Connexion à l'espace adhérent



Connexion à l'espace adhérent



L’histoire de Jean-Baptiste GUERDOUX, un « guillotiné » … qui ne l’a pas été.

Thème : Justice | Commune(s) : MACQUIGNY | Auteur : Jean GUERDOUX


J’ai pour objectif de tenter de relier tous les GUERDOUX anciens et contemporains, entre eux et avec l’origine du patronyme, à Thenelles. Cet objectif est très avancé, à partir de sources multiples. https://guerdoux.monsite-orange.fr/
Dès le début, j’ai repéré un Jean baptiste GUERDOUX dans une liste de guillotinés, publiée sur Internet (http://www.prospection.net/guillo-g.htm)

GUERDOUX Jean Baptiste, ancien secrétaire du ci-devant prince de Conti, département de la Seine, condamné à mort, comme émisseur de faux assignats, le 23 juin 1792, par le tribunal criminel du dit département.

J’ai alors décidé d’essayer d’en savoir plus long sur ce cousin apparemment peu recommandable.

1.L’écrou et la filiation
J’ai trouvé aux archives de la Préfecture dePolice de Paris, son écrou à la Conciergerie, un peu plus tôt, en janvier 1792.
Ce document identifie bien Jean-Baptiste : le lieu de naissance est très reconnaissable, Maccigny (pour Macquigny), en Picardie. L’âge est de 56 ans en 1792, ce qui donne une naissance en 1736.
Or, l’on trouve à Macquigny un Jean Baptiste qui nait le 7 août 1735 (AD 02, Mi 583, vue 256). C’est manifestement lui, car une seule famille GUERDOUX existe alors à Macquigny ! On le relie ensuite à la souche commune via ses parents.( voir site).

2.Le procès
Le compte rendu complet figure aux Archives Nationales (BB3/14). Il m’a été communiqué, comme les documents qui suivront, par Arlette BROSSARD, que je remercie vivement.  Il est long, très détaillé (20 pages et des annexes) et assez moderne dans la forme. Malgré la période troublée, il n’est pas du tout expéditif. Ci-dessous, le début et une partie de la fin du procès

L’acte d’accusation concerne l’achat d’un lot de tissus par Philippe LA BONNE. Jean Baptiste intervient ensuite pour prêter un local pour les entreposer . Et le lot est payé en faux assignats. On précise les noms des acteurs : le gendarme Degoutte, le juge de paix Claude Le Seigneur, le commissaire de police Marie CAFFIN.

Seuls LA BONNE et GUERDOUX sont présents au procès. A plusieurs reprises ils affirment que les faux assignats viennent de BERRY. Tout est noté en détail: LA BONNE mange un morceau de pain et boit un verre de vin. On décrit longuement un imbroglio de rendez-vous ratés et remis à plus tard. La marchandise trafiquée est de la mousseline, payée par bERRY avec 51 faux assignats e 2000 livres. Ils ont repérés par une différence de jambage d’une lettre M. Et, à la fin, le jugement est
« du 23 juin 1792 : contre LA BONNE, GUERDOUX, BERRY et HEBERT Louis par la grâce de Dieu et par la loi constitutionnelle de l’état, roy des français .
le tribunal après avoir entendu le commissaire du Roÿ condamne Philippe LlABONNE, Jean Baptiste GUERDOUX, BERRYet BRUN à la peine de mort conformément a l’article deux de la sixième section du titre premier de la deuxième partie du code pénal lequel est ainsi conçu : que quiconque sera convaincu d’avoir contrefait des papiers nationaux ayant cours de monnaye ou d’avoir contribué sciemment à l’exposition des dits papiers contrefaits ou a leur introduction dans l’enceinte du territoire français sera puni de mort ».
Jean Baptiste a donc été condamné à mort pour avoir été complice de l’utilisation de fausse monnaie : les états ont toujours été très sévères dans ce domaine régalien et la complicité était aussi rigoureusement punie que l’auteur présumé des faits…. qui était absent, rappelons le

3.La vraie mort
Cependant, Jean-Baptiste  n’a pas été exécuté à cette date. Il a été tué lors des émeutes des 2 et 3 septembre 1792 à la Conciergerie .


HISTOIRE DES GIRONDINS Et DES MASSACRES DE SEPTEMBRE (digitalisé par l’Université de Californie, à Los Angeles).
Etat nominatif, par ordre alphabétique , des prlsonniers mis à mort a la prison de la Conciergerie , les 2 et 3 septembre 1792; établi d’après les trois listes dressées par le concierge de la prison, certifiées par lui , ainsi que par le commissaire de police de la section du Pont-Neuf, et faisant partie du volume D, n. 78, des Archives de l’Hôtel de Ville de Paris.
Il n’a pas eu la chance d’être libéré, comme la plupart des prisonnières et quelques rescapés. Selon Marie Christine PENIN il est probable qu’il a été enterré au cimetière de Clamart, aujourd’hui disparu www.tombes-sepultures.com/crbst_865.html.

D’autres documents
Un autre document confirme le lien avec le prince de Conti. Un contrat de mariage montre que Jean Baptiste habite Paris où il s’est marié en 1766 avec Louise Françoise TIRATEL.Les deux époux signent.


Une séparation de leurs biens a été prononcée en 1780. Peut-on imaginer qu’il avait déjà des activités douteuses? En tous cas, il a été condamné aux dépends. Il est alors commis à la trésorerie du prince de Conti.
Et on le trouve également comme éditeur de musique, encore lié au prince de Conti !


Il reste à chercher un acte de 1786 où Jean Baptiste est qualifié de secrétaire et liquidateurde Mgr le prince de …
Tout ce dossier fait de Jean-Baptiste une vedette incontestable de l’histoire du patronyme !

Par Jean Guerdoux