par le chemin de fer ou en voiture, l’aspect de la vallée avec ses larges tapis de verdure, ses troupeaux de bestiaux, ses arbres, ses bosquets, ses tuisseaux plaisent à la vue, ainsi que les hautes falaises qui l’encadrent en plusieurs endroits. D’un côté sur la rive gauche de la rivière, depuis Brissay-Choigny, Hamégicourt jusqu’à Guise, par Séry-lès-Mézières, Ribemont et Origny-Sainte-Benoite, les bras de la rivière alimentée par les ruisseaux qui courent au mileu de la vallée, forment en certains endroits, notamment près des vieux moulins des lacs creusés par la main de l’homme et dans lesquels barbottent toujours de nombreux canards comme celui de Sainte-Hunégonde, la vierge de Lambais, ferme historique située entre Urvillers et Cerisy.
Du côté opposé, près d’un autre bras, on ca à guise en passant à Villers-le-Vert, à Thenelle, à Neuvillette, à Bernot, à Hauteville, à Noyal, Longchamps, Vadencourt et Lesquielles-Saint-Germain, toutes localités qui rappellent des souvenirs qui ne sauraient être oubliés.
On sait en effet que tous les villages des bords de l’Oise, depuis Mézières jusqu’au dela de Guise, ont été pillés, incendiés, détruits au XVIIe siècle par les Espagnols, et précédemment par les Anglais. Ils se sont relevés .

Lesquielles-Saint-Germain, joli village, bâti en amphithéâtre sur la rive droite de l’Oise, en avant de guise, et près de Vadencourt, était autrefois une petit ville à peu près de l’importance de Guise, et qui a été détruite en grande partie par l’ennemi , en 1177, en même temps que le château-fort qui la protégeait du côté de Saint-Germain. C’est toujours une localité très intéressante, et qui mérite d’être visitée. Du côté de Saint-Germain, le som est tout bouleversé. La main de l’homme, notamment à l’endroit où s’élevait le château-fort, a ajouté aux pertubations géologiques des anciens temps, à celles produites par les courants diluviens, et la lente action des eaux descendant dans la vallée des hauteurs qui avoisinent le village.

De l’autre côté sur la rive gauche de l’Oise, on rencontre en avant de Guise et de la gare de Lesquielles-Saint-Germain , Bohéries, un lieu historique où il y avait anciennement une abbaye de Bernardins, fondée en 1141, et sur laquelleon a élevé en 1804 une filature de coton. Desmédailles, des monnaies des objets divers trouvés en cet endroit témoignent de son antiquité.

Avant Bohéries, il y a du côté de Saint-Quentin , Origny-Sainte-Benoite et Ribemont, deux localités très anciennes et très connues dans notre région.
Origny est situé sur la route de Saint-Quentin à Guise, sur la rive gauche de l’Oise, et à quelques centaines de mètres des hautes falaises qui avoisinent Thenelles. C’est une belle localité, et très interessante au point de vue au point de vue historique. On y voyait autrefois une abbaye de Bénédictines, fondée en 854 par Hermantrade, femme de Charles-Le-Chauve, et placée sous le patronage de Sainte-Benoite, une romaine qui souffrit le martyre dans le pays en 362. avant la révolution de 1789, de nombreux fiefs relevaient de cette abbaye et les feudataires étaient obligés de renouveler tous les ans leurs hommages pendant une procession à laquelle ils étaient tenus d’assister et d’escorter en armes et à cheval la châsse de sainte-Benoite. L’abbaye existait depuis vingt ans à peine que Raoul , Comte de Cambrai la brûla et que ses soldats massacrèrent l’abbesse et plusieurs religieuses. En 893, ce même Raoul fut tué près de l’abbaye d’Origny par Herbert 1er, Comte de Vermandois. Mais cette abbaye fut encore détruite en 943 par Raoul de Coucy , par les Anglais en 1339 et en 1358 , et les religieuses livrées aux derniers outrages. Elle fut détruite de nouveau par les Bourguignons en 1480, par les Autrichiens en 1552, et par les Espagnols en 1557 et 1642.

On voyait anciennement à Ribemont un château presque aussi fort que celui de Guise et dont il ne reste plus rien. La ville fut pillée, incendiée, détruite presqu’aussi souvent qu’Origny.- On sait que cette ville est la patrie de L’architecte Blondel et de Condorcet , et que c’est là que Jeanne Harvillers, victime de l’ignorance et du fanatisme de l’époque fut brûlée vive en 1578, comme sorcière et empoisonneuse.

On n’est pas à Ribemont , à Origny, à Lesquielles Saint-Germain et à Guise , en présence d’une situation géologique comme celle des Alpes, des Pyrénées, des Cévennes, du Jura, et autres lieux où le sol bouleversé et montagneux arrête le voyageur , et reporte sa pensée , son esprit vers les temps primitifs et aux époques de révolutions, de convulsions des éléments qui ont agité et troublé le pays que nous habitons avant qu’il eut la forme qu’il a depuis des milliers et des millers d’années. Mais les murs de calcaire qui encadrent la vallées de l’Oise, dans la partie qui appartient au département de l’Aisne , et tout particulièrement depuis Vendeuil jusqu’au delà de Guise, appellent toujours l’attention du géologue, de tous ceux qui pensent, qui cherchent et qui veulent savoir. Aux temps éloignés de nous où les eaux de la mer couvraient le sol de la Thiérache, de l’Isle de France , de la Picardie, et de la Flandre, etc., les nautoniers qui naviguaient dans l’espace qui se trouve entre guise et Saint-Quentin, devaient éviter avec soin la rencontre des vieux rochers qui bordent la vallée de l’Oise , et au dessus desquels se trouvent des terrains qui ont été couverts de forêts lorsque les eaux , après avoir dénudé le sol ont été précipitées dans la vallée et se sont dirigées en suivant les pentes du terrain vers les grands bassins qui forment la Manche, l’Océan Atlantique, les mers de L’Ouest et du Nord de la France et de l’Europe.

Partie 2

Le fort vue des berges de l’Oise -N.Pryjmak
Filature de la Bussières.On devine les hauteurs derrières. A.PIette -Archives Départementales de l’aisne

On sait que Guise est située dans la partie de la vallée de l’Oise qui se trouve entre Monceau-sur(Oise , La Bussière, Flavigny, Courcelles, Lesquielles-Saint-Germain, Verly , Vadencourt , Longchamps, Noyal, Proix et Macquigny.
Il y a de hautes falaises à la Bussières, en tre la vallée et la route de la Capelle par Buironfosse. Près de Courcelles, c’est-à-dire sur la rive droite de l’Oise, le sol est très elevé et forme comme une espèce de rocher qui enserre la ville de Guise et la gare du chemin de fer entre ce rocher et la haute falaise sur laquelle est bâti le vieux Château-fort de la ville.
Quand on arrive à la gare de Lesquielles Saint-Germain , ou qu’on se trouve sur la partie la plus elevée de ce village , l’aspect du côté de Guise est très pittoresque. La falaise sur la gauche de la vallée, qu’on a qualifiée de rocher dans de vieux documents, borne complètement l’horizon, mais il le borne en lui donnant un aspect agreste, champêtre et poétique devant lequel la vue et la pensée s’arrêtent on ne peut plus volontiers. Le talus est taillé à pic , et le sommet couvert d’arbres et d’arbrisseaux, abrite des maisons dans lesquelles vivent des familles d’ouvriers. Quelques maisons se trouvent sur le sommet de la falaise du côté de la place de la Poterne.
En ce moment où l’automne qui va finir donne au feuillage des teintes très variées, on contemple ce panorama qui n’est jamais plus beau que lorsque la nature à l’agonie laisse tomber sur le gazon le feuillage qui le couvrira jusqu’au retour du printemps.



Titre :  [Cours de l’Oise de Guise jusqu’à la Seine]
Date d’édition :  1750
Gallica

Partie 3

La gare de Guise fait face à cette falaise et à la rue de Robbé, qui la longe jusqu’à une échancrure qui s’ouvre dans un bois en face de la maison de campagne de notre honorable concitoyen, M. Parmentier, pour former la route en zigzags qui va à Bohain par Bohéries, Longchamps et Aisonville.
Cette gare a un très bel aspect. Elle est très commode et très bien disposée. Elle est le centre des chemins de fer de Saint-Quentinà Laon par Guise, Sains-Richaumont et La Ferté-Chevresis ; du chemin de fer de Laon au Cateau, par Vadencourt, de Cambrai par Busigny, et de celui de Laon au Catelet par Bohain.
Le château-fort est au sud de Guise, à peu de distance de la gare. Le chemin de fer de Laon passe dans un tunnel percé du côté Est sous le fort même. Il longe la rue Chantraine, le Jeu de Paume, et débouche près de la route de Saint-Quentin par Origny-Sainte-Benoite, et de la route de Marle et Laon, par Le Hérie-la-Vieville. Le mont Marlot, près duquel passent ces routes, domine la partie Sud-Est des glacis du fort et le fort lui -même. C’est en cet endroit, et sur les hauteurs de la route de Landrecies du côté opposé, que les ennemis qui ont autrefois fait le siège de Guise et du fort, ont toujours établi leurs batteries de canons.
Le fort commande ces routes. Il commande également la partie du chemin de fer de Saint-Quentin à Guise où se trouve la gare jusqu’à Lesquielles-Saint-Germain, ainsi que la route de Guise à La Capelle par Buironfosse, et la partie de la vallée de l’Oise qui se trouve entre la Bussière , Flavigny-le-Petit, flavigny-le-Grand et Beaurain. En débouchant du tunnel, la voie ferrée qui conduit à Laon passe sur un pont métallique placé au dessus de la route de Saint-Quentin, et sur la haute-falaise qui fait face à Flavigny-le-Petit et qu’on appelle le Mont-Marlot. Elle se dirige de là dans les champs, en passant près d’un lieu historique appelé ” La Chapelle de Belle-Rencontre”.
Le fort est sur la falaise, vieux rocher à pic qui commence comme je l’ai déjà dit, à Brissay-Choigny et se continue avec quelques intermittences le long de la vallée jusqu’au delà de Guise, en passant par Ribemont et Origny-Sainte-Benoite.

Partie 4

La ville de guise se présente toujours sous un gracieux aspect. Ses rues, m^me les plus anciennes, sont larges, belles, et si l’on n’ y trouve pas de monuments anciens, les bâtiments du Familistère qu’on rencontre à peu de distance de la gare, lui donnent un certain caractère industriel qui ne manque pas d’élégance et de grandeur.
J’ai déjà dit que du Chemin de fer, après Lesquielles-Saint-Germain, et près de la gare, on découvre au nord , près de la route de Landrecies , au dessus d’un des bras de l’Oise, le Mausolée, ou plutôt le tombeau où repose M. Godin, le philanthrope connu dans toute notre région.
en entrant dans la rue principale , celle qui conduit au centre de la ville, on voit les bâtiments du Familistère , et en face des bâtiments du milieu, sur une large place, la belle statue de M. Godin, le fondateur de ce Familistère, dans lequel de nombreuses familles d’ouvriers trouvent toutes les commodités désirables.

On est dans la ville et bientôt sur la place d’Armes où l’on voit une autre statue, celle de l’infortuné Camille Desmoulins qui porta avec Danton, son ami, sa tête sur l’échafaud révolutionnaire le 5 avril 1794 et sur lequel des juges cruels, bourreaux qui seront éternellement flétris , ont fait mourir également quelques jours après , à l’âge de 22 ans, sa femme, l’énergique et gracieuse Lucile.
Vous déjeûnez à l’excellent hôtel de la Couronne qui est en face de la statue, et vous allez sur la belle place Lesur, entourée de vieux arbres et où se trouve un kiosque et de belles écoles. De là vous vous dirigez par un boulevard sur le jeu de Paume, près de la rue Chantraine et du fort. Le haut mur qui entoure le fort de ce côté apparait devant vous sous un aspect qui semble défier le canon et tous les engins de destruction que possèdent les hommes. La hauteur de ce mur est de 50 mètres. Dans l’espace qui est au-dessus, il y a des constructions, des casernes, des maisons d’habitation, des arbres et des amas de terre recouvrant des couloirs , des espaces voûtés contre lesquels le canon paraît aussi devoir être impuissant.
Les parties qui paraissent les plus vulnérables sont celles des glacis du côté sud ouest et près de l’endroit où se trouve une seconde porte qui conduit dans le fort.
Quand, de la place Lesur et du boulevard qui conduit à la rue Chantraine et au jeu de Paume , on porte ses regards vers le rocher sur lequel est bâti le Château-fort, on est impressionné par la haute muraille qui soutient la masse de calcaire sur laquelle repose la vieille forteresse qui a si souvent arrêté les ennemis de la France et a abrité souvent aussi les habitants de Guise et ceux des localités voisines. La vieille tour, contre laquelle le canon a si souvent été impuissant , apparait au milieu de quelques bâtiments et près de s arbres qui bordent le mur d’enceinte, et parmi lesquels se trouve celui plusieurs fois séculaire qui est désigné sous le nom d’Arbre de la Vierge.
au sud-ouest de la forteresse, le sol est accidenté, notamment du c^té de la route de Bohéries et de la vallée de l’Oise. L’altitude du sol sur lequel cette forteresse est bâtie , est de 165 mètres environ, tandis que celle des fonds du voisinage atteint à peine 80 mètres.
Le fort domine la ville de Guise et la partie de la vallée qui s’étend depuis Lesquielles-Saint-Germain jusqu’à la Bussière. Comme je l’ai déjà dit, il commande les envirions et notamment les routes de Saint-Quentin, de Marle, de La Capelle t de Landrecies.

Plan de Guise en 1811- Guise et ses environs -Auguste Matton

Charles Poette 27/11/1903 (Partie 1) 29/11/1903 (Partie 2 et 3 ) 4/12/1903 (partie4) Le Guetteur de Saint-Quentin