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Le traitement de l’instituteur en 1816Histoire locale / Articles

Thème : ÉducationCommune(s) : MONTCORNETAuteur : Alfred Moulet


Le 7er juin 1816, le conseil municipal de Montcornet se réunit en session extraordinaire pour faire le choix d’un instituteur « clerc laïc ». Le choix se porte sur le sieur Baillé , qui a justifié devant le curé doyen du canton de connaissances suffisantes et présenté les meilleurs certificats signés des maires et desservants de la commune où il exerçait. Le postulant a 33 ans. Les conventions qu’il doit signer sont les suivantes :

  1. Ledit sieur Baillé … aura de traitement annuel une somme de 560 francs, qui lui sera payée par trimestre…plus une somme de 100 francs pour lui tenir lieu de location, payable de la même manière que dessus, sur laquelle somme de 560 francs ledit sieur Baillé sera tenu de donner annuellement au sous-chantre celle de soixante francs.
  2. Il sera payé pour l’instruction des enfants, divisés en trois classes, par les parents desdits enfants, de rétribution par chaque mois, savoir : pour la premiere classe composée d’élèves qui ne sont point à l’écriture, quarante centimes, pour la seconde classe, composée d’écoliers depuis l’écriture jusqu’au calcule (sic) soixante centimes, et pour ceux de la troisième et dernière classe, quatre-vingt centimes, et quant au mois d’août de chaque année, la rétribution sera double.
  3. Ledit sieur Baillé sera tenu de commencer et donner des leçons à compter du premier novembre jusqu’au premier avril, à huit heures du matin jusqu’à onze heures, et depuis une heure de l’après-midi jusqu’à quatre heures, et depuis le premier avril jusqu’au premier novembre, à sept heure du matin jusqu’à onze, et l’après-midi depuis une heures jusqu’à cinq.
  4. Il sera tenu de faire faire la prière devant et après les repos, et avant de renvoyer les enfants matin et soire (sic)
  5. Il donnera congé après-midi le premier jeudy de chaque mois et tous les jeudis et samedi sde chaque semaine, il donnera les leçons de cathéchisme et du chant depuis une heure jusqu’à deux heures.
Le Maître d’école,
lithographie d’après N. T. Charlet, Gihaut frères, 1828,
Rouen, musée national de l’Éducation.
© Réseau Canopé / Musée national de l’Éducation, Rouen

Quelques articles additionnels stipulent , en outre, que l’instituteur sera tenu de porter lui -même l’eau bénite tous les dimanches à chaque domicile des habitants de la paroisse, ou au moins de la faire porter par deux enfants des plus indigents, de sonner les trois angelus quotidiens au cas où le bail des sonneurs ne les y obligeoit plus : de se conformer strictement aux prescriptions et règlements que le Seigneur Evecque du diocèse a donnés ou pourra donner dans la suite pour les clercs laïcs ; de diriger le chant à l’église ; de suivre à la lettre les ordres de M. le curé, enfin de remplir ses fonctions de clerc laïc toutes les fois que la cloche sonnera pour appelées les fidelles à l’église (sic).

Le conseil municipal élèvera le traitement de 560 à 570 francs pour le successeur du sieur Baillé, le sieur Boulnois en 1820, accordant en outre 100 francs d’indemnités « moyennant laquelle il restait chargé de se procurer un logement commode, sain et propre à y établir une école suffisamment grande pour que les écoliers n’y soient pas à la gêne. »

A noter dans la marge du registre communal la note suivante : Mr Boulnois était doté d’une forte voix. En chantant il faisait de la bouche toutes sortes de contorsions….

D’après Alfred Moulet

Professeur d’Ecole Normale

A lire aussi pour en savoir plus sur l’ordonnance sur l’ecole primaire de 1816