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Gabriel Marie Théodore Joseph comte de Hédouville (1755-1825)Histoire locale / Articles

Thème : Personnalités | Commune(s) : LAON | Auteur : Jean-Pierre ALLART


Tableau de Paul Guérin

Né à Laon le 27 juillet 1755, il est le fils de Théodore Marie César François de Hédouville, chevalier, seigneur de Serval, lieutenant au régiment de Poitou et de Scolastique Josèphe Faviaux. A 9 ans, en 1764, il entre au collège royal militaire de La Flèche puis, son destin étant tout tracé, il intègre, en 1769, l’école militaire de Paris. Il sert, à sa sortie, dans la cavalerie et se retrouve lieutenant à la veille de la Révolution française.

Capitaine en 1792, il est lieutenant-colonel moins de six mois plus tard, l’avancement étant très rapide en cette période. Servant dans l’armée du Nord puis dans celle du général Kellermann, il participe le 20 septembre à la bataille de Valmy qui sauve la France et la Révolution. Chef de brigade en octobre suivant, il est nommé général de brigade le 8 mars 1793, mais est suspendu de ses fonctions quelques temps après car il est noble. Il n’en participe pas moins à la bataille de Kaiserlautern le 30 novembre durant laquelle il protège la retraite de l’armée française. Arrêté et emprisonné, il ne doit son salut qu’à la mort de Robespierre. A sa libération, il est autorisé à prendre sa retraite en septembre 1794. Réintégré néanmoins dans l’armée, en avril 1795, il sert, toujours comme général de brigade, à l’armée des Côtes de Cherbourg sous Aubert-Dubayet et Hoche avant de prendre le commandement de l’armée de Brest en décembre 1795 avec le grade de général de division. Il participe ainsi aux guerres que mène la République contre les Vendéens en révolte. Chef d’état-major de Hoche à l’armée des Côtes de l’Océan, il devient ensuite commandant de plusieurs divisions militaires de l’Ouest.

Ses qualités de négociateur étant reconnues, il est nommé en juillet 1797 agent civil et militaire à Saint-Domingue. Il y représente le gouvernement français. Il débarque dans l’île en mars 1798. Son emploi est essentiellement civil : il doit faire appliquer les ordres de Paris, assurer la tranquillité publique, combattre les Anglais et prendre possession de la partie espagnole de l’île. Néanmoins, sa mission échoue, à cause de l’hostilité des généraux noirs et de leur général en chef, Toussaint-Louverture, et il rentre en France en 1799. Employé à l’armée d’Angleterre puis à l’armée de l’Ouest, il met un terme à la guerre qui y sévit et négocie la paix de Montfaucon-sur-Moine le 18 janvier 1800.

Nommé ambassadeur de France en Russie, il reste en poste du 9 février 1803 au 14 mai 1804. A son retour en France, il est fait grand-officier de la Légion d’honneur puis chambellan de l’Empereur en février 1805 avant de devenir chevalier d’honneur de l’impératrice Joséphine. Il entre également au Sénat conservateur. Le 6 juin, il devient ambassadeur extraordinaire dans les principautés de Lucques et de Piombino que dirige Elisa, la sœur de Napoléon. Avec la campagne militaire qui s’annonce, il suit la Grande Armée durant les années 1805 à 1807, devient gouverneur de Linz, chef d’état-major de Jérôme Bonaparte, occupe Dresde, participe aux opérations en Silésie et reçoit la capitulation de la ville de Breslau en janvier 1807. Peu après, le 15 août, il est mis à la retraite. Créé comte d’Empire en juin 1808, il est encore nommé ministre plénipotentiaire auprès du grand-duc de Francfort en 1809, puis commandant la 11e division militaire à Bayonne afin de pourvoir à la défense de la frontière et à l’approvisionnement des troupes engagées en Espagne. En mai 1810, il est autorisé à quitter son poste et à réintégrer le Sénat. En 1812, il est encore chargé d’organiser les gardes nationales dans la 30e division militaire de Rome.

Monarchiste, il vote la déchéance de Napoléon en avril 1814 et sert le régime des Bourbons ; il est fait pair de France le 4 juin et chevalier de Saint-Louis le 27. Sous les Cent-Jours, il s’abstient de toute activité politique et retrouve son siège de pair de France au retour des Bourbons. Il vote la mort du maréchal Ney et règle les différends de la France au sujet du grand-duché de Varsovie en 1818-1819.

Il avait épousé en 1795, la sœur du général Randon Dulaulois, Louise Charlotte, puis en 1799, Charlotte Ernestine de Courbon dont il eut trois enfants dont un mort en bas âge. Il décède dans son château de La Fontaine à Vaugrigneuse (département de l’Essonne) le 30 mars 1825.

Distinction :

Jean-Pierre ALLART