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Les anciennes constructions rurales en Thiérache (II)

Thème : Patrimoine | Catégorie : Bâtiments | Commune(s) : ARCHON | Auteur : Jean Gape d’après M. Cury 


Les anciennes constructions rurales En Thiérache (II) 

par Jean Gape d’après M. Cury 

La membrane et la charpente dressées, le toit couvert de chaume ou d’ardoise, le torchis bourré autour des paillots en une fruste et rapide béton de terre, il convenait de l’habiller.

… Les façades des maisons d’habitation étaient souvent recouvertes d’un « crépi » fait d’un mortier de chaux mélangé de poils d’animaux : La « bourre ».le crépi était invariablement orné d’une bordure de dessins aux angles arrondis et rentrants, confectionnés à l’aide du dos d’un balai de « boule ». on n’oubliait jamais d’indiquer la date d’établissement au milieu d’un cartouche obtenu par le même procédé.

Un crépi fait était beaucoup plus durable que les actuels revêtements en ciment qui sont si vite fendus.

C’est ainsi que la secondes maison d’Archon en venant de Rozoy portait encore, en 1963, la date 1851 au milieu de son crépi.

Dans le même ordre d’idées, les maisons de bois convenablement plaquées étaient beaucoup plus résistantes que les actuelles constructions en dur. Elles pouvaient prendre pour devise, comme le roseau de la fable : »je plie et ne romps pas ». un seul ennemi vraiment à craindre : l’incendie.

Le bouclier nécessaire

La Thiérache possède un climat pluvieux, aussi a-t-on songé à protéger les murs exposés aux intempéries. Pour les granges et les écuries il suffisait d’un « banchage » formé par des feuillets d’aulne chevauchant l’un sur l’autre. Pour les maisons une carapace remplaçait avantageusement le banchage. Lorsqu’une cheminée s’adossait à l’un des murs ainsi protéges. On ne posait pas de lattes sur l’emplacement du foyer, par crainte de l’incendie. C’est pourquoi ces endroits présentaient un carré de brique, vierge de tout revêtement. Ceci fait croire aux étrangers à la régions qu’il s’agit là des traces d’une fenêtre disparue… ».

M.CURY 

Telle est la maison de Thiérache, celle que nous voyons encore partout, si bien mariée avec le paysage. Trop souvent de longues négligences, un banchage pas refait, un trou pas rebouché à temps, lui confèrent un aspect vétuste. Là où elle est soignée, rhabillée au besoin de planches ou de fibro, encadrée de fleurs, elle a encore grand air. Souhaitons-lui longue vie.