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Des Armes pour les Tranchées.

Thème : Guerres | Catégorie : Première guerre mondiale 1914-1918 | Auteur : G.Destré


La guerre enterrée conduit les armées à mettre au point des armements adaptés au combat de tranchées.

L’ARTILLERIE DE TRANCHEES

Pour atteindre la tranchée adverse, il faut recourir à un tir courbe. Dès le début de la guerre les Allemands emploient leur Minenwerfer (lance-bombes). Les Français réutilisèrent de vieux mortiers, les « crapauds », dont les versions améliorées prendront le nom de « crapouillots ». Installé sous casemate, le canon de 37 mm  peut perforer le blindage des observatoires ennemis. Les poilus bricolent même des armes à l’aide e douilles et d’obus.

D’environ 1 000 pièces en 1914, l’artillerie de tranchées française passe à 3 000 pièces à la fin de 1916,et joue un rôle de plus en plus déterminant dans les préparations d’artillerie : le 16 avril 1917, ce sont 1 650 pièces qui sont en action dans les tranchées du Chemin des Dames.

A Laffaux, le monument des Crapouillots est dédié aux régiments d’artillerie de tranchées.

LES GRENADES

Utilisées pour le combat rapproché, la grenade peut être défensive ou offensive, incendière, fumigène, éclairante ou suffocante. Elle est lancée à la main ou au moyen d’un tromblonfixé sur le canon du fusil. On a pu aussi utiliser des frondes ou des arbalètes de fortune pour lancer les grenades jusqu’aux tranchées de l’adversaire.

LES PETARDS

Simples pains d’explosif dont la mèche lente retarde l’explosion sont utilisés pour détruire les réseaux de barbelés ; ils complètent l’action des cisailles, qui ne peuvent être utilisées que la nuit ou par temps couvert.

L’esprit inventif des poilus donne naissance au pétard mobile, envoyé sur les barbelés grâce à un petit chariot.

LES LANCE-FLAMMES

Très employés par les deux camps qui s’affrontent sur le Chemin des Dames, les lance-flammes sont utilisés pour « nettoyer » les tranchées, c’est à dire pour tuer ou disperser les combattants qui les occupent. Dès la fin de 1914, les Allemands utilisent leur Flammenwerfer.

Les compagnies spécialisées françaises, dites compagnies Schilt, se servent d’un matériel  analogue. En 1916, l’appareil Hersent est capable de projeter 500 litres de liquide enflammé à une distance de 70 mètres pendant une minute.

LES SAPES ET LES MINES

Pour détruire la tranchée adverse, on fait appel à un stratagème remontant au Moyen-Age : la Sape. Les combattants creusent une galerie jusque sous les lignes ennemies. Ils y déposent une forte charge explosive qu’ils font sauter après avoir évacuer le tunnel.

Mais si le bruit des travaux de percement est entendu par l’adversaire, celui-ci peut alors creuser rapidement une galerie de contre-mine sous l’attaquant, et provoquer par explosion l’éboulement de la galerie de sape. A Berry au Bac, de profonds entonnoirs témoignent de la guerre des mines dont la Cote 108 fut l’enjeu.

LES GAZ

Les Allemands font une première attaque aux gaz à Ypres (Belgique) en avril 1915.

L’effet de surprise est total : ils inaugurent une nouvelle forme de combat, où l’arme chimique est employé pour neutraliser complètement un objectif avant même l’attaque. Pendant deux ans, les armées améliorent le conditionnement et la composition des gaz : l’invention de l’obus à gaz permet de maîtriser avec précision cette arme redoutable.

Le 22 juillet 1917, toujours dans la région d’Ypres , les Allemands utilisent  le sulfure d’éthyle dichloré , appelé depuis « ypérite ». Les vapeurs de ce gaz sont irritantes et suffocantes.

Agissant au travers des vêtements, l’ypérite provoque des brûlures qui ne se révèlent pas immédiatement. Ce gaz contamine terrain et matériel pendant des semaines.

Pour lutter contre les gaz, on utilise d’abord un simple tampon sur la bouche et le nez, puis un masque rudimentaire qui gène la respiration et la vision.

En 1918, les Français mettent au point le « groin de cochon » à cartouche filtrante, qui équipent hommes et chevaux.

Sur le Chemin des Dames, les gaz ont été massivement utilisés lors de l’attaque allemande du 27 mai 1918, ce qui a complètement désorganisé le dispositif de défense.

De toute la guerre, cette journée détient le triste record du nombre de « gazés ».

« Les gaz vésicants, ça c’est de l’inédit. On va dans un trou d’obus poser culotte sans penser à mal ; on y met le temps, on se reculotte et un jour ou deux après la peau tombe, la chair est à vif ; il se forme des cloques qui se vident, le mal s’étend , gagne les cuisses et toutes les parties du corps qui ont été à l’air. »

Témoignage d’un soldat du 64e R I , cité par R-G Nobécourt, Les Fantassins du Chemin des Dames, 1965.

Source : Panneaux d’information situés sur le « chemin panorama »  du Plateau de Californie (Chemin des Dames).

Transcrit le 23/04/2007 par Guy Destré Adhérent N°315.