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LES ORGUES DE LA COLLÉGIALE SAINT-LAURENT

Thème : Patrimoine | Catégorie : Églises | Commune(s) : ROZOY-SUR-SERRE | Auteur : Les Amis de Rozoy et de sa Collégiale


Il subsiste encore en Thiérache de nombreux instruments : vingt deux orgues sur les soixante huit du département de l’Aisne. Avant la révolution, tout grand établissement ecclésiastique se devait d’avoir des orgues. Mais ne sont restées en place que celles de Rozoy sur Serre (1710) et Saint Michel en Thiérache (1714).

Symbole sculpté sur balustrade à gauche = Ave Maria
Symbole sculpté sur balustrade à droite = Jésus Sauveur des Hommes

Les orgues de notre Collégiale ont eu 300 ans cette année 2010, ainsi que l’atteste le chiffre 1710 gravé de chaque côté de la tribune située devant le buffet d’orgues. Il s’agit d’un orgue classique du début du 18ème siècle, au très beau buffet, possédant encore de nombreux éléments, vraisemblablement d’origine. Pour fêter cet anniversaire, nous avons organisé un concert pour lequel nous avons fait appel à M. Jacques PETIT-FALAIZE (et à son ensemble « DE SI DE LA ») qui intervient régulièrement sur nos orgues, ainsi qu’à nos organistes locaux, MM. Jean BERQUET et Sylvain DUPONT. Si le programme proposé était bien sûr axé sur les orgues, les musiciennes présentes ont accompagné les pièces jouées avec violoncelle, flûte à bec, violon et épinette, sans oublier la jeune chanteuse qui a enchanté le large auditoire présent. Donc, en 1710, en même temps que la voûte d’ogives terminant la nef, fut réalisé le buffet d’orgues (cachant malheureusement la rosace) situé sur la tribune. Si l’on sait que la partie du buffet en chêne sculpté fut fait par un menuisier-ébéniste rostand, M. J. LEMEREZ, on ne trouve aucune trace du facteur d’orgues. Les spécialistes affirment que le menuisier et le facteur d’orgues travaillaient souvent ensemble. Or, M. J. LEMEREZ a réalisé un second buffet dont le positif daté de 1717 était attesté à Vervins (facteurs d’orgues Boudosses François et Schyven Pierre), mais rien ne nous permet de dire qu’il s’agit bien de ces facteurs qui ont travaillé pour Rozoy. Cet instrument a subi deux restaurations importantes :
l’une en 1956-1957, due à M. Paul-Marie KOENIG de Paris, qui remania entièrement la console, dota l’instrument de claviers neufs, d’un pédalier moderne, et installa un dispositif de transmission tubulaire.
l’autre, sous l’action de M. l’abbé LE ROUX, due à M. PETIT-FALAIZE, en 1972 : restauration du sommier ancien du positif de dos, reclassement partiel de la tuyauterie ancienne évaluée à 33 %, adjonction de jeux neufs construits sur des modèles anciens.

L’instrument se divise en deux corps d’orgue :

Le grand- orgue


Les dimensions en sont : hauteur 7 mètres, largeur 4 mètres et profondeur 1,45 mètre. Il comporte 642 tuyaux dont 55 visibles à l’extérieur ; ils ont un diamètre allant de 0,3 cm pour les plus petits à 11 cm pour les plus gros.



Grand-orgue vu de l’extérieur
Grand-orgue vu de l’intérieur




Le Positif de dos

Le positif mesure : hauteur 2,15 mètres, largeur 2,30 mètres, profondeur 1,20 mètre. Il comporte 514 tuyaux dont 43 apparents ; leur diamètre va de 0,8 cm pour les plus petits jusqu’à 8,5 cm pour les plus gros. Le grand buffet est composé de deux plates-faces et de trois tourelles : deux grandes aux extrémités, soutenues par deux atlantes (hommes barbus de l’Antiquité) au visage expressif. Nous pouvons observer sur le buffet des feuilles de chêne et grappes de raisin sculptées.

Positif de dos vu de l’extérieur
Positif de dos vu de l’intérieur

Le positif de dos se présente également composé de trois tourelles, la plus grande étant située au centre. On retrouve en outre tous les éléments de décor classique (claires-voies en quart de cercle, consolettes, dômes à écailles, rinceaux sculptés à feuilles d’acanthe, …). Il s’y ajoute au grand corps des panneaux rehaussés de fleurettes et sur l’entablement deux consoles à volutes renversées, une croix dans une lyre, des pots à feu (Pots à feu : représentation sculptée de pots dont sortent des flammes) .
Vus de la nef, ces deux buffets avec leurs 98 tuyaux apparents forment un ensemble harmonieux. La console est « en fenêtre » à deux claviers et un pédalier, ces derniers étant de fabrication récente.

La petite tourelle, centrale, est soutenue par un angelot joufflu (non visible de la nef)
Atlante soutenant la tourelle de gauche
Atlante soutenant la tourelle de droite

Le clavier du positif ne comporte que 49 notes réelles. Il est complété par des touches factices. Le clavier du grand-orgue est de 54 notes réelles. Le pédalier est de 2 octaves et demi jusqu’au fa 30.

Jeux
L’orgue compte 13 jeux : – au grand-orgue : 8 jeux (doublette, trompette –nasse et dessus-, quinte 5 1/3, montre 8, prestant 4, bourdon de 16, bourdon de 8, salicional de 8)
au positif de dos : 5 jeux (flûte de 4 –en réalité une gambe de 4-, nasard 2 2/3, basson de 8 –en réalité un hautbois-, quarte de nasard 2, bourdon de 8).

Façade
La façade est entièrement en tuyaux de zinc peints ; les écussons et les oreilles sont en étain. Elle comprend : – au grand-orgue : 3 tourelles de cinq tuyaux chacune et deux plates-faces divisées chacune en deux, de 20 tuyaux
au positif de dos : trois tourelles également de 7 tuyaux chacune, et deux plates-faces de 13 tuyaux, actuellement des « chanoines » en zinc remplaçant la façade d’origine qui était certainement un prestant. (« Chanoines » : tuyaux sourds )

Sommiers ( caisse en bois contenant l’air sous pression)

– Au grand-orgue : un sommier de 54 notes et 9 registres. Il est de construction récente (construit après la révolution de 1789 ), divisé en deux parties. Entre ces deux parties, on a un sommier auxiliaire pneumatique portant 8 tuyaux de bois bouchés, postés sur leur vent (Postés sur leur vent : contradiction, comprendre « sont postés sur tablette » ).
A droite du sommier du grand-orgue, 4 tuyaux de bois, ainsi qu’à gauche.

-au positif :
un sommier ancien de 48 notes et 9 registres.
Sur ce sommier, on trouve d’avant en arrière :
. un emplacement libre sur la chape
. un petit sommier posté de 21 notes
. un bourdon de 8
. un nasard
. une quarte de nasard
. un salicional
. un emplacement libre
. un emplacement libre
. un hautbois, sans basson.
Ce sommier est en mauvais état et présente des fuites nombreuses. L’enchapage est à revoir. Les postes perdent du vent.

-au pédalier : un petit sommier pneumatique a été ajouté récemment, afin de pouvoir reprendre les tuyaux de bourdon postés pneumatiquement, appartenant au grandorgue.
Mécanique – grand-orgue : de construction récente, elle utilise une partie de la transmission ancienne, en particulier l’abrégé (10) à rouleaux de bois ; elle est à traction indirecte suspendue. Du bout des touches, un pilote de bois monte jusqu’à un balancier qui renvoie à l’abrégé
positif de dos : équerres et vergettes en éventail ont remplacé l’ancien abrégé à pilotes et balanciers.

Mécanique
– grand-orgue : de construction récente, elle utilise une partie de la transmission ancienne, en particulier l’abrégé ( Abrégé : mécanisme qui, dans l’orgue, transmet le mouvement des touches du clavier ) à rouleaux de bois ; elle est à traction indirecte suspendue. Du bout des touches, un pilote de bois monte jusqu’à un balancier qui renvoie à l’abrégé
-positif de dos : équerres et vergettes en éventail ont remplacé l’ancien abrégé à pilotes et balanciers.

Nous remercions pour leur aide MM. Jacques PETIT-FALAIZE et Christian MORGE qui nous ont communiqué différents documents relatifs aux orgues, dont le descriptif par les Monuments Historiques, lors du classement des orgues de Rozoy sur Serre.

Des renseignements complémentaires peuvent être trouvés sur les sites suivants :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Orgue
http://www.uquebec.ca/musique/orgues/orguef.html
http://orgue.free.fr/
http://frederic.chapelet.free.fr/

Les Amis de Rozoy et de sa Collégiale (décembre 2010)

Photos : Jean Roulet