Thème : Justice, PatrimoineCommune(s) : URCEL, CRÉPYAuteur : N.Pryjmak d'après la presse

En octobre 1930, on découvre à Urcel, sur le bas-côté de la route, une statue de la Vierge. Celle-ci, en marbre, datée du XIIIème ou XIVème siècle, avait été dérobée le mois précédent dans la chapelle provisoire du village.
Les inspecteur de la 12e brigade mobile de Reims, chargés de l’enquête découvrent qu’un antiquaire de la région parisienne nommé Wampouille et ayant un pied-à-terre à Laon sous un faux nom avait été vu traînant à Laon et à Urcel les jours précédents. Ce Wampouille, âgé de 29 ans et né à Loos-en-Gohelle habite Clichy et est vite arrêté. L’antiquaire avoue le vol. Il déclare avoir agi seul et l’avoir enlevée au moyen de son automobile et l’avoir cachée dans les bois entre Pinon et Chavignon mais n’ayant pas réussi à vendre la statue avant que sa photo ne soit diffusée partout, il l’avait déplacée à la sortie d’Urcel.
Quelques jours plus tard, un complice est découvert puis arrêté : il s’agit de Lucien Lawing (ou Laving) , ouvrier fraiseur à Clichy. Celui-ci reconnut avoir aidé Wampouille à enlever et remplacer la statue d’Urcel par une autre, grossière imitation rapportée de Paris. Le marchand qui avait vendu l’imitation fut d’ailleurs retrouvé et donna le signalement de son client.
On découvre que Wampouille écumait la région depuis déjà quelques temps, à la recherche d’antiquité qu’il envoyait à Paris. De nombreuses plaintes furent signalées dans la région, autant dans la Marne que dans l’Aisne et les Ardennes.
Quelques mois plus tard, lors de l’enquête sur ces plaintes, on soupçonne Wampouille, toujours détenu à la prison de Laon, d’avoir volé également des fauteuils anciens au château de Couvrot. Il s’avère que les fauteuils ont bien été vendus par Wampouille à un négociant de Valencienne , qui lui même les a vendus à un antiquaire de Lille. Le voleur déclare les avoir achetés à un antiquaire de Guise nommé Gertz qui dément.
Le méfait fut confirmé pendant l’instruction par la maîtresse de Wampouille qui ajouta au palmarès du voleur le vol de quatre cheminées sculptées disparues du château d’Arcis-le-Ponsart.
Le 11 juillet 1931, Léon Wampouille comparait devant les Assises de l’Aisne, il est condamné à trois ans de prison, 100 francs d’amende, 5 ans d’interdiction de séjour. Son complice à 6 mois de prison et 50 Francs d’amende.
Sources : Le PEtit journal 12.7.1931- le Temps 25.10.1930-le progrès de la Somme 30.10.1930-la Matin 12.7.1931- Carte postale : site Cartorum (Creative Commons CC BY-SA 3.0)