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Cabat et Laplanche crieurs d’enterrements

Thème : Métier | Commune(s) : GUISE | Auteur : N.Pryjmak


Sous l’ancien Régime , il s’agissait bien d’un office héréditaire et Guise au XVIIe siècle, en avait doté deux personnes , Gilles Cabat et Jacques Laplanche, qui oeuvraient sur l’étendue du grenier à sel et de l’élection. Leur rôle était bien d’annoncer les enterrements mais pas forcement par des cris, ils faisaient des semonces , la semonce étant ici une prière que l’on envoyait à faire aux parents et amis d’assister à un enterrement (aussi bien qu’à une noce). Le nom de crieurs venant du fait que cette semonce pouvait se faire aussi publiquement et à haute voix . Mais leur rôle est bien loin de s’arrêter là.
A Guise, les fonctions et le traitement du crieur était identique à celui de Paris, à savoir “3s. par aune de serge ou drap blanc ou noir, 8s par aulne de satin ou velours et 4s . par chacune robbe par jour avec pouvoir de fournir d’hommes vêtus de leurs robbes et chaperons de deuil pour faire leurs semonces .” (des valets de crieurs existaient).
Les crieurs doivent fournir toutes les pieces de tissus, tentures, argenteries necessaires aux obsèques et funérailles et sont exonérés , eux et leurs successeurs “de logement de gens de guerre, de collecte, tutelle et curatelle et autres charges publiques“. Ils sont bien sûr “ les seuls autorisés à faire”tous les cris publics de quelque nature que ce soit avec injonction aux juges de police, et desdits lieux où lesdits jurez crieurs seront etablis de fixer les droits qui leur seront payés pour lesdits cris…” Ils étaient donc crieurs mais pas uniquement pour les enterrements : pour tous les cris publics, criées et annonces.
Et le plus curieux est qu’ils pouvaient être aussi crieur de vin, c’est à dire annoncer les ventes des marchands de vins vanter leurs produits munis de leur clochette car il appartenaient à la corporation des “Jurés crieurs de corps et de vin”.
Ils jouissaient d’un véritable monopole, car si l’on était pas obligé de passer par eux , on ne pouvait passer par personne d’autre pour les fournitures et services qui relèvent de l’office lors du décès d’un proche .

Sources : Archives Départementales B3885- La Thiérache n ° 17- Dictionnaire universel de Furetière. Aguiaine janvier 1999 Gallica.
Image : geneacau.net