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Monographie d’Andelain

Thème : | Catégorie : Monographies | Commune(s) : ANDELAIN | Auteur : Instituteur


Commune d’ANDELAIN

1 – GEOGRAPHIE PHYSIQUE

1 – situation astronomique de la commune : son étendue superficielle, son territoire, son terroir, ses différentes divisions, hameaux, fermes, écarts, dépendances, lieux-dits :

 

         Andelain est à 1°2’8’’ de longitude est, et à 129°38’26’’ de latitude nord.

         C’est un petit village de 149 habitants agréablement situé sur un plateau élevé (106m) dominant au nord-ouest la riche vallée de l’Oise (50m), à 3 kilomètres de la Fère, son chef-lieu de canton, et à 26 kilomètres de Laon, son chef-lieu d’arrondissement.

         Ses limites sont :   au nord ; la commune de la Fère

                                      Au nord-ouest : la commune de Beautor

                                      Au sud-ouest : la commune de Deuillet

                                      Au sud-est : la commune de Bertaucourt

                                      Au nord-est : la commune de Charmes.

         L’Oise et la rivière de La Fère limite la pâture communale ; deux chemins de terroir servent de limite entre Andelain et Bertaucourt.

         Son étendue superficielle est de 290 hectares

         Son territoire de                       288 hectares

         Son terroir de                           207 hectares

         La population est agglomérée.

         Les principaux lieux-dits du terroir sont : le Canton, le clos fouron, la ferme du bœuf, la cense du bœuf, le clos des loges, la masure, le montaval, le champ de bataille, la glacière, et les digues.

2 – indiquer les noms successifs :

 

         Andelin en 1680 jusqu’en 1695, depuis il s’écrit Andelain

3 – relief du sol : monts, collines

 

         Le sol est accidenté ; la commune occupe le centre d’un plateau uni d’une altitude de 108 mètres ; quelques ondulations ou plis de terrain se dessinent vers Bertaucourt ; le point le plus culminant de ce côté représenté par le Montanal atteint une altitude de 112 mètres ; il se rattache au plateau des Ardennes par la grande vallée de la Serre.

4 – météorologie :

 

         Andelain jouit d’un climat tempéré, l’ai y est en général vit et sain en raison de l’élévation du village au dessus de la vallée de l’Oise entièrement ouverte du côté de l’ouest ; l’hiver est ordinairement fort long, mais il n’et pas trop rigoureux ; les grands froids ne durent pas au-delà de 15 jours ; le reste de la mauvaise saison se compose de pluies alternant avec le froid modérés ; l’été est moins long que l’hiver ; les plus grandes chaleurs ne dépassent pas + 25°

         Les vents les plus habituels sont ceux du sud-ouest qu’amènent les pluies ; ce sont les vents du nord-est qui amènent les froids les plus vifs ; la neige tombe rarement, persiste peu, et les grêles dévastatrices sont assez rares.

         La butte de Rouy sépare les ouragans qui l’attaquent au sud-ouest ; une partie remonte la vallée de l’Oise et l’autre atteint la vallée de l’ailette par Barisis en traversant la forêt de Saint-Gobain.

5 – géologie :

 

         Le sol est composé de terrains tertiaires, formé en grande partie d’argile et de sable.

         La surface du plateau, dont la masse est essentiellement argileuseimperméable est recouverte d’une couche de terre végétale assez fertile.

         Le sol de la vallée est le résultat des alluvions ; il est d’une fertilité luxuriante.

         Le tableau qui suit fait connaître les différentes couches superposées que l’on rencontre en suivant le sol, sur le plateau même :

Nombre Nature des couches Hauteur ou épaisseur Observations
1 Terre arable 0 M 70  
2 Terres argileuses imperméables 1 M 00  
3 Sable vert 0 M 90  
4 Terre bleue 1 M 10  
5 Cendre noire 0 M 50  
6 Autre terre bleue 0 M 60  
7 Terre calcaire silicieuse 0 M 10  
8 Cendre noire 1 M 50  

Observation : la cendre noire a été exploitée dans la localité de 1804 à 1864

6 – hydrographie : fleuves, rivières, ruisseaux, etc :

 

         Andelain, dépend du grand bassin de la Seine ; ses eaux sont dirigées dans l’Oise par de petits ruisseaux ou rigoles qui bordent les chemins et deviennent torrents à la saison des pluies ou après les orages.

         L’Oise et la rivièrette de la Fère (cette dernière vient du parc de Danizy où elle, prend sa source) sont les seules rivières qui limitent sur un faible parcours le territoire de la commune.

         Deux petits étangs dits abreuvoirs, occupent le centre de la commune et servent pour abreuver les bestiaux.

7 – les marais :

 

         Pas de marais

8 – les bois et les forêts : leur superficie et leurs principales essences :

 

         Un petit bois de plantations récentes occupe une superficie de deux hectares ; les principales essences qu’il renferme sont : le bouleau, l’orme, le peuplier, le sapin, l’aulne et le frêne.

9 – faune communale :

 

         Les gros animaux sauvages sont rares ; les petites espèces sont assez

répandues, les plus communes sont : le hérisson, le putois, la fouine la belette, le rat d’eau, le loir, la taupe ; on rencontre fort peu de lièvres et de lapins de garennes.

         Le voisinage de la rivière amène le passage régulier d’un grand nombre d’oiseaux voyageurs de la famille des palmipèdes, tels que les cygnes, et les oies (rarement), les canards chipot, pilet, siffleur, sarcelles.

         Les basses-cours sont amplement fournies de volaille et de lapins.

         Les reptiles sont peu nombreux, la vipère peu commune ; l’orvet existe néanmoins ; le lézard des roches, la rainette verte, les grenouilles, les crapauds se rencontrent assez fréquemment ; la sangsue abonde dans les digues où se trouvent des eaux stagnantes.

         Les poissons les plus communs sont : la carpe, la tanche, le barbeau, le brochet et l’anguille.

10 – la flore communale :

 

         Outre les principales céréales que l’on cultive les légumes de toutes sortes qui réussissent parfaitement bien, et les différentes variétés d’arbres fruitiers qui existent, les fleurs que l’on rencontre le plus communément et qui constituent, à vrai dire, la flore du pays sont : les fleurs de prés naturels, la marguerite, la pâquerette, les ombellifères, le sainfoin, la minette, le pissenlit, le salsifis, la morelle, le colchique ou veilleuse, le caille-lait, le bouillon blanc sur les bords des chemins, la valériane, la violette dans les haies ; et dans les champs, le tussilage, le lierre terrestre, l’ornithogale, le saxifrage, le thlaspi, l’orpin des oiseaux, la campanule, la lychnide ou mille des blés, la prêle ou queue de cheval, la bourrache, la pervenche, le millepertuis, le fumeterre, le sénevé, le thym, l’ivraie vivace, le mélilot officinal, la verveine, l’ortie blanche.

11 – chiffre de la population :

 

         Le dernier recensement accuse une population de 149 habitants ; en 1837, elle était de 191, mais alors il existait dans la localité une usine d’alun qui pouvait occuper 30 ouvriers et y attirer des familles étrangères ; depuis, ce chiffre a diminué et reste stationnaire puisque cette usine a disparu et que le pays est essentiellement agricole et éloigné de tout centre industriel important.

12 – nombre des mariages, naissances et décès dans les dernières années :

 

Année  Naissances Mariages Décès
1874 5 1 4
1875 4   4
1876 4 2 6
1877 4 4 3
1878 4 1 4
1879 5 1 5
1880 2   2
1881 2 1 1
1882     2
1883 3 2 1
1884 3 2 1
TOTAL 32 12 32
MOYENNE 3,2 1,2 3,2

13 – particularités sur la constitution physique des habitants, leur régime alimentaire, leurs mœurs, leurs jeux, leurs usages, leur langage, leur degré d’instruction, etc …

 

         Les habitants sont de taille moyenne, généralement bien constitués, forts et robustes ; ils vivent sobrement, font usage de légumes secs et farineux (pois, haricots, pommes de terre) mangent peu la viande de boucherie, préfèrent la viande de porc et se nourrissent surtout de celle de lapin.

         Ils vivent généralement vieux, leur caractère est assez sympathique, mais un peu réservé ; leurs mœurs sont paisibles et douces ; ils s’appliquent au travail des champs ou à l’industrie ; rarement ils se réunissent à l’auberge ou au café le dimanche pour s’y livrer au jeu.

         Leur langage est assez correct ; l’accent picard y domine néanmoins.

         Ils savent presque tous lire et écrire, sont capables de faire leurs comptes et de tenir par eux-mêmes leur correspondance, toutefois on peut évaluer à 4 pour cent le nombre de personnes illettrées.

Andelain, le 25 janvier 1884

L’instituteur

DUCHE

 

 

 

 

 

 

 

2 – GEOGRAPHIE HISTORIQUE

 

 

1 – évènements remarquables dont la commune a été le théâtre :

 

         La commune d’Andelain dépendait autrefois de la seigneurie de la Fère, qui elle-même faisait partie du domaine des sires de Coucy.

         Ses habitants furent affranchis en août 1368 par Enguerrand VII ; celui-ci pour arrêter l’émigration des pauvres paysans dont l’unique pensée était de fuir ce sol maudit et d’aller chercher ailleurs un esclavage moins dur et des maîtres moins impitoyables se vit contraint d’accorder à cette époque une charte collective d’affranchissement à 22 bourgs et villages.

         Andelain fut de ce nombre.

         Par sa situation voisine de la Fère, il, a comme cette dernière ville, souffert des guerres de la Ligue ; en 1595, Henri IV, sur l’avis d’un ingénieur flamand de Bruxelles, Beringhen, fit construire dans la prairie d’Andelain, en aval et à environ 1400 mètres de la Fère, une énorme digue insubmersible afin d’inonder cette ville.

         Cette digue s’étendait vers Beautor, du pied du coteau à la rivière sur un développement de plus de 1200 mètres ; elle existe encore aujourd’hui, mais elle se trouve considérablement affaissée et tend même à disparaître sur le territoire de Beautor, par suite de la culture des terrains.

         Les eaux arrêtées ainsi dans leurs cours se répandirent vite dans la vallée et atteignirent en peu de jours une hauteur considérable.

         Toute la ville de la Fère fut submergée entièrement ; les eaux envahirent les maisons et s’y élevèrent à une hauteur de O m 50 ;

         La position devient bien cruelle pour les habitants que la capitulation seule fut sauvée ; signée le 16 mai 1596, le roi entra dans la ville le 22 mai suivant.

         En 1815, les troupes prussiennes ont livré bataille sur le territoire de la commune ; le lieu-dit « le champ de bataille » date de ce temps et paraît être la plus sure attestation de la lutte qui se serait engagée à l’époque en cet endroit.

D’ailleurs une délibération du conseil municipal du 30 avril 1819 règle le remboursement des frais occasionnés par suite du passage des troupes prussiennes et arrête le montant des sommes redevables au chiffre de 3.900 francs.

         Le 14 octobre 1870, 400 soldats prussiens, tant artilleurs que fantassins,

viennent occuper Andelain  qu’ils quittent le lendemain pour retourner sur Laon ; mais ils reviennent plus nombreux le 21 novembre suivant ; le 22, dès 6 heures du matin, la garnison de la Fère, avertie de leur présence, ouvre le feu ; les obus tombent drus et serrés toute la journée ; vers 6 heures du soir, l’importante ferme Hincelin est la proie des flammes ; le château est fort endommagé ; l’ennemi ne répond pas ; pendant un temps ; il établit des batteries près de Danizy, et le 25, des 5 heures du matin, il fait en ??? le bombardement de la fille qui a pour effet la destruction, par l’incendie des principaux monuments et des vastes bâtiments de la garnison ; le 26, la place se rend et le lendemain, à 3 heures de l’après midi, l’ennemi entre en ville, musique en tête.

         A partir de ce moment Andelain n’est plus occupé ; néanmoins, le 18 décembre vers 10 heures du soir, un fort détachement prussien, muni de pièces de canon, y est de passage et se dirigeant vers la Fère et Saint-Quentin ; l’année suivante du 25 au 30 mai, 400 fantassins allemands y séjournent avant de regagner leur pays ; les dommages causés par suite du bombardement fait par nos troupes le 22 novembre 1870 ont été évalués par la commission départementale à 15.945 francs pour le château et à 61.500 francs pour la ferme Hincelin.

– Voies gauloises et voies romaines :

 

         Néant ; nota : il existe encore aujourd’hui au bas du coteau et limitant la prairie, un chemin vert, dit chemin du Enguerrand, qui mettait autrefois Coucy en communication avec la Fère où un château avait été construit vers 1100 par Enguerrand 1er.

– Existe-t-il quelque lieu portant le souvenir d’un champ de bataille :

 

         Le lieudit « le champ de bataille » situé à l’est de la commune ; aucune découverte importante n’y a été faite.

 trouve-t-on dans la commune, etc …

 

         Il existe sur le place publique un calvaire très ancien et très bien conservé ; il date de 1586 ; il se compose d’une colonne cylindrique en pierre dure d’une hauteur de 2 m 34 et d’un diamètre de 0 m 30 ; la colonne, composée de 3 pièces, est surmontée d’une croix en fer et repose sur un piédestal de forme octogonale, également en pierre dure, auquel elle est fixée solidement au moyen d’une tige en fer implantée au centre du piédestal et traversant le fût en son

 milieu ; sur une hauteur d’environ 0 m 50 ; l’une des pièces de la colonne est d’un diamètre plus grand ; elle est sculptée, porte en avant la date 1585, d’un côté la Vierge assise tenant l’enfant Jésus dans les bras et de l’autre, deux figures d’anges ailés supportant un écusson.

– la commune possède-t-elle une ou plusieurs églises ? leur vocable, date du patron, longueur de chaque église , description :

 

         La commune possède une église placée sous le vocable de Saint-Denis, patron le 9 octobre ; la fête patronale a lieu le premier dimanche du mois d’août ;

         La longueur de l’église à l’intérieur est de 21 mètres

         Sa fondation date de 1686

         L’église est surmontée d’un clocher de peu d’élévation renfermant une cloche

         Elle comprend deux bas-côtés déposés symétriquement, formant à droite, la chapelle Saint-Nicolas et à gauche la chapelle de la Sainte Vierge.

         Dans cette dernière, on remarque la statue de Saint-Roch, qui était autrefois l’objet des pèlerinages pour la guérison et la préservation de morsures de chiens enragés.

         Style ogival

         Elle renferme de beaux vitraux du 16e siècle représentant des sujets religieux.

– faire l’inventaire des documents historiques de toute nature qui se trouvent dans les archives communales, paroissiales, etc

 

         Les plus anciens registres remontent en 1680. A cette époque, l’inscription sur les registres des baptêmes, mariages et décès, étaient faits par les desservants ; souvent même le clerc laïque apposait sa signature au bas des actes.

         La paroisse d’Andelain a presque toujours été desservie par les curés des Beautor ; elle contribua quelques temps avant la révolution, pour une somme de 1600 livres à la construction du presbytère de cette commune :

– liste des desservants depuis 1680

 

         – 1680         de campagne

         – 1686         Pierre Moutier, prêtre chanoine de St Montain de la Fère

         – 1691         Bottée prieur chanoine de St Louis du château de la Fère

                            Curé de Beautor

         – 1708         Cronier, curé de Beautor

         – 1732         Dupenty        idem

         – 1743         Padoux       idem

         – 1774 à 1787 Les frères Calixte, Noël, Lambert et Martinien du couvent

                            De la Fère, remplacent souvent le curé de Beautour

         – 1793 à 1804 Doffément curé de Charmes dessert Andelain

         – 1780 à 1820 Santerre, curé de Beautor

         – 1820         Brucelle, curé de Beautor

         – 1821         Couty          idem

         – 1823         Bugeard      idem

         – 1839         Bruyère       idem

         -1871          Locquette, curé de Beraucourt

         – 1875         Caudron      idem

         – 1878         Bruyère, curé de Beautor

         A partir de 1793, les actes de naissance, mariage et décès sont reçus par les officiers municipaux ; Andelain dépend alors du district de Chauny et du canton de Saint-Gobain ; en 1805, il est rattaché au canton de la Fère.

– liste des maires depuis 1793

 

         – 1793         Jean Lachoix

         – 1796         Charles Lefèvre

         – 1797-1821 Falourd, adjoint rédige les actes et les signe comme adjoint

         – 1821         Leblond

         – 1837         Charles Henri Leblond

         – 1854         Isidore Ferdinand Leblond

         – 1856         Marchand Henri

         – 1871         Hincelin Edouard

         – 1876         Gros Jean

– les écoles : leur ordre d’enseignement : sont-elles ecclésiastiques ou laïques :

         La commune d’Andelain possède une école primaire, élémentaire, publique, mixte, et laïque ; on peut faire remonter l’époque de sa fondation en l’année 1835 où le sieur Venet nommé instituteur par arrêté du 31 mai 1835 a

prêté serment, le 13 décembre suivant, en présence du comité local et du délégué du conseil supérieur de Chauny du ressort duquel Andelain dépendait ; toutefois, bien avant 1835, l’école existait.

         Le nombre d’élève des deux sexes est aujourd’hui de 25.

         L’école actuelle occupe le centre de la commune ; elle comprend deux étages ; le rez-de-chaussée se compose de trois pièces, la salle de classe d’un côté séparée des deux autres pièces par un corridor ; au premier étage, une salle de mairie assez spacieuse occupe la façade principale ; trois autres petites pièces forment avec les deux du rez-de-chaussée, le logement de l’instituteur.

– liste des instituteurs qui ont exercé dans la commune depuis 1752 :

 

         – 1752         Jean Lachoix

         – 1813         Louis Lachoix

         – 1830         Venet

         – 1841         Paul

         – 1842         Hubert

         – 1854         Pétré

         – 1856         Lachoix

         – 1860         Suin

         – 1861         Guny

         – 1868         Leclère

         – 1872         Lefèvre

         – 1874         Derbois

         – 1878         Rozelet

         – 1879         Derche

         Une maison d’école avait été construite en 1841 près de l’église ; son humidité excessive et son insalubrité causée par le voisinage du cimetière et d’une mare d’eau croupissante ont déterminé l’administration communale à pourvoir à son remplacement.

         Un emplacement communal fut choisi au centre de la commune et l’école actuelle y a été construite en 1881.

Andelain, le 25 janvier 1884

L’instituteur

DERCHE

 

 

 

3 – GEOGRAPHIE ECONOMIQUE

 

 

1 – état des terres : assolement, jachères, engrais, principaux instruments aratoires, céréales,

 

         Les terres situées sur la plateau sont de nature argileuses, lentes à se ressuer après la pluie, promptes à se durcir et à se crevasser par la sécheresse et difficiles à cultiver, aussi emploie-t-on les bœufs.

         Labourées avant l’hiver, elles s’émiettent au dégel.

         Indépendamment de l’argile, quelques terres contiennent un peu de sable plus ou moins grossier. Toutefois, le sol n’est pas rebelle ; et si les dépenses de culture sont plus coûteuses, plus grandes, elles sont du moins compensées par la qualité, la valeur et surtout le poids des produits ; toutes les plantes réussissent sur ces terres fortes, aussi bien les plantes légumineuses que les graminées.

         Les terres avoisinant la prairie sont, comme cette dernière, formées d’une couche d’alluvions très fertile et donnent d’excellents produits.

         Si l’agriculture n’a pas encore acquis ici la perfection désirable, l’esprit de routine tend cependant à disparaître.

         Le drainage, ce puissant moyen d’assainissement y a fait déjà de grands progrès et tend à se généraliser de plus en plus.

         L’assolement le plus suivi est quadriennal, savoir : betteraves, blé, avoine, trèfle ou luzerne.

         Il exige 600 quintaux de fumiers.

         Les engrais sont suffisants et permettent de compter ainsi sur des récoltes continues ; aussi les jachères sont rares.

         Les principaux engrais sont les fumiers de cheval, de bœuf, et de vache ; quelquefois aussi on enfouie sur place certaines plantes en fleurs qui servent alors comme engrais verts ; comme amendement on emploie surtout la marne (environ 1000 quintaux par an) et certains engrais chimiques tels que le phosphate de chaux et le superphosphate (environ 80 quintaux par an).

         Les principaux instruments aratoires en usage sont : la charrue dit brabant, la herse, le rouleau, l’extirpateur, le binoir, le semoir, le scarificateur et le crosskill.

         Les instruments à la main sont la bêche, la binette, le hoyau, le pic, la pelle et la pioche.

         Les céréales : blé, seigle, avoine, orge, féverolle, hivernache et vesce, sont cultivées sur une étendue d’environ 105 hectares.

         Leur rendement est bon, la paille excellente et le grain pesant ; elles réussissent sur toutes les terres.

2 – prairies naturelles, ou artificielles, vaines pâtures :

 

         Les prairies naturelles donnent un foin d’excellente qualité qui nourrit de bons chevaux ; elles se répartissent sur une étendue de 27 hectares ; les prairies artificielles, cultivées sur une étendue d’environ 20 hectares, outre qu’elles reposent le sol produisent d’abondants fourrages pour la nourriture des bestiaux.

         De temps immémorial, une partie du marais est consacrée aux bestiaux qui y trouvent avant la récolte du foin, une nourriture suffisante ; aussitôt après la récolte de la fin de juillet jusqu’à fin octobre, les bestiaux fréquentent toute la pâture.

3 – les étangs :

 

         Deux petits étangs dits abreuvoirs occupent le centre de la commune ; ils servent pour abreuver les bestiaux.

 

4 – les arbres fruitiers, la vigne :

 

         Les arbres fruitiers sont : le pommier, le poirier dans les champs, le noyer, le noisetier et le prunier dans les jardins ; le rigoureux hiver de 1879 en a détruit considérablement ; c’est à peine si quelques pommiers existent encore çà et là sur le territoire.

         La vigne n’existe qu’à l’état de treille assujettie aux murs des habitations.

5 le houblon, la betterave :

 

         Le houblon n’existe qu’à l’état sauvage ;on le rencontre parfois sur les haies bordant les chemins ; on n’en tire aucun produit.

         La culture de la betterave se fait en grand ; une étendue de 50 hectares y est consacrée.

         Le rendement moyen est de 400 quintaux par hectares.

6 – cultures de toutes espèces :

 

         La pomme de terre entre beaucoup dans l’alimentation des habitants ; 5 hectares au moins sont consacrés à la culture de ce tubercule.

         Les betteraves fourragères pour l’alimentation du bétail ainsi que les carottes et navets, représentent une culture peu étendue

– les biens communaux :

 

         Les biens communaux consistent en 10 hectares de prés de toute qualité ; situés dans la vallée de l’Oise ; leur produit peut être évalué annuellement à une moyenne de 1000 francs.

– les animaux domestiques,  chevaux, bœufs, bêtes à cornes, bêtes à laine, porcs, les animaux nuisibles, les insectes utiles :

 

         Les animaux domestiques sont de belle race ; les chevaux sont forts ;on les utilise pour le trait et le labourage.

         Les bœufs servent à la culture des terres fortes.

         Les bêtes à cornes sont l’objet de soins particuliers, elles donnent un lait abondant que les laitières vont vendre chaque matin à la ville avoisinante.

         Les bêtes à laine sont au nombre de 300 ; leur produit est assez rémunérateur.

         Les porcs donnent une viande estimée que recherchent les habitants.

         Les animaux nuisibles comprennent les petites espèces d’animaux sauvages, ce sont : la fouine, la belette, le putois, la taupe, les rats et la souris ; le loir exerce des ravages sur les fruits de nos jardins ;

         Les insectes utiles ne comprennent guère que l’abeille qui nous donne le miel et la cire.

– la chasse :

 

 

         La chasse sur le territoire de la commune est entièrement réservée avec deux chasseurs de la localité.

         Toutefois les droits de chasse sur les terres dépendent de la ferme Hincelin qui composent près de la moitié du terroir, est concédé à une société de chasseurs étrangers. Le gibier à plumes est assez abondant, mais le gibier à poil y est rare ; la chasse au gibier d’eau se fait l’hiver dans la prairie, à la hutte coulante à l’aide d’appelants.

– la pêche :

 

         Le droit de pêche sur la rivière d’Oise est abandonné aux riverains.

         La commune loue, chaque année, en même temps que la récolte de foin (roseaux) le droit de pêche sur le lieudit «  les digues » où le poisson afflue, l’hiver au moment des débordements de la rivière.