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Les sépultures militaires dans la grande guerre

Thème : | Catégorie : 1914-1918 | Commune(s) : CERNY-EN-LAONNOIS


Le premier conflit mondial

Lorsque l’Autriche déclare la guerre à la Serbie le 28 juillet 1914, personne n’imagine que le jeu des alliances va entrainer une quinzaine de pays et leur colonies dans ce conflit. On croit à une guerre courte, elle durera plus de quatre ans. U total, la première guerre mondiale a mobilisée 74 millions d’hommes et fait près de 10 millions de morts, soit quatre tués à la minute.

Enterrer les morts au combat: du soldat anonyme au soldat héros

Au XIXe siècle, l’accroissement de la puissance de feu rend les guerres de plus en plus meurtrières, et l’inhumation des morts devient une obligation sanitaire. Dans le contexte du développement des sentiments nationaux, les morts au combats deviennent des héros qu’il convient d’honorer. En 1856 et 1871, des accords internationaux prévoient la sauvegarde des sépultures militaires. Au cours de la première guerre mondiale, les pertes massives amènent les belligérant à se doter de services d’identification et d’inhumation.

C’est ainsi qu’apparaissent les premières tombes individuelles.

Cimetières et sépultures de fortune

Des cimetières provisoires sont ouverts dans l’urgence à proximité des postes de secours des premières lignes, près des hôpitaux de campagne ou encore dans les cimetières civils. On trouve aussi les tombes isolées de soldats enterrés sur leur lieu de mort par leurs camarades. Dès le début de la guerre, les Allemands construisent à l’arrière de véritables nécropoles, dont l’architecture doit être digne des héros tombés loin de leur patrie: à Saint-Quentin, le cimetière du quartier Saint-Martin est conçu et inauguré le 25 mars 1915.

Dans toutes ces nécropoles, les Allemands réservent des emplacements pour les soldats Français et leurs alliés.

Cependant, les pilonnages d’artillerie incessants font que de nombreux morts, dont beaucoup ne sont pas identifiables, restent abandonnés sur le terrain.

Le poids des morts de 1917

Les combats qui se déroulent sur le Chemin des Dames au printemps 1917 sont assurément parmi les plus meurtriers de la guerre: sur les seuls dix premiers jours de l’offensive d’avril 1917, les pertes Françaises furent de 30000 morts, 54000 blessés et 4000 prisonniers.

Il reste impossible de cerner avec précision le chiffre exact des pertes totales sur toute la durée de l’offensive Nivelle. Elle a probablement fait moins de morts que les offensives de 1916 à Verdun ou dans la Somme. Mais l’impression de massacre est justifiée: ici les combats n’ont duré que quelques semaines. Et si les morts de Verdun sont élevés par la nation au rang de héros, ceux du Chemin des Dames font figure de sacrifiés inutiles dans une vaine offensive. La crise des mutineries de mai et juin 1917 trouve là son explication principale.

Compter les morts

Les statistiques des pertes restent controversées. En France, ce n’est qu’à partir de 1916 que l’état-major constitue un fichier centralisant les chiffres des pertes. Après la guerre, la nation doit se résoudre à recenser ses morts. A l’initiative de Louis Marin, député de Meurthe-et-Moselle, l’assemblée nationale ordonne le dénombrement des pertes humaines.

Ce travail minutieux s’achève en 1920. Les bilans établis alors constituent toujours le fondement de nos connaissances.

Une génération sacrifiée

La France a perdu 10,5% de sa population active masculine dans le conflit. Avec ses quelques 85200 tués, la classe 1914 a perdu le tiers de ses effectifs; 27% des hommes entre 18 et 27 ans ont disparu.

C’est dans l’infanterie que les pertes furent les plus lourdes, atteignant 23% des effectifs mobilisés, contre 6% dans l’artillerie, la cavalerie et le génie. Les quatre premiers mois de la guerre furent les plus meurtriers: d’août à novembre 1914, on comptabilise le tiers des pertes totales.

Le Bilan de la guerre pour la France et ses colonies



Métropole
39 000 000 habitants 7 800 000 hommes mobilisés 3 220 000 blessés 1 282 000 tués ou disparus 1 118 000 invalides et mutilés 800 000 orphelins 630 000 veuves de guerre

Colonies
50 400 400 habitants 600 000 hommes mobilisés 72 000 tués

Rassembler pour honorer

Après la guerre, on procède au regroupement des sépultures provisoires en nécropoles nationales. Près du tiers des corps des combattants Français et Américains sont restitués aux familles qui les réclament. Des cotés Britannique et Allemand, aucune restitution n’est effectuée. Les corps sont regroupés par nationalité, sur des terrains dont les pays concernés obtiennent concession à perpétuité. Les soldats Britanniques sont inhumés au plus proche de leur lieu de mort. Ce qui explique le grand nombre de petits cimetières dans les zones de combats.

Les cimetières militaires ont des caractères communs (tombes individuelles uniformes, croix latines majoritaires, ossuaires) mais présentent néanmoins des différences qui reflètent les traditions nationales.

En dépit du grand nombre de tombes individuelles, la majorité des corps, n’ayant pu être identifiés avec certitude, reposent en fosse commune.

Source : panneaux situés à proximité de la chapelle de Cerny-en-Laonnois