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Monographie de Beaurieux

Thème : | Catégorie : Monographies | Commune(s) : BEAURIEUX | Auteur : A. Guswiller instituteur


Instituteur A. Guswiller

1-    Géographie physique

1 – situation astronomique de la commune :

                        La commune de Beaurieux qui fait partie du canton de Craonne, et de l’arrondissement de  Laon, est située à 8 kms SO du chef lieu de canton et à 28 kms SE du chef lieu du département par 40°23’40’’ de latitude N et 1°24’14’’ de longitude E.

son étendue superficielle, son territoire, son terroir, ses différentes divisions : fermes, hameaux, écarts, dépendances, lieux-dits

 

                        Son étendue superficielle est de 970 hectares ; celle de son territoire est de 942 hectares ; celle de son terroir est de 464 hectares ; ses écarts sont : la Ferme, le Moulin Arcent,

Le Tordoir, et la Maison de la route vicinale n°4. Les principaux lieus-dits de son  territoire sont :

Section A : la Pâture, la foule des Châtaigniers, la Ferrière, la Croisée de la Ferrière, Font Mignot, Petite Ferrière, la Haute Borne, Bhébret, Bois de Boncourt, les Aunes Postel, Croisée d’Oulches, Fond Pierre Martin, l’homme pendu, le Tinçon, Gueules aux Huées, chemin de l’Abbesse, la Louvière,Boirond, Fontaine Genain, la Charbonnière, les Caurets, la Maison au bois, Fontaine à Lamoy, la Terruère, Grosse Pierre, la Montagne.

Section B : les Tournelles, les Echiffles, les Monts, le Multeau, Fente Madame, Fosse aux loups, les Fourches, les Broyonnes, les Fontaines, les Bragades, les Barrières, les Fouchères, Vieilles Fontaines

Rue de beauroy de haut, les bochelets, la montée, Croix de haut, les Ballets, rue de bauroy de bas, Hauts Diémonts, ruelle de Cravy, les Mutégnys, les Ecus, rue d’Aisne, les Herbins, le Clos, sous les Ballets, l’Epinette, Grangette, Jardins à Oignons, les Croix, les Priés, le Bourg, les Harcelles, Croix Jean Pierrot, les Chauffours, la Cendrière, la Rochette, derrière l’église, le Clos, les Chatours, la Bouloire, les auges, le Tordoir, Moulin Arant, sous les Auges.

Section C : Dessus le pré Vervins, sous mon plaisir, sous le jardin à oignons, sous les Mutignys, la Justice, la Plaine, les Gravelines, sous le Château de Maizy, passage de Maisy, les Grèves, Voies monteuses, les Petits Buis, Gros Buisson, l’Isle Varennes, les Grands buis, la Pêcherie.

Voici les dénominations  des rues du village : la place du marché, rue de la porte madame, rue du Ponceau, rue de la grosse pierre, rue du bloc, rue du cloître, place du terroir, rue du pavé, rue de la maison au bois, rue cornes de cerf, rue du comble, rue de la porte bigeot, rue du …………. , rue des juifs, rue de l’abreuvoir, rue du parc, rue du trou malin, ruelle de l’abreuvoir, rue aux tripes, rue du petit puits, rue de l’arbre sec, rue grand’rue, rue coutyfaut, rue des tournelles.

2 – indiquer les noms successifs qu’aurait portés la commune ;

 

                        D’après le dictionnaire topographique du département de l’Aisne, par M. Matton, Beaurieux aurait porté les noms suivants :

1150        BELRU

1153        BERITH

1158        BELLUS RIVUS

1327    BEAURUS

      1378    BIAURIU

      1393    BIAURU

      1462    BIAURIU EN LAONNOIS

      1514    BEAURIEUX

                        D’après le dictionnaire de M. Melleville, Beaurieux aurait porté le nom de Bellus Rivusdès 662.

3 – reliefs du sol : mont ou collines, (iindiquer à quel système on les rattache) plateaux et plaines :

 

                        Beaurieux est situé à mi-côte d’une colline dominant la vallée de l’Aisne ; il occupe une position remarquable car c’est à partir de là que le cours d’eau qui, depuis Rethel, coule dans une plaine s’étendant à perte de vue, se trouve subitement resserrée entre deux suites de hauteurs espacées de 3 à 5 kms.

                        Le pays est accidenté ; le mamelon sur le penchant duquel se trouve la localité est couronné par un plateau de peu d’étendue en partie boisé, en partie cultivé. Sa hauteur moyenne est de 100 à 120 mètres ; le point culminant à une altitude de 166m. Au sud et à l’est s’étend la plaine, coupée çà et là par de très faibles excavations de terrain ; ce mamelon est un contrefort de la colline que l’on appelle improprement Craonne.

4 –météorologie :

 

                        Le vent dominant est celui du SO ; les orages viennent généralement du même point ; ceux-ci sont assez rares et peu violents, à cause de la proximité de la montagne de Comin qui les coupent en deux ; les brouillards et les gelées blanches sont communs à cause du voisinage de la rivière.

5 – géologie :

 

                        Sur le sommet du mamelon, le sol est calcaire ; sur le versant sud, il est généralement sablonneux, et sur le versant nord argilo-calcaire ; le sol de la vallée est une terre d’alluvion mélangée de petits grèves.

6 – hydrographie :

 

                        Le territoire est arrosé au sud par l’Aisne, joli cours d’eau dont la largeur varie de 45 à 60 mètres ; plusieurs fois chaque année, la rivière d’Aisne, sort de son lit, et pendant une grande partie de l’hiver, ses eaux couvrent une étendue considérable de la vallée et y causent souvent des dégâts sérieux.

                        L’Aisne devient flottable à Neufchâtel, et navigable à Berry au bac, mais elle ne sert plus ni au flottage, ni à la navigation, depuis la construction du canal latéral à la rivière d’Aisne.

                        Ce cours d’eau qui a de belles et nombreuses sinuosités forme la limite des communes de Beaurieux et de Maisy, en même temps que celles des cantons de Craonne et Neufchâtel.

                        A l’ouest le territoire est limité par un petit cours d’eau le rû du moulin d’arant qui est formé par deux filets venant l’un d’Oulches, et l’autre de Jumigny ; le premier seul mérite d’être signalé.

                        Le rû qui fait mouvoir plusieurs moulins sépare Beaurieux des terroirs de Wassogne, Jumigny et Cussy et Gerry ; il se jette dans l’Aisne à peu de distance du village ; il a une longueur moyenne de 1m.

7 – les marais :

 

                        Les marais sont situés dans la partie nord-est du territoire ; leur superficie est de 14O hectares ; on en a commencé le dessèchement vers 1830 ; il existe un syndicat de dessèchement sous le nom de syndicat de dessèchement de ……………………… dont le siège est à la mairie de Beaurieux.

8 – les bois et forêts :

 

                        Les bois occupent presque toute la partie nord-est et nord du territoire ; leur superficie est de 329 hectares ; ils appartiennent à plusieurs propriétaires .

                        Les principales essences sont : le chêne, le frêne, le bouleau, le hêtre, le charme, l’orme, le châtaignier, le tremble, l’aulne, le coudrier, le merisier, le sapin, etc …

9 – faune communale :

 

                        On trouve ici : le sanglier, le chevreuil, le renard, le blaireau, le lièvre, le lapin,

La fouine, le putois ; comme oiseaux : l’émouchet, la buse, le héron, le canard, la poule d’eau, le corbeau, la grive, le merle, le coucou, le sansonnet, le moineau, la fauvette, le rossignol, le geai, la pie, la tourterelle, le pigeon ramier etc….

10 – chiffre de la population : augmente-t-elle ou diminue-t-elle ? a quelles causes faut-il attribuer ses changements ?

 

                        D’après le dernier recensement celui de 1886, le chiffre de la population s’élève à 802 âmes ; suit le tableau de la population de 1826 à 1886.

                        1826                843      habitants

                        1831                884        ‘’

                        1836                856        ‘’

                        1841                844        ‘’

                        1846                851        ‘’

                        1851                918       ‘’

                        1856                908        ‘’

                        1861                895       ‘’

                        1866                852        ‘’

                        1872                830        ‘’

                        1876                803        ‘’

                        1881                793        ‘’

                        1886                802        ‘’

                        Ainsi de 1851, époque à laquelle le chiffre de la population est le plus élevé pendant le 19è siècle, jusqu’en 1876, la population a été en décroissant ; depuis dix ans elle reste à peu près stationnaire.

                        Bien des gens attribuent cette diminution à l’émigration des jeunes gens vers la ville. Ne faut-il pas plutôt l’attribuer au bien être matériel dont chacun veut jouir ? Moins on a d’enfants plus on vit bien ; telle est la devise égoïste de notre siècle.

                        Certains esprits, ne faudrait-il pas dire superficiels, attribuent la diminution de la population du canton de Craonne à la disparition de la vigne.

11 – nombre de mariages, naissances, décès dans les dernières années :

 

Mariages Naissances décès

 

85 De 1823 A 1832

223

217
82 De 1833 A 1842

232

202
74 De 1843 A 1852

232

210
84 De 1853 A 1862

181

223
65 DE 1863 A 1872

205

186
59 DE 1873 A 1882

182

190
3 Année 1883

10

20
5 Année 1884

19

30

 

7 Année 1885

14

15
8 Année 1886

18

19
5 Année 1887

17

16

12 – particularités sur la constitution des habitants, leur régime alimentaire, leur longévité, leur caractère, leurs mœurs, leurs usages, leur langage, leur degré d’instruction :

 

                        Les habitants se livrent pour la plupart aux travaux agricoles, à la petite culture qui exige que le corps soit constamment penché en avant ; aussi nombre d’entres eux sont-ils courbés vers l’âge de 60 ans.

                        Le régime alimentaire est bon ; on mange d’excellent pain de froment et des légumes de première qualité récoltés dans le pays ; l’usage de la viande est général : bœuf, porc, mouton et lapins.

                        Les ouvriers industriels (beaucoup d’hommes travaillent à la sucrerie de Hautes-Rives, commune de Maizy) consomment plus de viande que les ouvriers agricoles ; mais ces derniers, vivants en plein air, sont néanmoins tout aussi robustes que les premiers ; la boisson ordinaire est le vin récolté dans le pays, mais comme la récolte est mauvaise depuis quelques années, on consomme du vin de magasin, du vin de raisin sec fabriqué par le ménage même, du cidre et de la bière ; les ivrognes sont rares ; malheureusement beaucoup d’hommes ont encore la funeste habitude de boire la goutte au matin ; l’usage du café se propage dans la localité ; cette boisson puisse-t-elle remplacer l’eau de vie ; je remarque aussi qu’on prise et qu’on fume encore beaucoup.

                        La longévité est au-dessus de la moyenne ; il existe dans la localité beaucoup de vieillards septuagénaires et même octogénaires qui paraissent encore robustes ; j’ajouterai cependant que dernières années on a constaté plusieurs cas de phtisie ; il y a un sujet fort curieux pour les médecins, car par son attitude assez élevée et son exposition au midi, Beaurieux semblerait être à l’abri de cette terrible maladie.

                        Les habitants sont en général doux et affables ; paisibles et conciliants ; leurs mœurs sont bonnes ; l’inconduite est l’exception.

                        Les jeux sont peu variés ; jeux de cartes et de billard ; on reproche à quelques uns d’abuser un peu du matador et du yhams.

                        La distraction préférée et de beaucoup la plus saine, est la pèche et les promenades le long de la rivière d’Aisnen et du canal pendant la belle saison ; depuis de nombreuses années, il existe à Beaurieux, une fanfare dont font partie la plupart des jeunes gens ; depuis 1881, notre localité possède également une société de gymnastique et tir ; n’y a-t-il pas la de quoi contenter tous les âges et toutes les conditions.

                        Je n’ai rien à signaler dans les usages de la localité ; ils n’ont rien de particulier et sont ceux de tous les habitants des vives     de l’Aisne dans notre beau département.

                        Le langage des habitants à Beaurieux est assez soigné ; il n’y a plus de patois ; a part les ont pour nous avons, ils allions pour ils allaient,  etc…il n’y a pas de reproches à faire à nos honnêtes ouvriers ; quant à la prononciation, elle est peut être un peu lourde, on parle un peu du nez

Et les è ouverts ne sont pas forts en honneur, dans la localité.

                        On aime l’étude, les journaux sont forts répandus, hommes et femmes indistinctement lisent beaucoup. Il n’y a plus que quelques rares illettrés et très peu de gens superstitieux.

 

2

 

Géographie historique

 

 

1 – évènements remarquables dont la commune a été le théâtre :

 

                        Bâtie sur la pente d’une colline presque escarpée, dans une position d’où l’on peut se défende facilement, Beaurieux est certainement un bourg très ancien ; ce qui donne encore une certaine autorité à mon assertion, ce sont ses rues étroites et sinueuses, ses maisons entassées, pour ainsi dire les unes sur les autres.

                        D’après M. Melleville, le roi Clotaire III de Neustrie, donna aux religieuses de Corbie, avec la ville de Vailly, une localité nommée Belli Rivus, qui n’est qu’autre que le village de Beaurieux.

                        Des mains des religieux de Corbie, Beaurieux passa à l’abbaye d’Origny-Sainte-Benoîte.

                        D’après le même auteur, l’abbaye d’Origny le possédait avant le 12è siècle.

                        La seigneurie appartenait à l’abbaye d’Origny Sainte Benoîte, de laquelle relevait le vicomté de Beaurieux.

                        Beaurieux était de la généralité de Soissons, des bailliages, élections et diocèse de Laon.

                        Au mois d’aout 1233, sous le règne de Saint-Louis, Eustachie, abbesse d’Orignyl’érigea en commune ou communauté de paix, avec Chaudardes, Cuvry, et Craonnelle.

                        D’après Devisme, en 1637, une armée française devant attaquer les espagnols sur la frontière, était assemblée dans le laonnois, sur les bords de l’Aisne ; pour la mettre en état d’agir, de fortes contributions furent levées sur Beaurieux, Craonnelle, Chaudardes, et d’autres lieux circonvoisins.

                        En 1790, Beaurieux devint le chef-lieu d’un canton de Laon ; il comprenait dans sa circonscription : Beaulne-et-Chivy, Beaurieux, Bourg-et-Comin, Berny en Laonnois, Cuiry-les-Chaudardes, Cuissy-et-Geny, Jumigny, Moulins, Moussy sur Aisne, Ruilly, Oulches, Paissy, Pargnan, Trojon, Vassognes, Vendresses, Verneuil-Coursonnes, soit en tout 17 communes.

                        BATAILLE DE CRAONNE :

                        Le 6 mars 1814, Napoléon, étant à Berry-au-Bac ordonne que l’on envoyât un détachement de cavalerie sur Maisy – Beaurieux pour y jeter un pont de chevalets (histoire de l’empire par Thiers, tome IV page 24).

                        LE CHOLERA DE 1832 :

 

                        Le choléra de1832 a fait son apparition dans la commune vers le mois d’aout ; 38 personnes, presque toutes dans la force de l’âge furent enlevées par le mal mystérieux.

                        LA GRELE DE 1886 :

 

                        La journée du 10 aout 1886 marquera dans nos annales ; ce jour là un mardi, un ouragan de grêle épouvantable s’abattit sur notre région.

                        Vers une heure du soir, le ciel s’assombrit, de sourds grondements venant de l’ouest, annoncèrent une catastrophe. A une heure et demi un nuage sinistrement noir remonta la vallée de l’Aisne avec une vitesse vertigineuse ; le vent était déchaîné ; les éclairs sillonnaient les murs ; les roulements du tonnerre étaient majestueux ; un ouragan de grêle passa sur la pays, cassant, brisant, renversant tout ; il ne mit pas beaucoup de temps pour tout détruire : 4 minutes peut être ; les grêlons étaient de formes très irrégulières, des glaçons dont beaucoup dépassaient 500 grammes ;

                        Les pertes que ce cyclone occasionna furent énormes ; pour Beaurieux, seul, elles dépassèrent 200 000 francs.

                        Dans les environs, les grêlons étaient moins volumineux, mais beaucoup plus serrés ; les dommages qu’ils occasionnèrent n’en furent que plus sensibles.

                        Le 23 du même mois, un orage de pluie inonda la région, et acheva la destruction.

                        UN ASSASSINAT EN 1886 :

 

                        Le vendredi 13 novembre 1886, une femme de Pargnan venue au marché de Beaurieux, fut fort surprise de ne pas y rencontrer sa sœur, la veuve Mathieu de Beaurieux ; intriguée elle se rendit à la maison de celle-ci située au fond d’une impasse de la rue de la Grosse Pierre ; elle trouva la porte cochère entrebaillée et elle se hâta de gravir l’escalier extérieur qui conduit au premier étage habité par la veuve Mathieu ; à peine eut-elle ouvert la porte qu’elle recula épouvantée ; elle avait aperçu le cadavre de sa sœur étendue la face contre terre dans une mare de sang, à l’entrée de la place ; à ces cris les voisins accoururent et M ; le docteur Lécuyer, maire de Beaurieux, appelé en toute hâte, fit fermer la maison afin que la justice put relever la trace des malfaiteurs dans la cour de la victime si traces il y avait.

                        Le parquet et la gendarmerie, prévenus par télégramme arrivèrent sur le théâtre du crime vers cinq heures du soir.

                        A minuit les gendarmes mettaient en état d’arrestation un nommé Topin ouvrier charron ainsi que sa femme ; le lendemain ils arrêtaient également le père Topin.

                        Le fils Topin, un des locataires de la veuve Mathieu avait des difficultés au sujet du payement des loyers et la veille de l’assassinat, le père et le fils Topin avaient invectivé cette personne ; c’est pourquoi plusieurs habitants disaient que les Topin pouvaient bien être les coupables.

                        Dans le pays beaucoup de gens accusaient un peu aussi un certain Gatteaudemeurant à Paris, et dont le père, quatre mois auparavant, à la suite d’une discussion avec la veuve Mathieu, – au sujet d’un chat ! – était tombé dans un accès nerveux, suivi d’une paralysie ; mais les parents de Gatteau disaient que leur fils était malade depuis plusieurs semaines, et d’ailleurs personne ne l’avait vu à Beaurieux depuis le mois d’aout.

                        Le juge d’instruction qui avait télégraphié à la police à Paris, avait reçu pour toute réponse : gatteau malade, est alité depuis plusieurs semaines.

                        Le père Topin établit son alibi ; dans la nuit du crime il était chez sa fille à Reims. Sa belle fille fut également mise en liberté ; mais Topin fils fut maintenu en état d’arrestation et écroué à Laon.

                        Le 23 du même mois, dix jours après l’assassinat, les habitants de Beaurieuxapprirent que les auteurs du crime Gatteau fils et un rôdeur de barrières Lepage, étaient entre les mains de la justice.

                        Que s’était-il donc passé ?

                        Et bien Gatteau tout malade qu’il était, accompagné de son faux beau frère, Lepage, était venu à Beaurieux dans la nuit du 12 au 13 novembre, assassiner chez elle la veuve Mathieu, dévaliser la maison de sa victime, repartir de Beaurieux avant le jour, passer par Reims pour déposer les objets volés au Mont-de-Piété et rentrer à son domicile à Paris, le vendredi 13 au soir. Un tour de force !

                        Mais comment Gatteau fut-il reconnu coupable ? Il s’était dénoncé lui-même !

                        En effet, rentré à Paris, il avait confié à sa belle sœur, femme d’un serrurier, certains objets de provenance suspecte. Celle-ci ayant appris par les journaux l’assassinat de Beaurieux, n’hésita pas à en accuser Gatteau ; elle alla raconter l’histoire au commissaire de police qui fit arrêter Gatteau et Lepage. Conduits à Laon, ils finirent par faire des aveux. Alors le malheureux Topin fut relâché !

                        O justice tu es souvent boiteuse !

                        Gatteau prétexta la vengeance comme mobile du crime, le bon fils, il était venu de Paris à Beaurieux pour punir la Veuve Mathieu qui avait été cause de la paralysie de son père.

                        Le jury de l’Aisne dans sa séance du 13 2 1887, condamna Gatteau à la peine capitale et Lepage aux travaux forcés à perpétuité.

                        Gatteau fut exécuté à Laon au mois d’avril suivant.

                        VOL COMMIS DANS L’EGLISE EN 1887

 

                        Le lundi 7 février 1887, vers sept heures du matin, M. Reverdy, notre desservant, en entrant dans l’église pour dire sa messe, constata que des chandeliers et divers autres objets étaient épars dans l’église ; après une inspection plus minutieuse des lieux, il constata que les tabernacles étaient ouverts, que les ostensoirs étaient enlevés, et quelques hosties disséminées sur le maître-autel.

                        Il alla immédiatement prévenir le maire, M. le docteur Lecuyer qui s’empressa d’accourir ; ces messieurs constatèrent alors qu’une large ouverture avait été pratiquée dans le vitrail nord donnant l’accès sur l’autel de la Vierge ; une échelle dont s’étaient servi les voleurs pour atteindre extérieurement au vitrail qui est assez élevé était restée au pied du mur ; puis ayant poussé plus loin leurs investigations ils trouvèrent tous les troncs fracturés ; hâtons nous de dire que là les volés étaient les voleurs car depuis plus d’un an on ne mettait plus d’argent dans les troncs, ceux-ci ayant été fracturés et vidés l’hiver précédent.

                        Cette nouvelle se répandit bientôt dans tout le village ; plusieurs personnes racontaient avoir vu roder la veille dans le pays deux individus de mine suspecte ; deux petites filles les avaient même rencontrés dans le cimetière ; ils avaient été aussi demander à boire dans une auberge chez M. Fiévet, à Montplaisir ; M. le Maire recueillit tous ces renseignements ainsi qu e le signalement des deux individus et il prévint par télégramme le parquet et la gendarmerie.

                        Le jour même à quatre heures, la justice était sur les lieux ; elle compléta l’enquête commencée par M. le Maire, et avant la nuit on apprit que deux individus répondant au signalement des deux individus vus la veille à Beaurieux, se trouvaient de passage à Pontavert.

                        Le procureur de la république dépêcha le gendarme Koch dans cette direction ; arrivé à Pontavert, Koch apprit que les deux voyageurs en question avaient été vus se dirigeant vers Roucy ; le gendarme suivit cette piste et à Roucy, on lui dit qu’ils avaient prit la direction de Vendelay, village du département de la Marne, à 4 kms de Roucy.

                        La nuit était venue ; Koch n’hésita cependant pas à continuer sa course ; à Vendelay il  apprit que ces aimables clients étaient attablés dans une auberge ; il descendit de cheval et accompagné d’un courageux citoyen de Vendelay dont je regrette de ne pas connaître le nom, il se rendit à l’auberge désignée ; il arrivait à point ; les deux gaillards allaient prendre leur repas du soir ; mais Koch n’avait cure de manger en si aimable compagnie ; cette visite ne fut nullement du gout des deux italiens (car ces bien deux de ces aimables hommes au poignard qu’on avait affaire) ;  l’un des deux Tinetti qui se trouvait à proximité d’une porte détala sans plus de cérémonie ; l’autre Colombo, un hercule appréhendé  par le gendarme, sorti de sous son habit un révolver de fort calibre qu’il braqua sur le brave policier ; heureusement la baguette de sûreté empêcha le coup de partir ; après une lutte terrible ou Koch embarrassé par son manteau et son sabre  faillit plusieurs fois avoir le dessous le bandit fut solidement garroté ; le soir même on le conduisit à la gendarmerie de Corbeny ; le lendemain son complice fut mis en état d’arrestation par les habitants de Romain sur me territoire de cette commune.

                        Nantis d’une grande partie des objets volés tant dans l’église de Beaurieux que celle de Jonchery (Marne) Colombo et Tinetti cherchèrent en vain à nier leur forfait.

                        Dans sa session de juin 1887, la cour d’assises de l’Aisne condamna Colombo à 10 ans de travaux forcés et Tinetti à 5 ans de la même peine.

Dépendances de Beaurieux qui n’existent plus :

 

                        Voici les dépendances de Beaurieux qui n’existent plus :

                        La Ferrière, ferme

                        La Guerche Hoé, ferme

                        La Maison aux Bois, maison isolée

                        Boncourt et Thébret

2 – personnages célèbres auxquels elle a donné naissance, qui l’ont habitée,ou qui y sont inhumés :

 

                        Voici d’après les ouvrages de M. M. Maton et Melleville la liste des seigneurs laïques relevant de l’abbesse d’Origny :

1153-58                    Avon, seigneur de Beaurieux

1189-1210            Thierry, seigneur de Beaurieux

1216                Udier, son fils, chevalier dudit

1273                Gilles, son fils seigneur dudit

1314                Isabelle de Beaurieux, dite de Buremont ou de Vauxaillon

1419                           Jean de Martigny, seigneur de Martigny en Thiérache, d’Hérinsart et de Beaurieux

1422                Robert de Martigny, chevalier, leur fils, seigneur dudits, ministre de l’état du Duc de Bourgogne

1590-1613      Michel Marquette,vicomte de Beaurieux, receveur des consignations et garde du sel de la baillée de Vermandois

                        Femme : 1 – Claudine Chertemps

Enfants : Antoine, procureur du roi à Laon

                                                 Nicolas, élu de cette ville

                                   Femme : 2 – Elisabeth Sureau

                        Enfants : Pierre

                                                  Charles

                                                  Marie, épouse d’Antoine Maynon, avocat

                                                  Anne

                                                  Claude

                                                  Gérard

                                                  Michel, commis à la recette des finances d’Amiens

1615                Nicolas Marquette, vicomte de Beaurieux, élu de Laon

                                   Femme : Antoinette Bailleu, sans enfant

1620                Michel II Marquette, vicomte dudit, élu de Laon

                        Femme : Jeanne Branche

16..                             Michel Nicolas Marquette, leur fils, vicomte dudit,

                        Femme : Marie Appoline Belotte

                        Enfants : Michel

                                                  Nicolas

                                                  Marie, femme de Nicolas Branche, écuyer, seigneur de Seuil

                                                  Marie Agathe, femme de Philippe de Blois, seigneur de la Suze

1671                Gérard Marquette, vicomte dudit

                        Femme : Jeanne de Ledde

                        Enfants : Michel

                                                  François

16..                  Nicolas Marquette, vicomte dudit,

                        Femme : Anne Crochard, remariée à Charles Lenge de Mailly

1714                Denis Christophe Antoine des Ursins, seigneur de Beaurieux et de Bancigny

                        Par sa femme Mélanie Monique  Josephie de Mérode

Famille Marquette :

seigneurs de Beaulne et Thivy, Beaurieux, Corneille-sous-Laon, Coutanbois(Selles-sur-Aisne), fief de Reyne (Epagny) Mareuille les Tonnelles (Epagny) fief de Flavigny, Pouilly, Marcy, Marles, Urcel et Villers-les-Guise ;

armes :             de gueules accompagnées de deux étoiles d’or, l’écu chargé de 3 merlettes de

                        sable, sans bec ni patte.

Famille des Ureins :

                        Seigneurs de Armentières, Arrancy, la Chapelle de Montaudon, Condren,

                        Cugny (Oulchy) la Ferté Milon, Jouaignes, Lesge, Missy au Bois, Neuville en

                        Laonnois, et Soupir.

Armes :            bande d’argent et de gueules de 6 pièces avec chef d’argent chargé d’une …

                        De gueules couronnées d’or et soutenue de même.

 

Pierre de charmolu : seigneur de Courcelles, demeurant à Beaurieux ; il tire son nom de

                        Henri de Charmolu, son aieul anobli par Henri IV en janvier 1591 confirmé

                        En 1601.

Armes :            de gueules à deux bars adossés d’or, à la croix recroiseté au pied fiché d’argent

                        En chef.

ARCHIVES DE LA VILLE DE LAON

 

Mariages :

 

PAROISSE DE STE BENOITE :

 

                        15 juillet 16..  mariage de Nicolas Marquette, vicomte de Beaurieux, âgé de 24 ans fils de Charles Marquette et de Marie Delalain avec Antoine Gossart, fille de François Gossart et de Marie Parmentier ;

PAROISSE ST CYR :

                        ler février 1785 : mariage de Louis César Romain âgé de 24 ans, fils de Louis César Romain seigneur de la vicomté de Beaurieux, et d’Anne Henriette Forceville. Avec Marie Jeanne Louise Félicité Dorigny âgée de 22 ans, fille de Nicolas Charles François Dorigny, chevalier seigneur de la Neuville sous Laon, conseiller honoraire en la cour des monnaies de Paris et de Madeleine Françoise Godard de Clamecy.

Enfants :

 

PAROISSE DE STE GENEVIEVE :

 

1 – le 2 décembre 1760, naissance de Caroline Françoise, fille de Louis César Romain, seigneur de la vicomté de Beaurieux, procureur du roy au bailliage de Vermandois, et de Marie Jeanne Félicité Dorigny.

2 – le 25 mai 1762 , naissance de Louis César, fils des mêmes

3 – le 30 septembre 1788, naissance de Charles César, fils des mêmes ;

PAROISSE DE ST JULIEN :

 

Du 13 octobre 1692, décès de Nicolas Romain, vicomte de Beaurieux, âgé de 60 ans

Janvier 1693 : mariage de Madeleine Catherine ROMAIN, âgée de 22 ans, fille du précédent, avec Jean Louis Levent, procureur du bailliage et siège présidial de Laon, âgé de 34 ans.

                        Ce qui suit est extrait du registre de l’état-civil de la commune de Beaurieux.

 

Du 1er octobre 1737 : décès de Rémy Christophe de Bignicourt, écuyer, seigneur de Chambly, vicomte de Chenost et de Melfy, inhumé dans la chapelle de St-Sébastien de Beaurieux, son cœur a été réservé suivant les dernières instructions du défunt pour être transporté à Reims et être inhumé en l’église de St-Pierre-le-Vieil dans le tombeau de ses ancêtres.

Du 13 septembre 1757 : décès à Beaurieux de Michel Nicolas Marquette, écuyer, président et trésorier de France, 83 ans, en présence de Messire Nicolas François Brancho, chevalier, seigneur du Seuil, conseiller du roy et son président au bailliage de Vermandois et siège présidial de Laon, de Messire Jean Claude Martin, chevalier, seigneur Durzillier et de Villegrange, conseiller du roy en sa cour de monnayes de Paris, petit-fils du sieur Marquette ;

Du 21 avril 1759 : décès de Maitre Nicolas Joseph De Saint, procureur du roy de la ville de Marle.

Du 22 aout 1765 : décès dans sa maison de campagne à Beaurieux de Maître Cézart François Marquettte, ancien conseiller au bailliage de Laon.

Du 19 mars 1768 : naissance de David Victor, fils de Messire Michel Jean Baptiste Belly de Bussy, esquier, mousquetaire du roy, de la première compagnie, et de dame Louise Henriette Thérèse, Reyne Gondailler de Tugny décédée à Beaurieux en 1748

Ce David Victor de Belly de  Bussy, a été aide de camp de Napoléon ler, après avoir été son condisciple à l’école militaire de Brienne.

Du 31 juillet 1770 : naissance de Armand, Casimir, Jean Baptiste de Belly, fils de Messire Michel Jean Baptiste de Belly, ecuier, seigneur de Belly, conseiller au conseil souverain de Dombes et de dame Marguerite Victor Collier de la Marlière ;

 

Du 21 décembre 1773 : mariage entre Messire Jean Louis de Caillart, seigneur de la Fontaine, fils majeur de Messire Robert de Caillart, écuyer, seigneur de Montloué et de dame Marie Anne de Morgny de la paroisse de Montloué , et demoiselle Renée Elisabeth Julie de Blond, damoiselle majeure de défunt Messire François De Blond, chevalier seigneur d’Ormeaux et de défunte Anne Marie Amiard de cette paroisse.

Du 7 mars 1828 : naissance à Beaurieux de Jean Baptiste Adrien, fils de Michel Antoine Désiré Gondallier de Tugny, écuyer, licencié en droit et de dame Victorine de Bully de Bussy ; ce personnage officier d’infanterie a été décoré chevalier de la légion d’honneur pour sa belle conduite à la prise du mamelon vert (sébastopol) en 1855.

Du 13 mai 1872 : décès à Beaurieux, de François, Louis Alexandre Vincenot, 84 ans, lieutenant colonel du génie en retraite, officier de la légion d’honneur, ancien professeur à l’école d’application de Metz, demeurant à Beaurieux, né à Pont-à-Mousson .

Du 7 juillet 1885 : décès, étant en voyage, à Champigny-sous-Ollon, canton de Vaud (suisse) de Philibert Théodore de la Grèverie, colonel du génie en retraite, commandeur de la légion d’honneur, ancien professeur à l’école d’application de Metz, demeurant à Beaurieux ; ce personnage était le gendre du précédent . son acte de décès a été transcrit sur les registres de l’état civil de Beaurieur à la date du 21 mars 1886.

DICTIONNAIRE DE M. Brayère

 

            Le marquis de Bussy qui sous Dupleix défendit la ville de Pondichéry et que M. Brayer dit être originaire de Beaurieux, n’est passé dans cette localité.

            Les descendants des de Bussy, qui habitent Beaurieux, m’ont affirmé que le marquis de Bussy n’est pas de leur famille.

3 – pierres, grottes, rochers consacrés par une croyance populaire :

 

            Néant

4 – voies gauloises et romaines :

 

            Néant

5 – existe-t-il quelque lieu portant le souvenir d’un champ de bataille :

 

            Le champ de bataille de Craonne ne s’étend pas jusque sur le territoire de Beaurieux.

6 – trouve-t-on dans la commune d’anciens monuments remarquables :

 

            Néant

7 – a-t-on retrouvé dans la commune un ancien cimetière :

 

            Néant

8 – description de l’église :

 

                        Il est difficile de préciser à quelle époque remonte la construction de l’église.

            Elle est composée actuellement de plusieurs parties construites et reconstruites à des époques plus ou moins éloignées.

            On y voit le plein cintre et l’ogive mal formée.

            Le chœur qui parait être du 12è ou 13è siècle est antérieur à la nef.

            Dans le sanctuaire se trouvaient quatre fenêtre ogivales, deux formant le pont et une de chaque côté. Il est petit relativement à l’ensemble du bâtiment.

            Le clocher est placé au dessus du chœur ; il est soutenu par quatre énormes piliers, qui s’élèvent au dessus à la hauteur de la voûte. Ces piliers sont reliés entre eux par des ogives aplaties, mal formées, dans le sens transversal, et par des pleins cintres de dimensions différentes dans le sens longitudinal ; ce qui prouve qu’à une époque inconnue soit par suite d’incendie, soit pas toute autre cause, probablement pendant la guerre de cent ans, (c’est la version admise par la localité) on a été obligé de consolider cet édifice qui menaçait ruine ; ce qui le prouve surabondamment ce sont ces espèces de contreforts appliqués contre les piliers ;

L’un de ceux-ci a été reconstruit en 1866.

            La tour carrée qui repose sur ces quatre piliers sert de beffroi et renferme trois cloches et l’horloge communale.

            Au dessus de cette tour se trouve le clocher de forme octogonale et tout en pierre, tous charpente intérieure.

            Les pierres ont une épaisseur d’environ 15 cm ; aux huit angles des crosses en pierre font saillies à l’extérieur ; plusieurs de celles-ci ont été brisées par la foudre qui, depuis moins d’un siècle, est tombée quatre ou cinq fois sur le clocher.

            Il y a une quinzaine d’années, une brèche s’y est ouverte tout à coup, probablement causée par le tassement qui s’est fait à la suite de la reconstruction dont j’ai parlé plus haut ; cette brèche s’est ouverte au deux tiers de la hauteur environ et avait 1m 60 sur 1m2O.

            Un charpentier a pu étayer immédiatement la partie supérieure qui se trouvait pour ainsi dire suspendue.

            A la suite de cet accident, un architecte de Reims a fait construire un revêtement intérieur pour consolider la partie supérieure qui se trouvait ébranlée ; ce revêtement est construit en briques reposant sur des fers à T, qui eux même sont soutenus par des pièces de bois posées le long du mur et s’y trouvant scellées.

            Le clocher qui devait sa solidité à son poids léger, se trouve alourdi par ce revêtement et il est à craindre qu’un jour la base soit insuffisante pour le supporter.

            La nef ne présente rien qui puisse faire l’objet d’une description.

            Quatre piliers la sépare des bas côtés ; l’un de ceux-ci celui du nord a été reconstruit il y a 24 ans en 1864.

            Il en résulte que cet édifice qui déjà paraissait avoir subi des travaux de consolidation à différentes époques, se compose de parties qui n’ont aucun rapport entre elles.

            En 1793, d’après la tradition, car il n’y a dans nos archives aucune trace du fait, les clochetons qui existaient aux angles de la tour carrée, ont été démolis.

            On ne trouve trace d’aucune peinture dans l’église.

            La chaire, toute moderne est d’une sculpture tout à fait remarquable.

            Une pierre tombale se trouve dans le chœur ; l’inscription qu’on y lit mentionne qu’un nommé Marquette a été inhumé dans l’intérieur de l’église et qu’un service religieux a été fondé à perpétuité pour le repos de l’âme de cette personne.

            Trois tableaux d’assez grandes dimensions ornent la nef.

            L’un deux représente l’Enfant Jésus prêchant dans le Temple ; le second représente la femme adultère au moment ou le Christ trace ces paroles : que celui qui se sent innocent lui jette la première pierre ; le troisième Jésus chassant les marchands du Temple.

            Ces tableaux ne paraissent pas sans mérite mais l’on dit que ce ne sont que des copies et que le dernier existe à la collégiale de Saint-Quentin.

            D’après la tradition, ils proviendraient de l’église du couvent de Cuissy.

            Un quatrième tableau placé à l’autel de la Vierge, dans la chapelle nord, représente Marie tenant l’Enfant Jésus sur ses genoux ; on dit qu’il n’est pas non plus sans mérite.

            Quant aux quatre autres qui ornent également l’église, ils sont probablement modernes et sans grande valeur. On raconte que le principal personnage du plus grand de ces tableaux, représente le supérieur de l’abbaye de Cuissy ; les autres personnages du même tableau ne paraissent pas être du même pinceau.

            Les vitraux sont modernes et n’offrent rien de remarquable.

            Le maître autel, assez beau, est en marbre.

            Il y a dans la sacristie une peinture sur bois à personnages en raccourci, et une statuette en bois qui ont un certain mérite.

            Les cloches : jusqu’en 1835, Beaurieux n’avait qu’une seule cloche du poids de 1210 kilos.

            Depuis le 24 mai 1835, il y en a trois sorties des ateliers de Hildebrand, fondeur, 202 rue de Saint-Martin à Paris ;

            La plus grosse, Marianne pèse 970 kilos ; la seconde Victorine pèse 734 kilos ; la plus petite Annette Emelie pèse 516 kilos ; les paillets et les battants des trois cloches pèsent ensemble 119 kilos.

            Elles ont couté 7187 francs 17 ; cette somme a été payée au moyen d’une souscription ouverte dans la localité par les soins de M. Michel de Tugny, maire.

9 – y a-til dans la commune une ancienne abbaye :

 

            L’ancienne abbaye de Cuissy, aujourd’hui transformée en ferme, était située sur le territoire de Gerry, je ne crois pas devoir m’en occuper ici.

10 – décrire les chapelles isolées :

 

            Néant

11 – hospice ou hôpital :

 

            Néant

12 – existe-t-il une maladrerie :

Epidémie de 1868

 

            (Société académique de Lyon, tome XV, page 252)

            La famille Bouteville qui réside à Vailly dans un quartier préservé  est conduite dans la maison au bois à Beaurieux ;

            Elle y réside vingt jours et pendant ce temps les habitants de Beaurieux n’approche d’elle qu’à quinze pas pour éviter le mauvais air.

            Les hardes des Bouteville sont purifiées à l’entrée et à la sortie.

            D’après cela y avait-il eu une maladrerie à Beaurieux.

            La maison aux bois était une maison isolée qui n’existe plus.

13 – dans le cimetière actuel, signaler les calvaires, les inscriptions curieuses :

 

            Je n’ai rien découvert dans le cimetière qui mérite d’être mentionné.

14 – existe-t-il une fontaine visitée par les malades ? nature des eaux dont la guérison lui est attribuée, souvenirs et légendes qui se rattachent à cette fontaine :

 

            Il existe à Beaurieux dans la rue du pavé, une fontaine vide : fontaine de Ste Eutropie.

            L’eau de cette fontaine, légèrement ferrugineuse et sulfureuse – jouissait de la propriété de guérir de certaines maladies à l’organe de la vue.

            Sainte Eutropie ou Etrope, selon la légende, fut élevée dans le monastère de la ville de Sibapoli, proche de Palmyre, sous la discipline de Ste Brienne. Elle y vécut jusqu’à l’âge de 12 ans dans tous les exercices de la religion. Lorsque par l’ordre de ses parents elle eut quitté le monastère de Sebapoli, et qu’elle fut arrivée à Palmyre, elle fut chargée de fers avec d’autres fidèles et livrée au supplice par l’ordre de Sélène, général de Dioclétien. Ceci se passait en l’an 301 ;

            Elle fut percée de flèches et son corps fut porté dans la maison de sa mère pour être inhumé avec toutes les cérémonies du christianisme.

            Le martyrologue romain fait mention de Ste Eutrope le 15 juin ; Lippmann rapporte son martyr avec celui de Ste Fébronine dans son tome VII le 15 juin ; Surius, Sainte Thomaïs, et Baronius en font également mention dans leurs notes sur le martyr romain.

            Les reliques de Ste Eutropie furent transportées de Palmyre à Rome et de Rome en France.

            La tradition attribue la première translation à Sainte Hélène mère du grand Constantin.

Le cardinal Baronius dit dans ses annales que cette pieuse impératrice, fit sur le déclin de sa vie un voyage à Jérusalem et dans tout l’orient ; c’est à Palmyre qu’elle prit le corps de Ste Eutropieet qu’à son retour à Rome, elle fit déposer dans le cimetière de Ste Hélène.

C’est de là qu’on a tiré le corps de notre sainte.

            Le P. Jérôme de Monceau , capucin et missionnaire apostolique avait donné pendant plusieurs années des missions dans le diocèse de Laon, lorsque le cardinal d’Estrée en était l’évêque ; entre autres localités il en avait donné à Beaurieux, gros bourg dont l’abbesse à l’abbaye royale d’Origny en Vermandois était dame.

            La facilité que  le P. Jerôme trouva pour engager les habitants de Beaurieux à embrasser toutes sortes de bonnes œuvres, lui inspira le dessein de leur procurer quelque biens spirituel qui put augmenter leur piété.

            Il fit une demande au cardinal d’Estrée qui se trouvait alors à Rome ; le cardinal soumit cette demande au pape Innocent XI ; le choix tomba sur le corps de Ste Eutropie ;

            Le P. Jerôme reçut le précieux dépôt scellé du sceau de Monseigneur le cardinal vicaire avec un témoignage authentique de cette éminence qui marquait que c’était le corps

De Ste Eutropie de Palmyre, tiré du cimetière de Ste Hélène.

            Le saint corps déposé dans une très belle  châsse fut mis en dépôt dans la célèbre abbaye à Cuissy à l’Ordre de Prémontré, et le 4 juin 1691, les reliques furent enlevées en grande pompe et portées à l’église de Beaurieux, ou elles se trouvent encore aujourd’hui.

            On raconte que 10 000 personnes assistaient à cette solennité.

            Madame de Gouffier-Roanès , sœur de M. le duc de Roanès, et abbesse de l’abbaye royale d’Origny en Vermandois, fit faire un très beau tableau du martyrologue de Ste Eutropie et vint en personne le présenter. Ce tableau ne se trouve pas à Beaurieux, a-t-il été détruit ou enlevé de l’église ?

            La fête de cette Sainte se célèbre encore tous les ans le lundi de la pentecôte.

            Le concours du peuple très nombreux autrefois est beaucoup moindre maintenant.

            Le nombre des pèlerins peut être évalué à environ 6OO.

            (résumé d’une brochure approuvée par M. Jules François de Simony et imprimé à Laon chez Ed. Fleury en 1844)

 

15 – s’il existe un arbre célèbre, faire connaître son origine et sa légende :

 

 

            Néant

16 – s’il existe un ancien château dire s’il est fortifié etc …

 

            Néant

17 – faire l’inventaire des documents historiques de toute nature qui se trouvent dans les archives communales :

 

Archives de Beaurieux, registre des délibération :

 

DU 20 NOVEMBRE 1792 : trois serruriers de Beaurieux chargés de confectionner 100 piques les représentent au conseil qui les reçoit et les payent 4 livres 10 sols.

DU 23 NOVEMBRE 1792 : la municipalité constate que les cultivateurs du canton ont amené 186 cartels de blé au marché, que suivant la répartition de 4 cartels par charrue il eut dû en être amené 236 cartels ; elle prit la direction de prendre des mesures coërcitives pour pourvoir à l’alimentation du marché.

DU 29 NOVEMBRE 1792 : les citoyens Guiot et Robbe sont délégués au district de St Quentin pour y prendre une copie traduite en français de la charte constituant la commune de Beaurieux, Cuissy , Chaudardes et Craonnelle qui se trouvait à l’abbaye d’Origny.

            Le 8 décembre suivant, ils rapportent copie de la charte savoir : deux valles  en latin année 1205, controllé à Ribellemont 

            Le 28 avril 1756, une autre charte en latin du mois d’avril 1240 et aout 1540, les pièces toutes déposées à la mairie.

DU 15 DECEMBRE 1792 :

 

            La municipalité réclame au district 950 livres 5 sols, pour frais de logement de trois

Compagnies de volontaires de 100 hommes chacune du 3 octobre au 21 novembre.

DU 20 DECEMBRE 1792 :

 

            Délibération demandant un vicaire en plus de M. Quéaux curé de Chaudardes ; cette pièce rappelle que M.  de Grauval a fondé ce vicariat en lui assurant un revenu honnête ; M. Quéaux curé de Chaudardes est nommé vicaire de Beaurieux par l’évêque Marolle.

DU 20 JANVIER 1793 :

 

            Le conseil accorde six livres au citoyen Loubry qui, le 27 septembre dernier,  a porté à Laon l’argenterie de l’église.

DU 20 MARS 1793 :

 

            Un registre destiné à recevoir les enrôlements volontaires ne constatant aucun engagement, 29 jeunes gens sont réunis et le sort désigne 14 d’entre eux pour servir la patrie ; le 25 mars, les tailleurs sont convoqués et il leur est enjoint de confectionner les habits au prix de Laon.

DU 25 MARS 1793 :

 

            Certificat de résidence délivré à dame Marie Françoise Simone de Flavigny habitant à Beaune dans la maison de dame de Morembaire.

DU 25 MARS 1793 :

 

            La municipalité réinstallée est formée comme avant des citoyens : Charles Marie LebéeBellicourt maire, Jean Pierre Piaud , Pierre Loubry, Claude Trudelle, Jean Marie Thinel, Marie Antoine Béguin, membres. Nicolas Lhermitte procureur, Antoine Boulanger, Augustin Sohier, Louis Ballossis, Nicolas Loison, Michel Jean Baptiste Belly, Antoine Mathomme, Pierre Coffin, Claude Bigeot, François Lechantre, Jean Charles Vasseur, Jean Louis Perdu, curé, Pierre Pamelart notables.

DU 28 MARS 1793

 

            Certificat de civisme et de résidence à Michel Jean Baptiste Belly de Bussy, ancien mousquetaire de la 1ère compagnie né le 4 octobre 1743

DU 15 AVRIL 1793 :

 

            Départ de 14 recrues muni chacun d’un habit, veste, deux culottes, trois chemises, 2 paires de guêtres, 1 chapeau, 2 paires de souliers, 3 brosses, 2 peignes, 2 paires de bas, 1 sac en toile, le tout ayant couté 2017 livres 11 sols remboursés par le district ; trois remplaçants partent en place des citoyens Lacambre, Ballossier et Maillet.

DU 22 AVRIL 1793 :

 

            Perquisition chez le citoyen Belly Bussy qui remet 3 fusils et 3 épées, déposés à la mairie ; et chez le citoyen Perdu, curé, chez qui il n’est trouvé qu’une canne à sabre laissée en sa possession ; les armes sont remises le 15 brumaire an IV au citoyen Belly.

DU 20 MAI 1793 :

 

            25 hommes de garde, armés de piques devant maintenir aujourd’hui les malveillants qui viennent au pèlerinage ; 10 hommes sont désignés pour maintenir le bon ordre à chaque marche du grain.

DU 24 MAI 1793 :

 

            La municipalité ordonne la vente des sous déposé dans le grenier de l’émigré Champigneulles.

DU 26 PLUVIOSE AN III

 

            La municipalité, après examen et vérification, évalue les pertes éprouvées par suite de l’incendie qui a éclaté dans la nuit du 27 au 28 nivôse à 15 592 livres, 10 sols en mobilier et à 43 503 livres en bâtiments.

DU 2 VENTOSE AN III

 

            Renseignements fournis au receveur de l’enregistrement sur quelques terres appartenant à la Nation.

DU 21 VENTOSE AN III

 

            A été présenté au conseil le diplôme de jury d’instruction en date du 27 pluviôse dernier, et visé à l’administration le 2 ventôse, par lequel le citoyen Jean Jacques Vervun est nommé instituteur de la commune de Beaurieux, et de celle de Cuiry   et Chaudardes, lesquelles trois communes ne forment qu’une école primaire fixée à Beaurieux.

DU 9 GERMINAL AN III

 

            La grande majorité de la commune s’est présentée et à demandée l’exercice de l’ancien culte catholique, en conformité de la liberté qui lui a été renouvelé par le décret du 3 ventôse dernier, sur l’exercice du culte ; demandons et sollicitons que Jean Louis Perdu, notre ancien curé en reprenne les exercices ; notre désir unanime étant d’y assister sans troubles, ni marques ni signes extérieurs.

DU 1ER MESSIDOR AN III

 

            Le citoyen Jean Louis Perdu, ex curé, a déclaré qu’en obtempérant au vœu de la majorité de la commune en reprenant l’exercice de ses fonctions, suivant l’acte du 9 germinal

Son intuition avait toujours été de se soumettre aux lois de la république.

DU 8 BRUMAIRE AN IV

 

            Soumission du curé Perdu : Je reconnais que l’universalité des citoyens français est le souverain, et je promets soumission et obéissance aux lois de la république. Ladite déclaration a été affichée à l’église.

LE 24 BRUMAIRE AN IV

 

                        Par 20 voix sur 12 le citoyen Jean Louis Perdu de la Commune de Beaurieux est nommé secrétaire de l’administration municipale du canton de Beaurieux ; appointements 1800 f par chaque année aux conditions de rétribuer les personnes qu’il juge à propos d’employer pour l’aider ; l’administration alloue aussi 15O livres par an à un garçon de bureau.

DU 29 FRIMAIRE AN IV

 

            Présentation du citoyen Casimir Meresse pour secrétaire en second.

DU 1ER PLUVIOSE AN IV

 

            Procès-verbal sur la fête du ler pluviôse jour correspondant au 21 janvier.

            Les agents  municipaux et les adjoints des communes composant le canton se sont réunis le ler pluviôse à Beaurieux.

            Ont également répondu à l’appel de leur nom, les citoyens Fouquet et Trudelle notaires établis à Beaurieux, Laurent, notaire public a Moulins, Poteau huissier public à Beaurieux, Jacques Verdun instituteur public à Beaurieux.

            L’appel fini, les différents corps et fonctionnaires sont partis du lieu de la séance le président à leur tête, escortés d’un détachement de la garde nationale sédentaire, précédés de tambours et d’instruments de musique, et se sont rendus en ordre sur la place de la Liberté où étant arrivés au milieu d’un grand concours de citoyens lecture a été faite par le secrétaire adjoint des arrêtés du directoire exécutif, le commissaire du pouvoir exécutif à prit la parole par un discours dans lequel il a rappelé toute la haine que l’on devait à la royauté ; il a exposé les avantages qu’il devait résulter de la réunion de tous les citoyens à la représentation nationale, au directoire exécutif, et à toutes les autorités constituées. Il a rappelé les citoyens à la necessité de satisfaire au besoin de la république en concourant de tout leur pouvoir à remplir l’emprunt forcé et à payer leur contribution etc … De ces déclarations le peuple et la garde nationale répétaient à grands cris : vive la république …. A bas la royauté … (textuel)

DU 15 GERMINAL AN IV

 

            Signalement des chevaux pour la réquisition.

DU 10 FLOREAL AN IV :

 

            Réquisition du commissaire du directoire éxécutif relatif à la fête des époux.

DU 24 PRAIRIAL AN IV :

 

            Arrêté pour l’établissement des colonnes mobiles.

DU 29 MESSIDOR AN IV :

 

            Arrêté relatif à la célébration des fêtes de la liberté fixées au 9 et 20 thermidor.

DU 9 THERMIDOR AN IV

 

            Procès verbal relatif à la fête de la liberté fixée au 9 thermidor.

            « sur un autel élevé à la Patrie le président à prononcé un discours dicté par le plus pur patriotisme ; des chants ont imprimés à cette fête toute la pompe et l’éclat dont elle pouvait être susceptible dans la circonstance de la moisson. Les expressions de la plus vive reconnaissance envers nos représentants et nos armées, des cris de vive la république, de haine éternelle à la tyrannie ont encore embelli et couronné cette belle cérémonie (textuel).

DU 10 THERMIDOR AN IV :

 

            Fête du 10 thermidor : l’accolade fraternelle, des cris de joie mêlés avec les sentiments de la plus tendre reconnaissance ont rendu la fête des plus interessantes ; les jeux, les ventes, ont ajouté beaucoup d’éclat à la fête.

DU 1ER VENDEMIAIRE AN V :

 

            Procès verbal de la fête du ler vendémiaire, ou de la fondation de la république.

Un hymne patriotique ayant été chanté les cris de vive la république ont retenti de toutes parts, et le peuple a fait éclater sa joie et ses sentiments de reconnaissance envers les représentants.

 

23 FRIMAIRE AN V :

 

            Dénonciation faite, le percepteur Troyon contrôle le citoyen Thédeville, n’ayant point payé son emprunt forcé.

DU 29 VENTOSE AN V :

 

            Arrêté portant qu’il ne peut être élu dans le canton de Beaurieux que 4  électeurs

LE 24 GERMINAL AN V :

 

            Bureau des émigrés : radiation provisoire de Pierre Jérôme d’Hédouville et François d’Hédouville son fils.

LE 26 GERMINAL AN V :

            Arrêté à la pèche :

DU 11 FLOREAL AN V :

 

            Déclaration du citoyen Jean Baptiste Rousselle de la commune de Jumigny relative à l’exercice du culte.

            Arrêté pour empêcher le jeu de battoir dans la rue du Pavé à Beaurieux.

DU 25 FLOREAL AN V :

 

            Démission pour sa mauvaise santé et la faiblesse de sa vue et d’autres motifs et considérations du citoyen Perdu des fonctions de secrétaire.

DU 2 PRAIRIAL AN V :

 

            Sursis à la nomination d’un secrétaire pendant un mois ; le citoyen Romagny est invité de surveiller et de diriger les bureaux durant ce laps de temps.

LE 12 THERMIDOR AN V :

 

            Nomination du citoyen Lacambre comme secrétaire ; appointements 1200 F.

DU 30 VENDEMIAIRE AN VI

 

            Réunion sur la place de la liberté pour voir les honneurs funèbre au général Hoche, commandant chef des armées de Sambre et Meuse, de Rhin et Moselle, décédé le 3 jour complémentaire. Depuis l’aube du jour le canon tire d’heure en heure annonçant que la république avait perdu l’un de ses défenseurs les plus ardents, et appelait les citoyens à venir mêler leurs larmes aux honneurs funèbres que la Patrie reconnaissante lui avait décerné. L’administration et tous les fonctionnaires reçoivent chacun une branche de chêne et descendent de la chambre commune ; ils trouvent deux haies formant sur la rue un fort détachement du bataillon de la garde nationale sédentaire ; le président s’adresse à la troupe et lui dit : Hoche le brave Hoche n’est plus ; soldats de la liberté vous êtes en deuil, vous allez prendre l’attitude de la douleur.

            Le commandant du détachement fait le commandement, la garde nationale baisse les armes, et le cortège se met en marche au milieu et devant l’administration ; et portée par une pieuse vénération par quatre anciens guerriers, la représentation du général Hoche couronné du laurier de l’immortalité et décorée d’une draperie parsemée de cocarde et de rubans tricolores avec les insignes militaires. La draperie est soutenue aux quatre coins par quatre autres anciens militaires. Les tambours couverts de crêpe exécutent par intervalles de sombres roulements ; la marche est dirigée par la grande rue et par celle du gué jusqu’à l’autel dressé sur la place de la liberté ; l’administration se place en avant de l’autel sur lequel est disposée la représentation du général, la garde nationale forme un cercle dans lequel se trouvent les fonctionnaires publics, les instituteurs et leurs élèves , les drapeaux dont les cravates sont de crêpes et de rubans noirs est placé au dessus de la représentation ; un concours considérable de citoyens garnis le surplus de l’enceinte ; le silence le plus profond règne ; un coup de canon est tiré ….

 

 

 

 

            Le discours du président est écouté dans le recueillement le plus profond ; les spectateurs sont pénétrés et les cris de vive la république se font entendre de toutes parts. Le canon tire et on entonne l’hymne à la liberté …. L’administration suivie de tout le cortège fait le tour de l’autel. Chacun en passant dépose la branche qu’il tient à la main (textuel).

DU 21 NIVOSE AN VI

 

            La municipalité arrête que la fête destinée à manifester la satisfaction et la joie des citoyens du canton pour l’heureux évènement de la paix continentale consommée par la ratification du traité conclu entre la république française et l’empereur, roi de bohème et de hongrie aura lieu le 2 pluviôse prochain correspondant au 21 janvier destiné par la loi à la célébration de l’anniversaire de la juste punition du dernier roi des français.

DU 2 ET 3 PLUVIOSE AN VI

 

            Les fêtes des 2 et 3 pluviôse sont célébrées avec la plus grande pompe.

DU 21 PLUVIOSE AN VI

 

            La municipalité arrête que tous les signes extérieurs quelconques de cultes qui se trouvent encore fixés ou attachés sur les bâtiments nationaux concédés dans son enclave pour

 L’exercice des cultes, et seront enlevés dans le cours d’une demi décade par ceux à qui ils ont été concédés pour l’exercice de leur culte.

DU 11 NIVOSE AN VI

 

            Arrêté concernant la visite des écoles :

            Qu’il soit constaté dans les visites si les maîtres ou maîtresses ont soin de mettre entre les mains de leurs élèves comme base de la première instruction les droits de l’homme, la constitution, et les livres élémentaires qui ont été adoptés par la convention si l’on observe les décades, si l’on y célèbre les fêtes républicaines et si l’on s’y honore du nom de citoyen(textuel).

DU 28 VENTOSE AN VI

 

            Vote pour la célébration de la fête du 30 ventôse de trois centimes par franc du principal de la contribution personnelle, mobilière et somptuaire.

 

DU 28 VENTOSE AN VI

            Le maître d’école d…………. est accusé d’avoir récité à l’église une prière où se trouvaient ces paroles : Mon Dieu, conserver ce royaume

 

DU 10 MESSIDOR AN VI

 

            Célébration de le fête de l’agriculture.

DU 10 MESSIDOR AN VI

 

            Ordres sont donnés pour l’arrestation des émigrés rentrés, des prêtres déposés et de tous autres inconnus qui paraîtraient suspects.

DU  10 FRUCTIDOR AN VI

 

            Célébration de la fête du 10 fructidor.

DU 18 FRUCTIDOR AN VI

 

            Réunion au chef lieu à 12 heures précises pour la solennisation de la fête.

 

DU 1ER JOUR COMPLEMENTAIRE AN VI

 

            Vérification des pertes que la grêle survenue le 19 prairial dernier à fait éprouver à plusieurs propriétaires cultivateurs de Cerny, Moulins, Troyon et Vendresses.

DU 21 VENDEMIAIRE AN VII

 

            Considérant que la plupart des instituteurs de l’enclave continuent toujours à se servir pour l’enseignement de leurs élèves de livres, discours, ou instructions composés ou distribués par ces ci-devant ministres du culte tombés du territoire de la république ou par leurs délégués ,

L’administration municipale,

Arrête que les instituteurs ne pourront recevoir des écoliers qu’autant qu’ils seront munis des livres élémentaires adoptés par le corps législatif et qu’ils ne pourront point en employer d’autres pour l’enseignement(textuel).

DU 11 BRUMAIRE AN VII

 

            L’administration municipale arrête :

            Qu’il sera tenu le 16 du courant une séance à laquelle tous les administrateurs, adjoints municipaux, se rendront, accompagnés des instituteurs de leur commune, à l’effet de délibérer après avoir entendu les dits instituteurs sur les mesures proposées par l’administration centrale pour faire jouir les instituteurs du logement qui leur est accordé par la loi et  qu’ils fixent la rétribution qu’ils pourront recevoir de leurs élèves …

            Il est noté pour l’indemnité de logement à l’instituteur d’écoles primaires, nombre vigoureusement indispensable pour les 17 communes de l’époque à raison de 100 francs à celui du chef lieu et 60 francs pour cinq autres … soit 400 francs.

 

DU 1ER PLUVIOSE AN VII

 

            Est célébrée avec une grande pompe la fête du ler pluviôse an VII

            La cérémonie se termine par différents discours patriotiques, des imprécations contre les parjures, par la distribution et l’exécution de chants composés par les membres de l’école

 

 

 

 

Centrale de l’Aisne.

 

DU 21 GERMINAL AN VII

 

            Il est voté un crédit de 279 F 04  pour la célébration de la fête de la souveraineté du peuple.

DU 10 ET 11 PRAIRIAL AN VII

 

            A défaut d’officiers réformés et de vétérans, le citoyen Alexandre Lamotte ex dragon au 6ème régiment porteur d’un congé absolu, nécessitant les qualités requises, est chargée de conduire à Laon, les citoyens du canton faisant partie de la 1ère classe de conscription militaire qui sont restés dans leurs foyers par dispense, et ceux de la 2è et 3è classe qui sont tombés au sort pour le complément de la levée de 200 000 hommes.

SEANCE DU 1ER THERMIDOR AN VII

 

Réquisition  pour la fête de la liberté fixée au 9 et 10 thermidor.

DU 21 THERMIDOR AN VII

 

            Réorganisation de la colonne mobile ; le canton Beaurieux fournit 2 compagnies, chacune de 64          hommes non compris les officiers et sous-officiers.

DU 10 FRUCTIDOR AN VII

 

            Célébration de la fête des vieillards.

DU 18 FRUCTIDOR AN VII

 

            Célébration de l’anniversaire du 18 fructidor an VII.

DU 1ER VENDEMIAIRE AN VIII

 

            Célébration de la fête anniversaire de la fondation de la république.

DU 17 FRIMAIRE AN VIII

 

            En exécution de la loi du 25 brumaire dernier, tous les fonctionnaires y compris les instituteurs ont prêté le serment :

            Voici le nom des instituteurs :

            Pierre Gilbert, instituteur à Vendelles,

            Pierre Harent, instituteur à Verneuil,

            Jean Marie Broardel, instituteur à Moulins,

            Jean Marie Coulon, instituteur à Chivy Beaulne,

            Jean Antoine Thomas Lambert, instituteur à Paissy,

DU 15 PLUVIOSE AN 8

 

            Installation du conseil municipal ; prestation de serment conformément à la loi du 21 nivôse an VIII ; le citoyen Méresse est nommé secrétaire.

DU 12 JUILLET 1800 – 12 MESSIDOR AN 8

 

            Mesures prises pour la célébration de l’anniversaire du 14 juillet et des victoires du premier consul ………………..une paix durable.

DU 5 NOVEMBRE 1880 – 17 BRUMAIRE AN 9

 

            A la requête du citoyen Belly Bussy, maire de Beaurieux, il est procédé à la vente des effets de la ci-devant administration du canton de Beaurieux ; il est vendu : une grande table, une petite table, un poêle avec ses tuyaux, des rayons, 2 chaises de paille, le tout pour une somme de 71 F 05.

DU 19 PLUVIOSE AN 10

 

            Le conseil représente qu’il existait à Beaurieux une école pour les jeunes filles tenue par deux sœurs dites Marquette ; qu’un nommé Levecque de Laon leur avait donné une maison et un établissement ; qu’un autre dit Marquette, aussi de Laon, leur avait fondé 200 f de rente ; que cet établissement faisait la satisfaction non seulement de Beaurieux, mais encore des environs, mais que par l’effet de la révolution tous avaient égards à ce que ces biens là n’étaient point biens nationaux ils ont été vendus ; et pour ne point fatiguer par des répétitions il invite à se reporter au procès verbal de l’année dernière (textuel)

15 PLUVIOSE AN 13

 

            Le conseil voulant donner des preuves de son dévouement au nouveau gouvernement chacun des membres passe et fait individuellement entre les mains du président serment de fidélité et d’attachement en la personne de l’Empereur des français.

 

DU 15 FEVRIER 1805

 

            Le conseil municipal décide le remplacement de l’horloge de la commune devenue mauvaise, et absolument hors service, par une bonne et solide horloge en fer ;

LE 15 AOUT 1806

 

            Célébration de la St Napoléon.

DU 17 JUIN 1807

 

            Arrêté du maire contre le travail les jours de fêtes et dimanches.

DU 23 OCTOBRE 1814

 

Prestation de serment du conseil (royauté)

DU 23 AVRIL 1815

 

Prestation de serment (Napoléon ler)

DU 10 MARS 1816

 

Prestation de serment (royauté)

DU 26 NOVEMBRE 1816

 

            Remise des fusils à la garde nationale

DU 6 DECEMBRE 1818

 

            Vote du traitement de l’instituteur.

DU 26 AOUT 1821

 

            La commune fait l’acquisition d’une pompe à incendie pour 800 F.

DU 16 DECEMBRE 1821

 

            Acquisition d’un presbytère pour la somme de 4 500 F payable en 15 annuités.

DU 6 MAI 1822

 

            Organisation des pompiers et règlement en cas d’incendie.

DU 8 MAI 1826

 

            Délibération établissant 6 classes pour les prestations de l’instituteur.

DU 10 DECEMBRE 1826

 

            Vote d’une somme de 194 F au ???? Dutertre pour la réparation de l’horloge communale.

DU 21 JANVIER 1827

 

            Partage des marais pour le dessèchement

JANVIER MARS ET AVRIL 1827

 

            Etablissement du cadastre

MARS ET AVRIL 1828

 

            Etablissement des droits de place pour les foires et marchés.

DU 15 SEPTEMBRE 1830

 

            Prestation de serment par le conseil municipal et le garde champêtre.

DU 24 0CTOBRE 1830

 

            Lecture de la charte et publication.

DU 10 AVRIL 1831

 

            Délibération portant vote du traitement de l’instituteur pour 1831 : 400 F

DU 25 AVRIL 1831

 

            Vote d’une somme de 50 F pour la fête du roi.

DU 9 JUILLET 1831

 

            Formation de 3 bataillons cantonaux ;

            Formation du bataillon de Beaurieux qui comptent les communes de : Pargnan, Bourg, Ruelly, Vassognes, Cuivy, Moulins, Vendresses, Troyon, Jumigny, Oulches, Gerry, Ailles, Poissy, Vauclère et la Vallée, Foulon, en tout 709 ; les réunions du bataillon pour faire l’exercice ont lieu sur le plateau, de la montagne de Pailly aux environs de la tour vu le

??????????? de Gerry.

DU 22 JANVIER 1832

 

            Acquisition de la maison Thévenin pour l’école et la mairie.

DU 17 JUIN 1732 :

 

            Travaux à la maison commune par voie d’économie.

DU 8 MAI 1836

 

            Le conseil municipal demande le remplacement de l’instituteur Agnès dont l’instruction est insuffisante par un instituteur instruit  capable bien noté et surtout zélé pour son état.

DU 11 AOUT 1836

 

            Fixation du traitement de l’instituteur (loi de 1833)

DU 11 OCTOBRE 1836

 

            Démission de M. Agnès, présentation de M. Niverd.

 

MEME DATE :

            Demande d’un bureau de distribution pour les lettres.

DU 13 AOUT 1837

 

            Liste des enfants indigents à admettre gratuitement à l’école : 33

DU 8 MAI 1839

 

            Le conseil municipal considérant qu’il convient pour assurer une existence convenable à l’instituteur et lui donner une rétribution proportionnée à ses travaux d’élever son traitement au dessus du minimum de 200 f le porte à 400 F.

DU 10 MAI 1840

 

            Vote d’un supplément de traitement à l’instituteur de 300 F.

DU 10 MAI 1840

 

            Le conseil municipal demande la séparation des deux sexes :; il demande que les filles soient confiées à Mlle Barbier Rose établie dans la commune comme institutrice libre ; vote d’une somme de 50 F pour l’instruction des filles indigentes.

DU 10 AOUT 1840

 

            Le conseil municipal demande l’établissement d’une direction de poste au lieu d’une distribution.

DU 2 MAI 1841

 

            Demande de direction pour les lettres.

 

DU 17 JUILLET 1841 :

 

            Rejet par le conseil municipal d’une demande pour création d’une succursale de la caisse d’épargne de Beaurieux.

DU 2 SEPTEMBRE 1841 :

 

            Vote d’un crédit de 166 F pour achat de mobilier à l’école des filles.

DU 1ER FEVRIER 1842

 

            Vote d’une somme de 15O F pour réparation de l’horloge communale.

DU 27 SEPTEMBRE 1842

 

            Présentation de l’instituteur Delaidde en remplacement de M. Nivard décédé.

DU 15 FEVRIER 1843

 

            Démission de Mlle Barbier institutrice ; demande de religieuse pour diriger l’école des filles.

DU 12 MARS 1843

 

            Acquisition de la maison Billard pour l’école communale des filles.

DU 6 JANVIER 1844

 

            Fixation à 110 du nombre des gardes nationnaux.

DU 30 JUIN 1844

 

            Le conseil municipal donne un avis défavorable au projet de réunion de la commune de Cuiry les Chaudardes à celle de Beaurieux.

DU 27 MARS 1845

 

            Le maire prend un arrêté de règlement de police municipale.

MEME DATE

 

            Construction d’un lavoir au dessus et contre l’abreuvoir.

DU 8 MAI 1845

 

            Construction de lattrines pour l’école des garçons.

MEME DATE

 

            Pavage des rues du comble et corne de cerfs.

DU 4 MAI 1846

 

            Secours viager au P. Agnès ancien instituteur (100 f ).

DU 7 NOVEMBRE 1846

 

            Legs de Mme de Tugny au bureau de bienfaisance en faveur des pauvres.

DU 3 JANVIER 1847

 

            Emprunt de 3.300 F pour le chemin vicinal n° 1.

DU 16 MARS 1848

 

            Etablissement de la liste électorale, suffrage universel : 257 électeurs.

DU 9 AVRIL 1848

 

            Acceptation d’un legs fait par M. de Bussy au bureau de bienfaisance (1800 F).

DU 16 JUILLET 1848

 

            Garde nationale à cheval 5 hommes.

DU 13 DECEMBRE 1848

 

            Drapeau donné par l’état à la commune.

DU 4 MAI 1849

 

            Legs des époux Mathieu au bureau de bienfaisance.

DU 17 JUILLET 1849

 

            Mesures prises contre l’épidémie.

DU 24 FEVRIER 1850

 

            Avis du conseil sur l’établissement d’un bac à roulettes à (Maisy) Cuvry les Chaudardes.

DU 12 MARS 1850

 

            Règlement des concessions dans le cimetière.

DU 5 MAI 1850

 

            Plan de bornage des chemins ruraux, rues et ruelles étable par M. Benoit, géomètre à Beaurieux.

MEME DATE

            Réparation aux lieux d’aisance de l’école des filles.

DU 5 MAI 1851

 

            Acquisition d’un nouveau presbytère, vente de l’ancien.

MEME DATE

 

            Réclamation de l’institution relative à son logement ;

DU 7 JUILLET 1851

 

            Demande faite par l’instituteur de transporter son logement au premier.

DU 8 FEVRIER 1852

 

            Réclamation au conseil relative à la perception des rétributions pour les filles.

DU 8 FEVRIER 1852

 

            Réparation à un pilier de l’église.

MEME DATE

 

            Vœu pour l’établissement d’un pont à Reuilly.

DU 20 JUILLET 1852

 

            Tentative faite pour l’établissement d’une société de secours mutuel à Beaurieux.

DU 12 AOUT 1852

 

            Projet du chemin de fer de Reims à Sedan par la vallée de l’Aisne.

DU 2 DECEMBRE 1852

 

            Proclamation de l’Empire :

            OUI : 7 824 180                     NON : 253 145

DU 11 MAI 1853

 

            Adjonction de la commune de Cuivy à celle de Beaurieux par le culte.

 

 

 

DU 9 DECEMBRE 1853

 

            Cherté des grains : vote de 617 F pour travaux aux ouvriers valides.

DU 5 FEVRIER 1854

 

            Réparations à l’horloge communale.

DU 8 MAI 1854

 

            Vœu pour un port sur le canal latérale et pour un pont à Cuilly.

DU 1O MAI 1855

 

            Logement de l’instituteur ; concession d’une place au premier.

DU 21 DECEMBRE 1855

 

            Vote d’une somme de 2OO F pour travaux aux ouvriers valides, indigents.

DU 23 MARS 1856

 

            Adresse à l’Empereur à l’occasion de la naissance du Prince Impérial.

DU 7 MAI 1857

 

            Observation de la supérieure de St Erme sur la salubrité des classes.

MEME DATE

 

            Réparations au clocher frappé par la foudre.

DU 12 NOVEMBRE 1857

 

            Le traitement des instituteurs est porté à 800 F.

DU 7 MAI 1858

            Acquisition d’une pompe à incendie.

DU 5 MAI 1859

 

            Pavage de la rue de la grosse pierre à la porte madame.

MEME DATE

 

            Projet de construction d’une chapelle dans le bas-côté nord ; rejet faute de fonds.

DU 30 OCTOBRE 1859

 

            Nomination de l’institutrice Mlle Lebeau.

DU 1ER AVRIL 1860

 

            Projet d’acquisition de ma maison Mariage-Blin pour l’école des garçons.

DU 3 AVRIL 1861

 

            Le conseil demande l’établissement d’une succursale de la caisse d’épargne de Laon à Beaurieux ; vote d’une somme de 100 f pour gestion.

DU 10 MAI 1861

 

            Les sœurs de St Erme remplacées par les sœurs de la Sainte Famille d’Amiens .

DU 19 MAI 1861

 

            Travaux à l’école des filles ; achat de mobilier meublant et linge aux institutrices.

MEME DATE

 

            Vote d’un crédit de 50 f au greffier pour les travaux de recensement de la population.

DU 10 AOUT 1861

 

            Projet d’acquisition de la maison Gaillard pour l’école des garçons et la mairie (rue de la grosse pierre) 7000 F.

DU 3 AVRIL 1862

 

            Service médical gratuit.

DU 11 AOUT 1862

 

            Réintégration des armes des sapeurs pompiers dans les arsenaux de l’état.

DU 10 MARS 1865

 

            Reconstruction du bas-côté nord de l’église.

DU 26 SEPTEMBRE 1865

 

            Nomination de M. Vallon adjoint.

DU 13 NOVEMBRE 1865

 

            Etablissement d’une citerne sous le sol de la place du marché.

DU 7 DECEMBRE 1865

 

            Construction d’une réservoir pouvant contenir 600 hl d’eau et suppression du gué.

DU 7 MAI 1867

 

            Nomination de M. Wallon maire en remplacement de M. de Tugny Michel décédé.

DU 9 MAI 1867

 

            Etablissement d’une bibliothèque scolaire ; vote d’un crédit de 50 F.

DU 16 OCTOBRE 1867

 

            Travaux de restauration du clocher.

DU 19 NOVEMBRE 1867

 

            Vote d’un crédit de 100 F. pour les cours d’adultes, à partager par moitié entre le directeur et la directrice.

MEME DATE

 

            Nomination de 3 conseillers pour le choix des livres de la bibliothèque.

DU 9 DECEMBRE 1867

 

            Avis favorable sur le projet de construction d’un pont sur la rivière d’Aisne entre Beaurieux et Maizy.

DU 11 MAI 1868

 

            L’instituteur est déchargé de la sonnerie.

OCTOBRE 1868

 

            Les religieuses de la Sainte Famille d’Amiens sont remplacées par des sœurs de la congrégation de Notre Dame de Bon Secours de ? ????????? vote d’un traitement fixe de 1000 f pour deux sœurs.

DU 29 AVRIL 1871

 

            Dépenses de la guerre de 1870-1871 ; alimentation des armées ennemies, contributions, réquisitions forcées aux autres causes n total : 54 157 F 98.

DU 24 MAI 1872

 

            Le conseil votre une gratification de 100 F à M. Delaidde, greffier, pour travail supplémentaire pendant l’occupation allemande.

DU 5 JUILLET 1873

 

            Acceptation d’une libéralité de 392 F 35 d’un anonyme pour l’entretien des chemins vicinaux.

DU 15 JUILLET 1873

 

            Vote d’un crédit de 100 F  pour l’entretien de l’horloge communale.

DU 25 JUILLET 1873

 

            Projet de construction d’un chemin de fer dans la vallée de l’Aisne.

DU 10 SEPTEMBRE 1875

 

            Le conseil propose d’acheter la maison Godard (sur la place publique) pour y établir l’école des garçons et la mairie.

DU 20 JANVIER 1878

 

  1. de la Grèverie est élu maire et M. Emile Chovet adjoint.

DU 21 AVRIL 1878

 

            Etablissement d’un bureau télégraphique à Beaurieux. La commune de Beaurieux a voté 100 f ; la sucrerie des Hautes Rives a donné 600 F.

 

DU 23 MAI 1878

 

            Vote d’une somme de 192 f pour équipement des sapeurs pompiers.

DU 20 NOVEMBRE 1878

 

            Projet d’installation d’une nouvelle école de filles ; cette tentative n’a pas eu de suite.

DU 21 FEVRIER 1879

 

            Le conseil municipal vote la gratuité de l’enseignement.

DU 14 NOVEMBRE 1879

 

            Rachat du pont à péage de Maisy ; vote d’une emprunt de 6250 F pour cet objet.

DU 17 SEPTEMBRE 1880

 

            Construction du chemin de la grosse pierre ; la dépense s’élève à environ 12000 F couverte en partie par un emprunt à la caisse des chemins vicinaux.

DU 3 JANVIER 1882

 

            Destructions des mulots et hannetons.

DU 24 FEVRIER 1882

 

            Tarifs des prix des hayonnages pour les jours de marchés, de foires, et de fête patronale.

DU 21 AOUT 1882

 

            Nouveau projet pour l’emplacement des écoles.

DU 28 NOVEMBRE 1884

 

            Nomination de M. Lecuyer, maire, en remplacement de M. de la Grèveriedémissionnaire.

DU 13 NOVEMBRE 1885

 

            Acquisition de la maison Godard au prix de 7000 F.

DU 10 SEPTEMBRE 1886

 

            Projet de construction d’une école de garçons avec mairie et de l’aménagement de l’école des filles avec classes enfantines.

DU 15 OCTOBRE 1886

 

            Vote d’un emprunt de 52 666 F 33 pour la construction et l’aménagement des écoles à la caisse des écoles (crédit foncier) remboursables en 30 annuités ; la part de la commune est de 1850 F par an, celle de la commune l’état de 1237 F.

DU 19 JUILLET 1887

 

             La seconde classe de l’école des filles est transformée en classe enfantine ; approbation ministérielle du 9 AOUT 1887.

Voici le relevé des pirncipaux documents et ouvrages existants dans la mairie

 

–         lois depuis l’an 2 jusqu’à ce jour 90 volumes

–         actes de la préfecture depuis 1807 ; il manque les années 1673 et 1674.

–         l’annuaire du département de l’Aisne, depuis 1812, il manque les années 1826, 1831, 1847, 1862, 1871, 1876 et 1883.

–         Délibérations du conseil municipal et du conseil cantonal ( révolution) en tout 5 volumes ; dans le premier volume il manque les feuillets 1 à 49 ;

–         Recensement de la population depuis 1836, 12 volumes

–         Charte de la commune et pièces annexes, en tout 7 pièces

–         Statistiques du département de l’Aisne par Douchy, l volume

‘’         ‘’         ‘’         ‘’             par Brayer, 2 volumes

–         usages locaux dans le département de l’Aisne, l volume

GUERRE DE 1870-1871

 

            Depuis plusieurs jours, les habitants de la ville de Beaurieux, avaient appris que l’armée prussienne campait dans les environs de Reims, lorsque le 9 septembre 1870, vers une heure de l’après midi, le village fut envahi par des cuirassiers blancs, les dragons et l’intendance précédés seulement de quelques minutes par des uhlands qui arrivaient par toutes les issues, rues et ruelles, le pistolet au poing et les chevaux au galop. En un instant, maisons, bâtiments ruraux et cours, tout était occupé par les hommes et les chevaux. Des réquisitions de vaches, de paille, d’avoine, et de foin étaient adressées à l’administration municipale.

 

            Les soldas n’avaient pas attendu l’effet de ces réquisitions, ils avaient escaladé les greniers et s’étaient emparé de tout ce qui était à leur convenance, tant pour la nourriture des hommes que pour celle des chevaux. Il y eu un gaspillage énorme. On a vu des soldats faire de la litière avec du blé, et de l’avoine non battue.

 

            Environ 3000 hommes se trouvaient logés dans le village ; 3500 autres étaient restés dans la plaine avec les voitures de l’intendance et des équipages. L’artillerie campait également au dehors ainsi qu’une partie de la cavalerie.

 

            Il serait difficile de peindre l’effroi des habitants. Les soldats s’étaient emparé de tous les ustensiles de ménage qu’ils avaient trouvé sous la main ; les caves avaient été visitées ;

 

 

 

            Les provisions ne manquèrent pas.

 

            La commune de Beaurieux avait organisé une ambulance dans la salle de classe de l’école de garçons en vue de l’armée française. Les lits au nombre de dix avaient été occupés dans la nuit du 5 au 6 septembre par une ambulance parisienne qui, après la bataille de Sedan retournait dans la capitale.

            Dès le 9 septembre au soir, des soldas prussiens malades y étaient  amenés, et le lendemain huit lits étaient occupés par des militaires atteints du typhus.

  1. Wallon, maire à cette époque, était absent au moment de l’envahissement de la commune. Dès son retour, il se joignit à M. Delaidde, greffier de la mairie, pour répondre aux exigences de l’armée prussienne.

            Naturellement la plupart du temps ces deux messieurs ne pouvaient y faire droit et se trouvaient menacés des vigueurs de la guerre.

            Enfin le lendemain 10 septembre, vers 8 heures du matin, le régiment de cuirassiers quitta la commune immédiatement suivi par les autres régiments, et à 11 heure du matin, la dernière voiture disparaissait dans la direction de Fismes. L’armée au lieu de suivre la vallée de l’Aisne traversa cette rivière sur le pont de Maisy et se dirigea sur Braine tant par la route de Fismes que par celle de Villers en Prayères.

            Elle abandonnait les malades sans gardien ‘’à la garde de Dieu et de la charité’’comme disaient les médecins majors médecins. Mais ils savaient parfaitement que dès le lendemain le village serait de nouveau occupé par d’autres soldats allemands.

            La sagesse des habitants sauva le village, d’un pillage et de malheurs qui pouvaient être terribles car nous avions à faire à des soldats décidés à tout, toujours la menace à la bouche, et prêts à employer la force pour obtenir ce qu’ils demandaient.

            L’armée prussienne était suivie par une bande d’hommes sans scrupule, pillant tout ce qui se trouvait sous leurs doigts crochus. Heureusement ces hommes ne venaient que peu dans le village, qu’ils savaient du reste entièrement  occupés par les soldats réguliers.

            Le 11 septembre, environ  3000 hommes de la garde nationale envahissaient à nouveau  la commune de Beaurieux, et s’établissaient dans toutes les maisons ; les bâtiments, les granges et les cours occupés par des Uhlands, des dragons et des artilleurs ; la plupart de ceux-ci campèrent au bas du village sur la route de Soissons à Neufchâtel.

            Nouvelles exigences et nouvelles réquisitions, auxquelles il ne sera bientôt plus possible de répondre.

            Le 12, il y eut séjour et une revue fut passée sur la place publique.

            Le 13, dans la matinée, cette armée prit aussi la route de Fismes et celle de Braine pour se diriger sur Paris ; laissant également les malades à la garde de M. Dellaide greffier de la mairie et aux soins de M. M. Férré et Lécuyer, docteurs médecins.

            Pendant l’occupation prussienne à partir de 7 heures du soir, il n’était plus possible aux habitants ni de sortir du village, ni d’y rentrer. Les vivres, tant pour les hommes que pour les animaux commençaient à devenir rares, et l’administration municipale se trouva dans la necessité de s’en pourvoir au dehors. L’établissement de boucherie avait été abandonné par son propriétaire ; des citoyens en prirent la direction et la boucherie put à l’avenir pourvoir de la viande nécessaire à la nourriture des habitants.

            La discipline et l’autorité des chefs contribuèrent à sauver la commune d’un pillage qui aurait privé celle-ci des ressources qui allaient devenir indispensables car pendant cinq semaines consécutives les habitants sont à loger et à nourrir ; des détachements plus ou moins nombreux,  Beaurieux, Neufchâtel, et Braine étaient devenues des étapes allemandes.

 

 

 

            Je vais citer un exemple de ce qu’était la discipline :

            Le magasin d’un marchand épicier était envahi par une vingtaine de soldats réclamant tous à la fois la livraison des marchandises qu’ils disaient vouloir payer, à leur manière, bien entendu, il  n’était plus possible de répondre à toutes les demandes et le moment allait arriver ou chacun prendrait de gré ou de forces ce qui était à sa convenance. M. Delaidde, informé de ce fait usa d’un stratagème qui réussit parfaitement pour faire sortir tous ces hommes à l’instant même. Il entra dans le magasin et une fois au milieu de ces soldas, il leur fit comprendre par paroles et par signes que leur chef les demandait à la mairie ; aussitôt qu’ils furent sortis la porte fut fermée et l’auteur du stratagème s’esquiva comme il put. Il est vrai de dire que comme il était chargé de la garde de l’ambulance il portait le brassard de la convention de Genève.

            Le 14 septembre, nouvelle invasion du village ; 552 soldats réclamèrent le logement et la nourriture ; des billets de logement leur furent délivrés à la mairie ; à partir de ce jour les charges de la guerre furent mieux réparties entre les habitants.

            Ce même jour et après le logement des soldats fait par les soins de l’administration communale un détachement de cavalerie pour l’interoccupation à la mairie.

            Chaque détachement faisait une réquisition de chevaux et de voitures pour transporter des sacs des soldats et certains vivres, e assez souvent des soldats malades et les éclopés. C’était une lourde charge pour les habitants car souvent les réquisitionnaires retenus au-delà du temps et de la distance pour lesquels ils avaient été requis ; pendant le siège de Soissons,  hommes et chevaux étaient retenus par nos ennemis et employés de force à des travaux de transports et d’investissement ; souvent les hommes abandonnaient les chevaux et voitures pour s’échapper et revenir dans leurs familles ; c’est ainsi que la commune eut à indemniser les propriétaires de ces équipages perdus.

            Les réquisitions de chevaux et de voitures se faisaient la veille du départ du détachement ; un jour le colonel ayant changé son ordre de réquisition au moment du départ, il arriva que l’administration municipale ne put y faire immédiatement droit ; 25 hommes commandés par un officier vinrent chercher le greffier de la mairie, pour l’enlever comme ôtage jusqu’à ce que voitures et chevaux fussent trouvés ; vingt cinq hommes et un officier pour enlever un seul homme ! cela prouve jusqu’où nos ennemis poussaient la prudence ou la pusillanimité.

            L’ôtage s’échappa par une rue détournée au moment où les chevaux ayant été trouvés la surveillance était moins active.

            A  peine le détachement de 552 hommes avait-il quitté Beaurieux que 240 cavaliers envahissaient la commune et réclamaient le logement et la nourriture pour les hommes et les chevaux.

            Le 15 septembre l’ambulance fut évacuée sur Neufchâtel ; il s’y trouvait encore 8 malades.

            Le 16, toute la matinée, un détachement de 21 hommes arrivaient pour loger, et dans l’après midi 86 soldats réclamaient également logement et nourriture.

            Le 17, ces 86 hommes firent séjour et ne quittèrent la commune que le 18.

            La plupart des détachements se composaient de soldats de la réserve ou  landwer

Regagnant les régiments auxquels ils appartenaient.

            Le 28 septembre, la commune eut à loger 13 officiers, 598 soldats, 34 chevaux.

            A partir du 29 septembre, jusqu’au 21 octobre, plusieurs colonnes militaires passèrent sur la route située à l’extrémité du village sans s’y arrêter. Ces troupes se rendaient dans les environs de Soissons pour faire le siège de cette ville. Pendant la durée de la garnison, plusieurs détachements vinrent réclamer le logement à Beaurieux. Comme il n’était pas

 

 

Possible de les y loger convenablement, principalement les officiers, des billets de logement leur furent refusés.

            L’ordre du départ étant arrivé fin de mai l’armée saxonne quitta Beaurieux le ler juin 1871.

            Tout s’est à peu près bien passé pendant le temps que cette année a occupé la commune de Beaurieux.

            Le 21 (septembre) octobre une ambulance composée de 50 hommes et de 36 chevaux venant de Neufchâtel pour se rendre dans les environs de Paris, logea à Beaurieux. Toujours réquisition de vivres tant pour les hommes que pour les chevaux.

            Le 22 octobre 1870, la commune eut à loger le 13è escadron de chevaux légers bavarois composée de 160 hommes et de 124 chevaux ;

            Les 23 et 24 octobre logement de 475 hommes d’infanterie bavaroise et 72 chevaux du 31è de train toujours avec nourriture complète.

            Le 28 arriva un détachement composé de 106 hommes et 15 chevaux et réclama le logement et la nourriture.

            Le 11 novembre, 212 hommes  avec 29 chevaux réclamèrent également logement et nourriture.

            Le 13 novembre, 118 hommes et 25 chevaux.

            Le lendemain 14, à peine le détachement était-il parti que 400 hommes et 25 chevaux arrivaient dans les communes réclamant la nourriture et le logement. Parmi les 25 chevaux, 16 appartenaient à des réquisitionnaires et qu’il fallait remplacer pour le départ du lendemain.

            Il arrivait souvent que les conducteurs des chevaux réquisitionnés demandaient à retourner chez eux aussitôt leur arrivée à destination ; mais les allemands par excès de prudence ou par méfiance ne consentaient à laisser retourner ces hommes que quand ils s’étaient assurés au moment du départ d’avoir obtenu de nouveaux chevaux ; c’est ainsi que nous avons eu ici des réquisitionnaires ou relayeurs comme les appelaient les allemands venir des Ardennes et même de la Meuse sans avoir trouvé le moyen de retourner  chez eux ; Ces français trouvaient toujours les habitants de Beaurieux disposés à venir à leur aide et à faciliter leur retour dans leurs foyers.

            Le 17 la commune logea 360 hommes et 400 chevaux ; les voitures attelées appartenaient à des réquisitionnaires.

            Le 19, 14 uhlands, 21 réquisitionnaires, et 56 chevaux conduisant des vivres s’arrêtèrent à Beaurieux pour y loger.

            A partir de ce jour jusqu’au 16 mars, nous n’avons eu que des soldats allemands ; ils traversaient le village ou suivaient la route de Neufchâtel à Soissons mais ne s’arrêtaient pas pour y loger.

            Pendant les mois de novembre et décembre la commune donna asile à des jeunes français qui se dirigeaient vers le département du Nord, pour s’enrôler dans l’armée qui s’y formait. Inutile de dire qu’ils y trouvaient toujours bon accueil.

            Le 15 mars 1871, un détachement de 2 officiers, plusieurs sous-officiers, et d’une quinzaine de soldats saxons arrivaient à Beaurieux  pour y préparer le logement d’une garnison composée de 2 escadrons d’artillerie, environ 650 hommes et autant de chevaux car l’état major en faisait partie ; après les visites de toutes les maisons et des bâtiments propres au logement le capitaine fut convaincu qu’il lui était impossible d’y loger pour une durée de plusieurs mois un effectif aussi important ; c’est alors que plusieurs communes des environs furent choisies pour recevoir le trop plein des hommes et des chevaux .

 

 

 

 

 

            Le lendemain 16, vers midi, un détachement de chasseurs à pieds arrivait pour réclamer pour son bataillon le gîte d’une nuit ; c’est avec beaucoup de peine que le greffier de la mairie fit comprendre au sergent-major que l’artillerie avait la veille, retenue tous les logements et qu’il ne lui était pas possible de délivrer des billets de logements.

            Ce sous-officier ayant reçu l’ordre formel de faire préparer le logement de son bataillon à Beaurieux, consentit avec peine à aller à Maizy. Une heure après le village a été envahi par l’artillerie saxonne qui s’y installait pour plusieurs mois, savoir : l’état major composé de 61 personnes, et 49 chevaux, les artilleurs au nombre de 207 et 140 chevaux.

            La garnison fut nourrie hommes et chevaux pendant deux jours au compte de la commune qui en fut plus tard indemnisée.

            Vers le 12 mai le colonel envoya loger à Maizy, environ 36 hommes et 30 chevaux ; ils furent remplacés par des hommes et des chevaux employés au transport des vivres.

            C’est le ler juin 1871 que les derniers soldats allemands quittèrent la commune de Beaurieux.

 

( je dois cet exposé des évènements de 1870-1871 à l’obligeance de l’honorable M. Delaidde)

3 – Géographie économique

 

1- état des terres : assolements, jachères, engrais principaux instruments aratoires, les céréales :

 

            L’agriculture a fait des progrès considérables dans notre localité depuis une vingtaine d’années. Partout on a abandonné la routine et partout la terre est bien cultivée.

            L’assolement est généralement triennal , grâce à l’emploi des engrais chimiques, tous les cultivateurs ont  supprimé les jachères.

            Les engrais employés sont : le fumier des animaux domestiques, les superphosphates et les nitrates de potasse et de soude, les tourteaux, les boues et immondices.

            Les instruments aratoires employés sont : la charrue simple, la charrue double ou brabant, la herse ordinaire et la herse articulée, l’extirpateur, la houe à cheval, le semoir mécanique, la faucheuse, la faneuse, la machine à battre.

  1.  Chovet, le principal agriculteur du pays possède aussi une locomobile d’une force de 6 chevaux .

            Quant aux petits instruments, on fait usage de la bêche, de la binette, de la houe à deux dents, du râteau, etc …

            Voici un tableau des céréales cultivées sur le territoire :

Espèces Superficie

En hectares

Rendement en paille Rendement en

Grains

Poids de l’HL en grains
froment 70 36 QX 22 HL 75 KGR
Seigle 85 43 25 70
Orge et sarrazin 5 15 25 40
avoine 80 22 35 45

2 – prairies naturelles ou artificielles :

 

            Il y a très peu de prairies naturelles à Beaurieux ; on en compte seulement 27 hectaresirrigués naturellement par les crues de la rivière d’Aisne ; le foin est de bonne qualité, le rendement moyen est de 4000 kgr par hectares.

            Comme prairies artificielles on compte : 5 hectares de trèfle avec un rendement de 4200 kgr par hectare ; 20 hectares de luzerne avec un rendement de 6200 kgr ; 25 hectares de sainfoin avec un rendement de 4000 kgs ; et 6 hectares de dravières, trèfle incarnat, jarros, etc … avec un rendement de 7000 kgr.

3 – les étangs :

 

            Je ne vois qu’un étant sur notre territoire, celui du Moulin Arcent ; il est alimenté par le rû du Moulin Arcent ; il a une superficie de 20 ares environ, les poissons y sont variés et nombreux.

4 – les arbres fruitiers et la vigne :

 

            Nous n’avons ici que des fruits à noyau. Le pommier et le poirier végètent péniblement et meurent au bout de quelques années ; mais pruniers et cerisiers réussissent parfaitement et donnent des produits merveilleux ; toute la pente sud et sud-est de notre colline est plantée de reine-claudiers et de cerisiers. La prune est délicieuse, elle est emportée vers Reims, Paris et le Nord ; la cerise non moins bonne que la prune est expédiée sur Paris et Reims ; le rendement moyen est de 10 000 f par an pour ces deux espèces de fruits.

            Les noyers sont rares à Beaurieux, quant à la vigne qui était autrefois la base de la richesse de la localité, elle n’existera bientôt plus que comme objet de curiosité ; car les vignerons découragés par un rendement presque insignifiant en défrichent chaque année quelques coins ; il y a 20 ans on comptait 20 hectares de vigne à Beaurieux ; aujourd’hui il y en a à peine 6.

5 – houblon

 

            La nature du sol ne permet pas la culture du houblon sur notre territoire.

 

6 – la betterave :

 

            On cultive à Beaurieux 85 hectares de betteraves à sucre ; grâce aux instruments aratoires perfectionnés, et à l’emploi des engrais chimiques le rendement moyen dépasse 35 000 kgr par hectare.

            La betterave est expédiée partie à la sucrerie des Hautes-Rives, Maizy, distante de 5 kmset partie celle de Loivre (marne) éloignée de plus de 16 kms ; le transport se fait par le canal de l’Aisne.

6 bis – cultures de toutes espèces :

 

            On cultive à Beaurieux avec beaucoup de succès l’asperge, les petits pois sucrés, et les haricots ; ces légumes sont expédiés sur les marchés de Reims ; leur rendement annuel est de plus de 20 000 F.

7 – les défrichements :

 

            Depuis 35 ans, on a défriché plus de 15 hectares de bois ; à la place de ces bois on voit maintenant de riches moissons de champs de betteraves.

8 – les biens communaux :

 

            La commune ne possède plus que les marais dont il a été question dans la partie physique.

9 – les animaux domestiques :

 

ESPECES NOMBRE DE TETES POIDS BRUT DE L ANIMAL EN VIE PRIX MOYEN DE L’ANIMAL QUANTITE ANNUELLE DE FUMIER PAR ANIMAL
CHEVAUX 97 525 KO 800 F 3000 KO
ANES 12 200 125 750
BŒUFS 42 800 750 4400
VACHES 57 500 350 4400
VEAUX 12 50 53 100
BELIERS 30 100 200 260
BREBIS 250 50 70 300
AGNEAUX 80 40 60 280
PORCS A L ENGRAIS 100 90 70 500
CHEVRES ET BOUCS 28 30 30 300

animaux nuisibles

 

            les animaux nuisibles qu’on rencontre ici sont : le rat, la souris, le loir, la couleuvre, le hanneton, la sauterelle etc …

10 – la chasse et la pèche : leurs produits, les conditions auxquelles elles sont soumises :

 

            Les chasseurs ????????????? ici : du lapin, du lièvre, du renard, du blaireau, du sanglier, du chevreuil, la perdrix, la caille, le canard, la poule d’eau, le râle.

            La chasse est louée sur les biens communaux ; bon nombre de personnes réservent également la chasse sur leurs propriétés. A Beaurieux, comme dans bien des localités, la chasse est un sujet de mésintelligence entre les chasseurs et les propriétaires.

            La rivière d’Aisne est fort poissonneuse et le poisson est d’excellente qualité.

            Les pêcheurs prennent : du brochet, de la carpe, de l’anguille, de la lotte, de la perche, le barbeau, le goujon, la brême, le gardon, le mulet etc…

            On prend ces mêmes poissons dans le canal latéral.

            La pêche au filet et à la ligne de fond est louée ; à la ligne flottante elle est libre.

11 – foires et marchés :

 

            Il existe à Beaurieux deux foires annuelles qui ont lieu le 25 octobre et le vendredi de la Passion.

            Le marché hebdomadaire se tient le mercredi.

            Cette localité est un petit centre assez commerçant ; l’on n’y trouve un marchand de nouveautés et confections pour hommes, un horloger-bijoutier, plusieurs merciers, épiciers, un chapelier, trois marchands de chaussures, trois bonnes auberges, plusieurs débits de boissons, deux boucheries, une charcuterie, un magasin de modes, un peintre-vitrier, etc …

12 – carrières,  mines et minières :

 

            Il  n’existe plus aucune carrière, aucune mine dans notre localité ; sur le sommet de la colline on trouve bien la pierre calcaire mais très ???????????? elle ne peut même pas servir à l’entretien des chemins.

            L’annuaire du département de l’Aisne, année 1813, pages 185, 186 et 187 parle de

Charbon de terre, d’alun et de vitriol découverts ou fabriqués à Beaurieux à la fin du siècle dernier et au commencement du XIXè siècle.

            Voici les articles en question :

            ‘’ l’on croit généralement qu’il n’y a point de charbon de terre dans ce département ; mais M. le Chevallier Belly de Bussy, Membre de l’Ordre de la Réunion, nous a assuré que M. son père, en avait trouvé à Beaurieux. Cette découverte eut lieu en 1770 et offrit d’abord les plus grandes espérances : la veine, placée entre deux bans de Quaiselle, à environ 26 mètres de profondeur (près de 80 pieds) avait 54 mm d’épaisseur (2 pouces) ; le charbon était brillant à la cassure et de très bonne qualité ; l’homme de l’art qui dirigeait les fouilles, a vérifié que c’était réellement du charbon, et des maréchaux l’ont essayé avec succès ; nous ne voyons rien à répondre à des faits aussi positifs ; le journal des mines se trompe donc, quand il prétend que ce département ne renferme point cette substance.

            Cependant bientôt un énorme ban de sable mouvant obligea de porter les fouilles à Bourg, village à 8 kms de Beaurieux (2 lieues) ; ce contretemps n’aurait que retardé les travaux, mais tout à coup, un jet d’eau violent sorti par le trou de la sonde, remplit en quelques minutes la fosse qui avait déjà 20 mètres de profondeur (60 pieds) ; de nouvelles tentatives furent infructueuses et l’on fut forcé de renoncer à cette entreprise, après s’être convaincu qu’au dessous de ce terrain se trouvait une masse d’eau considérable ; elle s’étend entre Soissons et Pontavert ainsi qu’on l’a vérifié avec la sonde.

            Pourquoi n’a-t-on pu tirer parti de cette découverte, l’on sera peut être étonné que nous en parlions dans ce chapitre mais l’exemple de M. de Bussy peut porter à des essais plus heureux qui deviendraient pour ce département une nouvelle branche d’industrie.

 

 

Alun et vitriol beaurieux

 

 

            C’est en 1770 que M. de Bussy découvrit les couches à cendres noires qui alimentent cette manufacture ; il obtint alors une concession du (département )  pour l’établissement d’une fabrique de vitriol ; diverses contrariétés et notamment les circonstances politiques en retardèrent l’exécution, de sorte qu’elle n’a été définitivement élevée que postérieurement au 18 brumaire ; on y fait aussi de l’alun ; la concession actuelle détenue pour 50 ans est du 15 floréal an ll ; le vitriol se vend principalement à Paris et dans la ci-devant Belgique et l’alun à Paris et à Rouen ; on compte dans cette usine 200 ouvriers.’’