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La Chapelle de Notre-Dame des sept douleurs – Prémont

Thème : Religion | Commune(s) : PRÉMONT | Auteur : N.Pryjmak


Cette chapelle aurait été édifiée grâce aux dons des habitants, suite à la mort de cinquante-huit personnes de Prémont, décès dus à une épidémie de peste. Le nom de Notre-Dame des Sept Douleurs a été donné pour représenter les sept douleurs de la Vierge Marie.
Dès 1868, le troisième dimanche de septembre a lieu une procession entre l’église et la chapelle . Mais qui pourrait imaginer jusqu’à 5000 personnes et un défilé flamboyant de plus de 500 mètres de long ?

La Chapelle – Photo : N.Pryjmak

21 Septembre 1894
On nous écrit :
La procession de Notre Dame des sept-douleurs, comme on la désigne dans le pays et dans les environs, a eu lieu , cette année, avec un éclat particulier dû au temps favorable de la journée de dimanche et aussi à l’organisation particulièrement réussie de la cérémonie.
De trois à six heures , il y avait certainement à Prémont plus de 5000 étrangers. C’était la fête dans toutes les familles. C’est que cette solennité religieuse donne lieu à un pèlerinage très populaire.
On vient à la bonne Notre-Dame, ce jour-là, surtout pour lui demander son aide contre toutes les douleurs. Et, qui n’a pas une grâce de ce genre à solliciter ! …Aussi la Bonne Mère parait se prêter gracieusement à ces pieuses invocations. “Il fait toujours beau temps pour notre Procession, vous disent avec assurance les bons habitants de Prémont ; de mémoire d’homme , la pluie ne l’a pas empêchée.”
Tout le monde s’y met de tout coeur. Les jeunes gens forment la cavalerie et les groupes où il faut déployer une plus grande force de résistance aux trois kilomètres à parcourir. Les archers font la haie et maintiennent la foule. Les jeunes filles en costumes riches, variés et appropriés aux rôles qu’elle remplissent portent les bannières, les oriflammes, les insignes symboliques, les statues. Un nombreux clergé, formé des curés du voisinage, chante en alternant , avec la musique.Nous avons compté une vingtaine d’ecclésiastiques tant du Nord que de l’Aisne.
C’est que la procession de Prémont ne ressemble pas à toutes les processions; elle a un cachet particulier.Qu’on en juge par la simple énumération des groupes dont elle est composée . Cet exposé pourra servir de type à l’occasion pour ceux qui manquent de ce génie inventif dont l’excellent curé de Prémont donne un échantillon parfait chaque année.

C’est la fanfare de Serain qui cette année a tenu à l’honneur de se faire entendre à cette cérémonie. Sans parler de l’excellente exécution de ses nombreux morceaux, elle s’est particulièrement fait remarquer par sa bonne tenue. pas un de ses musiciens ne s’est absenté de tout son parcours.Son élévation à la chapelle a été singulièrement bien rendue ; on a admiré surtout un premier piston qui est un maître.
Cette chapelle se trouve à plus de 1500 mètres de l’église. Il y avait foule sur tout le parcours , et les groupes s’étendaient sur une longueur de plus de cinq cent mètres. C’était un véritable défilé , mais un défilé pieux et édifiant que la compagnie des archers gardait avec une scrupuleuse et louable fermeté. L’ordre a été parfait.
Les groupes étaient variés ; et tous ceux qui avaient un rôle à remplir le faisaient, selon son importance , de la façon la plus convaincue. On est exercé là aux cérémonies ; et il était visible que tous avaient eu à coeur de correspondre à l’appel et à l’attente de leur cher pasteur.
Une si belle procession devait être couronnée à sa rentrée à l’église par un beau discours. M.l’abbé Wahart, missionnaire apostolique, n’a pas été au dessous de sa tâche ; il a été brillant et solide . Il a parlé de la souffrance ; et il en a parlé en véritable orateur, en vrai missionnaire. Sa péroraison surtout a été un trait de flamme qui allait de l’intelligence au coeur. L’église certes était plus que pleine ; une grande partir de la foule n’a pu y pénétrer. Malgré cette affluence le prédicateur a été très religieusement écouté.
Habitants de Prémont, vous aimez votre curé ; son éloge, dimanche a été dans toutes les bouches ; mais vous aimez aussi votre église et vos cérémonies. Votre église est transformée depuis quelques années. Votre procession de Notre-Dame des Sept Douleurs est fort belle, applaudie. Cette manifestation de votre foi ne peut être trop applaudie. Celle que vous faites ainsi triompher chez vous ne peut manquer de vous bénir.

Anonyme – Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement 21 septembre 1894