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Charles WOLF, astronome et membre de l’InstitutHistoire locale / Articles

Thème : Personnalités | Commune(s) : VORGES | Auteur : Michel Ballan


Charles Wolf

     

Il y a maintenant un siècle disparaissait un enfant de Vorges, un homme de science devenu célèbre : Charles Joseph Etienne WOLF, né le 9 Novembre 1827 à Vorges, décédé le 4 Juillet 1918 à Saint-Servan en Ille-et-Vilaine.

Son père, Pierre Frédéric WOLF, ancien Lieutenant du Régiment des Chasseurs Britanniques, au service de l’Angleterre et breveté de sa Majesté le Roi de France, s’était marié le 2 mai 1821 à Presles-et-Thierny avec Marie Josèphe PIRACHET * et était venus habiter Vorges, où il avait fait construire une maison au milieu d’un jardin à l’angle d’une ruelle et de la rue qui descend vers le chemin de la Christopherie et le chemin de Laon (Aujourd’hui, au n° 6 de l’avenue de Vincennes).

Sur douze enfants nés de cette union, huit survécurent.

Le 10 novembre 1827, Pierre Frédéric WOLF vient déclarer la naissance de son fils Charles né la veille le 9 novembre.  L’acte n° 27 du registre de l’Etat-civil de Vorges est signé de Louis Joseph GOURMAIN, adjoint au maire, en présence de Pierre Frédéric WOLF, maire de Vorges, et des témoins : Louis Charles de HENNEZEL d’ORMOIS, ancien adjudant général au service du Grand Duc de Francfort, et Nicolas FREUND, propriétaire à Vorges.

Charles eut pour parrain le vicomte d’Archiac, membre de l’Académie des Sciences, (second mari de sa grand-mère maternelle).

Après une très bonne scolarité à l’école primaire de Vorges, à l’âge de 10 ans, sa mère le conduit à Soissons où l’abbé Cognet poursuit son éducation qui se poursuivra ensuite à Senlis, à l’Institution Saint-Vincent où il aura pour maître l’abbé Poulet.

En 1848, il entre à l’Ecole Normale Supérieure. Au terme des trois années d’école, il est admis à l’agrégation et nommé professeur de physique au lycée de Nîmes.

Le 17 septembre 1852, il est en poste au lycée de Metz, où il séjournera six années.

Il prend alors en charge ses deux plus jeunes frères et oriente l’un vers l’Ecole Normale Supérieure et l’autre vers l’Ecole Militaire de Saint-Cyr.

Le 29 décembre 1856, à Metz, il épouse Adèle LASAULCE, fille de Jean Adolphe LASAULCE, directeur de l’Ecole Normale, en présence de Frédéric Edouard Henri WOLF, professeur au Collège de Cherbourg.

L’été 1857, en vacances à Vorges avec son épouse Adèle, il retrouve ses parents ainsi que ses sœurs Louise, Clotilde, Marie et son frère Henri. Charles nous laissera une photo de cette rencontre familiale. 

Le 9 mars 1858, à Metz, Adèle donne naissance à une fille : Louise Marie.

Le 12 avril 1858, Charles devient chargé de cours à la Faculté des Sciences de Montpellier.

Malheureusement, moins d’un an après, un coup terrible vient le frapper, sa jeune femme lui est enlevée par la mort. Fidèle au souvenir de sa compagne chérie, il reporta sur sa fille toute sa tendresse. Sa sœur Louise accepta de venir s’installer à son foyer et à l’aider à diriger les premiers pas de l’enfant.

En juillet 1860, il part en Espagne observer une éclipse de soleil. Suite à son rapport de mission présenté à Le Verrier, il est choisi pour faire revivre le service d’astrophysique à l’Observatoire de Paris. Le 10 octobre 1862, il est nommé astronome titulaire à l’Observatoire de Paris. En octobre 1865, avec son collègue Georges RAYET, il découvre dans la constellation du Cygne 3 étoiles au spectre lumineux très particulier. Ces étoiles porteront le nom de ‘’WOLF et RAYET’’ sous les références WR 134, WR 135 et WR 137.

La Guerre de 1870, les journées de Sedan et du 4 septembre trouvèrent Charles WOLF à Vorges, où il resta auprès de ses parents très âgés. Dés que la route de Paris fut ouverte, il vint reprendre sa place à l’Observatoire.

Son œuvre immense remplit plusieurs volumes des Annales de l’Observatoire. Son activité se tourne vers l’enseignement. En 1875, nous le trouvons suppléant de Le Verrier à la Sorbonne.

Le 14 août 1875, son père Pierre Frédéric, meurt à Vorges, âgé de près de 87 ans. Le 2 avril 1876, c’est sa mère Marie Josèphe PIRACHET (dite Louise), âgée de 81 ans qui disparaît. 

En 1877, chargé d’un cours annexe de Physique céleste. En 1883, il entre à l’Institut, En 1892, il devient professeur titulaire d’Astronomie sphérique. En 1898, il préside l’Académie des Sciences. Charles WOLF va écrire l’histoire de l’Observatoire de Paris, de 1660 à 1791

Ecrit publié en 1902.

Il n’hésita pas pour choisir le lieu de sa retraite. La meilleure part de ses vacances avait été le toit paternel avec son jardin à Vorges et c’est là qu’il vint prendre sa retraite.

C’est là, à Vorges, que Charles WOLF eut sans doute terminé sa vie si la guerre ne s’était déchainée. Dés le premier jour de la mobilisation, ce fut le départ de son petit-fils Gaston pour le service armé. Devant se résoudre à l’exil, il rejoignit Saint-Servan pour être auprès de sa fille et des êtres les plus chers.

Pierre PUISEUX, membre de l’Institut, dans sa rédaction de la vie de Charles WOLF, terminait sur ces mots :

« C’est là que la mort vint le prendre le 4 juillet 1918, habitant déjà par la pensée la patrie céleste et devinant peut-être, dans les brumes d’un prochain avenir, l’aube blanchissante de la paix glorieuse. »

 Michel BALLAN.

Sources :

-. Alistair NICHOLS (G.-B.) : Histoire de Pierre Frédéric WOLF

-. Bibliothèque de l’Observatoire de Paris : Travaux de Charles WOLF

-. (+) Aline CHARLES (épouse du Dr WOLF à Soissons) : Histoire de la Famille WOLF

-. Gérard DACCORD : Histoire, Généalogie et Photos de la famille WOLF

-. Gérard DACCORD : retranscription par Paul WOLF

                                     Du manuscrit d’Henri WOLF (frère de Charles)

-. Nicole HARANT : Actes d’Etat-civil des WOLF

* « Marie Josèphe PIRACHET, dite Louise, était la fille naturelle de Madame Veuve COMMELIN de MESBRECOURT, qui se remaria avec le vicomte d’Archiac »