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Monographie de Barenton Cel

Thème : | Catégorie : Monographies | Commune(s) : BARENTON-CEL | Auteur : Instituteur


Source AD Aisne – Monographie manuscrite – cote 13 T 1

Il existe deux versions pour la partie géographie physique. La monographie n’est pas datée de façon précise. 

GEOGRAPHIE PHYSIQUE

Situation de la commune – Son étendue superficielle – son territoire – son terroir – ses différentes divisions : hameaux, fermes, écarts, dépendances, lieux-dits

La commune de Barenton Cel est située à 49° 38’ 24’’ de latitude nord et à 1° 19’ 10’’ de longitude est ; elle est à 11 kilomètres de Laon et à 8 kilomètres de Crécy sur Serre. Son étendue superficielle totale est, y compris l’emplacement des propriétés bâties, des chemins, de la rivière, etc, 669 ha 22a 30. Le terroir ou terres cultivables, y compris les marais, 660 ha 08 a 60. Il n’y a pas de divisions, sinon deux sections A et B ; un seul écart s’y rattache, c’est un ancien moulin à vent aujourd’hui démoli, situé sur une colline. L’unique habitation qui s’y trouve a conservé son ancienne dénomination : le moulin de St Georges, et le monticule où il existait, porte le nom de Montagne de St Georges.

Les lieux dits du territoire de la commune de Barenton Cel sont :

Section A du village :

Le village, l’Eglise, le Hannot, les Saules Barrois, le Chemin de Chalandry, la Fontaine aux grenouilles, le Pigeon, Derrière Verneuil, la Ruelle Patée, Au dessus du Village, la Vallée Grésil, le Fond de Chalandry, le Fond de Mortiers, le Champ Corbeau, Au dessus du Buissonet, Le haut du Buissonnet, Malerbe, le Clos, la Fosse aux Grues, le Bois du Renard, le Champ aux Grès, le Haut des Riez, Bellois, le Moncellet, les Riez Bellois, les Longues Rayes, le Champ Violette, le Chemin de Laon à Chalandry, le Chemin de Chéry

Section B dite de la Montagne St Georges :

La Montagne St Georges, la Carrière, le Chemin de Liesse, le Chemin de Reneuil, les terres de Reneuil, le Fond du Millet, le Marly, le Millet, la Montée, Derrière le Bosquet, les Prés Armand, le Chemin de Barenton Bugny, la sablonnière, la sente du Moulin Bretagne

Noms successifs de la commune

Les plus vieux documents qui existent en Mairie sont les registres de l’Etat civil remontant à 1696 ; la commune y porte sa dénomination actuelle ; la cloche de l’église qui porte le millésime 1648, indique également la dénomination Barenton Cel

Relief du sol

Il n’existe sur le terroir qu’un seul monticule la Montagne St Georges en partie boisée qui est peu élevée, de nature sableuse (il y existe des sablières). Son attitude est de 118 mètres.

Le reste du territoire est une plaine, légèrement ondulée.

Météorologie

Rien de particulier à signaler sous ce rapport, le voisinage des marais et de la petite rivière qui limite le territoire au sud et à l’est entretient une légère fraîcheur en été, et occasionne fréquemment en automne et au printemps surtout des brouillards très humides et une forte rosée.

Géologie

La terre arable proprement dite est généralement argileuse, elle convient spécialement à la culture du blé et à celle de la betterave. Elle est argilo calcaire sur une de ses extrémités, sablonneuse aux abords de la Montage St Georges et humifère et tourbeuse dans le voisinage de la rivière, dans les marais.

Le sous sol est perméable sauf dans les parties marécageuses où il est composé de terre glaise grisâtre très plastique, entièrement de sable à la Montagne St Georges, il est calcaire alentour de la dite montagne et dans d’autres endroits il est formé d’une pierre blanche très dure mais très peu calcaire ; elle sert à l’empierrement des chemins. On rencontre dans cette pierre de la Marcassite, mais aucune autre matière qui puisse donner lieu à une étude spéciale.

Notons pour terminer que le grès se rencontre en morceaux intacts assez volumineux au milieu des terres et généralement dans l’épaisseur de la couche de terre arable.

Hydrographie

Le territoire est arrosé ou plutôt bordé sur une longueur d’au moins 4 kilomètres vers le sud et l’est par le rû des Barentons, ruisseau qui sert de limite à la commune vers Barenton Bugny et Verneuil. Ce ruisseau dont la largeur moyenne dans la localité est de quatre à cinq mètres, coule du sud-ouest vers le nord-est puis vers le nord. Il prend sa source à Festieux près Laon, n’arrose aucun lieu important ; il va se perdre dans la Souche à Barenton sur Serre. Il n’est ni flottable ni navigable.

Les marais

Il existe dans la localité sur tout le parcours de la rivière, rive gauche une plus ou moins grande largeur de terrain marécageux, appartenant à la commune et une faible partie à des particuliers. La superficie totale de ces marais est de trente huit hectares environ. Ces marais renferment des tourbières qui ne sont plus exploitées sur la partie communale ; ils produisent presque partout un foin médiocre utilisé comme litière et comme couverture de tas de betteraves emmagasinées par les sucreries. Une faible superficie de ces terrains marécageux, les mieux situés, est utilisée comme jardins maraîchers par les habitants du pays.

Ils ne sont pas en voie de dessèchement.

Les bois et forêts

Si l’on excepte une parcelle de bois située à la Montagne St Georges, il n’y a ni bois, ni forêt. Cette parcelle a une contenance de cent treize ares ; les essences de bois qu’on y rencontre sont : le bouleau, le coudrier, le frêne, le tremble.

Faune communale

Les animaux sauvages qui vivent naturellement sur le terroir communal sont : le lièvre, la lapin, la fouine, le hérisson, le rat, le loir, la souris, le campagnol, la perdrix, la caille, le canard sauvage, le rale, la tourterelle, le héron, la chouette, le chat-huant, le corbeau, la joie, le moineau, le pinson, le chardonneret, l’alouette, l’étourneau, le roitelet, l’hirondelle, etc.

Flore communale

Les plantes qui croissent spontanément sur les terres dépendant de la commune de Barenton Cel sont : dans les champs, la ronce, la chélidoine, la petite euphorbe, le bouillon blanc, la vipérine, la cuscute, le pissenlit, les gazons, la pâquerette, les orties, le lamier, le senais, le chardon, diverses espèces de graminées ; la renoncule, le coquelicot, la mâche, le chiendent , le bluet, dans la partie marécageuse, les joncs, les prêles, les fétuques, l’ivraie, le vulpin, les lèches, etc, etc.

Population

Recensement de 1876 : 184 habitants

Recensement de 1881 : 188 habitants

Recensement de 1886 : 169 habitants

La population reste à peu près stationnaire.

Nombre des mariages, naissances et décès dans les dernières années

  1882 1883 1884 1885 1886 1887
M 1 2 2 1 3
N 9 5 1 6 3 2
D 6 2 2 4 3 5

Habitants

Les habitants tous agriculteurs sont généralement robustes, forts et assez grands malgré la grande consommation qu’on y fait de boissons alcooliques qui entrent pour une grande part, avec le café dans la consommation journalière des habitants des deux sexes depuis le travail de la betterave saccharine dans la contrée. Cependant on y voit peu de vieillards, point d’octogénaires, trois septuagénaires.

Le caractère y est généralement bon, joyeux, paisible.

Les mœurs, hélas ! je me contenterais de dire qu’à part quelques cas d’ivresse, conséquence fatale et inévitable de l’usage des boissons alcooliques, il y a très peu de chose à reprendre à la paisible population de Barenton Cel.

Peu de chose à dire sous le rapport du langage : bien qu’il y ait lieu de constater bien des défauts de prononciation ; exemple : les verbes qui à l’imparfait de l’indicatif  se prononcent par ait, ou ais ou aient : se rendent indistinctement chez les habitants indigènes par eu comme dans des œufs, des bœufs.

Comme degré d’instruction, il y a une grande faiblesse à constater ; d’abord, la population étant agricole, les gens se contentent de travailler matériellement, ne se plaignent pas trop de leur faible instruction . Les cultivateurs ou patrons , eux par contre, possèdent une bonne et solide instruction, aussi exploitent-ils leurs fermes avec intelligence et fruit. Les terres y sont très bien travaillées et par suite d’une fécondité assez remarquable   (manque la fin)

II GEOGRAPHIE HISTORIQUE

Anciens monuments remarquables

Il y a une trentaine d’années, on a démoli dans la commune les murs d’enceinte d’une propriété dite le château ou le fort du Hanot, aujourd’hui converti en ferme. Ces murs étaient d’une très grande épaisseur ; ils sont remplacés par d’autres, moins massifs et de construction moderne.

Ils constituaient la clôture de la propriété du hanot sur 3 côtés : nord, ouest et sud. Ils étaient bâtis en grès énormes et cimentés d’une matière très dure qui paraît-il faisait adhérer les grès et les matériaux fortement entre eux.

Le côté est de cette propriété était protégé par un large fossé de 4 mètres de large qui communique avec la rivière.

(Voir plus loin les détails concernant le château lui-même)

Eglise

La seule église que la commune possède est une chapelle construite par les templiers, et le cimetière qui l’entoure est taclavé dans les d dépendances de la forteresse du Hanot.

Elle (l’église) est placée sous le patronage de St Georges (23 avril).

Cette chapelle ou église n’a pas, extérieurement, plus de 18 mètres de long et intérieurement de 12 à 14 mètres. Les murs y sont d’une grande épaisseur.

Sa hauteur intérieure est de 4 à 5 mètres et en guise de voûtes, est un vieux plancher vermoulu qui menace ruine (sa largeur intérieur est de 7 mètres environ).

On y entre par une grand’porte cintrée, de 2 m de haut au sommet de la voûte ; cette porte donne sur un petit parvis également cintré et de construction très massive.

L’intérieur est éclairé par 4 petites croisées percée de chaque côté de l’édifice.

Comme on peut en juger par le peu d’élégance et de la grossièreté de la construction, on en abanne ? toute trace de style d’architecture.

Extérieurement, elle n’a rien de bien particulier si ce n’est sa vétusté.

De dimensions très restreintes  dans sa capacité intérieure, elle n’a guère plus de 10 m jusqu’au faite du bâtiment principal et le clocheton qui la surmonte ne surpasse guère ce faite que de 1,50 ou 2 m, la couverture employée est la tuile. Celle du clocher est l’ardoise.

Son origine lui accuse au moins 600 ans d’existence et son aspect ne dément pas cette hypothèse hasardée à défaut de documents écrits.

Elle n’a pas de particularités du genre de celles qui sont demandées : pas de sépultures, de peintures murales, de pierres tombales, de tableaux, de tapisseries, de vitraux, de mobilier ancien.

Cimetière actuel

Il existe dans le cimetière une croix servant de calvaire, élégamment fleurdelysée.

Ancien château

Le Hanot, forteresse ayant appartenu paraît-il aux templiers. Tous vestiges de fortifications a disparu. Les bâtiments même ont tellement été transformés pour leur usage actuel d’exploitation agricole qu’il serait difficile d’y reconnaître une ancienne maison de l’ordre célèbre.

Le fort du Hanot, comme il est encore appelé dans le pays, est une vaste propriété clos de toutes parts par des murs et un large fossé ; elle a 400 m de long et 100 m de large, les bâtiments sont au centre. Il est impossible de se prononcer davantage sur l’historique de cette maison qui n’a plus de forteresse que le nom.

Cependant, il est relaté dans une délibération du Conseil municipal qui date de 1840, un détail que je me permets de transcrire sous toute réserve ; il est dit que Philippe le bel a visité cette maison en 1302 et 1306.

C’est le seul détail qui touche cette propriété existant dans les archives de la mairie lesquelles ne renferment aucun document antérieur à notre siècle, excepté les registres de l’Etat civil. Encore dans ces dernières remarque-t-on la qualification de fermier et fermière du hanot donnée sans doute à des gens qui, n’étant possesseurs d’aucun titre de noblesse, exploitaient ladite propriété et ses dépendances pour le compte d’un noble propriétaire. Je dis dépendances, car aux abords du château et sur une grande étendue, même en dehors du village, il y a trace de murs de clôture qui ont dû servir à enceindre des vergers appartenant ou plutôt dépendant du Hanot.

Il y a même au loin dans les champs une grande parcelle de terre appelée le clos du Hanot qui au dire des anciens fut plantée autrefois de pommiers. C’était là sans doute aussi un verger dépendant du Hanot et la haie de clôture aurait disparue ainsi que les pommiers.

Archives

Il n’existe aucun vieux documents dans les archives de la commune si l’on en excepte les registres de l’Etat civil qui remontent à 1696.

Ecoles

Une école paraît avoir toujours existé de mémoire d’homme, dans la commune de Barenton Cel et rien n’indique encore la date précise de sa fondation. dans les registres d’état civil antérieurs à la révolution il est fait mention à plus d’un endroit de la qualification de maître d’école donnée à tel ou tel individu cité dans quelques actes de l’époque.

Une seule école existe pour les 2 sexes ; elle est primaire et laïque ; elle a reçu en 1883 37 élèves.

Les bâtiments de l’école actuelle ont été construits en 1848. La salle de classe a 5,5 m de large et 6 m de long. Elle est exposée au levant, a une porte d’entrée à deux battants, et de chaque côté, 2 fenêtres dans la principale façade sud, fermant pignon. La hauteur de ladite salle a été abaissée de 4 m à 3 m pour permettre la construction d’une salle de mairie au dessus de l’école.

Antérieurement à la construction de l’école actuelle, l’enseignement se donnait dans des locaux plus ou moins bien choisis, et loués par la commune.

III – GEOGRAPHIE ECONOMIQUE

Etats des terres

Les terres, de nature argileuse sont, pour la plus grande partie, en bon état de culture ; leur rendement est au dessus de la moyenne de rendement de l’ensemble des terroirs environnants.

L’assolement en usage dans la localité est biennal pour la culture intensive qui ne produit que blé et betterave ; il est triennal pour la culture ordinaire qui produit betterave, blé, avoine ou seigle, non compris les prairies artificielles.

Le système des jachères est abandonnée entièrement.

La culture ordinaire se fait au moyen d’une fumure de 35 000 kgs de fumier par hectare, donnée à la terre tous les 6 à 7 ans.

Les principaux instruments aratoires employés sont : la charrue bisoc appelée brabant, la herse articulée, le rouleau ordinaire en fonte, le kroskill ou brise-mottes, l’extirpateur, la houe mécanique, les semoirs en ligne et à la volée, etc…

La nature de la terre se prête à merveille à la culture du blé, du seigle, de l’avoine. Ce sont les seules céréales cultivées dans la commune.

Prairies

Les prairies naturelles ne sont composées que des marécages produisant des roseaux, des joncs et autres végétaux marécageux que le bétail dédaigne, et que l’on n’emploie uniquement comme litière.

Les cultivateurs créent alors des prairies artificielles où ils sèment les trefles, la luzerne et le sainfoin.

La vaine pâture est abolie dans la commune et il n’existe aucun usage au sujet des pâturages ; les bestiaux d’ailleurs ne pâturent pas sur les communaux.

Houblon et betterave

Pas de houblon. La betterave fait l’objet d’une culture importante. 150 hectares, le ¼ environ des terres cultivées, sont annuellement consacrées à la culture de la betterave saccharine. Le produit de cette culture, dont le rendement atteint une moyenne de 3500 kgs de racines à l’hectare, est mis en œuvre par les usines d’Aulnois et de Pouilly.

Cultures de toutes espèces

L’on ne cultive , dans la localité, que les plantes énumérés plus haut, c’est à dire les céréales, la betterave et les fourrages.

Biens communaux

La commune est possesseur de 33 hectares 16 ares de biens communaux, consistant en marécages, dont les 3/5 environ sont affermés à des particuliers, par baux de 12 années et par baux emphytéotiques, ces derniers , pour une durée de 99 ans, à partir de 1846. Les reste, soit 2/5 , non affermés, fut jusqu’à ces derniers temps utilisé pour l’extraction d’une tourbe de mauvaise qualité a contribué à abandonner l’exploitation des tourbières. Les herbes qui poussent dans cette partie sont vendues chaque année par adjudication et la commune ne tire qu’un faible produit de cette vente.

Une partie des biens communaux affermés aux particuliers de la commune est consacrée à la culture maraîchère, mais exclusivement pour la consommation des habitants.

Animaux

A la date du 1er janvier 1884, il existe dans la commune :

12 ruches sont en activité ; leur production annuelle moyenne est de 5 kgs de miel et 1kg de cire environ.

Chasse et pêche

Ni l’une ni l’autre ne sont soumises à certaines conditions dignes d’être mentionnées.

La commune loue le droit de chasse sur les biens communaux, comme elle concède le droit de pêche dans la rivière et les tourbières communales. La location de l’une et l’autre est faite pour une période de 9 années, mais le produit qu’elle en retire est peu important.

Rien de remarquable à citer sur les produits de la chasse et de la pêche ; l’une fournit le gibier de plaine : lièvres, perdrix, cailles et les oiseaux de passage aquatiques : canards sauvages, bécassines, etc ; l’autre le poisson d’eau douce : brochet, perche, meunier, anguille, etc.

Notons que gibier et poisson diminuent considérablement sous le rapport de la quantité.