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BICHANCOURT : POPULATION

Thème : Communes | Commune(s) : BICHANCOURT | Auteur : Maud Robin d’après Olivier Dejente


 par Maud Robin d’après Olivier Dejente (bibliothèque de Bichancourt)

En 1760, Bichancourt comptait 500 habitants.

Nous avons aujourd’hui la copie d’un Etat de population du Canton de Chauny (Bichancourt était alors le Canton de Chauny) au 1er nivôse an VII de la République Française (22/12/1799).

Bichancourt comptait :

            165 hommes mariés ou veufs

            177 femmes mariées ou veuves

            254 garçons de tous âges

            231 filles de tous âges

            33 défenseurs de la Patrie vivants

            soit un total de 860.

            En 1836, la population est de 960 habitants.

            En 1856, elle est de 1 110 habitants.

            En 1865, on compte 1 186 habitants.

            Malgré l’accroissement de la population de 1820 à 1870, chaque période de dix années présente une diminution dans les naissances. Cet accroissement est la conséquence de l’arrivée, chaque année, d’étrangers qu’attirent les établissements industriels de Chauny et qui viennent se fixer à Marizelle.

            En 1872, le recensement donne 1 114 habitants.

            En 1881, 1 1104 habitants

            En 1886, 1 096 habitants

            En 1891, 1 047 habitants

            En 1896, 1 039 habitants

On voit, par exemple le nombre de cultivateurs que la culture ne s’exerce pas en grand, la plupart d’entre eux n’ont pas recours aux domestiques. L’épouse et les enfants partagent avec le père tous les travaux de la moisson, la récolte des betteraves des récoltes pendant l’hiver. Cinq cultivateurs ont des troupeaux.

Il ne faut pas chercher le luxe, ni même le confortable dans le mobilier de culture, dans l’habitation, dans l’ameublement, ni sur la table : c’est en tout la simplicité quoiqu’ils soient généralement riches car ils sont actifs et laborieux.

Parmi eux, il en est quelques uns qui, en cultivant leurs terres, ont pour grande occupation de charrier ce que les carrières de Vassens et les bois fournissent de chargements pour le transport.

            Il n’est pas étonnant qu’avec ce nombre relativement élevé de cultivateurs dans une même localité et qui tous sont avides de terres ; celles-ci soient très recherchées et les prix de location et de vente fort élevés.

PROPRIETAIRES

 

Les principaux propriétaures avant la révolution française étaient :

1)      Le seigneur de Genlis, qui était aussi seigneur de Bichancourt – Arblincourt et Marizelle depuis 1579 Jusqu’en 1706, époque où il vendit ses terres à Gaspard Fayard, seigneur de Sinceny : cette seigneurie en demeura propriétaire jusqu’à la révolution.

2)      L’abbaye de Nogent

3)      L’abbaye de St Eloi – fontaine qui avaient toutes deux de nombreuses propriétés le territoire de Bichancourt.

4) L’Hôtel-Dieux de Chauny qui figure aussi dans les archives comme propriétaires de biens provenant probablement de la Charité chrétienne avec fondation de lits pour les pauvres malades de la commune.

5) Les chapitres de Soissons et de St Quentin qui avaient quelques portions de terre.

Mais à l’exception des biens de 1’Hôtel-Dieux de Chauny, toutes ces propriétés de seigneuries et de chapitres furent déclarées propriétés nationales et vendues en 1792.

Les  propriétaires actuels sont :

1) M. de Louvencourt qui habite le château de Muret, canton d’Oulchy-le-Château

2) M. Hannonet de Noyon

3) M. le Baron de Theis, originaire d’une ancienne famille du Dauphiné. Il entra jeune au Ministère des  Affaires  Etrangères et débuta à l’extérieur comme élève consul en 1831. Nommé successivement à Leipsick, à Cènes, à Venise, à Varsovie ; consul général à Tunis, à Anvers, à Venise, il vint mourir à 70 ans, en son château de l’Aventure qui borde le territoire de Bichancourt. Son neveu, le Comte de St Cricq, vient de vendre à M. Caura.

4) M. de  Sars de Laon

5) M. Hébert, député et questeur au corps législatif et maire de Chauny.

6) M. Courboin, propriétaire du moulin du Bac et d’un petit lot de terres et de prés y attenant. Il y a quelques années, M. Chapat, banquier à Noyon en fut acquéreur et M. Molin, cultivateur à Bichancourt, en est le propriétaire actuel.

Environ quarante cultivateurs, habitant les différentes sections de la commune se partagent a titre de location, les terres de ces propriétaires

LES RENTIERS

C’est le nom que portent les bois situés près du Bac. Une tradition toujours existante dans la commune porte que ces bois ont été donnée par Jeanne d’Arblincourt, comme secours aux femmes veuves du Bac pour les indemniser de la perte de leurs maris, morts en combattant pour le seigneur. Dans l’acte de donation, il n’est pas fait mention du titre de récompense.

J’ai signalé tout ce qui m’a paru le plus important concernant Bichancourt et ses hameaux. A mon point de vue, Bichancourt et le Bac ont peu d’avenir et resteront probablement longtemps stationnaire. Il n’en est pas de même de Marizelle : sa proximité de Chauny semble lui promettre un accroissement de population qui lui donnera de l’importance.

Une commune ainsi divisée a cependant des relations nécessaires et journalières avec son centre pour la mairie, les écoles, l’église, le presbytère. Il y a aussi les relations de famille : le mauvais état des chemins (avant 1840) dont on ne se fait pas aisément une idée, rendait les communications extrêmement difficiles. L’intérieur de Bichancourt et des hameaux, comme les chemins ruraux, était impraticable. On raconte que les enfants perdaient leurs chaussures dans la boue ; que les chevaux montant au Liègement s’enfonçaient jusqu’à mi-jambes dans la terre glaise et n’arrachaient leurs pieds qu’en y laissant leurs fers. C’est par de tels chemins que les générations précédentes ont passé, et ils n’étaient point, dit-on, des obstacles qui les empêchassent d’aller aux offices religieux ; les enfants aussi fréquentaient assidûment l’école.

En 1840, le conseil municipal commença à suivre l’impulsion donnée par le gouvernement de 1830 et l’exemple des autres communes : on construisit successivement, et par parties, les chemins dans chaque section, puis ceux qui y conduisent. Dans l’espace de six ans, la commune fut dotée de bons chemins : la dépense s’éleva à trente mille francs.

Belle et utile dépense qui contribua à la salubrité comme à la propre de la commune, qui rendit la circulation facile en toute saison et apporta de grands  avantages à la culture en diminuant ses frais et en facilitant l’exploitation.

Mais la Chapelle en isle était sur le territoire et de la paroisse de St Paul aux bois, parce qu’elle était sur la rive gauche de la rivière. Aussi, dans les derniers temps, elle était desservie par le prieur de St Paul qui venait y célébrer la fête patronale, les secondes fêtes de Pâques, de la Pentecôte et de la Noël. Elle fut démolie après la révolution, à la fin du siècle dernier.

L’Isle était formée par un ruisseau qui se détachait du cours principal au-dessous du pont du canal. La rivière traçant à cet endroit une courbe assez raccourcie, laissait échapper, en la tournant, une partie de ses eaux qui alimentaient ce ruisseau. Celui-ci se dirigeait à droite, tournai derrière la chapelle et rentrait dans la rivière par la prairie. Vers le milieu de la distance qui sépare le moulin du point, sur le chemin de Manicamp, ce ruisseau, desséché par le changement du cours de la rivière, a été rempli dans ces derniers temps, seulement dans le voisinage de 1’emplacement de la chapelle parce que le terrain est cultivé. Ailleurs, il laisse encore des traces qui font connaître quel était son cours.

Ces renseignements viennent de vieillards dont les pères ont vu le château, ont entendu la messe dans la chapelle : on voit encore l’ancien lit de la rivière, l’emplacement du château et à cent mètres environ, cela de la chapelle. Les fondations du château existent encore en partie.

La question de savoir sur lequel des deux territoires de St Paul ou de Bichancourt, était situé le château d’Arblincourt est donc toute résolue. Le doute de M. Marville vient de ce qu’il n’a envisagé que l’état actuel des lieux et non l’état primitif. C’est l’ancien lit de la rivière et non le nouveau qui a toujours été et qui est encore la limite des deux territoires. Mais l’île et les habitations qui se  trouvent sur la rive gauche font partie du territoire de St Paul.

Le Bac est baigné pour l’Ailette, dont le cours est de 65 km. Cette rivière naît d’une forte source à Ailles, à 6 Km environ à l’ouest. Elle porte ce nom sans doute à cause du village où elle prend sa source.

Selens, Saint Audin, auxquelles chartes furent appelés à signer les S.S. Jean d’Eblancourt (Arblincourt), Eustache de Miaute (Méante sur Trosly) etc.…

  1. Merville, dans sa notice, distingue avec raison deux parties dans le hameau du Bac, celle à droite et celle à gauche de la rivière des Lètes (Ailette), car cette rivière était la limite rigoureuse qui séparait les anciens Diocèses de Laon et de Soissons, Chevregny, Chavignon jusqu’à sa chute dans l’Oise à Manicamp.

Laon localité peu connue vers les premiers siècles, malgré son origine gauloise, posséda un évêque lorsque Saint Rémi jugea nécessaire, vers 497, de démembrer son trop vaste Diocèse de Reims. C’est après la tourmente révolutionnaire, en 1802, que le siège épiscopal de Laon, fut réuni à celui de Soissons.

Le registre paroissial de Bichancourt dit à ce sujet : A cette époque, l’intrus qui porta le nom d’évêque de l’Aisne fut Marol, curé de l’église St Jean de St Quentin : il mourut misérablement jeté et comme abandonné dans l’escalier du grand séminaire de Soissons.

Le concordat de 1817 rétablit 1’évêché de Laon mais l’acte n’a pas reçu d’exécution.

Le moulin du Bac, bâti par quelque seigneur d’Arblincourt sur son domaine, quoique très ancien, ne remonte pas cependant à la fondation du Diocèse de Laon, à l’époque où fut réglée sa circonscription. Pour établir ce moulin, il a fallu exhausser ce niveau d’eau, détourner le cours de la rivière, lui creuser un nouveau lit pour forger un fief d’une écluse et ménager une chute d’eau pour le moulin. En considérant la rivière au-dessus du moulin, ce cours d’eau si bien dressé, cette digue qui forme la rive gauche et qui retient les eaux au-dessus de la prairie, n’est-il pas évident que des travaux ont été exécutés pour changer le cours de la rivière ? Si l’on remonte jusqu’au point où ont commencé ces travaux, on remarqua encore, sur la rive gauche, immédiatement au dessus de la vanne du canal, les traces du lit primitif que suivait la pente du terrain et dont le bassin a pris la direction du canal jusqu’à la route. Mais après la route, la rivière revenait sur la droite et formant une courbe et continuait son cours en formant la fosse du moulin.

Or le château d’Arblincourt était situé au sud, à trente mètres environ de pont du moulin, rive gauche du lit actuel. Son emplacement est aujourd’hui un jardin à gauche de la route, dont le sol est un peu plus élevé que les terrains alentours. Arblincourt était donc originairement situé sur la rive droite de la rivière et par conséquent sur le terroir de Bichancourt.