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24 personnes meurent après avoir chaviré dans l’Oise

Thème : Faits divers, anecdotes, catastrophes | Commune(s) : BEAUTOR | Auteur : H.M.


Le 5 mai 1805 (15 floréal, an XIII), un évènement dramatique survenu à Beautor a provoqué une vive émotion.

 

A cette date, Marie- Thérèse Védé (19 ans à) est maîtresse à La Fère d’un « pensionnat de jeunes filles » qui reçoit des enfants de notre région. Elle est aidée dans cette fonction par sa sœur aînée Jeanne Charlotte (56 ans).

En ce début de mai, une promenade sur l’Oise est organisée. Un bateau est mis à la disposition du pensionnat par le Colonel directeur de l’arsenal de La Fère. Un domestique de ce colonel, un garde d’artillerie et des pontonniers du 1er bataillon de la 5ème Compagnie accompagnent le groupe.

Par l’Oise, l’embarcation se dirige vers Beautor où se déroule la fête communale. A 18h45 elle est à la hauteur de la vieille église lorsque, pour une raison inconnue, l’embarcation chavire. Dix-huit jeunes filles âgées de 9 à 16 ans, la maîtresse de pension et cinq accompagnateurs périssent dans l’Oise. La plupart des enfants étaient originaires des environs : La Fère (3), Saint- Gobain (2), Moÿ (2), Saint- Quentin (2), Servais, Septvaux, Vendeuil, Caillouel, Chauny, Vervins …..

Après ce drame, Jeanne Charlotte Védé cesse ses fonctions ;

Le 20 novembre, elle épouse en mairie de la Fère, Charles Dubuisson ancien Colonel et directeur de l’arsenal de la Fère, maire de Charmes depuis le 15 décembre 1803.  Né à Montréal (Canada) où son père était lieutenant colonel des troupes détachées de la marine, il est devenu infirme à la suite d’un accident survenu lors de son détachement à Charleville. Il décède à Charmes le 12 septembre 1809. Le 23 juillet 1810, sa veuve vend à Jean Joseph Théodore Séruzier, major d’artillerie, la propriété qu’elle a hérité de son mari située à Charmes, rue du Moulin à Vent puis se retire auprès de son frère Pierre Védé, « Ministre du culte catholique » desservant Jussy.

Soulignons la délicate attention de la municipalité de Beautor qui a fait érigé une stèle à l’endroit du pont voisin du lieu de la catastrophe.

H.M.(«  Sources vives » de la paroisse Notre Dame de Serre et Oise. »)

Nota : Par suite d’une erreur commise au XIX e siècle dans la transcription de la date dans notre calendrier, la stèle porte 5 avril 1805 au lieu de mai.

Références :

–          registres d’état civil de Beautor et de la Fère.

–          Archives départementales de l’Aisne : fonds Piette (Beautor)

–          Archives départementales de l’Aisne : 27I Q82 (n°37)

Texte déniché par Marie- José Daniel, transcrit par Maryse Trannois.