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Monographie d’Assis-sur-Serre

Thème : | Catégorie : Monographies | Commune(s) : ASSIS-SUR-SERRE | Auteur : Fournier instituteur


Département de l’Aisne

Arrondissement de Laon

Canton de Crécy-sur-Serre

Commune d’Assis-sur-Serre

Géographie physique

Assis-sur-Serre est bâti sur la rive gauche de la Serre (rivière) à 16 kilomètres Nord de Laon et à 6 kilomètres ouest de Crécy-sur-Serre.

La longueur est de 4640 mètres du Nord au Sud, et de 2000 mètres de l’est à l’ouest.

Les bornes sont : au Nord, les communes de Mesbrecourt et de Montigny ; à l’Est Remies ; au Sud, Couvron : à l’Ouest, Pouilly-sur-Serre.

Village aggloméré dont les principaux lieuxdits sont : au Sud, l’Arbre Merlet ; au Nord, L’Orme ; au centre, Le Village.

Son étendue superficielle est de 805 hectares : son territoire, 779 hectares et son terroir 695 hectares.

En 1140, Asci ; en 1270, Aci ; en 1650, Assy et depuis 1837, Assis.

Le point le plus élevé, au Sud du village, lieudit : L’Arbre Merlet est à 81 mètres au-dessus du niveau de la mer ; le point le plus bas, lieudit : L’Orme est à 53 mètres.

La plus grande portion du terroir fait partie d’un plateau qui s’étend jusqu’aux communes de Remies, Couvron, Vivain, Chéry-les-Pouilly et Pouilly-sur-Serre.

Le village est assez sain.

Le sol de la vallée est formé par des alluvions et est aussi un peu calcaire.Sur la colline et le plateau, la Serre est argileuse-calcaire.

La commune d’Assis-sur-Serre est arrosée par la rivière de la Serre qui coule de l’est à l’ouest, au nord du village. Elle reçoit à gauche, Le Rucher, à droite : le ruisseau du Pont-Madame. La Serre prend sa source dans le département des Ardennes.

L’ensemble des animaux se décompose ainsi : Espèce chevaline 135 ; Asine 6 ; Bovine 190 ; Ovine 600 ; Procine 32 ; Caprine 6.

Animaux de basse-cour : Poules 1400 ; Oies 70 ; Canards 90 ; Pigeons 500 ; Lapins 650.

Les plantes qui croissent sur le territoire peuvent être classées ainsi :

Pour les grains alimentaires : le froment, le seigle, l’orge, le méteil, l’avoine, les fèves et féverolles, légumes.

Pour les fourrages, prairies, herbages : les trèfles, la luzerne, le sainfoin et les prairies naturelles.

Plantes industrielles : la betterave à sucre.

Culture arborescente : les pommiers et les poiriers.

Fleurs : toutes celles qui sont cultivées généralement dans les autres communes du département.

La population actuelle est de 482 habitants.

En 1800 elle était de 399 habitants ; en 1818, de 453 habitants ; en 1836, de 524 habitants ; en 1856, de 536 habitants ; en 1861, de 490 habitants, en 1866 de 514 habitants ; en 1872 de 502 habitants ; en 1876 de 473 habitants.

La population est restée à peu près la même depuis 20 ans environ. Il y a une population flottante de 30 personnes environ, domestiques et ouvriers de fermes, c’est ce qui a pu produire les différences de recensements qui ont eu lieu depuis 20 ans.

Dans les 10 dernières années il y a eu :

34 mariages

154 naissances

159 décès

En général les habitants sont d’une taille moyenne et d’une constitution assez robuste. Cela tient probablement à ce que la plupart travaillent aux champs.

La nourriture des ouvriers consiste en légumes principalement ; peu de viande, mais beaucoup de café.

La classe moyenne vit un peu mieux. La principale boisson est le cidre.

La moyenne de la vie pendant les 10 dernières années a été de 37 ans environ.

Les habitants en général sont quelque peu égoïstes, de mœurs assez bonnes, ne jouant presque jamais. Du reste il n’y a aucun jeu qui puisse réunir les habitants.

Ils ont pour habitude de jardiner les dimanches ; leur langage approche du patois picard. Quant à l’instruction, elle est plus répandue chez les hommes que chez les femmes.

Géographie historique

En l’année 1433, les milices du Laonnois, réunies au nombre de 400 hommes, ayant fait une entreprise infructueuse sur Vervins, occupé par les Bourguignons, furent, dans leur retraite, atteintes près d’Assis et mises en déroute par Jean de Luxembourg et le comte de Saint-Pol. 160 hommes restèrent sur la place ; 70 furent pris et pendus.

Le Espagnols se rendirent maîtres du fort d’Assis en 1652 et incendièrent le village. Cinq ans après, la garnison de Rocroy fut repoussée de devant cette forteresse par les habitants qui s’y étaient retranchés.

Ce fut Enguerrand III de Coucy qui fit construire le château fort dont il s’agit à la fin du XIIe siècle.

Aujourd’hui il ne reste absolument rien de cette forteresse.

Il existe encore une partie de la voie romaine de Saint-Quentin à Reims. En 1839 la commune en a vendu 9 mètres de large sur toute la longueur.

Aujourd’hui ce chemin rural dit : des Romerets, n’a plus que 6 mètres de large.

Il traverse le territoire dans la partie ouest, du nord au sud. Ce chemin aboutissait au camp romain de Saint-Thomas, dans le canton de Craonne.

La commune possède une église qui a pour vocable Saint-Martin le 11 novembre. La longueur intérieure est de 30 mètres. Ce monument date du XIIe siècle. Il n’y a absolument rien de particulier, ni sculpture, ni peinture murale, ni pierres tombales, ni tableaux, ni tapisseries, ni vitraux, ni mobilier ancien.

Il n’y a pas de documents historiques dans les archives communales ni chez les particuliers.

Il y a actuellement deux écoles primaires publiques laïques : une spéciale aux garçons et une spéciale pour les filles.

Depuis le 21 octobre 1794, date de la nomination du premier instituteur dans la commune, jusqu’au 12 novembre 1883, il n’y avait qu’une école mixte laïque.

L’école spéciale aux garçons est actuellement fréquentée par 45 élèves, et l’école spéciale aux filles par 40 élèves.

L’école actuelle a été construite en 1854, et a été coupée en deux dans le sens de la longueur pour la création de l’école des filles. De sorte que chaque classe mesure 10 m de long, 4 m de large et 4 mètres 10 de large. L’école des garçons est éclairée par 4 fenêtres à l’est et l’école des filles par 4 fenêtres à l’ouest.

Le premier instituteur a été M. Beaurain Jean Louis qui a exercé depuis le 21 octobre 1794 jusqu’en 1836. Son fils M. Beaurain Adolphe Chrysostome lui a succédé et a exercé de 1836 à 1852. A M. Beaurain a succédé M. Riquet François de 1852 à 1869. De 1869 à 1876 M. Pillois François et de 1876 au 1er octobre 1883, M. Desson Jules Louis Auguste.

Géographie économique

C’est l’assolement biennal qui est plus particulièrement en usage à Assis-sur-Serre. Le blé, la 1ère année, la betterave la 2e.

Les engrais employés par les cultivateurs consistent en fumiers, superphosphates, nitrate de potasse et le chlorure de potassium.

Les instruments aratoires dont on fait usage sont : la charrue simple, la charrue à bisocs, la houe à cheval, les semoirs mécaniques pour les céréales et pour les racines. Les faucheuses mécaniques, les moissonneuses mécaniques, les faneuses et rateaux à cheval et enfin les machines à battre.

Les céréales cultivées sont : le froment, le seigle, l’orge, le méteil et l’avoine.

Il y a 50 hectares de prairies naturelles dont 15 appartiennent à la commune et le reste à divers propriétaires.

Tout habitant a le droit d’envoyer à la vaine pâture les bêtes à corne et poulains qu’il possède. Le pâtre, accepté par le Conseil municipal, a un loyer annuel de 550 francs. Cette somme lui est payée par les possesseurs de bestiaux au prorata du nombre d’animaux qu’ils envoient à la vaine pâture.

Il y a bien un arrêté en date du 10 juillet 1858 qui impose certaines conditions aux propriétaires et au pâtre ; mais cet arrêté a subi plusieurs modifications, de sorte qu’aujourd’hui les usages existants sont ceux énumérés ci-dessus.

Il existe environ 1100 pommiers et poiriers sur le territoire d’Assis-sur-Serre.

La culture de la betterave se fait en grand dans la commune. La superficie cultivée chaque année est d’environ 180 hectares qui produisent 5500000 kilos en moyenne.

Outre les céréales et la betterave, on cultive aussi la luzerne, le sainfoin, le trèfle, les fèves et fèverolles, les pommes de terre. En tout 120 hectares environ.

Les biens communaux consistent en 15 hectares de prairies naturelles qui produisent un revenu annuel de 1500 francs en moyenne.

Il y a dans la commune : 135 chevaux, 6 ânes, 190 bœufs et vaches, 600 moutons, 6 chèvres, 32 porcs.

Il n’y a aucune condition en ce qui concerne la chasse.

Quant à la pêche, la partie de la rivière de la Serre qui traverse les biens communaux est louée par adjudication publique pour une période de 5 ans.

Le produit actuel est de 3 francs par an.

Il existe un moulin sur la rivière de la Serre. C’est le locataire qui l’exploite lui-même.

L’Instituteur d’Assis-sur-Serre

  1. Fournier

Transcription par Aline Charles à partir des photos de Nadine Gilbert