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Monographie de Villequier-Aumont 1914-1918

Thème : | Catégorie : 1914-1918, Monographies | Commune(s) : VILLEQUIER-AUMONT | Auteur : Instituteur


Villequier-Aumont

A-Territoire occupé par les armées allemandes

I-Généralités

a)-A quelle date les Allemands ont-ils pris possession de votre village ?

Le 29 août 1914 à 3h30, les allemands sont signalés dans les bois de Villequier; les anglais s’embusquent sur la place, au Caisuel, à la Croix-St Claude.

b)-La prise de possession s’est-elle effectuée à la suite d’escarmouches, à la suite combats de sanglants, ou sans coup férir ?

Vers 5h quelques patrouilles entrent dans le village par les routes de Frières et de Tergnier. Peu de civils dans la rue, la population, aux aguets, s’est enfermée chez elle. Quelques personnes prises de panique se sauvent et devenant suspectes leurs habitations sont ouvertes brutalement et visitées par les patrouilleurs. Un civil de passage ayant ramassé un fanion ennemi a les yeux crevés. Ce malheureux meurt quelques jours après à l’hôpital de Chauny. Des escarmouches ont lieu entre Anglais et Allemands. Quelques blessés, quelques morts sont enlevés par leurs camarades. Cependant, le lendemain un anglais et un officier allemand gisent sur la route neuve. Ils sont tous deux inhumés au cimetière. Les allemands ont disparu, le 3 septembre un convoi (Croix-Rouge) passe et se dirige vers Noyon. Des isolés, à différentes reprises rançonnent les habitants et la nuit choisissent les maisons éclairées.

c)-Quelle a été l’attitude de l’autorité militaire à l’égard de la population pendant les premiers jours ?

Dans la suite de l’occupation ?

Les 13 – 14 – 15 septembre des bandes de pillards infestent le pays. Le 15 une troupe assez nombreuse campe sur la route de Villequier à Chauny. 1 heure de pillage est permise. La troupe terrorise les habitants et met à sac les maisons inhabitées. Les 25 les hommes valides de 18 à 48 ans sont emmenés à Chauny. Après plusieurs passages de troupes, en octobre une Cie d’Etapes s’installe dans le pays. Les soldats sont plus disciplinés. Des fouilles sont faites dans tout le pays, surtout dans les caves et les jardins. Les commandants se succèdent et donnent des ordres divers concernant la culture, les réquisitions, la circulation. Défense de sortir après 4 heures du soir, de se rendre au pays voisin: ordre de porter l’or, le cuivre, ordre non-suivi et par suite perquisitions, réquisition des récoltes, du bétail: recherche de soldats français ou alliés, menaces de mort, d’emprisonnement accompagnent tous ces ordres et défenses.

d)-Pouvez-vous rapporter quelques propos authentiques tenus par des officiers ou des soldats, et qui soient caractéristiques de leur état d’esprit ou de l’opinion publique en Allemagne à cette époque ?

Au début, les soldats parlent beaucoup de la prise de Calais. Ils pensaient faire la paix avec les Français et aller avec eux ensuite faire la guerre à l’Angleterre. Les officiers fin 1914 trouvaient que la guerre était trop longue pour eux. En juin 1915 les vivres diminuent, les soldats moins enthousiasmés murmurent un peu, d’autres ne donnent plus rien à la population alléguant que leur famille est privée de tout. En 1916 les soldats sont découragés car ils espéraient la paix pour Noël.

II-Des rapports de l’Autorité ennemie avec la population scolaire

a)-Les établissements d’instruction (écoles, etc.) ont-ils été ouverts pendant toute la durée de l’occupation ?

Ou momentanément fermés, ou ont-ils été fermés pendant toute la guerre ?

L’Ecole des garçons est ouverte en octobre. L’instituteur surmené par le travail de la Mairie se fait aider par une jeune fille du pays. L’institutrice n’étant pas rentrée une maîtresse libre en vacance ouvre la classe et s’en occupe jusqu’en janvier 1917, date de son rapatriement.

L’instituteur malade se voit chassé de sa classe et relégué dans une petite maison tout à fait insuffisante. Il ne peut supporter cette disgrâce et meurt en octobre 1916. Le peu de mobilier et de matériel scolaire (tout) est transféré à la Poste ou Mme Michel, receveuse s’occupe des garçons. Elle fait la classe jusqu’en décembre 1916 puis elle est remplacée par son aide, Mlle Leleu.

b)-Quelles ont été les prescriptions particulières édictées par les Allemands à l’égard des établissements d’instruction ? (Prière de joindre, si possible, des documents à l’appui)

c)-Le commandant de place s’est-il immiscé dans les services d’enseignement ?

Les Allemands ne s’occupent pas de l’instruction et laissent à ce sujet toute liberté au maître et maitresses.

e).- Les élèves des établissements (écoles, etc.) ont-ils été contraints à quelques travaux manuels?

Quelle a été l’attitude des élèves dans ces circonstances? Particularité, réponses, réflexions dignes de remarque.

Les enfants étaient cependant bien souvent détournés de l’école. Ils étaient employés à divers travaux (ramassage des pommes, des mûres, chasse aux corbeaux, arrachage des herbes, échardonnage, moisson) sous la surveillance des Allemands. Les enfants essayèrent parfois d’éviter le travail mais le garde les y ramenait.

f).- Quelle a été, en général, l’attitude des soldats à l’égard des enfants? L’attitude des enfants à l’égard des troupes?

Cependant le soldat fait beaucoup d’amitiés aux petits, les moyens sont laissés de côté. Quant aux enfants de 10 à 14 ans, ils sont bousculés, employés à certains travaux qui ne sont pas de leur âge (sciage du bois). Certains sont ordonnances. Les jeunes enfants font de l’amitié à l’ennemi pour le chocolat qu’ils peuvent en obtenir mais en général l’enfant d’âge scolaire n’aime pas l’allemand et n’oublie pas sa qualité d’étranger.

En février 1915 un soldat coiffe de son casque un enfant de six ans et lui dit : « beau petit allemand ». L’enfant se redresse et fixant l’allemand lui répond : »Oh non, Français, Français toujours ! » Le soldat retire le casque et s’éloigne sans un mot.

g).- Le séjour des troupes allemandes a-t-il influé en quelque mesure sur le parler local? Quelques mots allemands, plus ou moins déformés, y ont-ils pénétré, et paraissent-ils devoir persister?

(Donner une liste de ces mots, et leur sens.)

Si les enfants connaissaient quelques mots d‘allemand, ils semblent les avoir oubliés.

B.- Territoire occupé par les Armées françaises et alliées

Le pays ayant été évacué complètement en 1917 et 1918, aucun fait saillant ne mérite d’être signalé pendant le séjour des Français et des Anglais à Villequier

Source : BDIC La Guerre dans le ressort de l’Académie de Lille. 1914-1920

©Genealogie Aisne 2015