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Marcel Carnoy (1926-2012)Histoire locale / Articles

Thème : PersonnalitésCommune(s) : MARTIGNYAuteur : Jean-Christophe Dumain


C’est avec tristesse que les sociétés d’histoire locales ont appris le décès de Marcel Carnoy le 19 avril 2012, alors qu’il venait de fêter ses 86 ans. Membre des sociétés historiques de Haute-Picardie, de Vervins et d’Avesnes-sur-Helpes, il y était un auditeur régulier mais également l’auteur de plusieurs conférences.

Né à Martigny en 1926, il passa toute son enfance et sa scolarité dans ce village de Thiérache. Il intégra le lycée de Chanzy à Charleville en classe de 5e et 4e, mais fut contraint d’arrêter sa scolarité durant sa seconde année, en raison des bombardements de 1940. Recruté comme clerc à l’étude notariale d’Aubenton, il entra très jeune dans la Résistance, dès 1943, dans les groupements d’Aubenton et de Signy-l’Abbaye. Il y effectua notamment des missions de sauvetage d’aviateurs alliés et d’agent de liaison entre les deux groupements. Ces actions lui valurent plusieurs décorations, dont la croix du combattant volontaire de la Résistance et la croix du combattant de moins de vingt ans. Engagé volontaire dans l’armée de l’air au lendemain de la seconde guerre mondiale, il y servit trois ans au gré de plusieurs affectations qui le menèrent à Chambéry, Chalons-sur-Marne, Bias ou Villacoublay. A la fin de son engagement en juin 1948, il regagna sa région natale, travaillant comme comptable aux Etablissements Dorvillers, sellier-bourrelier à Hirson. Amoureux des livres, il quitta cette entreprise pour fonder en 1950 une librairie à Hirson. Vers 1975, il créa une maison d’édition baptisée « le Chertemps » (dont l’emblème est une lettre C majuscule, surmontée d’un livre entr’ouvert et d’un trèfle à quatre feuilles), du nom du petit cours d’eau traversant Vervins. C’est ainsi qu’il réédita plusieurs ouvrages d’histoire locale, notamment « l’Histoire des rues et maisons de Laon » de Maxime de Sars et l’ « Histoire de Saint-Michel-en-Thiérache » de Desmasures.

Bien que ses périodes de prédilection fussent la Révolution et l’Empire, son intérêt pour l’histoire de la Thiérache et des Ardennes lui permettait d’élargir ses connaissances historiques à d’autres périodes, particulièrement l’Ancien Régime et le Second empire. Malgré la maladie, il était encore animé par plusieurs projets, notamment une recherche sur les notables de l’Aisne sous la Révolution et l’Empire, ainsi qu’une étude portant sur les 41 généraux de l’Aisne sous l’Empire. Et si sa curiosité historique s’étendait à d’autres périodes elle englobait également d’autres contrées, notamment la Russie, pays dont il avait très tôt appris la langue. C’est tout naturellement qu’il connaissait bien l’occupation russe de la France au début de la restauration.

Il fut également un membre fondateur de la Revue Graines d’Histoire née en 1998 sous l’impulsion de Guy Marival, publication dans laquelle il écrivit deux articles.

Outre l’histoire, il nourrissait également une grande passion pour la généalogie, science qu’il s’efforçait d’inclure dans une perspective historique locale voire nationale, sachant ériger des passerelles entre les deux disciplines. Il répétait souvent que l’étymologie du patronyme Carnoy désignait un lieu où poussait le charme. Une telle étymologie était prédestinée car c’était avec charme et plaisir qu’il dispensait de nombreux conseils aux généalogistes débutants ou confirmés, lors de conférences ou de discussions plus informelles.

Il était l’un des premiers membres de la jeune association Généalogie-Aisne, prononçant notamment deux conférences lors des journées généalogiques de Rozoy-sur-Serre en 2006. Il animait également depuis plusieurs années un atelier de généalogie à Iviers, distillant des conseils pour la réalisation d’un arbre généalogique et des cours de paléographie, s’appuyant essentiellement sur des documents notariés ou judiciaires inédits.

C’était aux Archives départementales de l’Aisne qu’il se rendait pour glaner ces sources qu’il utilisait pour ses études. Sa présence en salle de lecture des Archives Départementales tous les vendredis donnait à celle-ci une teinte bien particulière et il y rencontrait régulièrement généalogistes et chercheurs désireux de recueillir des précisions sur l’histoire de la Thiérache. Sa bonne humeur communicative et ses connaissances partagées avec plaisir et malice étaient unanimement appréciés et les lecteurs savaient bien souvent que Marcel Carnoy était présent ce jour-là pour les aider.

Le petit nombre d’articles qu’il a publiés et dont nous dressons une liste non exhaustive ci-dessous, reflète imparfaitement l’étendue des travaux qu’il a entrepris, car nombre d’entre eux sont restés inédits. Ce fin connaisseur de l’histoire de la Thiérache s’inscrit dans la longue lignée des historiens thiérachiens aux côté d’Ernest Lavisse, Gabriel Hanoteaux, Amédée Piette ou Marc Blanpain. Il repose dans le cimetière de son village natal de Martigny.

Jean-Christophe Dumain

Cette notice doit beaucoup aux informations recueillies auprès de sa veuve Mme Prisca Carnoy et sa fille Armelle, au discours prononcé lors des obsèques par M. Claude Fostier, président des anciens combattants de Martigny, et aux remarques glanées auprès de nombreux lecteurs des Archives Départementales . Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés.

Bibliographie de Marcel Carnoy

Articles

Ouvrages écrits en collaboration

Travaux inédits déposés aux Archives départementales

Rééditions d’ouvrages

Conférences

Article publié initialement dans les Mémoires de la Fédération des sociétés d’Histoire et d’Archéologie de l’Aisne.

Publié ici avec l’aimable autorisation de l’auteur que nous remercions.