Connexion à l'espace adhérent



Connexion à l'espace adhérent



Eglise, templerie, château.

Thème : Patrimoine | Commune(s) : RIBEAUVILLE | Auteur : Jean Gape


  L’ancienne église de Ribeauville était autrefois le centre d’un pèlerinage tombé en désuétude ; elle était de style roman : on ne sait pas l’époque de sa construction, mais elle était sans doute contemporaine du château. Elle dura jusqu’en 1776 : à cette époque, elle fut entièrement rasée, sauf le chœur, qui appartenait au seigneur, et reconstruite dans le même style. Elle est ornée d’assez belles boiseries en chêne, posées en 1791 par le sieur Lequien, qui était marguillier et maire de la commune. Au-dessus du maître autel est en tableau encadré par deux colonnes, surmontées de chapiteaux d’ordre corinthien : une gloire forme le sommet de ce tableau. La même ornementation se retrouve dans les autels des bas-cotés. Le panneau, qui sert de porte aux fonts baptismaux, représente le baptême du Christ : dans les bas-cotés, on remarque deux magnifiques confessionnaux, qui rappellent le style flamand. La chaire est soutenue par une statue de Samson, qui pose à terre le genou droit ; elle est surmontée d’un baldaquin, sur lequel un ange sonne de la trompette. Enfin on remarque dans cet édifice trois pierres tombales : celle de Jean-Charles Locqueneux, receveur de la seigneurie de Ribeauville, mort en 1770 ; celle de Pierre-François de Rocquigny, curé de la paroisse, mort en 1769 ; celle de Marie-Claire de Laporte, veuve de Simon Oblin, fermier à Troivilles, décédé en 1770.
A trois kilomètres de Ribeauville était un château portant le nom de Templerie, dont on voit encore les ruines, dans le bois de Ribeaucourt.
Suivant la tradition, il aurait été habité par les Templiers et démoli lors de l’abolition de l’ordre : il n’en reste plus aujourd’hui que des souterrains, qui le reliaient aux fermes de Ribeaucourt et de Boudival. La première a été détruite en même temps que le château, et reconstruite en plusieurs habitations sur le même emplacement. La deuxième fut rasée en 1677 et rebâtie la même année. Les souterrains ont servi bien des fois de refuge aux habitants de Ribeauville, et des pays environnants, pendant les guerres étrangères. Il ne reste plus de la Templerie qu’une espèce de tumulus, au milieu duquel on voit une porte en fer, qui servait d’entée aux souterrains. La commune possède encore une maison, à laquelle on donne le nom de château, parce qu’elle occupe l’emplacement de l’ancien manoir féodal, qui a subsisté jusqu’à 1712. c’est une construction ordinaire, mais dont les murs ont plus d’un mètre d’épaisseur. Les planchers du premier étage et du grenier sont maçonnés, entre les poutres, au moyen de briques. Autour du château est un vaste jardin. Il y a quelques années, des recherches faites dans le verger ont amené la découverte d’un souterrain, qui se dirigeait du côté de la ferme de Ribeaucourt.
A l’endroit de la grille fermant l’avenue, on a retrouvé d’énormes piliers de chêne, parfaitement conservé, provenant d’un ancien pont-levis. Enfin dans les caves, qui sont celles du manoir, on voie encore de gros anneaux dans le mur qui d’après les on-dit, ont servi à attacher les malheureux condamnés par les anciens seigneurs de Ribeauville, à une époque sans doute très reculée.

par Jean Gape d’après des documents présents dans l’église de Ribeauvillé