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Bichancourt : les territoires

Thème : Communes | Commune(s) : BICHANCOURT | Auteur : Maud Robin d’après Olivier Dejente


 

par Maud Robin d’après Olivier Dejente

 (Bibliothèque de Bichancourt)

 

LIEUX DITS ANCIENS

Je les transcrits, non pas selon l’ordre du cadastre, tels comme ils ont été recueillis dans les archives ; plusieurs d’entre eux ne figurent pas sur le cadastre.

Près Ballet ; Le Maupas ; La Voyerie ; Les Isaiges (usages) ; Le Ventault ; Les Aulnois ; Le camp de pierre ; les battis ; le pré haton ; le Camp Ménard ; Cloz du larri fosse (clos Larifosse) ; le vivier de la rivière des Lètes (Ailette) ; le Liègement ; le vivier du Liègement ; le pré Alard ; Rubécourt, Maroquière ; Le Riez Gillacourt ; le camp de l’Hénonne ; le chemin vert ; le camp des Tournelles, le Roselet ; le camp St Martin ; le jardin Blanchette ; le vineloye de la petite rivière ; la Pasturelle ; la joncquière ; Tout de ville de Bichancourt ; le bois de l’Abbé ; ruelle cuisinette (Culinette) ; le franc-bois ; le riez des vallées ; la fosse aux boeufs ; le Pierge ; Ruelle Dervot ; le Noyllets ; Fossés Miclet ; la fontaine du Noyer ; camp Hainault ; jardin Cauquet ; Bois de Favières ; le bocquet de Nogent (bosquet) ; la roselière ; la bruyerre (bouyère) ; le chemin des Vallées ; Jardin Paruette ; Camp Gillot ; Ruelle Cauquet ; les Essards ; la sablonnière ; le Glanard ; le Merlier ; l’Argilière ; la fontaine du Merlier ; le pré St Martin ; la fontaine du Maupas ; le camp de Soissons ; les fossés des terres du Chapitre de St Quentin.

La fontaine du Merlier que nous avons signalée se trouve entre Bichancourt et Marizelle, sur le versant nord du monticule sur lequel se trouve Bichancourt. C’est une source minérale qui jaillit verticalement de dessous la terre au milieu d’un bassin de 1 m de diamètre.

Chemin du RÛ qui conduit à Pierremande.

Chemin Blanc qui conduit à Chauny par la lisière ouest du parc du château de l’Aventure.

Chemin vert qui conduit à Chauny parla lisière est de ce parc.

Chemin vert qui prend au cimetière passe au bas du pré Haton et à 1’Arzilière. Il en est fait mention dans la désignation suivante qui présente assez d’intérêt pour être rapportée ici :

Une maison séante à Bichancourt, devant le presbytère, tenant de lisière sur la rue, d’autre aux religieux de Nogent, de bout au chemin vert, l’autre au champ des cloitiers (1593). Explication au chapitre Presbytère.

Chemin de la Banière, au château d’Arblincourt.

LE BAC D’ARBLINCOURT

Le nom de ce hameau vient du mode de passage avant 1’établissement d’un pont sur la rivière. Son site est agréable longeant la colline qui forme la rive droite de l’Ailette, il domine la rivière et la prairie. Les chaumières, pour la plupart pittoresquement alignées sur le versant sud de la colline semblent heureuses d’en être abritées des vents froids. De la rue, la vue se promène agréablement sur la plaine qui s’étend jusqu’à Saint Paul au Bois et sur les bois qui la limitent à droite et à gauche.

Il existait autrefois une maison seigneuriale appelée le château d’Arblincourt ; delà le nom de Bac Arblincourt donné à ce hameau (la Seigneurie d’Arblincourt était en 1533 un fief de François 1er). Une notice de M. Marville de Trosly, membre de la Société Archéologique de Noyon donne sur la seigneurie d’Arblincourt des renseignements que j’ai été heureux de trouver et dont je m’empresse de profiter :

Le château d’Arblincourt avait, dit-il, une chapelle en dehors de son enceinte : on l’appelait Chapelle Elie ou Chapelle en l’Isle, parce qu’elle était située sur une petite isle formée par la rivière et un bras qui s’en détachait plus haut pour s’y rejeter en dessous. Cette chapelle était sous le vocable de Sainte Côme et Damien.

Une fondation en assurait le desservisse à perpétuité. Voici les conditions de cette fondation :

10 Avril 1190, du Consentement de Raoul, sire de Coucy, Adam et Raoul d’Arblincourt, pour 1’entretien de deux moines dans cette chapelle qu’ils fondèrent, donnèrent à perpétuité 10 Frs des rentes à condition que si cette rente venait à faire défaut, les moines laboureraient le terrain nécessaire pour leur procurer ce revenu ; Adam et Raoul d’Arblincourt concédèrent de plus en faveur de cette fondation vingt sous du guyonnage de folia (folia droit payé par les marchands pour la circulation de leurs marchandises : moyennant ce droit, les seigneurs garantissaient les marchands contre tout vol commis sur leurs terres), vingt sous sur les cens d’Arblincourt, un muid de froment sur le moulin de ce village et un muid sur la dîme des F…et un troisième sur le courti de Focarnis, plus des vinages etc…

Les seigneurs d’Arblincourt paraissent avoir occupé un rang distingué parmi ceux de la contrée. Ainsi au mois d’octobre 1235, le sire de Coucy, Enguerrand III, concéda des chartes de commune aux habitants de Juvigny.

BAZIN

Ce hameau, composé d’une douzaine d’habitations, est situé à l’ouest et à trois cents mètres environ de Bichancourt. Avant la construction du canal de l’Oise a l’Aisne, il bordait la prairie.

Bazin s’étend d’un bout vers la Prayettes et de l’autre vers le pont d Liégemont. Un chemin qui prend à la route de Chauny à Blérancourt, aux dernières maisons de la Prayette, traverse ce hameau : il est appelé chemin de Vaches parce qu’il sert de péage aux vaches des propriétaires de Bichancourt et du Bac. Ces vaches vont à la pâture communale du mois de Juillet au mois de décembre : cette circulation journalière du troupeau, par tous les temps n’améliore pas le chemin et ne contribue pas, par conséquent, à l’embellissement du hameau.

Bazin n’offre rien de remarquable et rien ne porte à espérer qu’il puisse avec le temps, prendre de l’accroissement, à moins que, grâce à la proximité du canal, l’on ne vienne plus tard à construire un établissement industriel une sucrerie, par exemple, la commune en étant dépourvue et les cultivateurs obligés d’expédier la plus grande partie de leurs betteraves par le canal.

MARIZELLE

Marizelle (marais de l’Oise) est la section la plus importante : elle compte environ pour la moitié dans la population générale de la commune. Elle est située sur la route de Chauny à Blérancourt dont elle occupe une étendue de près de deux kilomètres. C’est surtout depuis 1825, époque où l’administration de Saint Gobain vint s’établir à Chauny son pli des glaces et ensuite la Soudière que Marizelle, par son voisinage de ces établissements industriels a pris de l’accroissement.

Avant 1789, ce hameau ne représentait qu’une rangée d’habitations, à gauche ou au sud de la route ; l’autre coté était en prairies, propriété communale ou usages, on n’y voyait que quelques maisons disséminées.

Pendant les douze années de tourmente révolutionnaire, des habitants ont trouvé aussi commode  qu’économique de s’y choisir un emplacement pour bâtir et d’entourer leur maison d’une cour et d’un jardin pris sur ces usages. Enhardi par l’exemple, d’autres les ont imités. Un terrain concédé dans de telles conditions ne pouvait manquer de trouver des amateurs ; aussi, en quelques années le côté droit du chemin fut-il garni d’habitations. Le bon marché fit passer les inconvénients du voisinage de l’Oise, qui dans ses débordements venait se promener dans les jardins et trop souvent envahissait les maisons. Aujourd’hui une digue, se trouvant entre Marizelle et l’Oise et allant du chemin de Chauny à Blérancourt à la digue du canal, remédie à ces inconvénients. Cette digue fut construite en 1882 par l’administration du canal de l’Oise à l’Aisne.

On voit, par l’exemple cité plus haut que la municipalité d’alors n’était pas très vigilante pour la conservation des biens communaux. Cependant elle a imposé, dans la suite, un surceus annuel, proportionné à la quantité de terrains tous à ceux qui s’en étaient emparés. Et en 1830, époque de la prescription Arentenaire, depuis la promulgation du Code Civil, les envahisseurs du bien communal ont été taxés pour une somme qui fut considérée comme prix d’acquisition et comme remboursement du surceus. Personne ne s’est plaint de la dureté des conditions.

Mais Marizelle était impraticable pendant la saison d’hiver : un terrain marécageux, un sol plat qui ne pouvait favoriser l’écoulement des eaux, donnaient un triste aspect à ce hameau et le rendaient inabordable ; de là ces chemins derrière les maisons de droite et de gauche sur lesquels on se jetait successivement lorsque celui du centre était envahi par l’inondation.

Marizelle a eu sa large part dans ce progrès. Vers 1840, l’administration Départementale fit établir une route pour communiquer de Chauny à Blérancourt. Cette route, qui traverse le hameau dans toute sa longueur, lui donne un nouvel aspect, surtout depuis que des caniveaux ont été construits en 1893, de chaque côté de la route, en même temps qu’elle rend la circulation facile en toute saison.

Aussi Marizelle est devenue la plus belle partie de la commune. A cet avantage d’une route départementale, ajoutons l’aisance que répandent dans cette localité les établissements industriels de Chauny (Soudière et Glacerie) aisance qui permet aux habitante de remplacer de vieilles chaumières construites en terre, par les constructions plus saines et plus élégantes qui embellissent ce hameau. Encore quelques années et l’on n’y verra plus de vieilles constructions.

L’extrémité de Marizelle, vers Manicamp porte deux dénominations particulières et qui figurent sur la carte de Cassini : Grand court et Preet (se prononce prayette). Grand Court comprend la route qui descend de l’arsilière ou l’argilière à la route et les habitations que l’on rencontre à droite et à gauche en suivant la route. Le groupe de maisons reculées, à gauche de la route et celles qui suivent porte le nom de Prayette.

On voit aussi, derrière ce groupe de maisons reculées, l’ancien chemin qui conduisait à Manicamp avant la construction de la route ; il prenait la direction à l’entrée du chemin des vaches, dans la prairie, à droite et joignait celui qui existe encore sur le terroir de Manicamp : on entrait dans cette commune par le moulin. Mais pendant l’hiver, les communications étaient souvent impossibles : on passait alors par le Bac. Si les relations, par eau n’en sont pas moins faciles par le canal de l’Oise à l’Aisne qui traverse Marizelle à l’ouest permet aux bateaux d’atterrir au pont de Marizelle.

SES PRES

 

La section Bichancourt possède la  mairie, les écoles, l’église, le presbytère, construction situées à l’extrémité ouest. C’est la partie principale de la commune quoiqu’elle ne soit pas la plus forte en population.

Les rues de Bichancourt forment un rectangle. Le chemin de Grande Communion, n°49, va de Marizelle à Vézaponin (canton de Vic sur Aisne) ; elle se dirige du Nord au Sud, passe devant le portail de l’église et devant les écoles. Douze habitations se trouvent sur cette route allant vers le Bac d’Arblincourt.

La deuxième suivant la même direction, fait suite au chemin vert, venant de Chauny et passe devant le Calvaire. Elle est bordée d’une dizaine d’habitations. On y remarque à droite, après la croix, la Cense ou l’ancienne ferme de l’abbaye de Nogent (x) dont les constructions forment l’enceinte d’une grande cour : cette ferme appartient actuellement à Monsieur Cugnet. Cette rue, au sortir du village, devient le chemin qui conduit à Pierremande et plus directement à Champs et Nogent. C’est le chemin que suivaient les religieux pour venir à Bichancourt et à Chauny.

(x) Cette ferme fut incendiée par les soldats espagnols. Elle fut reconstruite en 1604 pour une somme d’environ 500 livres, sans compter les bois employés à la construction.

La troisième rue se dirige de l’ouest à l’est. Elle commence à la route n°49, devant la mairie et aboutit à la précédente au calvaire : elle se continue vers Autrevllle dont elle est le chemin vicinal. Depuis l’église jusqu’au calvaire, elle est bordée de deux rangées non interrompues de maisons : c’est la rue principale.

Au sud de la précédente est une quatrième rue qui lui est parallèle : elle prend aussi à la route n° 49, passe derrière les jardins et aboutit à la rue de Pierremande : elle portait le nom de Tour de Ville.

Le rectangle formé par ces quatre rues est traversé du Nord au Sud par une petite ruelle appelée autrefois ruelle cuisinette, aujourd’hui : la culinette, donnant sortie sur les près Ballet.

Le village n’a point de place. L’emplacement de l’ancien cimetière qui se trouva au Sud de l’église donnerait une belle place avec la route n°49 et la troisième rue, si sa destination première ne le faisait respecter. Il était entouré de barrières, mais elles ont disparu en partie.

BICHANCOURT

La commune de Bichancourt, qui faisait autrefois partie de la terre de Nège (Negium) dépendant du pays laonnais, est située dans la partie occidentale du Département de l’Aisne. Elle s’étend, du Nord au Sud, en 49°34 et 49°36 de latitude et entre 0°51 et 0°54 de longitude à l’est du méridien de Paris. Elle fait partie du Canton de Coucy le Château, de l’arrondissement de Laon et se trouve à 40 kilomètres de cette dernière ville. Elle est située entre Chauny et Abbécourt au Nord ; Autrevllle et Pierremande à l’est ; St Paul aux Bois au sud et Manicamp à l’ouest.

Bichancourt compte trois hameaux : Marizelle, le Sac, Bazin.

Il est à noter que le Bac d’Arblincourt n’a pas toujours fait partie de la commune de Bichancourt. Il formait autrefois une seigneurie comprise dans le territoire de St Paul aux Bois qui ressortissait du baillage de Coucy le Chateau et  faisait partie du doyenné de Blérancourt.

D’après d’anciens documents consultés, il résulte que la seigneurie du Bac vers 1230, faisait partis de Bichancourt pour ce qui était de la partie du Bac située au Nord de la rivière. Les Lêtes (aujourd’hui Ailette) et du terroir de St Paul en ce qui concernait la partie du Bac située à gauche ou au sud de cette rivière. C’est vers 1450 que cette seigneurie fit définitivement partie de la commune de Bichancourt.

Ce n’est que depuis 1618 que l’on trouve dans les archives : BICHANCOURT.

En 1089, dans la charte d’Elinand II, évêque de Laon, on trouve Becencourt (x), en 1200 Béchencourt (cartulaire de St Eloi Fontaine). La Chronique de Nogent par Cotron porte ; In Enlesia St Martini de Becheincourt, donne Bessencourt ou Becencourt. En 1290, l’accord entre Jeanne St Arblincourt et l’abbé de St Eloi Fontaine porte Bechencourt. En 1349, on écrivait indistinctement Bechencourt ou Becheincourt (Art. de St Eloi Fontaine). Ensuite, on a écrit Bichencourt et enfin Bichancourt en 1618.

(x) Cette charte donne le revenu de Bichancourt à l’abbaye de Nogent : « Nous Elinand, par la grâce de Dieu, évêque de Laon, à tous présents et futurs faisons savoir que nous avons donné au monastère de Ste Marie, situé à Nogent, les 4 églises de Pierremande, de Champs, de Bichancourt, de Folembray pour aider au salut de notre âme, et que nous avons enlevé ces églises des mains de laïques pour les concéder à perpétuité à nos frères, qui dans ce monastère combattent pour le seigneur Donné à Laon, l’an du seigneur 1089. En 1145, une bulle du pape Eugène III confirme les donations et privilèges de l’abbaye.

LA PETITE RIVIERE

Avant l’établissement de la Soudière et de la Glacière, et par conséquent, avant le détournement qu’ont subi les divers bras do l’Oise dans Chauny, pour se plier aux exigences de l’industrie qui demandait à l’eau le mouvement ‘de son mécanisme, on ne voyait pas ce large et profond canal que l’on rencontre à l’entrée de la ville de Chauny, vis à vis St Lazare ou la tonnellerie. Il a été creusé comme décharge pour les abondances d’eau les courants étant barrés pour distribuer l’eau à toutes les machines de l’établissement. Le moulin de St Lazare ou St Ladre était mis en mouvement par ce même cours d’eau qui fait mouvoir maintenant le mécanisme de la tonnellerie. Ce cours, en sortant du moulin, descendait vers Chauny, environ 150 m plus loin que le pont du canal ; puis formant coude, coupait la route et passait dans les jardins à gauche de le route.

La petite rivière suivait le lit actuel du canal jusqu’au point où elle s’en écarte, pour se diriger vers Marizelle et aller se jeter dans l’Oise au dessus de Manicamp.

Mais le creusement de ce canal, à partir de St Lazare, mis à sec la petite rivière de Marizelle, Les habitants, à qui ce cours d’eau était nécessaire pour le ruisseau de leur chanvre, réclamèrent auprès des administrateurs de la Soudière ; le conseil municipal fit valoir leurs droits et appuya leurs réclamations : l’administration s’engagea a alimenter à perpétuité la rivière de Marizelle.

Pour cela, elle établit un aqueduc qui reçoit l’eau au-dessus de la roue de la tonnellerie, passe sous la route et vient déboucher sur la rive gauche du canal vis à vis la première rangée de maisons de la Cité ouvrière Ce ruisseau suit la rive du canal jusqu’à ce qu’il rencontre son lit naturel dans lequel il rentre en face le château de l’Aventure.

Outre le bras de l’Ailette qui formait l’île sur laquelle s’élevait .la chapelle d’Arblincourt, il en existait un second qui se détachait de la rive droite de l’Ailette, vers les dernières habitations du Bac et qui traverse du midi au nord. Le lit n’existe plus, mais on en voit encore 1es traces. Il est probable que l’Oise, descendant de l’Est vers l’Ouest coupait ce ruisseau dans ces débordements et, le prenant de travers, y ‘aurait déposé des alluvions qui l’auraient rempli à la longue. Ce ruisseau passait à la route, près du second pont que l’on rencontre après le chemin.