Connexion à l'espace adhérent



Connexion à l'espace adhérent



MARLE : L’incendie de l’église

Thème : Faits divers, anecdotes, catastrophes, Patrimoine | Catégorie : Églises | Commune(s) : MARLE | Auteur : Patrick !massart d'après M.Lalouette


L’église après l’incendie


Le mercredi 28 mai 1879, vers huit heures du soir, un orage s’est abattu sur la ville. Un violent coup de tonnerre retentit. La flèche avait été frappée à sa pointe, un peu au-dessous de la croix. Le feu allait couver, imperceptible et concentré, pendant deux heures, dans cette vieille forêt de bois de chêne et de châtaigner. Vers onze heures, le crépitement des ardoises et une vive lueur, semblable à une lanterne placée au haut du clocher, aperçue par quelques personnes qui regagnaient leur domicile, firent pressentir le désastre.
M. Bajin, curé-doyen, immédiatement averti, monta lui-même au clocher pour essayer d’arrêter l’incendie dans son début. Il était déjà trop tard, Au milieu des ombres de la nuit, à deux cents pieds du sol, s’élevait une pyramide flamboyante. A minuit et deux minutes, la magnifique croix surmontant la flèche, se détachait, entraînant le coq et la boule de cuivre jaune. L’horloge communale sonnait son coup de mort à minuit et demi. Quelques instants après, les charbons ardents tombaient à l’intérieur et communiquèrent le feu au beffroi des cloches. L’intense chaleur produite par ces brasiers occasionna la destruction de l’horloge et détermina la fonte des cinq cloches, qui, depuis 1847, annonçaient les joies et les deuils publics ou privés ; le métal en fusion, semblable à la lave d’un volcan, coulait sur la voûte de la lanterne, jusqu’au sol de l’église. Le feu se communiqua aux charpentes et aux toitures du transept septentrional, du chœur et du sanctuaire, qui furent réduites en cendres. Grâce à l’empressement des habitants, tout le mobilier si beau et si riche de l’église a pu être mis à l’abri ; seuls, deux des lustres en verre du chœur ont été brisés. Grâce au concours des pompiers, des gens du chemin de fer, des ouvriers de la filature Traizet et des communes environnantes, les maisons échelonnées le long de l’église ont été préservées et aucune n’a été touchée. On a eu à regretter qu’un accident : une des religieuses de la Providence a eu le bras cassé.
Patrick Massart
(extraits de « le clocher de Marle, ses cloches et l’horloge communale » de M. Lalouette, correspondant de « la Thiérache », bulletin de la société archéologique de Vervins, tome VII, année 1880 ; « le petit journal » du 01 juin 1879. )