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Le canal de Saint-QuentinHistoire locale / Articles

Thème : Communes | Catégorie : Histoire | Commune(s) : SAINT-QUENTIN | Auteur : Transcription de Jean Rohat d'après L.Jamart


Extraits de “Histoire Populaire de la ville de Saint-Quentin” de L.Jamart

Le port

Dès le règne de Louis XV, on avait conçu le projet de canal destiné à relier la Somme à l‘Oise. En 1724, Caignart de Marcy obtint le privilège d’un canal de Saint-Quentin à Sissy par Homblières, mais les efforts de cette compagnie furent vains. En 1732, une nouvelle compagnie commença le canal latéral de la Somme, de Saint-Quentin à Chauny.
Il fut exécuté sous la direction de Crozatqui lui donna son nom.
En 1767, le célèbre ingénieur Laurent dirigea le canal vers Ham et Péronne, tandis qu’il essayait de le continuer au nord, pour joindre la Somme à l’Escaut.
Le projet de Laurent adopté, les travaux commencèrent en 1769. Il furent continués, à la mort de cet ingénieur, par son neveu de Lyonne jusqu’en 1775. Epoque où le mauvais état des finances obligea à interrompre les immenses travaux d’un souterrain de 1772 mètres, percé plus qu’à moitié.
Les travaux furent suspendus pendant la révolution et ne reprirent que sous le Consulat (1802). Le projet primitif fut modifié. On adopta celui de M. Devic : deux souterrains furent percés, l’un à Le Haulcourt, de 1100 mètres de long, l’autre entre Ricqueval et Macquencourt, de 5667 mètres. Le canal, inauguré par Napoléon Ier, fut livré à la navigation le 27 avril 1810.
La dépense de construction s’est élevée à 10 millions environ.
On raconte que les bateliers refusèrent d’abord de passer le grand souterrain. Le gouvernement résolut d’affranchir de tous droits le premier bateau qui essayerait le passage. Par décret du 13 décembre 1810, cette exemption fut accordée au bateau le « Grandsouterrain » appartenant à un propriétaire de Saint-Quentin.
L’établissement de ce canal a nécessité d’immenses travaux :
La différence de niveau entre la Somme à Saint-Quentin et l’Escaut à Cambrai est de 27 mètres.
Depuis Saint-Quentin jusqu’au point le plus haut, distant de 6 kilomètres, il y a 4 écluses pour élever le niveau du canal de 10 mètres environ. Tandis que de Cambrai vers Saint-Quentin, sur un parcourt de 24 kilomètres, on compte 18 écluses élevant le niveau du canal de 37 mètres. Il reste environ 20 kilomètres de longueur où se trouvent les deux souterrains mesurant en totalité 6677 mètres. Ce qui laisse à découvert une longueur de 13 kilomètres.
Le petit souterrain est voûté en totalité, tandis que le grand ne l’est que sur 1500 mètres environ. Les 18 puits du petit souterrain ont 24 mètres de profondeur. Ceux du grand souterrain, au nombre de 76, ont entre 24 et 26 mètres de profondeur.
Le canal de Saint-Quentin et de Crozat passe à Chauny, Tergnier, Liez, Jussy, Saint-Simon, Tugny, Artemps, Happencourt, Fontaine-les-Clercs, Dallon, Saint-Quentin, Rouvroy, Morcourt, Lesdins, Bellenglise, Bellicourt et Vendhuile, dans l’Aisne, et se dirige ensuite vers Cambrai. Sa longueur totale est de 94 kilomètres, dont 41 pour le canal de Crozat.
Il est alimenté par les eaux du Noirieu, affluent de l’Oise, au moyen d’une rigole partant de Lesquielles, près de Guise, pour arriver à Lesdins.
Les bateaux peuvent jauger jusqu’à 200 tonneaux. Cependant le tirant d’eau ne permet guère un chargement de plus de 120 tonneaux.
On y transportait principalement du charbon, des fers, des engrais, du grain, des matériaux, du bois, du vin, des betteraves, du fourrage, etc.
En 1850, le canal retourna à l’Etat qui diminua de moitié les droits de navigation, et augmenta le tirant d’eau qui fut porté de 1,65 mètres à 2 mètres. En 1860, les droits sur la houille furent réduits à 0, 0066 francs par tonne et par kilomètre. En 1825, il en fut expédié 1.200.000 hectolitres. En 1850, il a été transporté par cette voie 838.000 tonnes de marchandises, et en 1862, 1.446.000 tonnes, ce qui donne une idée de l’importance de la navigation sur ce canal.  En 1862, le mouvement des marchandises sur le port de Saint-Quentin a été de 144.844 tonnes, ce qui correspond environ à  1/10 du transport total relaté ci-dessus.
En 1948, Ce canal était le plus fréquenté de France, avec un trafic de près de 5 millions de tonnes de marchandises.

Le pont et le canal