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Monographie de Villeret 1914-1918

Thème : | Catégorie : 1914-1918, Monographies | Commune(s) : VILLERET | Auteur : Frénot instituteur


Canton du Câtelet

Commune de Villeret Questionnaire

Ecole des garçons

A.- Territoire occupé par les armées allemandes

I.- Généralités

a).- A quelle date les Allemands ont-ils pris possession de votre village ?

Les Allemands ont pris possession du village le 27 août 1914 et le 22 septembre 1914.

b).- La prise de possession s’est-elle effectuée à la suite d’escarmouches, à la suite de combats sanglants, ou sans coup férir ?

La prise de possession s’est faite à la suite d’escarmouches sans importance. Le 27 août 1914, un soldat anglais a été tué sur le territoire de la commune.

c).- Quelle a été l’attitude de l’autorité militaire à l’égard de la population pendant les premiers jours ?

Dans la suite de l’occupation ?

Les premiers jours les Allemands se sont montrés très durs vis-à-vis de la population et particulièrement pour les hommes. Par la suite de l’occupation, ils se sont adoucis et se sont montrés plus accommodants, sauf à la suite de certains faits, tels que l’insubordination de quelques habitants, du refus de travailler pour eux et particulièrement lors de la découverte de soldats anglais cachés par des habitants du village.

d).- Pouvez-vous rapporter quelques propos authentiques tenus par des officiers ou des soldats, et qui soient caractéristiques de leur état d’esprit ou de l’opinion publique en Allemagne à cette époque ?

Beaucoup de soldats et d’officiers affirmaient que la France avait sinon déclaré la guerre à l’Allemagne, mais l’avait tout au moins provoqué ; que les armées françaises avaient dévasté les villes et les villages alsaciens lorrains où elles avaient pénétré. Ils étaient convaincus de leur bon droit et de la certitude du succès final. Les étudiants envisageaient la guerre comme un moyen très légitime et très louable d’d’agrandissement et d’élévation pour un peuple.

e).- Pouvez-vous citer quelques ordres ou prescriptions émanant de l’autorité ennemie où se manifestait plus spécialement son système de « guerre aux civils » ?

L’autorité allemande a prescrit beaucoup d’ordres, de toute nature d’ailleurs, dont les affiches ont été détruites sur les murs du village.

f).- Si possible, prière de joindre quelque spécimens d’affiches apposées par les soins ou sur l’ordre de l’ennemi, ou quelque document authentique digne d’intérêt, (ces documents seront exposés et renvoyés par la suite à leurs possesseurs, s’ils les réclament).

Ci-joint quelques textes d’affiches apposées.

II.- Des rapports de l’Autorité ennemie avec la population scolaire

a).- Les établissements d’instruction (écoles, etc.) ont-ils été ouverts pendant toute la durée de l’occupation ? Ou momentanément fermés, ou ont-ils été fermés pendant toute la guerre ?

Les écoles ont été rouvertes en novembre 1914 et ont continué à recevoir les enfants jusqu’en juillet 1916 au moment de l’offensive franco-anglaise sur la commune. Elles ont alors été occupées sans discontinuer par les troupes allemandes du front ou par les hôpitaux qui les ont évacuées en février 1917 quelques jours avant l’évacuation de toute la population (26 février 1917). Aussitôt après a eu lieu la destruction totale du village.

b).- Quelles ont été les prescriptions particulières édictées par les Allemands à l’égard des

établissements d’instruction ? (Prière de joindre, si possible, des documents à l’appui)

Aucune prescription particulière n’a été édictée ici par l’autorité allemande à l’égard des écoles.

c).- Le commandant de place s’est-il immiscé dans les services d’enseignement ?

La Commandanture ne s’est jamais occupée des services scolaires.

d).- Des officiers délégués ou inspecteurs allemands ont-ils émis la prétention de contrôler

l’enseignement ? Ont-ils pénétré dans l’école ? Ont-ils interrogé les élèves ? Pouvez-vous citer, à cette occasion, des réponses d’élèves méritant d’être mentionnées ?

Un inspecteur allemand visitait les écoles, mais il n’est jamais venu dans celles de Villeret.

e).- Les élèves des établissements (écoles, etc.) ont-ils été contraints à quelques travaux manuels ?

Quelle a été l’attitude des élèves dans ces circonstances ? Particularité, réponses, réflexions dignes de remarque.

Pendant l’été de 1916, les élèves des écoles âgés de 10 à 13 ans ont été astreints à des travaux agricoles tels que l’échardonnage ou l’arrachage de la moutarde sauvage. Tous les jours, le matin de 7 à 11 h : le soir, de 1h à 6h, ils étaient conduits aux champs par un civil et travaillaient avec fort peu de zèle, malgré les menaces des soldats allemands chargés de contrôler le travail et auxquels ils adressaient force moqueries et quolibets.

f).- Quelle a été, en général, l’attitude des soldats à l’égard des enfants ? L’attitude des enfants à l’égard des troupes ?

En général, les soldats allemands ne se sont jamais montrés méchants à l’égard des enfants qui se montraient peu empressés autour d’eux et qui très souvent faisaient semblant de ne pas comprendre leurs questions ou leurs demandes de renseignements.

Pourtant, quelques enfants, rares heureusement, les suivaient avec empressement pour en obtenir soit du pain, ou des cigarettes.

g).- Le séjour des troupes allemandes a-t-il influé en quelque mesure sur le parler local ? Quelques mots allemands, plus ou moins déformés, y ont-ils pénétré, et paraissent-ils devoir persister ?

(Donner une liste de ces mots, et leur sens.)

Le séjour des troupes allemandes n’a nullement influé sur le parler local. Pendant l’occupation, les jeunes gens et les enfants employaient fréquemment entre eux quelques mots ou expressions du vocabulaire allemand, mais il n’en reste plus aucune trace dans le langage actuel.

III.- Travaux d’élèves

Les enfants ont tous gardé un souvenir ineffaçable de l’horrible guerre, mais par suite de leur jeune âge une grande confusion règne dans leur mémoire relativement aux événements locaux.

D’ailleurs l’évacuation de la population en février 1917 et sa dispersion un peu partout a fait oublier beaucoup des faits de l’invasion.

Ceux qui, plus âgés, ont gardé un souvenir plus fidèle de certains épisodes, peuvent en dire quelques mots, mais ne peuvent pas rédiger par suite de leur ignorance.

B.- Territoire occupé par les Armées françaises et alliées

Le territoire de la Commune n’a été reconquis qu’après l’évacuation de la population qui n’y est rentrée que dans le courant de 1919.

Villeret, le 31 mai 1920

L’instituteur,

Frénot

Source : BDIC La Guerre dans le ressort de l’Académie de Lille. 1914-1920

©Genealogie Aisne 2015