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Les remèdes de Madame Fouquet : Complexions des bileux ou colériques

Thème : Santé | Catégorie : Remèdes | Auteur : M.A. Schioppa d'après Mme Fouquet


Les bilieux ou colériques ont le corps maigre , grêle, velu, et au toucher chaud , sec, dur , rude et âcre, et ont les veines et artères grosses , le poulx fort et élevé, la couleur jaunâtre, pâle ou brune, le poil roux ou noir, l’esprit vif , subtil , bouillant et précipité, et haïssent l’oisiveté ; ils ont le jugement léger, variable, inconstant et volage , le courage martial, agile de corps et d ’esprit, prompt à parler dans toutes leurs actions , se mettent en colere d’abord , s’apaisent dans peu, actifs dans leur marcher, arrogants, présomptueux, audacieux, ambitieux, vanteurs,moqueux, rusez, malins, vindicatifs, querelleurs, prodigues, téméraires et indiscrets, ils rient volontiers, mais non pas sans sujet, autrement ils reprennent bien-tôt leur sérieux, ils ont plus de penchant à boire et à veiller , qu’à manger et à dormir ; leurs songes sont tous de feu du tonnerre, querelles et batailles ; leurs urines et excrémens tirent sur le jaune, et comme leur tempéramment est chaud et sec , ils faut qu’ils tiennent un Régime contraire, c’est-à-dire rafraîchissant et humectant.

Régime de vie des Bilieux ou Colériques
Leur demeure ordinaire doit être dans un lieu froid et humide, retiré du Soleil pour y respirer l’air contraire à leur tempéramment.
Leur viande ordinaire doit être de chair de veau, de chevreau, d’agneau , de poulets, et autres viandes rafraîchissantes, et doivent se garder de manger de viandes chaudes, salées , épicées, ni d’aucunes sortes d’herbages chauds et vaporeux, comme sont ails, oignons, poireaux, cresson, artichauds, séleri, persil, et autres choses semblables.
Ils peuvent manger en salade ou autrement des herbes rafraîchissantes ; comme sont laitües, pourpier, ozeille, chicorée et bourache ; ils peuvent aussi manger des fruits cuits ou cruds, orge mondé, pruneaux, melons, concombres, le tout mangé pourtant médiocrement ; ils doivent assaisonner leurs viandes, soit rôties ou bouillies avec du jus d’orange, ou citron, ou de grenade ou du verjus.
Et comme ils sont grêles, qu’ils ont les ports ouverts, et qu’il se perd beaucoup de substance par leur transpiration, il est nécessaire qu’ils fassent trois ou quatre repas par jour, qu’ils ne jeûnent que le moins qu’ils pourront ; car le jeûne est fort contraire à leur santé, comme aussi le vin, lesquels n’en doivent boire qu’il ne soit bien trempé, et le meilleur seroit pour eux de ne boire que de l’eau.
Ils doivent s’exercer à quelque chose dans la journée, mais non pas à des choses trop pénibles, ni qui occupent trop l’esprit ; éviter tant qu’ils pourront à se mettre en colére, comme ils font ordinairement, tâcher à bien se reposer la nuit ; car le dormir leur est bon, parce qu’il humecte : Enfin ils se le doivent procurer par toutes sortes de moyen. Les bains d’eau douce leur sont forts utiles pour tempérer l’acrimonie de la chaleur qui leur engendre beaucoup d’excrémens fuligineux, ce qui les doit obliger à tenir le ventre libre tant qu’ils pourront. La seignée médiocrement faite ne leur est pas méchante, particulièrement quand la bile est mélée avec le sang ; mais donnez-vous de garde de passer la médiocrité : les purgatifs doux leur sont bons ; mais les violens leur sont fort nuisibles.
D’après « Les Remèdes de Fouquet » , tome 1 pages 10 à 13. Le portrait et régime des Bilieux ou Colériques est finalement plus sympathique que celui des phlegmatiques ou des Mélancoliques : dormir, ne pas exercer de « choses » pénibles ; la demeure froide, humide et sombre est plus difficile à accepter . Reste à voir ce qu’il en est des Sanguins…
Marie-Agnès SCHIOPPA