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Nomination d’un maître d’école à CutryHistoire locale / Articles

Thème : État, institutions, Vie quotidienneCatégorie : ÉducationCommune(s) : CUTRYAuteur : Transcription N. Pryjmak


La situation d’un instituteur de campagne à l’aube de la révolution, obligé à ses corvées pour la commune, l’église, et les habitants.

Procès-verbal de l’élection :

Ce jourd’hui dimanche trentième jour du mois de décembre 1792,l’an 1er de la République française, Nous Maire, officiers municipaux et habitants de la paroisse de Cutry, soussignés, sommes réunis après la messe paroissiale à la Chambre municipale pour tenir une assemblée générale annoncée au prône le même jour et convoquée au son de la cloche, à l’effet de choisir un maître d’école.
Le citoyen Pierre Antoine LEFEL, natif de la paroisse d’Ambleny et actuellement maître d’école de Saint-Pierre-lès-Bitry, s’étant présenté devant nous, et nous ayant convaincu de sa bonne vie et moeurs , de son attachement à la religion catholique , apostolique et romaine, de sa capacité et du soin exacte à bien instruire les enfants par les certificats tant du citoyen curé que des officiers municipaux dudit Saint-Pierre-lès-Bitry, nous l’avons choisi unanimement et d’un commun accord pour remplir les fonctions de maître d’école dans notre paroisse de Cutry.

Acte d’engagement :


Moi, Pierre Antoine LEFEL, choisi maître d’école de Cutry, soussigné, m’engage à sonner l’angélus trois fois par jour, de tenir assidûment les écoles, excepté le jeudi de congé, d’enseigner la lecture, l’écriture et l’arithmétique aux enfants, d’enseigner le catéchisme dans le courant de la semaine et de leur faire répéter le samedi plus amplement, d’examiner de temps en temps si les petits enfants savent leurs prières et de les aider à leur faire réciter en cas qu’ils ne les sachent pas exactement ; à l’égard des garçons propres por servir à l’église, de leur apprendre les réponses de la messe et les cérémonies, et de les instruire sur le plain-chant. Je m’engage de balayer l’église les samedis et veilles de fêtes, de tenir les autels et tout ce qu’il y a dans l’église dans la propreté et décence nécessaire, de préparer les ornements et linges et de les replier quand on en aura fait usage. Quant à la messe et aux autres offices, je m’oblige de les annoncer une heure avant par le son de la cloche. Les jours ouvriers, j’aurai soin d’envoyer des enfants raisonnables pour sonne la messe et la servir, et d’y suppléer par moi-même, s’il ne se trouve pas d’enfants ; de porter l’eau bénite tous les dimanches à tous les paroissiens, de chanter les vêpres la veille des fêtes et des dimanches, excepté le temps des moissons ; de chanter le salut à l’église après l’école du soir.

Engagements pris par par la commune, la fabrique de l’église et les habitants de Cutry :

Nous, habitants de Cutry, soussignés, nous autorisons le marguillier ou fermier de la fabrique à fournir chaque année, selon l’usage, à la Saint-Martin d’hiver, un demi-muid de bled froment au dit Pierre Antoine LEFEL, et nous engageons de lui payer par ménage un pichet en bled froment et un demi pichet de seigle.
Quant à moi, Montigny, je m’engage à lui donner trois pichets de seigle.
Quant à moi, Hanti, je lui donnerai un pichet de bled froment.
Quant à nous, Odoucet et Bailly, laboureurs, nous le payerons en bled, suivant l’usage, un pichet par charrue.
Nous autorisons le marguillier à lui donner de la fabrique cinquante livres par an à la Toussaint. Sur ladite somme, il donnera trente six livres à Jean Disant, berger à Cutry, pour son logement, et le reste de la somme revient audit maître d’école, soit pour les obits et fondations qu’il acquitte, ou pour balets, huiles, sel qu’il fournit.
Chaque ménage donnera 12 sols à la Toussaint pour le clergé.
Les mois d’enfant se payeront, savoir : 4 sols depuis la croisette jusqu’à l’écriture et 6 sols quand les enfants écrivent.
Dans les cas où les biens de fabrique seraient à la disposition de l’Etat et seraient vendus, pour lors nous nous engageons à lui donner de surplus un demi pichet de seigle.
La lecture du présent acte ayant été lue tant en présence du citoyen LEFEL que des habitants, tous ont consenti à en remplir toutes les charges et conditions et ont signé.

Archives reprises dans la monographie de cutry (Memoires de la Société académique- tome X – 1890 )