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LES AUMONIERS MILITAIRES

Thème : Guerres | Catégorie : Première guerre mondiale 1914-1918 | Auteur : G.Destré


Au cours de la Grande Guerre, les commandements militaires sont vite convaincus du rôle des Aumôniers comme soutien spirituel et moral des Combattants.

La Guerre et la Foi

Au front comme à l’arrière, la blessure, la mort, la séparation d’avec des être chers suscitent un renouveau des pratiques spirituelles. La foi dans la partie et la foi religieuse se rejoignent  dans les discours de propagande, mais au delà de « l’ Union Sacrée », au delà du sentiment que partagent les deux camps de mener une « guerre sainte », les lettres et graffitis des soldats témoignent d’une véritable spiritualité au front.

Les Prêtres dans l’Armée de la République

Si depuis 1874, une loi prévoyait une aumônerie militaire, l’anticléricalisme de la Troisième République l’avait vidée de son contenu, et n’autorisait que quatre ministres par corps d’armée (deux catholiques, un protestant et un israélite) plus un prêtre catholique par division.

En août 1913, Albert de Mun obtient la création d’un corps supplémentaire d’aumôniers volontaires. En 1914, 25 000 prêtres sont mobilisés. Sans avoir le titre d’Aumônier, beaucoup obtiennent cependant la liberté d’exercer leur sacerdoce, notamment auprès des blessés et des mourants, avec l’accord ou même sur la demande du chef de corps.

Sur le Chemin des Dames, le père  Theilhard de Chardin et l’abbé Bergey sont des figures emblèmatiques de ces « aumôniers-poilus ».

Dans les autres Armées

La constitution Américaine excluait l’intégration des aumôniers au sein de l’armée, mais peu à peu leur présence est admise et les particuliers cotisent pour financer l’exercice de leur sacerdoce. Du côté Britannique, l’aumônerie est considérée comme une auxiliaire de l’autorité militaire, et toutes les Eglises officielles sont représentées.

Dans l’armée Allemande, l’existence de l’aumônerie est réglementaire. Trois confessions (catholique, protestante, israélite) y sont reconnues.

L’Abbé Bergey, Aumônier de la 36e DI (1881-1950)

Natif de la Gironde, l’Abbé Bergey s’engage en 1914 comme aumônier volontaire auprès de la 36e DI. C’est un prodigieux entraîneur d’hommes, qui gagne la confiance et l’admiration des poilus. Blessé au poumon sur le Chemin des Dames en 1915, il n’en continue pas moins le combat et participe en 1917 à l’assaut du plateau de Californie.

Après la guerre, son charisme, son grand talent d’orateur et de polémiste en font un militant catholique de premier plan. Député de Gironde de 1924 à 1932, il anime la mobilisation des catholiques contre l’application de la Séparation de l’Eglise et de l’Etat à l’Alsace et à la Moselle. Fondateur de la Ligue des Prêtres anciens combattants et principal orateur de la Fédération Nationale Catholique, il est une des figures marquantes de l’entre deux guerres.

Ses prises de position dans le journal « Soutanes de France » lui vaudront d’être emprisonné à la Libération, puis acquitté en 1945.    

Source : Panneau Explicatif, près du monument des Basques, situé sur la commune de Craonnelle( Chemin des Dames).

Transcrit  le 18 mars 2007 par Guy Destré  Adhérent N°315.