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Le cimetière Saint-Jean

Thème : Patrimoine | Catégorie : Sépultures | Commune(s) : SAINT-QUENTIN


Le cimetière est situé sur la route de Bohain , près du chemin de Lehaucourt, appelé autrefois le chemin des Bannis, entre la route et le chemin de Morcourt. L’endroit où il se trouve a longtemps porté le nom de Champ carotte.
Il fut ouvert au moment de la révolution ; en mai 1802, alors que le culte catholique était rétabli, le clergé de Saint-Quentin s’y rendit processionnellement pour en faire la consécration et y planter la croix.

Au début chaque congrégation avait son « carré » réservé, même si cette pratique est interdite aujourd’hui et si on prône la mixité religieuse dans les cimetières ; cette disposition est encore visible dans les sections 11 (Protestants dont le pasteur Monnier et le directeur de l’école protestante Jonard) et 26 (Juifs dont le monument pour les déportés).

Avant la révolution et la vente des églises comme biens nationaux, la ville avait autant de cimetières que de paroisses, il y en avait 12, à cette époque, tous situés auprès des églises.

L’acquisition du champ Carotte pour servir de cimetière commun eut lieu aussitôt que le législateur eut prescrit d’ouvrir les lieux des sépultures en dehors des villes et des villages. Les plus anciens cimetières connus dans la ville de Saint-Quentin étaient ceux de la rue des Jacobins et de la place Saint-Louis. Celui du couvent des Jacobins existait au XIIème siècle et servait aux sépultures des paroissiens des églises de Saint-Quentin et de Notre-Dame de Labon. Plus tard, quand la ville fut divisée en plusieurs paroisses, chacune d’elles eut son cimetière particulier près des églises. Malgré la place accordée à certains privilégiés, dans l’intérieur de ces églises, les terrains destinés aux sépultures étaient, en certains endroits, trop exigus. Le cimetière de l’église Saint Jacques occupait tout juste la place qui se trouve au devant de l’entrée de l’ancienne église.

Après la démolition des fortifications, la population s’accroît d’année en année, et en 1835, le cimetière Saint Jean était reconnu insuffisant. Il fut agrandi à cette époque par l’acquisition de terrains y attenant. On y apporta, en même temps, quelques améliorations : les deux principales allées furent tracées, celles qui se trouvaient à l’entrée pour la porte monumentale ; on y planta des arbres, on répara les murs et on en construisit de nouveaux. L’ordre des inhumations fut réglé et bientôt après, le conseil municipal vota un tarif de concessions temporaires, trentenaires et perpétuelles.

La maison du gardien fut construite en 1841, il n’y avait alors dans les cimetières que quelques monuments et chapelles. A cette époque, les arbres et l’herbe qui croissaient dans ce lieu de repos lui donnaient un caractère agreste, qu’on retrouve rarement aujourd’hui dans nos cimetières. Au 19ème siècle, l’herbe couvrait presque toutes les tombes et faisait du cimetière comme un champ de désolation, d’abandon et de tristesse.

La première guerre mondiale n’a pas épargné ce lieu de repos éternel, et de nombreuses tombes et chapelles furent détruites ou éventrées. Les guerres dont le souvenir est bien présent à travers les divers monuments commémoratifs : monument-ossuaire de 1870 au centre du cimetière dit « la France en deuil », monument commémoratif allemand de 1871, monument élevé à la mémoire des Juifs déportés en 1939-1945, carré militaire français, tombes du Commonwealth et  nombreuses tombes des soldats saint-quentinois repérables au macaron du Souvenir Français chargé de leur entretien.

Aujourd’hui cette vaste nécropole est couverte de monuments funéraires. Pendant les jours du printemps et de l’été, les tombes sont fleuries. On est frappé du luxe des tombeaux ; les chapelles bordent les allées et de somptueux monuments s’élèvent de tous côtés sur les tombes. Malheureusement beaucoup de tombes sont abandonnées et un vaste programme de récupération a été entrepris par la ville de Saint-Quentin et de nombreux monuments de toute beauté ont disparu et vont disparaître.

On avance dans ce cimetière et l’on voit partout des inscriptions similaires portant les noms des défunts, la date de leur naissance et de leur mort, et exprimées aussi laconiquement que possible, les regrets de ceux qui vivent encore.

On trouve dans le cimetière Saint Jean des tombes de personnalités dont Amédée Ozenfant, d’illustres familles saint-quentinoises  ainsi que de la plupart des maires de la ville : Dufour-Denelle, Pluchart, Souplet, Theillier-Desjardins, Lecuyer, Cordier, Robert de Massy, Desains, Tricotteaux, Paringault , Drain, Hugues, Cauvin, Branly (parents d’Edouard), Malezieux, Arpin, Vandendriessche, etc…

Si vous souhaitez rechercher une tombe dans le cimetière, deux possibilités (après avoir consulté la base de données sur www.genealogie-aisne.com)

–         vous avez l’année de décès, vous pouvez vous rendre au cimetière aux horaires d’ouverture ou aux archives municipales pour faire une recherche chronologique

–         vous n’avez qu’un nom, vous rendre à la mairie de Saint-Quentin qui, elle seule, possède un fichier patronymique