CRAONNE

 

 

CRAONNE

 

 

1 – GEOGRAPHIE PHYSIQUE

 

 

 

1 – situation astronomique de la commune :

 

         Village de l’ancien Laonnois, bâti au sommet d’une colline, à 20 kilom. à l’est de Laon, autrefois de l’intendance de Soissons, des bailliage, élection et diocèse de Laon, aujourd’hui chef-lieu de canton, arrondissement de Laon, diocèse de Soissons ;

         Ce village est bâti au flanc d’un coteau faisant face à la vallée de l’Aisne, vis-à-vis les grandes plaines qui forment l’ouverture de la champagne ; il est assez mal construit, mais son aspect et celui des environs sont des plus pittoresques.

         Les rues ne sont point larges et les maisons se serrent les unes contre les autres, comme faisaient les bourgeois du bon vieux temps, toujours si menacés et si inquiets que, par prudence, ils occupaient le moins de place possible.

         Le village de Craonne est assurément l’un des plus anciens du département ; nous ne pouvons toutefois accepter le sentiment de l’abbé Leboeuf qui, supposant que le nom de ce village a dû s’écrire autrefois Craodunum  y trouve le diminutif de Cesarodunum, la montagne de César, et part de là pour dire que ce lieu est celui ou César campa lorsqu’il envahit la Gaule Belgique. Il nous paraît plus naturel de chercher le lieu où ce général s’arrêta à St Thomas, où il existe (en effet un vaste camp que la tradition lui attribue) ; Craonne dérive plutôt du mot celtique Craon qui, selon Bullet, signifiait une grotte, une caverne ; d’où l’on peut conjecturer que les premières habitations de ce village furent creusées dans le roc.

         Craonne existait déjà au Xe siècle, époque où Charles le Simple en donna l’église à titre de donaire à sa femme Frédérone.

         Le domaine de Craonne a été donné en 918, par la Reine Frédéronne à l’abbaye de St Rem de Reims qui l’a conservé jusqu’en 1790.

         Craonne était le chef-lieu d’une subdélégation, de l’élection de Laon. Cette subdélégation comprenait Aguilcourt, Ailles, Aizelles, Aubigny, Beaurieux, Berrieux, Berry-au-Bac, Bertricourt, Bouconville, Boufffignereux,

 

 

 

 

Brienne, et Radonais, Cerny-en-Laonnois, Chaudardes, Concevreux, Condé-sur-Suippe, Corbény, Craonne, Craonnelle, Cuiry-lez-Chaudardes, Cuissy, Dammarie, Everguicourt, Gerny, Gernicourt, Glennes, Goudelancourt-lez-Berrieux, Guignicourt, Guyencourt, Jumigny, Juvincourt-le-Grand, Juvincourt-le-Petit, Lor, Maizy,Menneville, Merival, Muscourt,Neufchâtel, Oeuilly, Oranville, Oulches, Paissy, Pargnan, Pignicourt, Pontavert, Prouvais, Proviseux, Revillon Roucy, Sainte-Croix, Variscourt, Vassogne, Vauclerc, La Ville-aux-Bois-lez-Pontavert, et Villers-et-Prayères.

         Craonne fut, en 1790, le chef-lieu de canton du district de Laon et formé des communes d’Ailles, Aizelles, Aubigny, Berrieux, Bouconville, Chermizy, Corbeny, Craonne, Craonnelle, Dammarie-et-Fayaux, Goudelancourt-lez-Berrieux, Neuville, Saint Croix, St Thomas et Vauclerc.

         Le canton de Craonne s’étend au sud-est de Laon et se compose du bourg de Corbeny et des 39 villages de Craonne chef-lieu, plus de 13 hameaux et de 80 fermes ou maisons isolées, le tout formant aujourd’hui 22 paroisses.

         Le village de Craonne est borné au nord par Vauclerc, bouconville ; au nord est, par Corbény ; à l’est par la Ville-aux-Bois ; au sud par Pontavert ; à l’ouest par Craonnelle.

         Le cadastre de Craonne fut terminé en 1828

         La contenance du territoire est de 860 ha 89 a ; il était divisé de la manière suivante, à l’époque de la confection du cadastre :

 

         - terres labourables                            365 ha 05 a 65 ca

         - prairies                                           48 ha  95 a

         - terrains plantés                                147 ha 77 a  95 ca

         - bois                                                237 ha 61 a  10 ca

         - canaux et pièces d’eau                              22 a  20 ca

         - landes                                               33 ha 16 a  60 ca

         - propriétés bâties                                  4 ha 96 a 60 ca

         - grandes routes, chemins vicinaux

           Rues, places, cimetière superficie de

           L’église etc                                       23 ha 14 a  30 ca

 

                                      TOTAL                860 ha 89 a 00 ca

 

         Le centiare vaut 53.34

         Le revenu imposable est de 16.694 F 95 c

 

         La montagne (hameau) ; Chevreux (hameau) ; Bourbeny (moulin à eau) ;

 

 

 

Malcompté (isolée) ; le Marais, le Moulin de Craonne (moulin à eau) ; le Moulin Pontois (moulin à eau) ; Saint Victor (ferme) ;

 

         La grande couture, Rivière d’Esselle, Prés des Moineaux, La Grande Pâture, Forêt Barbeau, Bois Balles, Les Longs Champs, petits Longs Champs,Lagleau Machic, Le Gros Boule, les Pendus, Rouge Terre, Prés les Moines, Monsorquins, les Rougeries, Bas des Bourbelots, les Fourches, les Gloriettes, le Grand St Victor, Chapelle, le Monterault, Labovion, les Litières, Chemin des Pierres, la Caricailloux, Bac à Pourceux, le Concornet, les Savarts, au dessus de la Croizette, les Voies de Laon, le Bas des Voies de Laon, les Mazés, les Multeaux, Clos Lemoine, les Wardes, les Comtesses, les Besses, Voies de Laon du bas, haut des Comtesses, ls Croix, les Wardes mousses, les Warcous, les Haules, les Raults, les Buis, Vignes des Sorlins, les Folies, les Carmoins, les Rodois, les Longes Pierres, dessous la Mutte aux Vents, Vigns des Royers, Près des Royers, hameau des Chevreux, Aulnes Griffons, la Trésorerie, Prés des Chevreux, les Mottes, les Chantraines, Terres des Rogers, chemin de Pontavert, bois de St Nicolas, les Merlailles, l’Entoinnoir, les Longues Faces, Croisés du Temple, la Grande Haye, les Fonds de Craonne, bois de la Hulotte, chemin de Roucy, les Carrières, la Petite Carrière, champs ouis, bois de Geny, Pâture des Mottes, Bois de Beuvry, les Buttiers, chemin d’Amifontiane, sous le bourg, les Chenêts, la Croizette, les Pontons, les Certeaux, les Rouilles, Croix Buvry, les Fourrières, les Corbeaux, les Alleux, les Bonnevals, les Routis, les Remmuées, Voies des Moulins, entre les Voies du Moulin, les Courboins, les Limaçons, terres de la Montagne, Savart de la Montagne, les Revers, les Eveaux, les Mures Moines, les Queues de Leup, les Carcaignes, Chaudes Biches, l’Hermitage, Fontaine aux Grès, bas des Eveaux, les Ressuis, Prés des Courboins, Moulin des Bourbenis, les Brémonts, les Noyères, chemin de Craonnelle, les Grandes Vignes, les Warniprés, le moulin à l’huile, bout des Rozières, les Bertaudins, les Martignons, la Tuilerie, les Cos, terres des Martignons, le Ponceau, sous les Mortes Cuisses, Pontoy, les Marais, les Santés, les Veaux, la Motte aux Vents, Vignes du chemin de Reims, les Ronchères, chemin de Reims, Dame Cibile, Bois Culot.

 

2 – indiquer les noms successifs portés par la commune :

 

- Grauhenna          9e siècle

- Croona               906

- Crauna

- Craunna             911

- Craubena            991

 

 

 

- Creunna              1090

- Croana               1112

- Chroonia            1145

- Crauenna            1154

- villa de Craona    1230

- Craule en laonnois 1359

- Cranne               1651

 

- relief du sol :

 

         La colline de Craonne située au nord du bourg commence la chaîne parallèle aux vallées de l’Aisne et de l’Ailette ; le voyageur qui se placerait au point culminant qui domine le bourg de Craonne aurait à ses pieds Craonne, dont les coteaux de pampres chers à Bacchus ont vu les débats de la lutte qui d’après Napoléon devait amener les Français plus près de Vienne que de Paris.

         Entre les villes de Laon et de Soissons est situé l’immense plateau qui coupe le département dans presque toute sa longueur et qui sert de ligne de partage entre les bassins de l’Oise et de l’Aisne. Ce plateau a l’une de ses extrémités au dessus du bourg de Craonne et l’autre, dans le département de l’Oise, au dessus du bourg d’Attichy.

         Comparé à la surface de la mer qui couvre les ¾ du globe, le sol de la commune n’est pas élevé ; le point le plus haut (moulin léon) se trouve à 200 mètres ou plus du niveau des mers ; le point le plus bas (les Marais) n’est qu’à 60 mètres au dessus du même niveau.

 

- météorologie :

 

         La commune abritée des vents du nord par la montagne de Craonne, jouit d’une température uniforme et généralement douce ; les vignerons redoutent cependant les gelées printanières qui viennent trop souvent hélas ! détruire leurs plus belles espérances ; les orages y sont assez rares mais quelquefois dévastateurs.

 

- géologie :

 

         La surface du sol n’offre pas partout le même aspect ; on y voit :

 

         - au nord : un sol sableux

         - à l’ouest : un sol argileux

         - à l’est et au sud : un sol calcaro-ciliceux

 

        

 

         On n’y rencontre aucun métal ; la principale richesse minérale du sol consiste dans quelques carrières de pierre à bâtir ; la carrière de craie du bois de Geny servait encore il y a deux ans à faire de la chaux qu’on mettait en œuvre dans le pays.

        

- hydrographie :

 

         La commune ne possède d’autre ruisseau que le ruisseau qui prend sa source à Pontoy et va se jeter dans l’Aisne.

 

Les marais :

 

 

31 mai 1829                 les membres du conseil municipal de Craonne convoqués par M. le Maire de ladite commune en vertu de l’arrêté de M. le préfet relatif aux désséchemens des marais méridionnaux du Laonnois.

         Le Maire a donné connaissance au conseil municipal d’une circulaire de M. Devisme membre du commité du projet d’association des propriétaires et des communes relativement aux desséchemens desdits marais ; malgré que le conseil Mal pense qu’il n’y a aucune partie des biens communaux qui puissent être sujet au desséchement, néanmoins dans l’intérêt de quelques propriétaires qui avoisinent la rivière d’Elette, et dans celui de la commune, pour un arpent de pré seulement appelé le pré du pâtre qui avoisine ladite rivière, ledit conseil Mao a nommé M. Jean Louis Babled Pinon, maire de cette commune pour son délégué pour le représenter à l’assemblée des délégués des communes du canton qui doit avoir lieu incessamment.

         Fait, etc……

 

- bois et forêts :

 

         237 ha 61 a 10 ca (cadastre)

         266 ha                  (statistiques de 1882)

         Le sol forestier du territoire de Craonne a donc augmenté de 39 ha 38 a 90 ca depuis la confection du cadastre

         La commune n’en possède que 10 ha ; le reste appartient à des particuliers.

         Les arbres composant les bois sont : le chêne, le hêtre, le frêne, l’orme, le charme, l’aune, l’érable, le bouleau, le sapin, l’acacia, le tremble, le tilleul, le saule, le peuplier, le châtaignier.

 

 

 

 

- faune communale :

 

         Le pays n’est pas assez boisé pour être favorable à la propagation des bêtes fauves de grandes espèces ; aussi les animaux appartenant à cette catégorie, le sanglier, le chevreuil et le renard n’y sont pas multipliés.

         On y rencontre le lièvre et le lapin en assez grande quantité.

         Comme animaux plus petits, je citerai le putois, la belette, la fouine, l’écureuil, etc ; le rat, le loir et la souris pullulent ; les oiseaux sont ceux de la région.

 

- flore communale :

 

         Plantes alimentaires : pois, haricot, lentille, pomme de terre, fève, carotte, navet, betterave, asperge, sarrazin, blé, seigle, orge.

         Plantes nuisibles aux moissons ; nielle, bleuet, chardons, grateron.

         Plantes fourragères : sainfoin commun, luzerne cultivée, trèfle incarnat, trèfle commun, avoine.

         Plantes nuisibles aux prairies : millepertuis, fougères, narcisse des prés, mousse des prés

         Plantes médicinales : coquelicot, fumeterre, pensée sauvage, tilleul, mauve, ciguë, violette, reine des prés, chèvrefeuille, colchique d’automne, bourrache, camomille, bouillon blanc,  lierres, sabine

         Industrielles et économiques, textiles : ortie, genêt à balai, orme

         Economiques et industrielles : chiendent, bouleau, cerisier, fougère mâle, saule, buis, châtaignier, et sapin

         Oléagineuses : pavot, noyer, noisetier

 

- population :

 

         1760  151 feux

         1800 :   861 habitants      1818 :   864 hab.   1826 :   985 hab.

         1831 : 1058 hab              1836 : 1056 hab     1841 : 1003 hab

         1846 :   918 hab              1851 :   913 hab    1856 :   855 hab

         1861     852 hab             1866 :   826 hab    1872 :   755 hab

         1877 :   708 hab              1882 :   694 hab    1886 :   692 hab

         La population de Craonne a offert de 1800 à 1886, des variations très sensibles.

         De 1800 à l’année 1831, il y a une période de croissance de 861 à 1058 habitants, et depuis lors, chaque recensement accuse une diminution, ainsi que l’indique le tableau ci-dessus.

         Cette diminution est due aux causes suivantes :

        

 

         1 – depuis 1832, les décès l’ont emporté de 88 sur les naissances

         2 – les familles sont peu nombreuses

         3 – beaucoup de ménages sont sans enfant

         4 – les petits propriétaires, et ils sont nombreux, n’occupent que peu d’ouvriers et qu’une faible partie de l’année, ce qui oblige ceux-ci à émigrer ; les jeunes gens se fixent par le mariage dans d’autres villages.

 

- nombre de mariages, naissances et décès de 1833 à 1883

 

Années

Naissances

Mariages

Décès

1833 A 1843

291

101

270

1843 A 1853

232

105

220

1853 A 1863

188

65

209

1863 A 1873

184

59

226

1873 A 1883

148

65

206

TOTAL

1043

395

1130

 

Différences en plus pour les décès : 88

Moyenne     :         naissance     20.36

                            Mariage       7.9

                            Décès                   22.62

 

- habitants :

 

         Les habitants sont de taille ordinaire ; quelques hommes sont forts et robustes et se livrent à des travaux fatigants.

         Leur nourriture est variée (légumes, viande de boucherie, et viande de porc)

         La boisson principale est le vin fabriqué dans le pays

         Il est fait usage de la bière en été

         Le cidre est peu connu à cause de la rareté des pommiers gelés pendant l’hiver de 1879-1880.

         Les ouvriers consomment beaucoup de café ; ils font quelquefois un usage immodéré de l’eau-de-vie.

         Les habitants sont gais et actifs ; leurs mœurs sont assez régulières ; ils jouent au billard et aux cartes.

         Instruction au dessus de la moyenne

         La longévité est assez remarquable ; actuellement on compte à Craonne :

 

         De 70 à 80 ans                12 hommes

                                               17 femmes

 

 

         De 80 à 90 ans                7 hommes

                                               4 femmes

 

         De 90 à 100 ans              l femme

 

 

 

2 – GEOGRAPHIE HISTORIQUE

 

 

- évènements remarquables dont la commune a été le théâtre :

 

         1358 : les Anglais saccagent la contrée ; maître de Montaigu et de Vailly, ils en désolent les environs par leurs courses ; combat de Craonne, où un de leurs corps est défait par Robert de Couci, seigneur de Pinon, et par le chanoine Robertsart.

        

         1359  Hannequin, capitaine des Anglais, poursuit près de Craonne le sire de Pinon qui commande 60 cavaliers français, et fond sur sa troupe ; celui-ci sans perdre de temps fait mettre à pied à terre à ses gens et tient ferme derrière un grand fossé, bordé de hayes, où l’on ne pourrait jamais parvenir à cheval que par un défilé fort étroit, il envoie même à Pierrepons, éloigné de 5 lieues, demander du secours au chanoine Robertsart. Pinon ayant soutenu tout le jour les efforts des ennemis, était sur le point de succomber, lorsque Robertsart vient à toute bride le secourir avec 120 cavaliers, après avoir fait avertir le commandant de Laon. Il donne aussitôt lance baissée sur les ennemis, en terrasse trois d’un seul coup, les met en désordre et les taille en pièces ; cent cinquante restent sur la place, et les fuyards tombent entre les mains de ceux de Laon qui arrivent de sorte qu’il n’en échappe que quinze.

        

         En 1573 : les habitants obtinrent du roi la permission de lever une taxe de 4000 livres pour entourer de murs leur village, ce qui n’empêcha pas les ligueurs de s’en emparer et de le piller en 1590. Il retomba peu de temps après aux mains des royalistes qui le pillèrent à leur tour.

 

         1590 : les ligueurs s’emparent de Craonne qui leur est repris sur le champ.

 

         1590 : » le premier jour de l’an 1590, les habitants de Craonne feirent une assemblée generalle entroulx pour former le party qu’ils voullaient tenir. A ceste assemblée les réalistes se trouvèrent en plus grand nombre qui

 

 

 

 

arrestèrent de tenir le party du Roy. Ceulx qui ne voulurent signer sortir hors et feirent retraite en la ville de Laon, ou ils solliciterent sans qu’ils peurent la ruyne de ce bourg, avec instructions qu’ils donnèrent aux cappitaines de la garnison des moiens qu’il y fallait tenir et du grand proffies qui leur reviendroient ; finallement la garnison y fut qui print ce mieu et fut le butin rapporté, et les ligueurs installé à la place des réalistes ; mais quelque temps après les réalistes reprinrent le bourg et le pillerent, tellement que par moien, tous les habitans tant réalistes que ligueurs furent rendu égaulz par leur malice »

 

         1657 : la garnison de Rocroi fait des incursions dans le pays ;un parti de 300 chevaux reçu avec vigueur par ls habitants de Filain et ensuite par ceux de Craonne, perd son chef et une soixantaine d’hommes.

         1657 : les habitans, fatigués des brigandages que la garnison espagnole de Rocroy exerçait dans les environs, tombèrent sur elle à l’improviste et la taillèrent en pièces

 

         1700 : l’assassinat d’un garde de gabelles fut commis à Craonne le 24 juillet 1700. Le bailli de Craonne fit une enquête. Le lieutenant criminel de l’élection ordonna l’apport, au greffe de l’élection, de ladite enquête en déclarant que ledit bailli et tous autres, en l’espèce, étaient incompétents.

 

         1747 : au printemps de 1747, passent à Craonne 7 à 8000 prisonniers faits par Louis XV sur les Anglais et sur les Hollandais.

         Dans l’hiver suivant, passent encore de nombreux prisonniers qui souffrirent beaucoup de l’hiver et des neiges.

 

         1748 : en 1748, François Bécart, curé de Craonne, fait descendre l’eau de la Montage par des tuyaux posés par Nicolas Dubois, fontainier à Reims, afin d’alimenter le presbytère et une partie de la paroisse.

 

         31 mars 1788 : les assemblées se tenaient dans l’auditoire de la justice de St Remy, M. Suin était sindic.

 

         12 février 1790 : « cejourd’huy douze février mil sept cent quatre vingt dix, Messieurs les officiers composant le corps de la municipalité de la ville de Craonne assemblée sur la convocation faite par Monsieur Edard maire de cette ville a été exposé par ledit sieur maire qu’il lui avait été portée des plaintes par les nommée Claude Le Roy, berger, François Carlier et Nicolas

 

 

 

Mathieu tous deux vignerons, audit Craonne, contre le nommé Stanislas Parmentier, fils dusieur Parmentier Maître de chirurgie demeurant en cette ville, sur ce que ledit Stanislas avait la nuit du huit au neuf fevrier present moi faits différents ecars vers ls onze heures et demie ou minuit dans ladite ville. En profferant des juremens et imprécations de touttes espèces et vomissant des injures et insultes contre divers personnes respectables par leur naissance leurs etats et leurs sexes et nottament dans ses égarements s’est transporté sur le cimetière de ladite paroisse ou il a profféré milles imprécations sur les fosses de différents morts et particulierement sur celle de sa grand mere, et profférant milles injures et mille attrocités contre elle, ce qui a effrayée et scandalizé une partie des habitans dudit lieu ; qu’une conduitte aussy irregulière contraire au bon ordre et a la tranquillité publique mérite punition et une réparation pour le manque de respect aux mannes des fidelles trepassée dudit lieu ; et pour y parvenir il estimoit qu’il seroit apropos quil soit pris une délibération sur la nature de la punition et de la réparation, la matiere mises en délibération ; il a été arrété que lui Stanislas parmentier sera mandé au premier jour d’assemblée pour y recevoir une réprimande sévére en présence de tous les officiers de la municipalité et que le sieur parmentier son pere fera célébré seize messes basses pour le repos des ames des fidelles trépassés de la paroisse de Craonne lesquelles seront annoncé aux prônes par monsieur le curé avec recommandations et récit de Deprofondis. Les quelles messes seront declarés par monsieur le curé ne pas etre aux depens de la fabrique, et que le sieur parmentier pere sera tenus de representer le reçu de monsieur le curé pour laquit et payemens des dites messes, dont acte que tous les deliberants ont signé le jour et an susdit »

 

 

 

         10 février 1790 : « le nommé françois Le Clere vigneron demeurant en cette ville a été nomme garde verdure aux gages d’un sols par chaques chaumé de vigne, trois sols par arpent de terres, et trois sols dix deniers par arpent de bois prez et jardin »

 

 

         28 mars 1790 : « la municipalité décide que le jours des assemblées demeureroit fixée aux samedy deux heures de relevée en lhotel de monsieur le maire, et nome commissaires de police nicolas Deseuste et Jean Louis Sohier ».

 

 

         7 avril 1790 : « la taxe des citoÿens est fixée à 3 journées de travail, celle des citoyens eligibles à 20 jounées, et la journée d’ouvrier a vingt sols »

 

 

 

         2 mai 1790 : « cejourdhuy deux may mil sept cent quatre vingt dix, la commune de Craonne assemblée en leglise de Saint Martin paroisse du dit lieu, ladite assemblée provoquée à son de caisse pendant trois jours, et au prôsne de la messe paroissial, a ete proposé parMonsieur le Maire a luniversalité  des habitans que comme etant nées tous français il etoit de leurs dévoirs comme sujet de la nation de preter tous et sollannellement les sermets d’etre fidele à la nation à la loy et au Roy, pour aquoy parvenir et a été fait un appel nomilal de tous les habitans de cette paroisse, après lequel tous ceux qui se sont trouvés présent ont unanimement acquiéssé à la proposition faitte par Monsieur le maire, en conséquence il a été dit par lui, que conformement aux decrets de lassemblé nationale, Messieurs les Officiers municipaux alloient sur le champ preter à la nation le serment de fidélité a la ditte nation, a la loy, et au roy, et ensuitte toutte la commune dudit Craonne. Monsieur le curé y etant à prété entre les mains de Messieurs les officiers municipaux le meme serment d’etre fidel à la nation, à la loy, et au Roy et de concourire de tous leurs pouvoirs à lexecution desdites lois, après quoy Messieurs les officiers municipaux ont délibéré de concort avec Monsieur leveque curé de la paroisse, qu’en action de grace et la réjouissance de la solennité du vœu des habitans il soit chanté un té deum, ce qui a été exécuté sur le champ avec toute la solennité, La décoration et la dévotion que la circonstance pouvoit exiger a la satisfaction généralle de tous les habitans, lesquels ont signées le présent acte alexception de ceux qui ont déclaré ne savoir écrire n’y signer. Les jour et an cy dessus »

 

 

         20 juin 1790 : cejourd’huy vingt neuf juin mil sept cent quatre vingt dix, dix heures du matin, le corps de la municipalité de Craonne composé de M.M. Edard Maire de Morember, Oyon, et Mainon officiers municipaux assemblée en la maison de monsieur le maire, M.M. Suin et Foucault de Coucy, absents, a été exposé par Monsieur le Maire, que cejourd’huy vers les neuf heures du matin Monsieur Delamotte colonel, commandant la garde nationale de ce lieu, setait rendu chez lui, pour inviter M. M. les officiers de la municipalité a assister à la cérémonie de la benediction du drapeau de ladite garde nationale, qui devait se faire sur la montagne ou était dressé un autel et a loffertoir d’une messe qui serait célébré par monsieur labbée de Vaucler,que plusieurs paroisses du canton devoient se fédérer avec Craonne, et devoient s’y rendre en armes, et y preter le serment de fédération ; quil croyoit convenable que la municipalité se rendit aux instances de Monsieur le Commandant , et assistat

 

 

 

A cette ceremonie et reçut meme le serment de fidélité a la nation, à la loy, et au roy comme celui de fédération de la part des gardes nationales des differentes paroisses qui devoient s’y rendre.

         La matière mises en délibération, il a été unanimement accédé a la proposition de Monsieur le Maire, et il a été délibéré que le corps de la municipalité se transporteroit sur la montagne et assisteroit a la ceremonie de la Bénédiction du Drapeau en conséquence nous sommes rendus sur la montagne a la tete de la garde nationale en arme et en corps tambour battans, ou nous avons assisté a la messe célébrée par Monsieur labbé de Vaucler, a loffertoire de laquelle il a été fait la benediction du Drapeau, et a prononcé un discours analogue a la ceremonie, et apres laquelle les troupes confédérées ont prété devant nous le serment civique et de fédération, ensuite la messe a été continuée, après laquelle les gardes nationales ont fait différentes évolutions et sont rentrée en ordre et tambour battans dans la ville, ou étant rentrée a été fait et rédigé le présent proces verbal les jours et an que dessus. »

 

 

         Le 14 juillet 1790 : lan mil sept cent quatre vingt dix, le quatorze juillet, les maires et officiers municipaux composant la municipalité et les notables, et communes de Craonne assemblée dans l’église paroissiale dudit lieu, vers les onzes heures du matin, aditte assemblée annoncée au prosne de la messe paroissiale le dimanche quatre du present mois, en conformité de l’adresse de M.M. les administrateurs du département de l’aisne seant a Laon, et la lettre de Monsieur Blin procureur général sindic dudit département en datte du trente juin dernier, la garde nationale dudit lieu ayant fait battre la généralle des six heures du matin et ayant pris les armes vers les dix heures, s’est rendue sur le cimetière en ordre, tambour battant, le drapeau déployé, et s’est formée en bataille, alors monsieur le curé et le clergé est sorty processionnellement de léglise tous revetu en chapes précédée des bannières de la Croix et chandeliers alors il fut entoné le Veni créator, et la procession fut suivye de Messieurs les officiers municipaux et de la garde nationale, composé de deux compagnies de fusiliers et une de chasseurs ; de la et dans cet ordre, la procession, les officiers municipaux et la garde nationale se sont rendue a un carrefour au millieu de la ville, oü avoit été elevé un autel qui pouvoit etre visible de trois cotté répondant a trois rües, cette place ayant été choisie par Messieurs les Officiers de la Municipalité et Messieurs du Conseil de la commune comme plus convenable a la célébration de cette cérémonie et préférable a l’emplacement de la montagne, quoyque plus beau, et plus etendue, en ce qu’il n’obligeoit pas les habitans de s’éloigner de leurs foyers et a laisser la ville absolument vide des habitans des deux sexes ; la procession et la marche formées et dans l’ordre quil est dit cy dessus le clergée etant arrivé

 

 

A l’autel, la garde nationale s’est divisée par compagnie, et chacune a fermée une rue, et entourée l’autel laissant dans le centre une place suffisamment grande pour la célébration d’une messe basse, pour contenir le clergé les officiers de la Municipalité et les notables. Quand la messe fut avancée a peu près vers l’offertoir étant midy moins dix minutes, Monsieur le Maire a prononcé un discours analogue à la cérémonie, et a midy sonnant, il à annoncé a toute l’assemblée que ?????? heureux de la confédération de toute la nation française était arrivé, et a dit a haute voix, que tous les assistants de l’un et l’autre sexe, ainsy que toute la garde nationale ait a lever la main, et jurer d’etre fidel a la nation, à la loy, et au Roy. Et en maintenant de tout son pouvoir la constitution du Roÿaume dcrétée par l’assemblée nationale et acceptée par le Ro, il a été maimement répondu, par les enfans meme, a haute et inteligible voix je le jure, et nous le jurons.

         Apres quoy la messe a été continuée la concécration annoncée par trois coups de caisse, et a l’élévation tous les tambours ont battus aux champs ver la fin de la messe il a été chanté un Domiun Saloum fa Regen après lequel Monsieur le curé a chanté l’oraison qui suit ordinairement cette prière et ensuite il a été entonnée le Tedeum après quoy ayant été revétu de la chape, la procession s’est formée de nouveau, la compagnie de la garde bourgeoise qui gardoit la grande rüe a bordée la haÿe, la procession dans l’ordre quelle avoit repris est passé au millieu suivie de Messieurs les officiers Municipaux et de M.M. les notables, derriere se sont formée les trois compagnies de gardes nationale dont la première a continué de border la haye de chaque cotté de la procession qui a pris la rue qui conduit au grand escalier de l’église, dans laquelle on est rentré en chantant toujour le Tedeum qui a été achevé dans le chœur, et terminé par l’oraison ordinaire, après quoy Monsieur le curé a chanté Deux In Adjutorium et le chœur a continué et chanté sexte ainsy qu’il se fait dans les jours de la plus grande solennité, les matines, prieres et tiers ayant été chantée avant la célébration de la messe, après cet office les troupes nationales on défilé en ordre tambour battant, et drapau déployé se sont rendu sur la place, ou avoit été célébré la messe et ensuite, ont été mettre bas les armes ; et vers les trois heures après midy, les vespres ont été chantés le clergé en chapes de meme qu dans les jours de grande solennité.

         Toute cette cérémonie s’est passée dans le plus grand ordre on a vû l’allégresse et la satisfaction regner dans le cœur de tous les habitans et de la garde nationale et la paix a régné partout ; de tout, quoy nous avons fait, et rédigé le present procès verbal, que nous avons signées ainsy que Messieurs les notables et les officiers tant de l’état major, que des trois compagnies de la garde nationale, les jou et an susdits.

 

 

 

 

         29 juillet 1790 : «  cejourd’huy etc .l a été dit par Monsieur le Maire que le sieur Cavillier fondeur proposait avec douze cent quatre vingt seize livres a peu près des médailles restant daprès la fonte des quatres grosses cloches et en y joignant les timbres de lhorloge il feroit sy on le jugeoit apropos quatre autres cloches a l’octave et concordantes avec les quatre grosses nouvellement fondüe ; sur cette proposition il a été par lui fait un devis de la dépense de cette opération comme par le premier devis de la fonte des grosses il etait chargée de faire avec la matière restante deux petittes cloches, il ne trouveroit plus chargé par celui-cy que de la fonte des deux, pourquoy il s’engageait de les fondre livrer les moutons férures les batteries et les rendre à Craonne moyennant la somme des cent cinquante livres et trente six livres pour le transport, ce qui fait au total celle de cent quatre vingt six livres pour ce qui le concerne ; cette chose mise en délibération il a très unanimement décidé que M. Huillier marguillier serait autorisé à faire faire la fonte des dittes quatre cloches, et payer en fonte, etc … »

 

 

         1er janvier 1791 : « l’assemblée arrete que le carcan actuellement existant au poteau de la halle du dit lieu a la diligence de M. le procureur de la commune et ci le trois de ce mois sera arraché pour etre disposé ainsy qu’il appartiendra »

 

 

         3 avril 1791 : « les estimations des differents héritages située sur le terroir  du dit lieu ont été apprécies ainsy quil suit pour leur revenu net

         Savoir

         La premiere classe des vignes estimée produira annuellement une somme de quarante livres l’arpent

         La seconde classe vingt cinq livres aussy l’arpent

         La troizième composant la troisieme classe estimée douze livres aussy l’arpent, de revenu net

         La premiere classe es pres et vergers, estimée produira annuellement de revenu net, la somme de trente livres larpent

         Ceux de la seconde classe vingt livres

         Et ceux de la troisième classe dix livres

         La premiere classe des bois estimée produira annuellement de revenu net quinze livres de revenu par arpent

         Ceux de la seconde classe dix livres aussy de larpent

         Et ceux de la troizième classe cinq livre aussy de larpent

         Celles de la seconde classe autre livres aussy l’arpent

         Et ceux de la troisieme classe, deux livres aussy l’arpent

 

 

         Touttes les maisons audit Craonne, aux nombre de cent soixante neuf, ont été estimée produire de revenu net, la somme de cinq milles soixante dix livres

         La récapitulation faitte de tout le revenu en générale il s’est trouvé monter suivant l’état certiffié véritable joint et annexé acès présente à la somme de dix neuf mille quatre cents quatre vingt cinq livres dix sols »

 

 

         Le 19 avril 1791 : le maie a fait part à lassemble du deuille général ou la mort de feu Riquetty Mirabeau plonge la France ; que tous les bons françois digne de ce nom témoignent par leurs douleurs et par le service solennelle que lon fait faire pour lui, combien il est regretté quil demandoit quon lui rendit les memes honneurs et qui a été tout de suite arrété.

         A été aussy représenté par l’un de Mesieurs, que le Sieur Jean Dominique Duchenne de la Motte, commandant de la garde nationale de Craonne, laisse encore subsister sur sa voiture des armes prescrittes par les decrets de l’assemblée nationale et nottamment par la proclamation du département de laisne du trois décembre dernier, pourquoy lassemblée arrété que le procureur de la commune se retireroit sous trois jours vers le sieur Duchenne a leffet de l’engager a faire disparaître les armes blazonnée sur sa voiture et que faute par lui aussitôt la premiere notiffication, quil sera dénoncé comme réfractaire à ?? luy »

 

 

10 juillet 1791 : sur la représentation faite par M. le Maire que par délibération du quatre juillet présent moi, Jean Etienne avoit remercié la commission qui lui avoit été accordé comme messager de Craonne à Laon ; en conséquence lassemblée réunies, a procédé par voye de scrutin à la nomination d’une messager au lieu et place dudit Etienne ; Louis Bouvier vigneron demeurant audit lieu a réuni les trois quart des voyes, le surplus partagé entre Pierre étienne, et cir mathieu le dit bouvier présent et acceptant sous les conditions cy après

 

- personnages célèbres :

 

         Le village a donné le jour à Jean Gardon, dit de Craonne, habile canoniste de la fin du 14e siècle ; à Jean Lemoine, abbé de Basle vers 1571, l’un des plus célèbres théologiens du 16e siècle, et à César-François de Flavigny, littérateur du siècle dernier

 

         1 – Cardon jean dit de Craonne, habile canoniste ; il signala son zèle pour

 

L’extinction du schisme d’Occident, en allant en 1396, notifier à Benoit XIII dans Avignon comme procureur de l’Université de Paris un appel au futur concile, des censures de ce pape irrité de ce qu’elle opinait pour la cession.

 

         2 – à Flavigny (César-François, Vicomte de) lieutenant colonel de dragons ; il a fait passer dans notre langue les lettres du conquérant du Mexique et un ouvrage sur l’histoire naturelle et la géographie de l’Espagne, né en 1740, mort en 1784

 

- voies gauloises et romaines :

 

         1 – route des Dames : chaussée ancienne établie sur le plateau depuis Craonne jusqu’à l’Ange Gardien et au-delà ; son nom lui vient des visites fréquentes que à la fin du siècle dernier, les princesses des Francs firent au château de la Bôve, en passant par cette chaussée ; elle est d’ailleurs regardée à tort comme d’origine romaine ; nous la croyons au contraire gauloise.

 

         2 – chaussée gauloise de Reims à Laon et St Quentin ; cette chaussée très bien conservée, passe à Thil, Villers-Franqueux et Cormicy (Marne) ;traverse l’Aisne à Pontavert, où de toutes antiquités il y eut un pont, celui sans aucun doute pour nous, au moyen duquel César passa l’Aisne avec son armée pour aller établir son camp sur les hauteurs de St Thomas de Pontavert, cette chaussée s’avance sur Chevreux, Bouconville, Bièvres, Chérêt et Bruyères, où elle se soude à celles de Mets à Cambrai.

 

- existe-t-il quelque lieu portant le souvenir d’un champ de bataille ?

 

         Craonne a donné son nom à une bataille qui s’engagea sur son territoire le 7 mars 1814 entre les Français et les troupes alliées et où celles-ci furent défaites.

 

 

- église :

 

         La première donation faite à l’abbaye de St Rémy sur le territoire de  Craonne, lui vient de Charles III. Elle consiste en une métairie et une église que nous trouvons ainsi mentionnée dans la bulle par laquelle le pape Adrien III, en 1153, confirma les biens et privilèges de l’abbaye : « ecclesiam S. victoris de craonnâ, cum decimis et appendiciis suisl’église St Victor de Craonne avec la dîme et les droits qui en dépendent ; cette église a depuis longtemps disparu, et une petite ferme, située au milieu des bois en rappelle seulement le nom, sinon l’emplacement.

        

 

         Craonne ne possède plus qu’une seule église ; elle est placée sous le vocable de St Martin (4 juillet).

         Longueur : 27 mètres ; largeur : 19 mètres ½ ; largeur : 17 mètres (entrée de l’église.

                   L’intérieur de l’édifice se compose de trois nefs. Il est sur le plan d’une croix renversée, la partie longue de la croix vers l’entrée, et le haut de la croix vers l’autel ;

         La nef principale est des premiers temps de l’art ogival ; le clocher est de forme romaine ; cette église à dû être construite à une époque de transition, probablement dans la 1ère moitié du 12e siècle ; elle a dû être bâtie quelques années avant la cathédrale de Laon, sur l’âge de laquelle on est pas sur. Eglise ogivale du XIIe siècle pure de style, complète dans son plan hardie dan ses proportions ; clocher carré à flèche pyramidale, abside octogonale percée de deux rangs de fenêtre superposées et séparées par des colonnettes descendant jusque dans le sol ; absides latérales de même style ; chœur et transepts également portés sur des faisceaux de colonnettes ; nef à voûtes très élevées ; dans le bas côté nord, trois chapelles construites au XIVe siècle

        

- chemin de la croix : Jean Jules Dours, par la miséricorde de Dieu et la grâce du Saint Siège apostolique, évêque de Soissons de Laon Doyen et premier suffragant de la province de Reims, assistant au trône pontifical, sur la demande à nous adressée par M. l’abbé Caton, chanoine de Soissons curé doyen de Craonne, tendant à obtenir l’établissement canonique du chemin de la croix dans l’église paroissiale de Craonne.

         Nous avons autorisé et autorisons par la présente, l’érection du chemin de la croix dans ladite église de Craonne avec les indulgences accordées par les souverains pontifes en faveur des vivants et des morts.

         Et en vertu des pouvoirs obtenus du Saint Siège en date du 13 février 1864 nous nommons et déléguons M. l’abbé Caton pour procéder à cette érection à notre place.

         Donné à Soissons, sous notre seing, le sceau de nos armes et le contre seing du secrétaire de notre évêché le 15 octobre 1868.

         Signé : Jean Jules évêque de Soissons et Laon

         Par mandement de Monseigneur

         Signé Ledouble, secrétaire de l’évêché »

 

 

         « nous soussigné, François Marie Caton curé doyen de Craonne, chanoine honoraire de Soissons, conformément au bref de N.S.P.L. Pape Pie IX, glorieusement régnant, et suivant l’approbation et de délégation à nous accordée par Monseigneur l’évêque de Soissons et Laon en date du 15 octobre 1868

        

         Et en présence des témoins soussignés

         Avons érigé en ce jour 8 novembre 1868, dans l’église de Craonne le chemin de la croix, avec toutes les formalités et cérémonies requises par les décrets de la sacrée congrégation.

         En conséquence et suivant la teneur du ??? tous les fidèles qui visiteront les stations et rempliront les conditions prescrites, pourront gagner, chaque fois, toutes les indulgences que les souverains Pontifes, ont attachées à cette dévotion.

         A Craonne le 8 novembre 1868

Signé :

 

Babler, conseiller général               Poquet, doyen de Berry au Bac

Pictte, juge de paix                          Champion curé de Beaurieux

Garet, adjoint                                  Marcq curé de Pontavert

Goubeau président de la fabrique   Poitte curé de Guiguicourt

MM les membres du conseil            Marlet curé de Bérieux

Mésigac               id                         bouché curé de Charmouille

Gacoin                 id                         Delsart curé de Aizelles

Lamotte               id                         Bertrand, curé de Corbeny

Legeay                 id                         Delzay curé de Craonnelle

Deleme                id                         Lecomte, vicaire

Sœur Marie de la Croix institutrice Poix Instituteur

Sœur Casimir                   id            Caton, chanoine, curé doyen de Craonne

 

- tableaux : l’église possède trois tableaux :

         1 – résurrection de notre seigneur

         2 – descente du Saint Esprit sur les Apôtres

         3 – assomption de la Ste Vierge

 

- vitraux : les vitraux représentent :

         1 – Notre Seigneur en croix

         2 – Saint Jean

         3 – la Sainte Vierge

         4 – différentes scènes de la vie de St Martin, patron de la paroisse

         5 – la mort de St Joseph

           - Saint Joseph proclamé patron de l’église universelle par le pape Pie IX

         6 – Notre Dame de Lourdes

         7 – Notre Dame de la Salette

         8 – Notre Dame de Liesse

         9 – baptême de N.S.J.C.

         10 – baptême de Clovis

 

 

 

         11 – retour de l’enfant prodigue

         12 – N.S. donnant à St Pierre le pouvoir des clefs

         13 – ste Hélène

         Au dessus du portail, rosace représentant la Vierge Marie entourée des quatre évangélistes.

         1864 – acquisition d’un orgue à tuyaux pour le prix de 3000 F

 

- baptême des cloches :

 

1 – « l’an 1790, j’ai été bénie par Mr levecque curé de ce lieu est nommée Louise par Mr Louis Auguste Thuillier, fils des ??? Thuillier commissaire des vins en ce lieu et par Marie Louise Clotilde Dagneau fille de M. Dagneau conseiller du Roy au bailliage et siège près de Laon et fondue du tems de M. Thuillier marguillier et de M. Edart, maire dudit Craonne Claude La Croix clerc séculier (grosse cloche) »

 

2 «  en 1832, j’ai été bénite mon nom est Louise Eugénie mon parrain M. Lapy Jean Louis âge de 42 ans notaire membre du conseil municipal du bureau de bienfaisance et du comité de surveillance de l’instruction primaire et ma marraine Mme Eugènie Le Clere âge de 41 ans épouse de M. Pierre Louis Babler, propriétaire * Mr Bable Pinon étant  maire de Craonne * (2e cloche) « 

 

3 « en 1832 j’ai été bénite * mon nom est Joséphine Eléonore mon parrain M. Mauregny Jean Joseph Sébastien age de 53 ans chef du bataillon cantonnal de la garde nationale et membre du conseil municipal et propriétaire et ma marraine  M de Perin Nicole Eléonore Henriette age de 43 ans épouse de M. Pierre Antoine Théodore huissier public et 1er lieutenant de la garde nationale (3e cloche) »

 

3 « en 1832 j’ai été bénite * mon nom est Marie Louise mon parrain M. Soiher Antoine Lusurier age de 52 ans membre du conseil municipal et propriétaire et ma marraine Me Legros Marie Pierrette Adèle age de 53 ans épouse de M. Huet Jean Bte Martin percepteur des contributions directes et propriétaire (4e cloche) »

 

 

- liste des prêtres :

 

         - 1669 / 1682         MM Soucret, docteur en théologie

 

 

         - 1682 / 1691         Manceau

         - 1691 / 1701         Leclerc

         - 1701 / 1735         Le Couvreur

         - 1735 / 1782         Bécart, vicaire depuis 1732

         - 1782 / 1803         Levecque

         - 1803 / 1807         Dubois

         - 1807 / 1839         Dollé

         - 1839 / 1846         Charpentier

         - 1846 / 1878         Caton

         - 1878 / 1882         Vaillant

         - 1882 / 1885         Gilles

         - 1885 /                 Duployé

 

        

- hospice ou hôpital :

 

         Un ancien hôtel-Dieu, dit en chesnel rue de la Pissotte, disparut au XVIIe siècle, lors de la réforme des hôpitaux.

 

 

- cimetière :

 

         1er novembre 1865 : projet de translation du cimetière au lieu dit les Voies de Laon

 

         11 décembre 1865 : vote d’une somme de 2748 F 25 c pour le transfert du cimetière

 

- seigneurs de Craonne :

 

         La terre de Craonne appartenait autrefois à l’abbaye de St Remy de Reims et ne parait pas avoir eu de seigneurs laics particuliers après le 13e siècle :

 

         - 1141 / 1150         Adon de Craonne, Robert son fils, Renaud, son frère

         - 1173                   Robert, chevalier, seigneur de Craonne

         - 1194                   Eudes, chevalier de Craonne    

         - 1220                   Guillaume, chevalier de Craonne

         - 1226                   Eudes II, chevalier dud. ; Robert, son fils

         - 1235                   Gautier, Robert et Henri, fils de Baudoin le Wage de

                                      Neufchâtel, tenaient la terre de Craonne en fief du

                                      Prieur de St Marcoul de Corbeny

 

 

- documents historiques divers :

 

         En 1227, l’abbaye acheta à Robert Lecoq, seigneur de Neufchâtel tout ce que celui-ci possédait à Craonne, tant en fief que rotures, et terres, et si, dix ans après, elle en céda une partie à Baudouin le Wage, de Neufchâtel, elle fit l’acquisition en 1256, pour le prix de cens livres tournois, de tout ce que Jean, fils de Clérembard de Ruffi, de la famille des seigneurs de Montchâlons,  y possédait en franc alleu, savoir : sept muids de vinage, trois sols parisis de cens, deux quartels et demi de blé, avoine de rentes sur le grand moulin et autres redevances en avoine.

         En 1280, nouvelle acquisition de trois muids et demi de vinage, douze deniers de cens, six quartels de blé, deux de seigle et huit jallois d’avoine, achetés au chevalier Jacques de Moureny.

         En 1255, le seigneur d’Oulches, Enguerrant de Laigny, laissa à l’abbaye, du consentement de sa femme Marguerité de Nanteuil, tout ce qu’il possédait à Corbeny, Craonne, et Chévreux, à charge de prier pour le repos de son âme.

         Après l’établissement de la commune au XIVe siècle, des difficultés s’élevèrent entre le trésorier de Laon et le prieur de Corbeny relativement à l’exercice de leurs droits respectifs, et au mois de septembre 1355, Roger Lecoq, évêque de Laon, détermina que les deux seigneurs élevaient un mayeur en commun chaque année, et qu’en cas de désaccord, ils le nommeraient alternativement ; mais cet arrangement dura peu et la mairie de Craonne en tant qu’elle ressortissait du prieuré fut réunie ainsi que la mairie de Chévreux, à celle de Corbeny, avant 1397. Le mayeur de Corbeny fut chargé de rendre la justice à Craonne au nom de St Remy, et de son côté, le trésorier de Laon nomma des officiers pour juger les causes qui lui appartenaient.

         Le prieuré avait à Craonne une maison seigneuriale qui servait de prêtoir.

         Un acte de 1523, reçu par Bernard, notaire à Corbeny, nous montre les gouverneurs de la ville de Craonne reconnaissants le droit de justice des prieurs, et un autre acte de l’année 1528 lui attribue, au titre de la vicomté les deux tiers de la seigneurie, l’autre tiers appartenant au trésorier.

         Celui-ci résolut de se défaire d’une propriété qui était pour lui une source d’embarras et il proposa au prieur de lui céder ses droits à la condition qu’il recevrait en échange les censes de Monceaux et de Dercy ; l’acte fut préparé le 17 avril 1544, mais ne fut point mis à exécution.

         Des questions de préséance ne devaient pas manquer de s’élever entre les officiers des deux seigneurs ; il fut réglé que les officiers du prieur auraient le pas sur ceux du trésorier en toute circonstance, sauf en la fête patronale de Saint Martin où les honneurs seraient pour ces derniers.

         Les officiers du trésorier étaient tenus de se rendre aux plaids généraux qui avaient lieu de par l’autorité de l’abbé de Saint Remy

 

 

         Au plaid général du 19 septembre 1669, le baille Louis Dailly y fit la déclaration suivante des droits du prieur sur le bourg de Craonne :

 

         « le prieur a la vicomté dans tout ledit bourg de laquelle dépend la haute justice avec droit de ruage et de police ; avec la moyenne justice : pourquoi il institue  maire, lieutenant, échevins, procureur et greffier ; item, il y possède une maison seigneuriale ;

         Item le droit d’y faire tenir une foire le 3 novembre et un marché le samedi de chaque semaine,

         Les deux tiers des dîmes, grains et vins, quelques pièces de vignes et prés ; le moulin à vent »

         Trois jours de foire franche annuelle, les 2,3, et 4 novembre, avaient  été établis à Craonne en 1482, par Louis XI, à la prière du prieuré de Corbeny, pour indemniser les habitants des pertes qu’ils avaient subies dans les guerres. Ces trois jours furent ensuite réduits à un seul, comme l’indique la déclaration précédente de 1669 et la foire avait cessé d’être franche ; le marché du samedi était aussi assujetti à des droits, et c’est le prieuré qui devait seul entretenir la halle.

         En 1573, le bourg de Craonne fut entouré de remparts, et le prieuré aida à leur construction pour laquelle la loi autorisa la levée d’une taxe de 4000 livres ; les ligueurs s’emparèrent de Craonne en 1590, et dans la même année il fut repris par les royalistes.

         Le 21 avril 1672, un marché fut conclu entre l’abbé de St Remy, le trésorier de Laon et la communauté des habitants pour la restauration de l’église ; une sentence du bailliage de Reims condamna les habitants le 11 mai 1700, à réparer le cocher et à le remettre en ligne droite.

         Le curé de Craonne, nommé par le trésorier de Laon, était à la portion congrue ; le 1er mai 1780, une transaction passée devant M. Dequin, notaire à Craonne, entre François Bécart, curé, et dom Baudard, procureur de St Remy, amena le règlement suivant pour la part de l’abbaye :

         1 – « le dit sieur curé jouira des menues dîmes et de moitié des grosses dans les grains, au lieu du tiers ; les novales sont supprimées et réunies aux grosses ; ladite moitié sera perçue aux champs par le pitoyeur du curé, sans frais pour les religieux pour cette moitié.

         Il jouira comme d’ordinaire d’un quart dans les dîmes de vin.

         La dîme dans les celliers de M. Dagneau et de la Bretonne et M. de Flavigny ayant 30 arpens de vignes, lui appartiendra de lui seulement,

         Il jouira de l’exemption des dîmes sur ses propres vignes,

         Le 8 mars 1746, M. De Saint Remy, s’étaient déjà obligés à payer au curé 90 livres pour supplément des portions congrues et le dit sieur curé devait contribuer pour un quart aux réparations du chœur de cancel de l’église.

        

 

         La dîme du vin se prenait à Craonne à raison de 4 pots par poinçon ; la dîme des grains était de la 2e  gerbe. »

         D’après une déclaration faite le 8 mars 1734 au subdélégué de Craonne, le prieuré avait, en ce bourg, un revenu de 1300 livres pour droits de seigneurie, cours, rentes, foires, stellage, hallage, mesurage, échange, greffe, maison seigneuriale, surcens et les deux tiers des dîmes, y compris le tiers des dîmes de Craonnelle.

         Note : Dom Ribaille, qui avait fait à Corbeny des acquisitions pour le profit du petit couvent fit de même à Craonne ; il acheta en 1543, un jour et 20 verges de bois à la Grande Couture ; en 1545, 185 verges de bois à la conturelle, 18 verges de vignes, dites la Vigne aux Sorlin, sous le moulin à vent, et un pré de 40 verges ; en 1562, six hommées de bois à la Couturelle, puis il fit donation de tous ces biens au prieuré le 19 mai 1571.

 

 

- établissement du bureau de bienfaisance :

 

         - 6 juin 1836 legs de 600 F par M. Godet

         - 13 mai 1836        donation de 700 F par Mme Godet et Pilbert        

         - 10 juin 1838        Legs de 50 f par Mme Marguerite Thérèse Roger

                                      Epouse de M. Loyer Dominique

         - 12 Nov. 1842      M.M. Babled Leclerc et Babled Audebert versent

                                      La somme de 1000F dans la caisse du bureau de

                                      Bienfaisance

         - 1er janvier 1845    Legs de 500 F  par M. Charpentier

         - 11 juin 1853        Legs de 1200 F par M. Papy

         - 22 janvier 1862    legs de 1000 F par M. Oscar Ferdinand Paul Albert

                                      Babled

         - 25 février 1869    Legs de 600 F par Mme Anasthasie Estelle

                                      Bronoleau, épouse de M. Louis Constant Lacambre

         - 19 décembre 1882 M. Georges Babled, juge suppléant près le tribunal

                                      Civil de Lille fait donation de :

                                      1 – une somme de 500 F

                                     2 – une maison sise rue du buis

                                      3 – 14 ares de terres au lieudit le chemin de Reims

         - 7 mars 1887        legs de 600 F par Mme Veuve  Brouleau Dromain

 

 

 

- mairie :

 

 

 

         C’est au commencement du 13e siècle que fut érigée la commune de Craonne, et la redevance a payer au bailli du Vermandois pour les frais de Giste royal fut élevée à 126 livres.

         La seigneurie de Craonne étant partagée entre l’abbé de Saint Rémy et les trésorier du chapitre de Laon qui avait droit de présentation à la cuve Saint Martin, des  difficultés ne tardèrent pas à s’élever entre les deux seigneurs au sujet de la nomination du maire ; l’évêque de Laon, Robert le Coq, statua, en 1335, qu’ils le choisiraient en commun chaque année et, qu’en cas de désaccord, ils le nommeraient alternativement ; mais cet arrangement ne fut pas de longue durée, et nous voyons dès l’année 1397, la mairie de Craonne et Chévreux, en tant qu’elle dépendait du prieuré Saint Marcoul, réunie à celle de Corbény.

         La mairie de Corbeny, Craonne et Chévreux, fut vers ce temps constituée en un fief héréditaire, mouvant de l’abbé de St Rémy, et dont le possesseur pouvait disposer à son gré, c’est-à-dire, la rendre ou la louer, suivant les lois des fiefs, et dont le revenu consistait en cent sous tournois et quatre muids du vin, fournis par le prieuré.

         On ne connaît les noms que d’un petit nombre de maires féodaux héréditaires :

         - 1397         Gilles Amiet

         - 1479         Jean Gilbert, écuyer

         - 1559         Jacques Lenoir, écuyer ; l’abbé de Saint Remy lui accorda, le 5 mars 1572, l’autorisation d’avoir viagèrement un colombier à pied, moyennant un cens annuel de 4 deniers ; on sait que le droit de posséder de tels colombiers était réservé aux seigneurs ; la concession faite à Jacques Lenoir nous induit à croire qu’il habitait le petit manoir de la Tourelle, et que peut être le  fit construire ; le colombier dont il vient d’être question a disparu seulement au commencement de ce siècle ; le manoir a été aussi divisé en deux habitations, et l’une d’elles à bien conservé son cachet d’ancienneté ; la famille Fouquet y résidait au XVIIe et XVIIIe siècles et plus tard ce fut le logement de M. de la Fage, commandant de la brigade de la maréchaussée.

 

         - 1588         Noel Balot, sieur de Lapigneur, baille de Reims

         - 1622         Jean Bourquet, la mairie lui fut adjugée le 15 avril

         - 1623         Antoine de Chartigny rendit foi et hommage comme maire de Corbeny à l’abbé de St Remy le 22 février

         - 1634         Louis Boutteville, acheta la mairie à la veuve du précédent, et cet office fut estimé 1200 livres par deux avocats, en tenant compte de quatre muids de vin à prendre sur le prieuré ; le coût de l’expertise fut de 8 livres.

         L’année même de son entrée en charge, Louis Nouteville érige à ses frais avec le consentement du prieur, une croix près de l’entrée du bourg, au lieu qui a

 

 

 

gardé le nom de Croix du Maire, et où se trouve actuellement le cimetière paroissial.

         - 1642         Christophe Morel reprit la mairie à bail à la veuve Boutteville

         Adam Cullot lui succéda et fut le dernier maire féodal. La mairie fut rachetée par des religieux par contrat passé, le 6 septembre 1655 devant Leclève, notaire à Corbeny, et confirmé par sentence du présidial de Laon le 23 octobre, même année.

         Aux fonctions administratives, les moyens ajoutaient, celle de juges, et ils étaient chargés de rendre la justice à Corbeny et à Craonne. Ils trouaient leurs audience le lundi de chaque semaine et devaient à leurs frais poursuivre les criminels insolvables.

         Ils n’avaient point d’auditoire, c’est-à-dire de salle d’audience particulière ; c’est dans leur demeure ou à la porte de la maison seigneuriale qu’ils entendaient les plaideurs et condamnaient les coupables.

         Ils étaient assistés d’un lieutenant de justice qui, sur leur présentation, recevait de l’abbé des lettres d’institution et était, tenus à la résidence, sous peine de voir son emploi déclaré vacant.

         La mairie de Corbeny, Craonne et Chévreux, avons-nous dit plus haut, cessa d’être tenue en fief à partir de l’année 1655 ; mais le maire n’en continua pas moins de rendre la justice et nous voyons le 14 novembre 1568, Pierre Vuilez, ou Veuillez tenir un plaid général ; le tribunal fut ainsi composé : Pierre Vuilez, mayeur de Corbeny, Craonne et Chévreux ; Jean Le Clève, procureur fiscal ; Pierre Rousseaux, échevin ; Philippe Labbé, échevin ; Jean Wuarnet, greffier ; Robert Cheraux , sergent ; Nicolas Lolligeois, garde forestier ; en l’année 1666, le même mayeur, Pierre Vuilez s’intitulait encore juge et garde en la justice de Corbény.

         C’est seulement vers 1668 que le maire fut déchargé de ses fonctions de juge et laissé à ses seules fonctions administratives ; celles-ci furent même restreintes  au bourg de Corbeny ; Craonne et Chévreux eurent leur administrateur particulier ; quant à la justice elle fut rendue par un bailli.

 

Liste des maires  et adjoints de Craonne

 

Maires

Adjoints

17.. - 1775  M. Lefèvre

 

1775-1780  M. Dequin

 

1780-1781 M. Petit

 

1783-1784 M. Lefèvre

 

1784-1786 M. Sohier

 

1786-1787 M. Chéruit

 

1787-1790 M. Simon

 

1790-1791 M. Edard

 

1791-1792 M. de Villelongue

 

1792-1793 M. Lefèvre

 

1793-1795 M. Prévot

 

1795-1796 M. Martin

 

1796-1800 M. Rappelet

 

1800-1801 M. Leclerc

 

1801-1804 M. Rappelet

1804 M. Vignier

1804-1805 M. Pellet

1804.1805 M. Prévoteau

1805-1823 M. Babled-Pinon

1805.1813 M. Guiot

1823-1843 M. Curiot

1813.1835 M. Godet

1843-1844 M. Curiot

1835.1844 M. Sohier

1844-1849 M. Mennesson

1844.1850 M. Broulleau

1849-1850 M. Mauregny

1850.1853 M. Lapy

1850-1862 M. Dollé

1853.1854 M. Gavet

1862-1870 M. Bablet-Audebert

1854.1871 M. Brouilleau

1870-1871 M. Gavet

1871.1874 M. Lesigne

1871-1872 M. Broulleaux

1874.1876 M. Lamotte

1872-1876 M. Dollé

1876.1878 M. Danquin

1876-1878 M. Dollé (par intérim)

1878.1881 M. Longuet

1878-1882 M. Broulleaux

1881.1887 M. Danquin

1882          M. Longuet

1887          M. Lamotte

 

        

- liste des juges de paix et des greffiers :

 

JUGES DE PAIX

GREFFIERS

1790.1797 M. Dequin

1790.1801 M. Bernier

1797.1813 M. Courtin

1801.1814 M. Vasselier

1813.1837 M. de Tugny

1814.1817 M. Delamotte

1837.1868 M. Babled

1817.1837 M. Lacambre

1868.1878 M. Piette

1837.1846 M. Vigreux

1878          M. Lesigne

1846.1860 M. Dumay

 

1860.1866 M. Liance

 

1866          M. Brouleau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- liste des huissiers :

 

         - an 9 à an 12        M. Corrant 

         - an 9 à an 11        M. Delvincourt

         - an 9 à an 12        M. Corrant

         - an 11 à 1810       M. Chevergny

         - 1812.1816           M. Carbonnier

         - 1817.1846           M. Pierret

         - 1846.1871           M. Evrard

         - 1872                   M. Longuet

 

- notaires :

 

         Nous n’avons point à faire ici l’histoire, d’ailleurs très obscure, du notariat ; nous croyons cependant utile de dire que le droit d’enregistrer les actes publics appartint d’abord aux seigneurs, qui l’exercèrent par leurs baillis et officiers de justice ; Saint Louis ayant le premier institué des notaires royaux au Châtelet de Paris, Philippe le Bel étendit cette institution à toutes les terres de la couronne en 1302. Les tabellions furent créés en 1542 par François 1er, pour mettre en grosse et sceller les actes des notaires ; puis Henri II institua les Gardes notes, chargés  recevoir, à la mort des notaires, toutes leurs minutes et de les conserver pour leurs successeurs.

         Les trois classes de notaires furent ramenées en 1597, par Henri IV à une seule réunissant leurs attributions ; enfin, le 6 octobre 1791, la constituante transforma les notaires royaux en notaires publics et le 16 mars 1803, une loi nouvelle donna à ce corps l’organisation qu’il a encor aujourd’hui.

 

- liste des notaires :

 

         - 1659.1692           M. Blanche

         - 1736.1763           M. Dequin

         - 1753.1781           M. Danquin

         - 1763.1806           M. Dequin

         - 1781.1792           M. Suin

         - 1798                    M. Wignier (jusqu’à vendémiaire an XIII)

         - 1806.1826           M. Godet

         - 1826.1843           M. Lapy

         - 1843.1852           M. Mennesson

         - 1852.1871           M. Garet

         - 1872.1872           M. Wallon (administrateur provisoire)

         - 1872                   M. Blanchart

 

 

- liste des percepteurs :

 

         - 1800.1823           M. Prévot

         - 1823.1856           M. Huet

         - 1856.1863           M. Fournery

         - 1863.1867           M. Bozon

         - 1867.1876           M. Baudelot

         - 1876.1879           M. Pognart

         - 1879.1880           M. Lescot

         - 1880.1882           M. Belloy Henry

         - 1882.1884           M. Royaux

         - 1884.1885           M. Belloy Charles

         - 1885                   M. Bardenet

 

- écoles :

 

- 29 pluviôse an XII : » cejourd’hui 29 pluviôse an douze, les membres du conseil de la commune de Craonne assemblés au lieu ordinaire de ses séances présidée par le maire, disent qu’au moment ou le gouvernement s’occupe a pourvoir a la décence du culte et fait organiser des bureaux de fabrique dans les paroisses, ledit conseil regarde comme une obligation essentiel d’assurer l’instruction de la jeunesse, en fixant le sort du clerc laïc a qui elle est confiée et en lui prescrivant les devoirs qu’il a à remplir :

         Sort du maître d’école

 

1  il sera logé au depens de la commune qui s’occupera incessamment a lui procurer une école plus vaste plus éclairée et mieux proportionnée au nombre des enfans qui s’accroit de jour en jour avec la population

2 – il sera en tout tems exemps de logement et d’imposition mobiliaire

3 – il continuera à jouir du petit jardin qui est sur le cimetière

4 – il touchera par ménage un franc cinquante centimes chaque année et en deux termes égaux le 1er a Pasques et le 2e a Noel

5 – chaque enfant lui payera par mois un honoraire de 50, 40, 30 et 20 centimes suivant la classe qu’il occupera

6 – il touchera chaque année vingt quatre francs tournois pour regler et remonter l’horloge ainsi que de sonner à 8, 11 et 4 heures pour les ouvriers.

7 – il lui sera permis de se présenter après la vendange dans les pressoires pour y recueillir le vin qui lui sera volontairement et librement distribué a la charge de recevoir annuellement et gratuitement dans son école vingt enfant de la classe des pauvres que le maire de la commune de concert avec le ministre du culte lui auront désignés

 

 

         Charge du maître d’école

1-  il sera constament aux ordres du ministre du culte pour les offices de l’église et l’administration des sacremen

2 – il reglera et soignera l’horloge de l’église qui lui est confié de manière que la marche et la sonnerie ne soient jamais interompues

3- Il fera regulierement les dimanches le catéchisme aux enfants dans un des collatéraux de l’église, et ne le terminera qu’avec celui que le ministre du culte fait dans la nef aux enfans d’un âge plus avancé ou qui se preparent a leur première communion

4 – outre ce catéchisme les dimanches il en fera un chaque semaine le jeudi et samedi dans son école depuis une heure jusqu’à trois pour disposer les enfans a repondre le dimanche sur le chapitre qu’ils auront eu a apprendre par cœur et a reciter l’évangile, s’ils ont été jugés assés raisonnables pour l’étudier et le réciter de mémoire

5 – il sonnera tout les jours, l’angelus, l’été comme l’hiver a six heures du matin sans distinction pour les dimanches et fêtes et pour le soir a la chute du jour et au retour du travail

6 – son école commencera tous les jours de travail pour le matin savoir l’été à sept heures précise a commancer au 1er germinal jusqu’au 1er vendémiaire et l’hiver à sept heures demie depuis le 1er vendémiaire jusqu’au 1er germinal jusqu'à onze heures et pour laprès midi depuis une heure jusqu'à quatre heures demie hiver et a six heures en été

7 – depuis quatre heure demies jusqu'à cinq  il donnera une leçon de plein chant aux garçons de la première classe

8 – il fera matin et soir annoncer l’heure et l’ouverture de l’école en faisant tinter douze coups de la petite cloche

9 – il ne s’absentera jamais aux jours et heures des écoles sous quelque prétexte que ce soir, sans en avoir prévenu le ministre du culte

10 – il y aura interrption de classe où vacance pendant la quinzaine de la vendange, mais l’école sera ouverte et tenue dans la semaine Sainte, le lundi gras, le mercredi des cendres et aux jours de fêtes non chomées pour faciliter de plus en plus l’instruction d’une jeunesse nombreuse et entre les mains d’un seul maître

11 – la femme du maître d’école continuera de être chargée des petits enfans et ne les fera descendre de l’école que quand ils sauront épeler

12 – il menera une conduite exemplaire et fera tous les sacrifices nécessaires pour se mettre à couvert de la censure

13 – il inspectera tous les enfans qui lui seront confiés, même hors de l’école, et exigera qu’ils soient, respectueux et a leur place pendant les offices et qu’ils se conduisent sagement dans les rues

14 – il sera tenu de se présenter au conseil assemblé de Noel à Pasques et d’y

 

 

 

présenter un certificat du ministre du culte qui atteste de sa bonne conduite, et de son exactitude a remplir tous ses devoirs

         que ces obligations soient remplies fidèlement, le maître d’école peut compter sur la protection du conseil municipal et sur la reconnaissance de la commune.

         Le conseil arrête que copie de la présente délibération sera envoyée au Citoyen. Chemin , maître d’école pour s’y conformer »

 

- séance du 6 février 1806

 

         «  Le conseil municipal de la commune de Craonne assemblée en vertu de la loi qui l’autorise à se réunir le 15 pluviôse pendant quinze jours, pour délibérer sur tout ce qui concerne et interesse ladite commune lecture faite de l’arrêté de la préfecture du 25 janvier et de l’interdit porté par Monseigneur l’ évêque de Soissons de même datte, sur Jean Etienne Chemin, clerc laïc et maître d’école, dans ladite commune, convaincu de la vérité des faits déposés contre lui et de la justice des mesures rigoureuses que prennent les autorités spirituel et temporel pour éloigner de la paroisse un sujet qui la révolte depuis longtemps par ses scandales :

Arrête :

1 : que ledit, Jean Etienne Chemin sera appellé pour avoir notification de l’interdi prononcé par Mr l’évêque et de l’arrêté de la préfecture qui le suspend également de ses fonctions,

2 : qui lui est signifié d’évaquer la maison commune où l tien l’école pour la laisser libre a son successeur,   

3 : que le ministre du culte sera invité a annoncer sur le champ la vacance de la place et a chercher de concert avec les membres du conseil un sujet qui convienne pour la conduite et les talans pour être présenté à ladite administration

Fait et arrêté à Craonne les jours et an que dessus »

 

- 1832 : construction de la mairie actuelle avec école (garçons), halle et salle d’audience

         Devis : 7526 F ; la dépense paraît avoir été de 10 381 F 30C

 

         La commune de Craonne est pourvue de deux écoles primaires publiques ; l’école des garçons est dirigée par un instituteur laïque, et celle des filles par une institutrice congréganiste.

         L’école des garçons, située au dessus de la halle, tient du côté de l’est à la

 

 

 

 

mairie, du côté de l’ouest à la maison de M. Lebègue, du côté du midi à la rue St Remy et du côté du Nord à la rue du Presbytère.

         Elle a 8m30 de longueur, 6 m75 de largeur et 3 m 70 de hauteur.

         Elle est éclairée par 6 fenêtres : 3 sur la façade et 3 sur le derrière.

         Nombre d’élèves : 37

         La commune ne possède pas de logement pour son instituteur

         Le conseil municipal inscrit chaque année au budget une somme de 340 F sous le titre « indemnités de logement à l’instituteur » et c’est à l’aide de cette somme qu’elle lui procure un local.

 

         L’école des filles :

 

- 10 mai 1830 : le premier acquéreur du presbytère de Craonne l’ayant vendu à M. Levecque, curé, et les héritiers de ce dernier l’ayant cédé à M. Dollé, curé actuel, celui-ci, dès le 23 mars 1812, l’avait abandonné à la commune moyennant 2400F.

         Le 10 mai 1830, M. Dollé donne gratuitement sa maison à la commune, sous condition qu’elle achètera la maison de Mme Veuve Babled-Maynon, pour y installer une école de filles tenue par deux sœurs, en ajoutant diverses obligations.

         Le 28 octobre 1830, à a suite d’une enquête dans laquelle la majorité des habitants s’était prononcée contre l’établissement d’une école de filles, dirigée par des sœurs, le conseil vote sur la question de savoir s’il y a lieu de poursuivre la vente des biens communaux destinés à solder les 6000 f prix de la maison achetée : cinq conseillers votent pour et cinq contre.

         Le 1er août 1836, le conseil accepte la donation du presbytère faite par M. Dollé, et vote 66OO F pour suffire à l’installation de l’école des filles.

 

         Le 29 juillet 1856 : le conseil municipal réuni en session extraordinaire reconnaissant que la maison d’école des filles est devenue inhabitable décide que l’acquisition d’une maison sise rue St Remy, appartenant à M. Fournaire, devra être faite moyennant la somme de 6500F.

        

         Le 29 septembre 1860 : achat de ladite maison ; le montant des réparations ayant été de 2200 F, la dépense s’est donc élevée à 8700 F.

        

         La première classe a 6 m de longueur, 5 m de largeur, et 3 m de hauteur ; elle est éclairée par 3 fenêtres : 2 sur la façade et une sur le derrière.

 

         La deuxième classe a 6 m de longueur, 5 m de largeur et 3 m de hauteur

 

 

Elle est également éclairée par 3 fenêtres : 2 sur la façade et une sur le derrière .

         Nombre d’élèves : 25

 

- liste des instituteurs :

 

         - 1790         M. Lacroix

         - 1795         M. Hacquart

         - 1796         M. Chemin

         - 1806         M. Coudray

         - 1806         M. Petit

         - 1809         M. Périn

         - 1825         M. Bizon

         - 1867         M. Poix

         - 1872         M. Thuillier

         - 1875         M. Colombes

         - 1880         M. Tranchart

 

- liste des institutrices :

 

         - 1840         Sœur Joséphine Decrepet

         - 1852         sœur Marie de la Croix

         - 1879         sœur Marie Mayo

         - 1880         sœur Marie Mesnard

         - 1884         sœur Lesigne

         - 1885         sœur Lefèvre

         - 1886         sœur Guon (Marie Ange)

 

 

 

3 – GEOGRAPHIE ECONOMIQUE

 

 

- état des terres :

 

         Les terres du territoire de Craonne sont d’un labour assez facile ; l’agriculture suit la voie progressive ; si l’on emploie peu d’engrais artificiels pour l’amendement des terres, toutes les pailles retournent en fumier à la terre    Par suite du morcellement de la propriété les terres sont bien cultivées.

         Les différentes récoltes se succèdent à peu près de la manière suivante :

 

 

 

 

         1e  année : pommes de terre ; 2e année : froment ou seigle ; 3e année : avoine ;

         La culture dérobée est assez souvent pratiquée.

         L’assolement libre est pratiqué par les maraîchers

         Les instruments aratoires en usage sont : la charrue simple, le brabant, l’extirpateur, la herse, le rouleau.

         Les céréales cultivées sont : le blé, le seigle, l’avoine, l’orge.

         La récolte des céréales est assez productive, mais le pays ne peut suffire à la consommation de ses habitants.

        

 

- prairies naturelles ou artificielles :

 

         Il existe environ 25 ha de prairies naturelles donnant un foin de bonne qualité, et 25 ha de prairies artificielles où croissent le trèfle, la luzerne, le sainfoin.

         On cultive aussi diverses sortes de fourrages, tels que la lentille, la jarosse.

 

- extrait de la délibération du conseil municipal du 22 août 1824

 

         « le conseil, etc

         Après en avoir délibéré a été d’avis que l’usage de la vaine pâture sur les prairies des particuliers non closes ni entourés de fossés, soit à l’avenir interdit à la proie commune, aux troupeaux des particuliers, et aux particuliers eux-mêmes qui conduisent leurs bestiaux par le licol, attendu au surplus que les patures communs sont suffisantes pour la proie commune et la proie appart

         Fait, etc

 

         Un arrêté du 9 novembre 1824, qui règle la vaine pâture contient les dispositions suivantes :

 

1824 – 9 novembre : arrêté concernant le rglement pour l’exercice de la vaine pâture sur le terroir de la commune de Craonne.

         Le maire de la commune de Craonne, considérant qu’il est urgent que l’exercice de la vaine pâture soit réglé sur le terroir de Craonne, et en conséquence de la délibération prise par le conseil municipal dans sa séance du 22 août dernier ainsi que des motifs qui y sont détaillés desquelles il resulte que les pâtures communes sont suffisantes pour les proies communes et les proies à part d’après l’ancien usage et que ladite vaine pature doit être à la

 

 

 

 

venir interdite dans les prairies des particuliers non closes ni entourés de fossés, tant aux troupeaux communs qu’aux troupeaux particuliers :

         arrête ce qui suit :

        

         art. 1 :

         les pâturages dans les prairies des particuliers non closes ni entourées de fossés est et demeure interdit à la venir à toutes especes de troupeaux

         art. 2 :

         les troupeaux de vaches paturont comme c’est fait jusqu’al’ors toute l’année, les patures communal, situées sur la montagne et dans les lieux clos,

         art. 3 :

         les troupeaux de moutons pourront paturer comme cela c’est fait jusqu’al’ors toute l’année, la montagne et les patures appellées les Monts, ainsi que les terres en j’achères ; ils ne pourront paturer, ainsi que cela à tout jours eu lieu, dans les deux grandes patures situées au prez du bois de Corbeny et tenant au terroir de Bouconville qu’a partir du 11 novembre de chaque année ; jusqu’au 25 mars suivant, pour le surplus de l’année ces paturage étant exclusivement pour les troupeaux de bêtes à cornes.

         Fait et arrêté à la mairie, à Craonne, ce 9 novembre 1824

         Approuvé le 11 décembre 1824 par M. le préfet de l’Aisne

 

- usages de diverses natures qui sont en vigueur :

 

- logement :

 

         (art. 1777) : le fermier sortant doit laisser à celui qui lui succède dans la culture, les logements convenables et autres facilités pour les travaux de l’année suivante, et réciproquement le fermier entrant doit procurer à celui qui sort les logements convenables, et autres facilités pour la consommation des fourrages et pour les récoltes restant à faire ; dans l’un et dans l’autre cas, on doit se conformer à l’usage des lieux.

         Le fermier entrant prend possession à la Saint Martin qui précède sa première couvraine ; 1 d’un tiers des terres labourables dont se compose l’exploitation, ne sont pas comptées comme telles celles de ces terres converties en prairies artificielles, à la condition, toutefois, qu’elles seront laissées en cet état au départ du fermier sortant et qu’elles n’excéderaient pas le cinquième de la masse ; 2 – et d’une partie du corps de logis et de ses dépendances un tiers environ, ainsi que des bâtiments qui lui sont nécessaires ; et à leur grangement des fourrages destinés à la nourriture de ces bestiaux. Au 1er octobre qui suit la dernière récolte faite par le fermier sortant, celui-ci cède à son successeur la

 

 

 

partie du corps de logis qu’il avait occupée jusque là pour reprendre celle cédée à ce dernier le 11 novembre précédent ; pareille permutation a lieu au sujet des écuries de leurs bêtes d’attelage ; le fermier sortant conserve la jouissance des granges jusqu’au 1er mai de l’année qui suit la dernière récolte, et jusqu’au 1er juin suivant celle des bergeries et étables abritant les bestiaux consommateurs.

 

- pailles et fermiers :

 

         (art. 1778) – le fermier sortant doit laisser aussi les pailles et engrais de l’année, s’il les a reçus lors des entrées en jouissance, et quand même il ne les aurait pas reçus le propriétaire pourra les retenir suivant estimation.

         Les pailles, généralement quelconques, doivent retourner à la terre qui les a produites ; mais les fourrages peuvent être distraits par le fermier sortant, et le fumier à fournir par sol doit être en quantité suffisante pour fumer une étendue équivalant au sixième de la totalité des terres labourables de l’exploitation. A défaut de cette quantité de fumier, le fermier entrant a droit à des dommages et intérêts.

 

- étangs :

 

         On trouve quelques étangs mais ils sont des créations de l’industrie humaine.

 

- les arbres fruitiers et la vigne :

 

         Les arbres fruitiers sont : le pommier, le poirier, le cerisier, le noyer, le pommier.

         Les vins de Craonne sont renommés à juste titre ; mais seulement, depuis un certain nombre d’années, les produits qu’en tirent les vignerons sont, peu rémunérateurs, et il est à craindre que dans un temps plus ou moins rapproché, cette culture ne disparaisse de la commune et même du canton.

 

- le houblon et la betterave :

 

         Le houblon n’a jamais été cultivé à Craonne.

         On y cultive à peine 4 ha de betteraves fourragères pour l’alimentation du bétail.

 

- cultures de toutes espèces :

 

         Les légumes secs cultivés à Craonne sont : la fève, les poins communs, et le haricot de Soissons.

         Les légumes verts sont : les pommes de terre, les carottes, les navets, les choux navets, le choux, les choux fleurs, les oignons, les poireaux, le céleri, les concombres, les artichauts, les fraises, les salades, les épinards et asperges.

         Nota : la culture des petits pois et des asperges dont les habitants trouvent un facile écoulement sur la place de Reims et que la nature calcaro-siliceuse du terrain, dans les parties déclives exposées à l’est et au sud, permet de récolter de fort bonne heure, leur donne des profits intéressants.

         Les haricots dit haricot de Soissons y est également l’objet d’une culture importante.

 

- biens communaux :

 

         D’après le plan des chemins, ruelles, sentes, et biens communaux de la commune, l’étendue des biens communaux appartenant à ladite commune est de 108 ha 49 a 77 ca.

         Ces biens sont loués pour la plupart, par baux de onze années ne produisent plus annuellement que 462 francs 55 centimes.

 

- les animaux :

 

         Il existe dans la commune :

 

         56 chevaux ; 5 mulets ; 60 bêtes à cornes ; 18 chèvres ; 125 porcs (races du pays ) ; et 25 ruches d’abeilles en activité

         - Les animaux nuisibles à l’agriculture sont : le sanglier, le renard, le blaireau, la belette, le putois, la fouine, la marte, l’écureuil, le lièvre, le lapin de garenne, le loir, le mulot, le campagnol, l’épervier, l’émouchet, la buse, le rat, la souris, la limace grise, l’escargot, etc.

         - les animaux utiles à l’agriculture sont : la chauve-souris, le hérisson, la musaraigne, le lézard, la taupe, la grenouille, le crapaud, l’orvet, la couleuvre, la rainette, le chat-huant, l’effraie, l’hirondelle, le pic-vert, le coucou, etc.

         Dans le groupe des passereaux, les oiseaux à bec conique, court, robuste, nous fournissent une foule d’auxiliaires, plus ou moins intéressés, dont nous avons le droit de calculer les services et les méfaits.

         Je citerai principalement : les moineaux, pilleurs de semailles et de moissons, le bouvreuil (surnommé l’ébourgeonneur), le pinson, le chardonneret, la linotte, l’alouette, la mésange.

         Parmi les oiseaux à bec dentelé, je signalerai le merle.

         Le groupe des becs fins nous fournit une armée de chercheurs, d’éplucheurs, je citerai : le rossignol, la fauvette, le roitelet, la bergeronnette, le

 

 

 

 hoche-queue,

         le geai et la pie doivent être surveillés.

         Les insectes nuisibles sont : le taupin des blés, diverses espèces de chenilles, le ver gris, le papillon, le cloporte, la fourmi, le hanneton, la courtilière, la calandre du blé, les scolytes, les charançons, la forficule ou perce oreille, les sauterelles, les criquet, le frelon, la punaise, la guêpe, le puceron, le cousin, le taon, la mouche, le papillon blanc, etc.

         Les insectes utiles sont ; le lampyre, la coccinelle, la libellule, l’abeille, la mouche à viande.

 

- le droit de chasse :

 

         Le droit de chasse était l’un des principaux droits seigneuriaux ; les seigneurs le louaient, lorsqu’ils ne pouvaient l’exercer eux-mêmes.

         Relevons ici quelques uns des procès auquels donna lieu la violation de ce droit.

         En 1355, un porcelet sauvage fut chassé dans les bois du prieuré par des braconniers ; mais les religieux découvrirent les filets et s’en saisirent de là un procès qui se termina par un accord à l’amiable.

 

         En 1674, une sentence de la maitrise particulière de Coucy le Château condamna trois habitants de Corbeny chacun en cent livres d’amende pour avoir chassé dans les bois du prieuré.

 

         En 1747, un sieur Reignier, ayant chassé à Craonne, dans un canton dit La Croix des Bois appartenant aux religieux, s’entendit condamner par la maitrise de Laon en 50 livres d’amende et 100 livres de dommages ; la sentence fut ratifiée par la table de Marly de Pais mais avec mitigation de l’amende et du dommage. Pour veiller au droit de chasse, les religieux avaient un sergent forestier ou garde-chasse ; le 25 janvier 1636 le sieur de la Capelle, gentilhomme ordinaire de l’abbé de Saint Remy, fut nommé par lui capitaine, gardien des chasses de Corbeny, Craonne et Chevreux avec une rente de 12 cordes de bois et 3000 fagots pour son chauffage.

         Le 15 février 1747, ce fut le comte d’Etampes qui reçut le titre d’inspecteur des chasses de Corbeny, Craonne, et Saint Erme ; le prieuré de St Erme, qui avait appartenu à l’abbaye de Lobbes en Hainaut était, depuis le 25 juillet 1573 réuni à l’abbaye de Saint Remy qui l’avait échangé pour le prieuré d’Houdin en Belgique ; l’accord avait été passe entre l’archevêque abbé Charles de Lorraine et Messire Erme François abbé de Lobbes

 

 

 

         La chasse n’est plus louée depuis 1871. Cependant par délibération du 22 octobre 1871, approuvée le 28 octobre suivant, le conseil municipal a autorisé le maire à concéder annuellement et par voie directe le droit de chasse sur les biens communaux ; la concession est délivrée sur le vu d’une quittance de la somme de dix francs versés dans la caisse municipale ; le produit annuel de la chasse sur les dits biens communaux est de soixante francs.

         La chasse est libre sur le reste du territoire.

         Le territoire de Craonne est assez giboyeux ; on y rencontre le lièvre, le lapin, la perdrix, la caille, etc.

 

- sociétés agricoles, agences, comices, foires, marchés, abattoirs :

 

         Les foires ont lieu le mardi saint et le 3 novembre.

         Il y a marché à Craonne le samedi.

         La 1ere foire a été établie le 13 décembre 1832 par Louis Philippe ; la dernière a été établie en 1432 par Louis XI sur la demande du prieur de Corbény.

 

Etablissement à Craonne d’une foire franche annuelle de trois jours en 1482

 

         « Louis, etc, nous avons recu l’humble supplication de noz bien amez les prieur et couvent de St Marcoul contenant que ils sont seigneurs et à eux complètes et appartient, à cause dudit prieuré, le village de Craonne, lequel est situé et assis en beau pais fertile, et dépopulé tant au moyen des guerres qui du temps de fu nostre chier et honoré père, que Dieu pardonne ! y ont eu aussi long espace de temps, comme aussi par plusieurs allées et venue de gens d’armes et au moyen des guerres qui ont esté en nostre royaume depuis nostre avènement à la couronne, ont par plusieurs fois logé audit village de Craonne, par quoy les subjets d’icelle, terres ont été dépouillés de tous les biens qui y croissent, et à ceste cause sont tombés en si grande poverté qu’ils ne peuvent supporter en paier les deniers et rentes qu’ils doivent audits supplians, par quoy le Divin service en peut estre retardé ou diminué. Et à ces causes, iceux supplians nous font supplier et requérir que, attendu ce que dit est, que nostre plaisir soit leur octroient et establir chacun en une foire franche audit lieu de Craonne, durant trois jours consécutifs, afin que les subjets, manans et habitans dudit lieu puissent, plus aisément, payer leurs tailles et imposition, et sur ce leur impartir nostre grâce et provision. Pourquoy nous, inclinons favorablement à la requeste desdits supplians, en faveur de Monsieur St Marcoul auquel ladite église est fondée, avons créé et establi, créons et establissons ….. une foire franche chacun an audit lieu de Craonne trois jours

 

 

Durans au mois de novembre, c’est assavoir : les deux, trois et quatre premiers jours dudit moys, auxquels jours et chacun d’iceux on pourra vendre et achepter au dit lieu de Craonne, toutes denrées et marchandises comme l’on fait ès autres foires et marchés dudit pays. Si donnons en mandemant, etc. Donné à Beaugency, le 10 juillet 1482 et de nostre règne le 22e

 

 

 

 

                                      Préfecture de l’Aisne

 

 

Ampliation de l’ordonnance Royale en date à Paris du 13 décembre 1832

 

                            Louis Philippe, Roi des Français

                            A tous présent et à venir, Salut

 

                            Sur les rapports de notre ministre secrétaire d’Etat du commerce et des travaux publics

 

                            Le comité de l’intérieur et du commerce en conseil d’état entendu

                            Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

 

                            Articler l :

         Il sera établi dans la commune de Craonne arrondissement de Laon, département de l’Aisne, une deuxième foire dont la tenue aura lieu le jeudi de la deuxième semaine de Careme

 

                            Article 2 :

         Notre ministre secrétaire d’Etat du commerce et des travaux publics est chargé de l’exécution de la présente ordonnance qui sera insérée au bulletin des lois

         Donné au palais des Tuileries, le treize décembre mil huit cent trente deux

 

         Signé Louis Philippe

 

         Par le roi :

         Le pair de France ministre secrétaire d’état au département du commerce et des travaux publics

        

 

         Signé Cte d’Argout

 

         Pour ampliation : le maître des requêtes secrétaire           général du ministère du commerce et des travaux publics

 

         Signé : Edmond Blanc

 

         Pour ampliation conforme :

         Le conseiller de préfecture, secrétaire général

         Signé : Moret

 

- carrières, mines et minières :

 

         On extrait en beaucoup de lieux des marnes pour l’amendement des terres : les sols argileux de Longchamps entretenaient encore il y a 2 ans une briqueterie et une tuilerie.

         On trouve sur le territoire de Craonne trois carrières de pierres à bâtir et une de pierre à chaux :

 

         1 – la carrière de la Croix du Guidon

         2 – la carrière de la Caricailloux

         3 – la carrière du four à chaux

 

         Toutes trois pierre à bâtir

 

         4 – la carrière du bois de Geny : pierre à chaux.

 

- usines et manufacture :

 

         la commune de Craonne ne possède ni usine ni manufacture ; les moulins (Pontoy, Bourberis, moulin à l’Huile) n’occupent pas d’ouvriers.

         Craonne possède seulement deux fabriques de chaises occupant une dizaine d’ouvriers gagnant de 2 f à 2 F 50 par jour.

 

 

 

Fait à Craonne, le 18 avril 1888

 

 

L’instituteur

 

A. Cranchart

        

 

 

 

 

 

          

        

        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CRAONNE

 

 

CRAONNE

 

 

1 – GEOGRAPHIE PHYSIQUE

 

 

 

1 – situation astronomique de la commune :

 

         Village de l’ancien Laonnois, bâti au sommet d’une colline, à 20 kilom. à l’est de Laon, autrefois de l’intendance de Soissons, des bailliage, élection et diocèse de Laon, aujourd’hui chef-lieu de canton, arrondissement de Laon, diocèse de Soissons ;

         Ce village est bâti au flanc d’un coteau faisant face à la vallée de l’Aisne, vis-à-vis les grandes plaines qui forment l’ouverture de la champagne ; il est assez mal construit, mais son aspect et celui des environs sont des plus pittoresques.

         Les rues ne sont point larges et les maisons se serrent les unes contre les autres, comme faisaient les bourgeois du bon vieux temps, toujours si menacés et si inquiets que, par prudence, ils occupaient le moins de place possible.

         Le village de Craonne est assurément l’un des plus anciens du département ; nous ne pouvons toutefois accepter le sentiment de l’abbé Leboeuf qui, supposant que le nom de ce village a dû s’écrire autrefois Craodunum  y trouve le diminutif de Cesarodunum, la montagne de César, et part de là pour dire que ce lieu est celui ou César campa lorsqu’il envahit la Gaule Belgique. Il nous paraît plus naturel de chercher le lieu où ce général s’arrêta à St Thomas, où il existe (en effet un vaste camp que la tradition lui attribue) ; Craonne dérive plutôt du mot celtique Craon qui, selon Bullet, signifiait une grotte, une caverne ; d’où l’on peut conjecturer que les premières habitations de ce village furent creusées dans le roc.

         Craonne existait déjà au Xe siècle, époque où Charles le Simple en donna l’église à titre de donaire à sa femme Frédérone.

         Le domaine de Craonne a été donné en 918, par la Reine Frédéronne à l’abbaye de St Rem de Reims qui l’a conservé jusqu’en 1790.

         Craonne était le chef-lieu d’une subdélégation, de l’élection de Laon. Cette subdélégation comprenait Aguilcourt, Ailles, Aizelles, Aubigny, Beaurieux, Berrieux, Berry-au-Bac, Bertricourt, Bouconville, Boufffignereux,

 

 

 

 

Brienne, et Radonais, Cerny-en-Laonnois, Chaudardes, Concevreux, Condé-sur-Suippe, Corbény, Craonne, Craonnelle, Cuiry-lez-Chaudardes, Cuissy, Dammarie, Everguicourt, Gerny, Gernicourt, Glennes, Goudelancourt-lez-Berrieux, Guignicourt, Guyencourt, Jumigny, Juvincourt-le-Grand, Juvincourt-le-Petit, Lor, Maizy,Menneville, Merival, Muscourt,Neufchâtel, Oeuilly, Oranville, Oulches, Paissy, Pargnan, Pignicourt, Pontavert, Prouvais, Proviseux, Revillon Roucy, Sainte-Croix, Variscourt, Vassogne, Vauclerc, La Ville-aux-Bois-lez-Pontavert, et Villers-et-Prayères.

         Craonne fut, en 1790, le chef-lieu de canton du district de Laon et formé des communes d’Ailles, Aizelles, Aubigny, Berrieux, Bouconville, Chermizy, Corbeny, Craonne, Craonnelle, Dammarie-et-Fayaux, Goudelancourt-lez-Berrieux, Neuville, Saint Croix, St Thomas et Vauclerc.

         Le canton de Craonne s’étend au sud-est de Laon et se compose du bourg de Corbeny et des 39 villages de Craonne chef-lieu, plus de 13 hameaux et de 80 fermes ou maisons isolées, le tout formant aujourd’hui 22 paroisses.

         Le village de Craonne est borné au nord par Vauclerc, bouconville ; au nord est, par Corbény ; à l’est par la Ville-aux-Bois ; au sud par Pontavert ; à l’ouest par Craonnelle.

         Le cadastre de Craonne fut terminé en 1828

         La contenance du territoire est de 860 ha 89 a ; il était divisé de la manière suivante, à l’époque de la confection du cadastre :

 

         - terres labourables                            365 ha 05 a 65 ca

         - prairies                                           48 ha  95 a

         - terrains plantés                                147 ha 77 a  95 ca

         - bois                                                237 ha 61 a  10 ca

         - canaux et pièces d’eau                              22 a  20 ca

         - landes                                               33 ha 16 a  60 ca

         - propriétés bâties                                  4 ha 96 a 60 ca

         - grandes routes, chemins vicinaux

           Rues, places, cimetière superficie de

           L’église etc                                       23 ha 14 a  30 ca

 

                                      TOTAL                860 ha 89 a 00 ca

 

         Le centiare vaut 53.34

         Le revenu imposable est de 16.694 F 95 c

 

         La montagne (hameau) ; Chevreux (hameau) ; Bourbeny (moulin à eau) ;

 

 

 

Malcompté (isolée) ; le Marais, le Moulin de Craonne (moulin à eau) ; le Moulin Pontois (moulin à eau) ; Saint Victor (ferme) ;

 

         La grande couture, Rivière d’Esselle, Prés des Moineaux, La Grande Pâture, Forêt Barbeau, Bois Balles, Les Longs Champs, petits Longs Champs,Lagleau Machic, Le Gros Boule, les Pendus, Rouge Terre, Prés les Moines, Monsorquins, les Rougeries, Bas des Bourbelots, les Fourches, les Gloriettes, le Grand St Victor, Chapelle, le Monterault, Labovion, les Litières, Chemin des Pierres, la Caricailloux, Bac à Pourceux, le Concornet, les Savarts, au dessus de la Croizette, les Voies de Laon, le Bas des Voies de Laon, les Mazés, les Multeaux, Clos Lemoine, les Wardes, les Comtesses, les Besses, Voies de Laon du bas, haut des Comtesses, ls Croix, les Wardes mousses, les Warcous, les Haules, les Raults, les Buis, Vignes des Sorlins, les Folies, les Carmoins, les Rodois, les Longes Pierres, dessous la Mutte aux Vents, Vigns des Royers, Près des Royers, hameau des Chevreux, Aulnes Griffons, la Trésorerie, Prés des Chevreux, les Mottes, les Chantraines, Terres des Rogers, chemin de Pontavert, bois de St Nicolas, les Merlailles, l’Entoinnoir, les Longues Faces, Croisés du Temple, la Grande Haye, les Fonds de Craonne, bois de la Hulotte, chemin de Roucy, les Carrières, la Petite Carrière, champs ouis, bois de Geny, Pâture des Mottes, Bois de Beuvry, les Buttiers, chemin d’Amifontiane, sous le bourg, les Chenêts, la Croizette, les Pontons, les Certeaux, les Rouilles, Croix Buvry, les Fourrières, les Corbeaux, les Alleux, les Bonnevals, les Routis, les Remmuées, Voies des Moulins, entre les Voies du Moulin, les Courboins, les Limaçons, terres de la Montagne, Savart de la Montagne, les Revers, les Eveaux, les Mures Moines, les Queues de Leup, les Carcaignes, Chaudes Biches, l’Hermitage, Fontaine aux Grès, bas des Eveaux, les Ressuis, Prés des Courboins, Moulin des Bourbenis, les Brémonts, les Noyères, chemin de Craonnelle, les Grandes Vignes, les Warniprés, le moulin à l’huile, bout des Rozières, les Bertaudins, les Martignons, la Tuilerie, les Cos, terres des Martignons, le Ponceau, sous les Mortes Cuisses, Pontoy, les Marais, les Santés, les Veaux, la Motte aux Vents, Vignes du chemin de Reims, les Ronchères, chemin de Reims, Dame Cibile, Bois Culot.

 

2 – indiquer les noms successifs portés par la commune :

 

- Grauhenna          9e siècle

- Croona               906

- Crauna

- Craunna             911

- Craubena            991

 

 

 

- Creunna              1090

- Croana               1112

- Chroonia            1145

- Crauenna            1154

- villa de Craona    1230

- Craule en laonnois 1359

- Cranne               1651

 

- relief du sol :

 

         La colline de Craonne située au nord du bourg commence la chaîne parallèle aux vallées de l’Aisne et de l’Ailette ; le voyageur qui se placerait au point culminant qui domine le bourg de Craonne aurait à ses pieds Craonne, dont les coteaux de pampres chers à Bacchus ont vu les débats de la lutte qui d’après Napoléon devait amener les Français plus près de Vienne que de Paris.

         Entre les villes de Laon et de Soissons est situé l’immense plateau qui coupe le département dans presque toute sa longueur et qui sert de ligne de partage entre les bassins de l’Oise et de l’Aisne. Ce plateau a l’une de ses extrémités au dessus du bourg de Craonne et l’autre, dans le département de l’Oise, au dessus du bourg d’Attichy.

         Comparé à la surface de la mer qui couvre les ¾ du globe, le sol de la commune n’est pas élevé ; le point le plus haut (moulin léon) se trouve à 200 mètres ou plus du niveau des mers ; le point le plus bas (les Marais) n’est qu’à 60 mètres au dessus du même niveau.

 

- météorologie :

 

         La commune abritée des vents du nord par la montagne de Craonne, jouit d’une température uniforme et généralement douce ; les vignerons redoutent cependant les gelées printanières qui viennent trop souvent hélas ! détruire leurs plus belles espérances ; les orages y sont assez rares mais quelquefois dévastateurs.

 

- géologie :

 

         La surface du sol n’offre pas partout le même aspect ; on y voit :

 

         - au nord : un sol sableux

         - à l’ouest : un sol argileux

         - à l’est et au sud : un sol calcaro-ciliceux

 

        

 

         On n’y rencontre aucun métal ; la principale richesse minérale du sol consiste dans quelques carrières de pierre à bâtir ; la carrière de craie du bois de Geny servait encore il y a deux ans à faire de la chaux qu’on mettait en œuvre dans le pays.

        

- hydrographie :

 

         La commune ne possède d’autre ruisseau que le ruisseau qui prend sa source à Pontoy et va se jeter dans l’Aisne.

 

Les marais :

 

 

31 mai 1829                 les membres du conseil municipal de Craonne convoqués par M. le Maire de ladite commune en vertu de l’arrêté de M. le préfet relatif aux désséchemens des marais méridionnaux du Laonnois.

         Le Maire a donné connaissance au conseil municipal d’une circulaire de M. Devisme membre du commité du projet d’association des propriétaires et des communes relativement aux desséchemens desdits marais ; malgré que le conseil Mal pense qu’il n’y a aucune partie des biens communaux qui puissent être sujet au desséchement, néanmoins dans l’intérêt de quelques propriétaires qui avoisinent la rivière d’Elette, et dans celui de la commune, pour un arpent de pré seulement appelé le pré du pâtre qui avoisine ladite rivière, ledit conseil Mao a nommé M. Jean Louis Babled Pinon, maire de cette commune pour son délégué pour le représenter à l’assemblée des délégués des communes du canton qui doit avoir lieu incessamment.

         Fait, etc……

 

- bois et forêts :

 

         237 ha 61 a 10 ca (cadastre)

         266 ha                  (statistiques de 1882)

         Le sol forestier du territoire de Craonne a donc augmenté de 39 ha 38 a 90 ca depuis la confection du cadastre

         La commune n’en possède que 10 ha ; le reste appartient à des particuliers.

         Les arbres composant les bois sont : le chêne, le hêtre, le frêne, l’orme, le charme, l’aune, l’érable, le bouleau, le sapin, l’acacia, le tremble, le tilleul, le saule, le peuplier, le châtaignier.

 

 

 

 

- faune communale :

 

         Le pays n’est pas assez boisé pour être favorable à la propagation des bêtes fauves de grandes espèces ; aussi les animaux appartenant à cette catégorie, le sanglier, le chevreuil et le renard n’y sont pas multipliés.

         On y rencontre le lièvre et le lapin en assez grande quantité.

         Comme animaux plus petits, je citerai le putois, la belette, la fouine, l’écureuil, etc ; le rat, le loir et la souris pullulent ; les oiseaux sont ceux de la région.

 

- flore communale :

 

         Plantes alimentaires : pois, haricot, lentille, pomme de terre, fève, carotte, navet, betterave, asperge, sarrazin, blé, seigle, orge.

         Plantes nuisibles aux moissons ; nielle, bleuet, chardons, grateron.

         Plantes fourragères : sainfoin commun, luzerne cultivée, trèfle incarnat, trèfle commun, avoine.

         Plantes nuisibles aux prairies : millepertuis, fougères, narcisse des prés, mousse des prés

         Plantes médicinales : coquelicot, fumeterre, pensée sauvage, tilleul, mauve, ciguë, violette, reine des prés, chèvrefeuille, colchique d’automne, bourrache, camomille, bouillon blanc,  lierres, sabine

         Industrielles et économiques, textiles : ortie, genêt à balai, orme

         Economiques et industrielles : chiendent, bouleau, cerisier, fougère mâle, saule, buis, châtaignier, et sapin

         Oléagineuses : pavot, noyer, noisetier

 

- population :

 

         1760  151 feux

         1800 :   861 habitants      1818 :   864 hab.   1826 :   985 hab.

         1831 : 1058 hab              1836 : 1056 hab     1841 : 1003 hab

         1846 :   918 hab              1851 :   913 hab    1856 :   855 hab

         1861     852 hab             1866 :   826 hab    1872 :   755 hab

         1877 :   708 hab              1882 :   694 hab    1886 :   692 hab

         La population de Craonne a offert de 1800 à 1886, des variations très sensibles.

         De 1800 à l’année 1831, il y a une période de croissance de 861 à 1058 habitants, et depuis lors, chaque recensement accuse une diminution, ainsi que l’indique le tableau ci-dessus.

         Cette diminution est due aux causes suivantes :

        

 

         1 – depuis 1832, les décès l’ont emporté de 88 sur les naissances

         2 – les familles sont peu nombreuses

         3 – beaucoup de ménages sont sans enfant

         4 – les petits propriétaires, et ils sont nombreux, n’occupent que peu d’ouvriers et qu’une faible partie de l’année, ce qui oblige ceux-ci à émigrer ; les jeunes gens se fixent par le mariage dans d’autres villages.

 

- nombre de mariages, naissances et décès de 1833 à 1883

 

Années

Naissances

Mariages

Décès

1833 A 1843

291

101

270

1843 A 1853

232

105

220

1853 A 1863

188

65

209

1863 A 1873

184

59

226

1873 A 1883

148

65

206

TOTAL

1043

395

1130

 

Différences en plus pour les décès : 88

Moyenne     :         naissance     20.36

                            Mariage       7.9

                            Décès                   22.62

 

- habitants :

 

         Les habitants sont de taille ordinaire ; quelques hommes sont forts et robustes et se livrent à des travaux fatigants.

         Leur nourriture est variée (légumes, viande de boucherie, et viande de porc)

         La boisson principale est le vin fabriqué dans le pays

         Il est fait usage de la bière en été

         Le cidre est peu connu à cause de la rareté des pommiers gelés pendant l’hiver de 1879-1880.

         Les ouvriers consomment beaucoup de café ; ils font quelquefois un usage immodéré de l’eau-de-vie.

         Les habitants sont gais et actifs ; leurs mœurs sont assez régulières ; ils jouent au billard et aux cartes.

         Instruction au dessus de la moyenne

         La longévité est assez remarquable ; actuellement on compte à Craonne :

 

         De 70 à 80 ans                12 hommes

                                               17 femmes

 

 

         De 80 à 90 ans                7 hommes

                                               4 femmes

 

         De 90 à 100 ans              l femme

 

 

 

2 – GEOGRAPHIE HISTORIQUE

 

 

- évènements remarquables dont la commune a été le théâtre :

 

         1358 : les Anglais saccagent la contrée ; maître de Montaigu et de Vailly, ils en désolent les environs par leurs courses ; combat de Craonne, où un de leurs corps est défait par Robert de Couci, seigneur de Pinon, et par le chanoine Robertsart.

        

         1359  Hannequin, capitaine des Anglais, poursuit près de Craonne le sire de Pinon qui commande 60 cavaliers français, et fond sur sa troupe ; celui-ci sans perdre de temps fait mettre à pied à terre à ses gens et tient ferme derrière un grand fossé, bordé de hayes, où l’on ne pourrait jamais parvenir à cheval que par un défilé fort étroit, il envoie même à Pierrepons, éloigné de 5 lieues, demander du secours au chanoine Robertsart. Pinon ayant soutenu tout le jour les efforts des ennemis, était sur le point de succomber, lorsque Robertsart vient à toute bride le secourir avec 120 cavaliers, après avoir fait avertir le commandant de Laon. Il donne aussitôt lance baissée sur les ennemis, en terrasse trois d’un seul coup, les met en désordre et les taille en pièces ; cent cinquante restent sur la place, et les fuyards tombent entre les mains de ceux de Laon qui arrivent de sorte qu’il n’en échappe que quinze.

        

         En 1573 : les habitants obtinrent du roi la permission de lever une taxe de 4000 livres pour entourer de murs leur village, ce qui n’empêcha pas les ligueurs de s’en emparer et de le piller en 1590. Il retomba peu de temps après aux mains des royalistes qui le pillèrent à leur tour.

 

         1590 : les ligueurs s’emparent de Craonne qui leur est repris sur le champ.

 

         1590 : » le premier jour de l’an 1590, les habitants de Craonne feirent une assemblée generalle entroulx pour former le party qu’ils voullaient tenir. A ceste assemblée les réalistes se trouvèrent en plus grand nombre qui

 

 

 

 

arrestèrent de tenir le party du Roy. Ceulx qui ne voulurent signer sortir hors et feirent retraite en la ville de Laon, ou ils solliciterent sans qu’ils peurent la ruyne de ce bourg, avec instructions qu’ils donnèrent aux cappitaines de la garnison des moiens qu’il y fallait tenir et du grand proffies qui leur reviendroient ; finallement la garnison y fut qui print ce mieu et fut le butin rapporté, et les ligueurs installé à la place des réalistes ; mais quelque temps après les réalistes reprinrent le bourg et le pillerent, tellement que par moien, tous les habitans tant réalistes que ligueurs furent rendu égaulz par leur malice »

 

         1657 : la garnison de Rocroi fait des incursions dans le pays ;un parti de 300 chevaux reçu avec vigueur par ls habitants de Filain et ensuite par ceux de Craonne, perd son chef et une soixantaine d’hommes.

         1657 : les habitans, fatigués des brigandages que la garnison espagnole de Rocroy exerçait dans les environs, tombèrent sur elle à l’improviste et la taillèrent en pièces

 

         1700 : l’assassinat d’un garde de gabelles fut commis à Craonne le 24 juillet 1700. Le bailli de Craonne fit une enquête. Le lieutenant criminel de l’élection ordonna l’apport, au greffe de l’élection, de ladite enquête en déclarant que ledit bailli et tous autres, en l’espèce, étaient incompétents.

 

         1747 : au printemps de 1747, passent à Craonne 7 à 8000 prisonniers faits par Louis XV sur les Anglais et sur les Hollandais.

         Dans l’hiver suivant, passent encore de nombreux prisonniers qui souffrirent beaucoup de l’hiver et des neiges.

 

         1748 : en 1748, François Bécart, curé de Craonne, fait descendre l’eau de la Montage par des tuyaux posés par Nicolas Dubois, fontainier à Reims, afin d’alimenter le presbytère et une partie de la paroisse.

 

         31 mars 1788 : les assemblées se tenaient dans l’auditoire de la justice de St Remy, M. Suin était sindic.

 

         12 février 1790 : « cejourd’huy douze février mil sept cent quatre vingt dix, Messieurs les officiers composant le corps de la municipalité de la ville de Craonne assemblée sur la convocation faite par Monsieur Edard maire de cette ville a été exposé par ledit sieur maire qu’il lui avait été portée des plaintes par les nommée Claude Le Roy, berger, François Carlier et Nicolas

 

 

 

Mathieu tous deux vignerons, audit Craonne, contre le nommé Stanislas Parmentier, fils dusieur Parmentier Maître de chirurgie demeurant en cette ville, sur ce que ledit Stanislas avait la nuit du huit au neuf fevrier present moi faits différents ecars vers ls onze heures et demie ou minuit dans ladite ville. En profferant des juremens et imprécations de touttes espèces et vomissant des injures et insultes contre divers personnes respectables par leur naissance leurs etats et leurs sexes et nottament dans ses égarements s’est transporté sur le cimetière de ladite paroisse ou il a profféré milles imprécations sur les fosses de différents morts et particulierement sur celle de sa grand mere, et profférant milles injures et mille attrocités contre elle, ce qui a effrayée et scandalizé une partie des habitans dudit lieu ; qu’une conduitte aussy irregulière contraire au bon ordre et a la tranquillité publique mérite punition et une réparation pour le manque de respect aux mannes des fidelles trepassée dudit lieu ; et pour y parvenir il estimoit qu’il seroit apropos quil soit pris une délibération sur la nature de la punition et de la réparation, la matiere mises en délibération ; il a été arrété que lui Stanislas parmentier sera mandé au premier jour d’assemblée pour y recevoir une réprimande sévére en présence de tous les officiers de la municipalité et que le sieur parmentier son pere fera célébré seize messes basses pour le repos des ames des fidelles trépassés de la paroisse de Craonne lesquelles seront annoncé aux prônes par monsieur le curé avec recommandations et récit de Deprofondis. Les quelles messes seront declarés par monsieur le curé ne pas etre aux depens de la fabrique, et que le sieur parmentier pere sera tenus de representer le reçu de monsieur le curé pour laquit et payemens des dites messes, dont acte que tous les deliberants ont signé le jour et an susdit »

 

 

 

         10 février 1790 : « le nommé françois Le Clere vigneron demeurant en cette ville a été nomme garde verdure aux gages d’un sols par chaques chaumé de vigne, trois sols par arpent de terres, et trois sols dix deniers par arpent de bois prez et jardin »

 

 

         28 mars 1790 : « la municipalité décide que le jours des assemblées demeureroit fixée aux samedy deux heures de relevée en lhotel de monsieur le maire, et nome commissaires de police nicolas Deseuste et Jean Louis Sohier ».

 

 

         7 avril 1790 : « la taxe des citoÿens est fixée à 3 journées de travail, celle des citoyens eligibles à 20 jounées, et la journée d’ouvrier a vingt sols »

 

 

 

         2 mai 1790 : « cejourdhuy deux may mil sept cent quatre vingt dix, la commune de Craonne assemblée en leglise de Saint Martin paroisse du dit lieu, ladite assemblée provoquée à son de caisse pendant trois jours, et au prôsne de la messe paroissial, a ete proposé parMonsieur le Maire a luniversalité  des habitans que comme etant nées tous français il etoit de leurs dévoirs comme sujet de la nation de preter tous et sollannellement les sermets d’etre fidele à la nation à la loy et au Roy, pour aquoy parvenir et a été fait un appel nomilal de tous les habitans de cette paroisse, après lequel tous ceux qui se sont trouvés présent ont unanimement acquiéssé à la proposition faitte par Monsieur le maire, en conséquence il a été dit par lui, que conformement aux decrets de lassemblé nationale, Messieurs les Officiers municipaux alloient sur le champ preter à la nation le serment de fidélité a la ditte nation, a la loy, et au roy, et ensuitte toutte la commune dudit Craonne. Monsieur le curé y etant à prété entre les mains de Messieurs les officiers municipaux le meme serment d’etre fidel à la nation, à la loy, et au Roy et de concourire de tous leurs pouvoirs à lexecution desdites lois, après quoy Messieurs les officiers municipaux ont délibéré de concort avec Monsieur leveque curé de la paroisse, qu’en action de grace et la réjouissance de la solennité du vœu des habitans il soit chanté un té deum, ce qui a été exécuté sur le champ avec toute la solennité, La décoration et la dévotion que la circonstance pouvoit exiger a la satisfaction généralle de tous les habitans, lesquels ont signées le présent acte alexception de ceux qui ont déclaré ne savoir écrire n’y signer. Les jour et an cy dessus »

 

 

         20 juin 1790 : cejourd’huy vingt neuf juin mil sept cent quatre vingt dix, dix heures du matin, le corps de la municipalité de Craonne composé de M.M. Edard Maire de Morember, Oyon, et Mainon officiers municipaux assemblée en la maison de monsieur le maire, M.M. Suin et Foucault de Coucy, absents, a été exposé par Monsieur le Maire, que cejourd’huy vers les neuf heures du matin Monsieur Delamotte colonel, commandant la garde nationale de ce lieu, setait rendu chez lui, pour inviter M. M. les officiers de la municipalité a assister à la cérémonie de la benediction du drapeau de ladite garde nationale, qui devait se faire sur la montagne ou était dressé un autel et a loffertoir d’une messe qui serait célébré par monsieur labbée de Vaucler,que plusieurs paroisses du canton devoient se fédérer avec Craonne, et devoient s’y rendre en armes, et y preter le serment de fédération ; quil croyoit convenable que la municipalité se rendit aux instances de Monsieur le Commandant , et assistat

 

 

 

A cette ceremonie et reçut meme le serment de fidélité a la nation, à la loy, et au roy comme celui de fédération de la part des gardes nationales des differentes paroisses qui devoient s’y rendre.

         La matière mises en délibération, il a été unanimement accédé a la proposition de Monsieur le Maire, et il a été délibéré que le corps de la municipalité se transporteroit sur la montagne et assisteroit a la ceremonie de la Bénédiction du Drapeau en conséquence nous sommes rendus sur la montagne a la tete de la garde nationale en arme et en corps tambour battans, ou nous avons assisté a la messe célébrée par Monsieur labbé de Vaucler, a loffertoire de laquelle il a été fait la benediction du Drapeau, et a prononcé un discours analogue a la ceremonie, et apres laquelle les troupes confédérées ont prété devant nous le serment civique et de fédération, ensuite la messe a été continuée, après laquelle les gardes nationales ont fait différentes évolutions et sont rentrée en ordre et tambour battans dans la ville, ou étant rentrée a été fait et rédigé le présent proces verbal les jours et an que dessus. »

 

 

         Le 14 juillet 1790 : lan mil sept cent quatre vingt dix, le quatorze juillet, les maires et officiers municipaux composant la municipalité et les notables, et communes de Craonne assemblée dans l’église paroissiale dudit lieu, vers les onzes heures du matin, aditte assemblée annoncée au prosne de la messe paroissiale le dimanche quatre du present mois, en conformité de l’adresse de M.M. les administrateurs du département de l’aisne seant a Laon, et la lettre de Monsieur Blin procureur général sindic dudit département en datte du trente juin dernier, la garde nationale dudit lieu ayant fait battre la généralle des six heures du matin et ayant pris les armes vers les dix heures, s’est rendue sur le cimetière en ordre, tambour battant, le drapeau déployé, et s’est formée en bataille, alors monsieur le curé et le clergé est sorty processionnellement de léglise tous revetu en chapes précédée des bannières de la Croix et chandeliers alors il fut entoné le Veni créator, et la procession fut suivye de Messieurs les officiers municipaux et de la garde nationale, composé de deux compagnies de fusiliers et une de chasseurs ; de la et dans cet ordre, la procession, les officiers municipaux et la garde nationale se sont rendue a un carrefour au millieu de la ville, oü avoit été elevé un autel qui pouvoit etre visible de trois cotté répondant a trois rües, cette place ayant été choisie par Messieurs les Officiers de la Municipalité et Messieurs du Conseil de la commune comme plus convenable a la célébration de cette cérémonie et préférable a l’emplacement de la montagne, quoyque plus beau, et plus etendue, en ce qu’il n’obligeoit pas les habitans de s’éloigner de leurs foyers et a laisser la ville absolument vide des habitans des deux sexes ; la procession et la marche formées et dans l’ordre quil est dit cy dessus le clergée etant arrivé

 

 

A l’autel, la garde nationale s’est divisée par compagnie, et chacune a fermée une rue, et entourée l’autel laissant dans le centre une place suffisamment grande pour la célébration d’une messe basse, pour contenir le clergé les officiers de la Municipalité et les notables. Quand la messe fut avancée a peu près vers l’offertoir étant midy moins dix minutes, Monsieur le Maire a prononcé un discours analogue à la cérémonie, et a midy sonnant, il à annoncé a toute l’assemblée que ?????? heureux de la confédération de toute la nation française était arrivé, et a dit a haute voix, que tous les assistants de l’un et l’autre sexe, ainsy que toute la garde nationale ait a lever la main, et jurer d’etre fidel a la nation, à la loy, et au Roy. Et en maintenant de tout son pouvoir la constitution du Roÿaume dcrétée par l’assemblée nationale et acceptée par le Ro, il a été maimement répondu, par les enfans meme, a haute et inteligible voix je le jure, et nous le jurons.

         Apres quoy la messe a été continuée la concécration annoncée par trois coups de caisse, et a l’élévation tous les tambours ont battus aux champs ver la fin de la messe il a été chanté un Domiun Saloum fa Regen après lequel Monsieur le curé a chanté l’oraison qui suit ordinairement cette prière et ensuite il a été entonnée le Tedeum après quoy ayant été revétu de la chape, la procession s’est formée de nouveau, la compagnie de la garde bourgeoise qui gardoit la grande rüe a bordée la haÿe, la procession dans l’ordre quelle avoit repris est passé au millieu suivie de Messieurs les officiers Municipaux et de M.M. les notables, derriere se sont formée les trois compagnies de gardes nationale dont la première a continué de border la haye de chaque cotté de la procession qui a pris la rue qui conduit au grand escalier de l’église, dans laquelle on est rentré en chantant toujour le Tedeum qui a été achevé dans le chœur, et terminé par l’oraison ordinaire, après quoy Monsieur le curé a chanté Deux In Adjutorium et le chœur a continué et chanté sexte ainsy qu’il se fait dans les jours de la plus grande solennité, les matines, prieres et tiers ayant été chantée avant la célébration de la messe, après cet office les troupes nationales on défilé en ordre tambour battant, et drapau déployé se sont rendu sur la place, ou avoit été célébré la messe et ensuite, ont été mettre bas les armes ; et vers les trois heures après midy, les vespres ont été chantés le clergé en chapes de meme qu dans les jours de grande solennité.

         Toute cette cérémonie s’est passée dans le plus grand ordre on a vû l’allégresse et la satisfaction regner dans le cœur de tous les habitans et de la garde nationale et la paix a régné partout ; de tout, quoy nous avons fait, et rédigé le present procès verbal, que nous avons signées ainsy que Messieurs les notables et les officiers tant de l’état major, que des trois compagnies de la garde nationale, les jou et an susdits.

 

 

 

 

         29 juillet 1790 : «  cejourd’huy etc .l a été dit par Monsieur le Maire que le sieur Cavillier fondeur proposait avec douze cent quatre vingt seize livres a peu près des médailles restant daprès la fonte des quatres grosses cloches et en y joignant les timbres de lhorloge il feroit sy on le jugeoit apropos quatre autres cloches a l’octave et concordantes avec les quatre grosses nouvellement fondüe ; sur cette proposition il a été par lui fait un devis de la dépense de cette opération comme par le premier devis de la fonte des grosses il etait chargée de faire avec la matière restante deux petittes cloches, il ne trouveroit plus chargé par celui-cy que de la fonte des deux, pourquoy il s’engageait de les fondre livrer les moutons férures les batteries et les rendre à Craonne moyennant la somme des cent cinquante livres et trente six livres pour le transport, ce qui fait au total celle de cent quatre vingt six livres pour ce qui le concerne ; cette chose mise en délibération il a très unanimement décidé que M. Huillier marguillier serait autorisé à faire faire la fonte des dittes quatre cloches, et payer en fonte, etc … »

 

 

         1er janvier 1791 : « l’assemblée arrete que le carcan actuellement existant au poteau de la halle du dit lieu a la diligence de M. le procureur de la commune et ci le trois de ce mois sera arraché pour etre disposé ainsy qu’il appartiendra »

 

 

         3 avril 1791 : « les estimations des differents héritages située sur le terroir  du dit lieu ont été apprécies ainsy quil suit pour leur revenu net

         Savoir

         La premiere classe des vignes estimée produira annuellement une somme de quarante livres l’arpent

         La seconde classe vingt cinq livres aussy l’arpent

         La troizième composant la troisieme classe estimée douze livres aussy l’arpent, de revenu net

         La premiere classe es pres et vergers, estimée produira annuellement de revenu net, la somme de trente livres larpent

         Ceux de la seconde classe vingt livres

         Et ceux de la troisième classe dix livres

         La premiere classe des bois estimée produira annuellement de revenu net quinze livres de revenu par arpent

         Ceux de la seconde classe dix livres aussy de larpent

         Et ceux de la troizième classe cinq livre aussy de larpent

         Celles de la seconde classe autre livres aussy l’arpent

         Et ceux de la troisieme classe, deux livres aussy l’arpent

 

 

         Touttes les maisons audit Craonne, aux nombre de cent soixante neuf, ont été estimée produire de revenu net, la somme de cinq milles soixante dix livres

         La récapitulation faitte de tout le revenu en générale il s’est trouvé monter suivant l’état certiffié véritable joint et annexé acès présente à la somme de dix neuf mille quatre cents quatre vingt cinq livres dix sols »

 

 

         Le 19 avril 1791 : le maie a fait part à lassemble du deuille général ou la mort de feu Riquetty Mirabeau plonge la France ; que tous les bons françois digne de ce nom témoignent par leurs douleurs et par le service solennelle que lon fait faire pour lui, combien il est regretté quil demandoit quon lui rendit les memes honneurs et qui a été tout de suite arrété.

         A été aussy représenté par l’un de Mesieurs, que le Sieur Jean Dominique Duchenne de la Motte, commandant de la garde nationale de Craonne, laisse encore subsister sur sa voiture des armes prescrittes par les decrets de l’assemblée nationale et nottamment par la proclamation du département de laisne du trois décembre dernier, pourquoy lassemblée arrété que le procureur de la commune se retireroit sous trois jours vers le sieur Duchenne a leffet de l’engager a faire disparaître les armes blazonnée sur sa voiture et que faute par lui aussitôt la premiere notiffication, quil sera dénoncé comme réfractaire à ?? luy »

 

 

10 juillet 1791 : sur la représentation faite par M. le Maire que par délibération du quatre juillet présent moi, Jean Etienne avoit remercié la commission qui lui avoit été accordé comme messager de Craonne à Laon ; en conséquence lassemblée réunies, a procédé par voye de scrutin à la nomination d’une messager au lieu et place dudit Etienne ; Louis Bouvier vigneron demeurant audit lieu a réuni les trois quart des voyes, le surplus partagé entre Pierre étienne, et cir mathieu le dit bouvier présent et acceptant sous les conditions cy après

 

- personnages célèbres :

 

         Le village a donné le jour à Jean Gardon, dit de Craonne, habile canoniste de la fin du 14e siècle ; à Jean Lemoine, abbé de Basle vers 1571, l’un des plus célèbres théologiens du 16e siècle, et à César-François de Flavigny, littérateur du siècle dernier

 

         1 – Cardon jean dit de Craonne, habile canoniste ; il signala son zèle pour

 

L’extinction du schisme d’Occident, en allant en 1396, notifier à Benoit XIII dans Avignon comme procureur de l’Université de Paris un appel au futur concile, des censures de ce pape irrité de ce qu’elle opinait pour la cession.

 

         2 – à Flavigny (César-François, Vicomte de) lieutenant colonel de dragons ; il a fait passer dans notre langue les lettres du conquérant du Mexique et un ouvrage sur l’histoire naturelle et la géographie de l’Espagne, né en 1740, mort en 1784

 

- voies gauloises et romaines :

 

         1 – route des Dames : chaussée ancienne établie sur le plateau depuis Craonne jusqu’à l’Ange Gardien et au-delà ; son nom lui vient des visites fréquentes que à la fin du siècle dernier, les princesses des Francs firent au château de la Bôve, en passant par cette chaussée ; elle est d’ailleurs regardée à tort comme d’origine romaine ; nous la croyons au contraire gauloise.

 

         2 – chaussée gauloise de Reims à Laon et St Quentin ; cette chaussée très bien conservée, passe à Thil, Villers-Franqueux et Cormicy (Marne) ;traverse l’Aisne à Pontavert, où de toutes antiquités il y eut un pont, celui sans aucun doute pour nous, au moyen duquel César passa l’Aisne avec son armée pour aller établir son camp sur les hauteurs de St Thomas de Pontavert, cette chaussée s’avance sur Chevreux, Bouconville, Bièvres, Chérêt et Bruyères, où elle se soude à celles de Mets à Cambrai.

 

- existe-t-il quelque lieu portant le souvenir d’un champ de bataille ?

 

         Craonne a donné son nom à une bataille qui s’engagea sur son territoire le 7 mars 1814 entre les Français et les troupes alliées et où celles-ci furent défaites.

 

 

- église :

 

         La première donation faite à l’abbaye de St Rémy sur le territoire de  Craonne, lui vient de Charles III. Elle consiste en une métairie et une église que nous trouvons ainsi mentionnée dans la bulle par laquelle le pape Adrien III, en 1153, confirma les biens et privilèges de l’abbaye : « ecclesiam S. victoris de craonnâ, cum decimis et appendiciis suisl’église St Victor de Craonne avec la dîme et les droits qui en dépendent ; cette église a depuis longtemps disparu, et une petite ferme, située au milieu des bois en rappelle seulement le nom, sinon l’emplacement.

        

 

         Craonne ne possède plus qu’une seule église ; elle est placée sous le vocable de St Martin (4 juillet).

         Longueur : 27 mètres ; largeur : 19 mètres ½ ; largeur : 17 mètres (entrée de l’église.

                   L’intérieur de l’édifice se compose de trois nefs. Il est sur le plan d’une croix renversée, la partie longue de la croix vers l’entrée, et le haut de la croix vers l’autel ;

         La nef principale est des premiers temps de l’art ogival ; le clocher est de forme romaine ; cette église à dû être construite à une époque de transition, probablement dans la 1ère moitié du 12e siècle ; elle a dû être bâtie quelques années avant la cathédrale de Laon, sur l’âge de laquelle on est pas sur. Eglise ogivale du XIIe siècle pure de style, complète dans son plan hardie dan ses proportions ; clocher carré à flèche pyramidale, abside octogonale percée de deux rangs de fenêtre superposées et séparées par des colonnettes descendant jusque dans le sol ; absides latérales de même style ; chœur et transepts également portés sur des faisceaux de colonnettes ; nef à voûtes très élevées ; dans le bas côté nord, trois chapelles construites au XIVe siècle

        

- chemin de la croix : Jean Jules Dours, par la miséricorde de Dieu et la grâce du Saint Siège apostolique, évêque de Soissons de Laon Doyen et premier suffragant de la province de Reims, assistant au trône pontifical, sur la demande à nous adressée par M. l’abbé Caton, chanoine de Soissons curé doyen de Craonne, tendant à obtenir l’établissement canonique du chemin de la croix dans l’église paroissiale de Craonne.

         Nous avons autorisé et autorisons par la présente, l’érection du chemin de la croix dans ladite église de Craonne avec les indulgences accordées par les souverains pontifes en faveur des vivants et des morts.

         Et en vertu des pouvoirs obtenus du Saint Siège en date du 13 février 1864 nous nommons et déléguons M. l’abbé Caton pour procéder à cette érection à notre place.

         Donné à Soissons, sous notre seing, le sceau de nos armes et le contre seing du secrétaire de notre évêché le 15 octobre 1868.

         Signé : Jean Jules évêque de Soissons et Laon

         Par mandement de Monseigneur

         Signé Ledouble, secrétaire de l’évêché »

 

 

         « nous soussigné, François Marie Caton curé doyen de Craonne, chanoine honoraire de Soissons, conformément au bref de N.S.P.L. Pape Pie IX, glorieusement régnant, et suivant l’approbation et de délégation à nous accordée par Monseigneur l’évêque de Soissons et Laon en date du 15 octobre 1868

        

         Et en présence des témoins soussignés

         Avons érigé en ce jour 8 novembre 1868, dans l’église de Craonne le chemin de la croix, avec toutes les formalités et cérémonies requises par les décrets de la sacrée congrégation.

         En conséquence et suivant la teneur du ??? tous les fidèles qui visiteront les stations et rempliront les conditions prescrites, pourront gagner, chaque fois, toutes les indulgences que les souverains Pontifes, ont attachées à cette dévotion.

         A Craonne le 8 novembre 1868

Signé :

 

Babler, conseiller général               Poquet, doyen de Berry au Bac

Pictte, juge de paix                          Champion curé de Beaurieux

Garet, adjoint                                  Marcq curé de Pontavert

Goubeau président de la fabrique   Poitte curé de Guiguicourt

MM les membres du conseil            Marlet curé de Bérieux

Mésigac               id                         bouché curé de Charmouille

Gacoin                 id                         Delsart curé de Aizelles

Lamotte               id                         Bertrand, curé de Corbeny

Legeay                 id                         Delzay curé de Craonnelle

Deleme                id                         Lecomte, vicaire

Sœur Marie de la Croix institutrice Poix Instituteur

Sœur Casimir                   id            Caton, chanoine, curé doyen de Craonne

 

- tableaux : l’église possède trois tableaux :

         1 – résurrection de notre seigneur

         2 – descente du Saint Esprit sur les Apôtres

         3 – assomption de la Ste Vierge

 

- vitraux : les vitraux représentent :

         1 – Notre Seigneur en croix

         2 – Saint Jean

         3 – la Sainte Vierge

         4 – différentes scènes de la vie de St Martin, patron de la paroisse

         5 – la mort de St Joseph

           - Saint Joseph proclamé patron de l’église universelle par le pape Pie IX

         6 – Notre Dame de Lourdes

         7 – Notre Dame de la Salette

         8 – Notre Dame de Liesse

         9 – baptême de N.S.J.C.

         10 – baptême de Clovis

 

 

 

         11 – retour de l’enfant prodigue

         12 – N.S. donnant à St Pierre le pouvoir des clefs

         13 – ste Hélène

         Au dessus du portail, rosace représentant la Vierge Marie entourée des quatre évangélistes.

         1864 – acquisition d’un orgue à tuyaux pour le prix de 3000 F

 

- baptême des cloches :

 

1 – « l’an 1790, j’ai été bénie par Mr levecque curé de ce lieu est nommée Louise par Mr Louis Auguste Thuillier, fils des ??? Thuillier commissaire des vins en ce lieu et par Marie Louise Clotilde Dagneau fille de M. Dagneau conseiller du Roy au bailliage et siège près de Laon et fondue du tems de M. Thuillier marguillier et de M. Edart, maire dudit Craonne Claude La Croix clerc séculier (grosse cloche) »

 

2 «  en 1832, j’ai été bénite mon nom est Louise Eugénie mon parrain M. Lapy Jean Louis âge de 42 ans notaire membre du conseil municipal du bureau de bienfaisance et du comité de surveillance de l’instruction primaire et ma marraine Mme Eugènie Le Clere âge de 41 ans épouse de M. Pierre Louis Babler, propriétaire * Mr Bable Pinon étant  maire de Craonne * (2e cloche) « 

 

3 « en 1832 j’ai été bénite * mon nom est Joséphine Eléonore mon parrain M. Mauregny Jean Joseph Sébastien age de 53 ans chef du bataillon cantonnal de la garde nationale et membre du conseil municipal et propriétaire et ma marraine  M de Perin Nicole Eléonore Henriette age de 43 ans épouse de M. Pierre Antoine Théodore huissier public et 1er lieutenant de la garde nationale (3e cloche) »

 

3 « en 1832 j’ai été bénite * mon nom est Marie Louise mon parrain M. Soiher Antoine Lusurier age de 52 ans membre du conseil municipal et propriétaire et ma marraine Me Legros Marie Pierrette Adèle age de 53 ans épouse de M. Huet Jean Bte Martin percepteur des contributions directes et propriétaire (4e cloche) »

 

 

- liste des prêtres :

 

         - 1669 / 1682         MM Soucret, docteur en théologie

 

 

         - 1682 / 1691         Manceau

         - 1691 / 1701         Leclerc

         - 1701 / 1735         Le Couvreur

         - 1735 / 1782         Bécart, vicaire depuis 1732

         - 1782 / 1803         Levecque

         - 1803 / 1807         Dubois

         - 1807 / 1839         Dollé

         - 1839 / 1846         Charpentier

         - 1846 / 1878         Caton

         - 1878 / 1882         Vaillant

         - 1882 / 1885         Gilles

         - 1885 /                 Duployé

 

        

- hospice ou hôpital :

 

         Un ancien hôtel-Dieu, dit en chesnel rue de la Pissotte, disparut au XVIIe siècle, lors de la réforme des hôpitaux.

 

 

- cimetière :

 

         1er novembre 1865 : projet de translation du cimetière au lieu dit les Voies de Laon

 

         11 décembre 1865 : vote d’une somme de 2748 F 25 c pour le transfert du cimetière

 

- seigneurs de Craonne :

 

         La terre de Craonne appartenait autrefois à l’abbaye de St Remy de Reims et ne parait pas avoir eu de seigneurs laics particuliers après le 13e siècle :

 

         - 1141 / 1150         Adon de Craonne, Robert son fils, Renaud, son frère

         - 1173                   Robert, chevalier, seigneur de Craonne

         - 1194                   Eudes, chevalier de Craonne    

         - 1220                   Guillaume, chevalier de Craonne

         - 1226                   Eudes II, chevalier dud. ; Robert, son fils

         - 1235                   Gautier, Robert et Henri, fils de Baudoin le Wage de

                                      Neufchâtel, tenaient la terre de Craonne en fief du

                                      Prieur de St Marcoul de Corbeny

 

 

- documents historiques divers :

 

         En 1227, l’abbaye acheta à Robert Lecoq, seigneur de Neufchâtel tout ce que celui-ci possédait à Craonne, tant en fief que rotures, et terres, et si, dix ans après, elle en céda une partie à Baudouin le Wage, de Neufchâtel, elle fit l’acquisition en 1256, pour le prix de cens livres tournois, de tout ce que Jean, fils de Clérembard de Ruffi, de la famille des seigneurs de Montchâlons,  y possédait en franc alleu, savoir : sept muids de vinage, trois sols parisis de cens, deux quartels et demi de blé, avoine de rentes sur le grand moulin et autres redevances en avoine.

         En 1280, nouvelle acquisition de trois muids et demi de vinage, douze deniers de cens, six quartels de blé, deux de seigle et huit jallois d’avoine, achetés au chevalier Jacques de Moureny.

         En 1255, le seigneur d’Oulches, Enguerrant de Laigny, laissa à l’abbaye, du consentement de sa femme Marguerité de Nanteuil, tout ce qu’il possédait à Corbeny, Craonne, et Chévreux, à charge de prier pour le repos de son âme.

         Après l’établissement de la commune au XIVe siècle, des difficultés s’élevèrent entre le trésorier de Laon et le prieur de Corbeny relativement à l’exercice de leurs droits respectifs, et au mois de septembre 1355, Roger Lecoq, évêque de Laon, détermina que les deux seigneurs élevaient un mayeur en commun chaque année, et qu’en cas de désaccord, ils le nommeraient alternativement ; mais cet arrangement dura peu et la mairie de Craonne en tant qu’elle ressortissait du prieuré fut réunie ainsi que la mairie de Chévreux, à celle de Corbeny, avant 1397. Le mayeur de Corbeny fut chargé de rendre la justice à Craonne au nom de St Remy, et de son côté, le trésorier de Laon nomma des officiers pour juger les causes qui lui appartenaient.

         Le prieuré avait à Craonne une maison seigneuriale qui servait de prêtoir.

         Un acte de 1523, reçu par Bernard, notaire à Corbeny, nous montre les gouverneurs de la ville de Craonne reconnaissants le droit de justice des prieurs, et un autre acte de l’année 1528 lui attribue, au titre de la vicomté les deux tiers de la seigneurie, l’autre tiers appartenant au trésorier.

         Celui-ci résolut de se défaire d’une propriété qui était pour lui une source d’embarras et il proposa au prieur de lui céder ses droits à la condition qu’il recevrait en échange les censes de Monceaux et de Dercy ; l’acte fut préparé le 17 avril 1544, mais ne fut point mis à exécution.

         Des questions de préséance ne devaient pas manquer de s’élever entre les officiers des deux seigneurs ; il fut réglé que les officiers du prieur auraient le pas sur ceux du trésorier en toute circonstance, sauf en la fête patronale de Saint Martin où les honneurs seraient pour ces derniers.

         Les officiers du trésorier étaient tenus de se rendre aux plaids généraux qui avaient lieu de par l’autorité de l’abbé de Saint Remy

 

 

         Au plaid général du 19 septembre 1669, le baille Louis Dailly y fit la déclaration suivante des droits du prieur sur le bourg de Craonne :

 

         « le prieur a la vicomté dans tout ledit bourg de laquelle dépend la haute justice avec droit de ruage et de police ; avec la moyenne justice : pourquoi il institue  maire, lieutenant, échevins, procureur et greffier ; item, il y possède une maison seigneuriale ;

         Item le droit d’y faire tenir une foire le 3 novembre et un marché le samedi de chaque semaine,

         Les deux tiers des dîmes, grains et vins, quelques pièces de vignes et prés ; le moulin à vent »

         Trois jours de foire franche annuelle, les 2,3, et 4 novembre, avaient  été établis à Craonne en 1482, par Louis XI, à la prière du prieuré de Corbeny, pour indemniser les habitants des pertes qu’ils avaient subies dans les guerres. Ces trois jours furent ensuite réduits à un seul, comme l’indique la déclaration précédente de 1669 et la foire avait cessé d’être franche ; le marché du samedi était aussi assujetti à des droits, et c’est le prieuré qui devait seul entretenir la halle.

         En 1573, le bourg de Craonne fut entouré de remparts, et le prieuré aida à leur construction pour laquelle la loi autorisa la levée d’une taxe de 4000 livres ; les ligueurs s’emparèrent de Craonne en 1590, et dans la même année il fut repris par les royalistes.

         Le 21 avril 1672, un marché fut conclu entre l’abbé de St Remy, le trésorier de Laon et la communauté des habitants pour la restauration de l’église ; une sentence du bailliage de Reims condamna les habitants le 11 mai 1700, à réparer le cocher et à le remettre en ligne droite.

         Le curé de Craonne, nommé par le trésorier de Laon, était à la portion congrue ; le 1er mai 1780, une transaction passée devant M. Dequin, notaire à Craonne, entre François Bécart, curé, et dom Baudard, procureur de St Remy, amena le règlement suivant pour la part de l’abbaye :

         1 – « le dit sieur curé jouira des menues dîmes et de moitié des grosses dans les grains, au lieu du tiers ; les novales sont supprimées et réunies aux grosses ; ladite moitié sera perçue aux champs par le pitoyeur du curé, sans frais pour les religieux pour cette moitié.

         Il jouira comme d’ordinaire d’un quart dans les dîmes de vin.

         La dîme dans les celliers de M. Dagneau et de la Bretonne et M. de Flavigny ayant 30 arpens de vignes, lui appartiendra de lui seulement,

         Il jouira de l’exemption des dîmes sur ses propres vignes,

         Le 8 mars 1746, M. De Saint Remy, s’étaient déjà obligés à payer au curé 90 livres pour supplément des portions congrues et le dit sieur curé devait contribuer pour un quart aux réparations du chœur de cancel de l’église.

        

 

         La dîme du vin se prenait à Craonne à raison de 4 pots par poinçon ; la dîme des grains était de la 2e  gerbe. »

         D’après une déclaration faite le 8 mars 1734 au subdélégué de Craonne, le prieuré avait, en ce bourg, un revenu de 1300 livres pour droits de seigneurie, cours, rentes, foires, stellage, hallage, mesurage, échange, greffe, maison seigneuriale, surcens et les deux tiers des dîmes, y compris le tiers des dîmes de Craonnelle.

         Note : Dom Ribaille, qui avait fait à Corbeny des acquisitions pour le profit du petit couvent fit de même à Craonne ; il acheta en 1543, un jour et 20 verges de bois à la Grande Couture ; en 1545, 185 verges de bois à la conturelle, 18 verges de vignes, dites la Vigne aux Sorlin, sous le moulin à vent, et un pré de 40 verges ; en 1562, six hommées de bois à la Couturelle, puis il fit donation de tous ces biens au prieuré le 19 mai 1571.

 

 

- établissement du bureau de bienfaisance :

 

         - 6 juin 1836 legs de 600 F par M. Godet

         - 13 mai 1836        donation de 700 F par Mme Godet et Pilbert        

         - 10 juin 1838        Legs de 50 f par Mme Marguerite Thérèse Roger

                                      Epouse de M. Loyer Dominique

         - 12 Nov. 1842      M.M. Babled Leclerc et Babled Audebert versent

                                      La somme de 1000F dans la caisse du bureau de

                                      Bienfaisance

         - 1er janvier 1845    Legs de 500 F  par M. Charpentier

         - 11 juin 1853        Legs de 1200 F par M. Papy

         - 22 janvier 1862    legs de 1000 F par M. Oscar Ferdinand Paul Albert

                                      Babled

         - 25 février 1869    Legs de 600 F par Mme Anasthasie Estelle

                                      Bronoleau, épouse de M. Louis Constant Lacambre

         - 19 décembre 1882 M. Georges Babled, juge suppléant près le tribunal

                                      Civil de Lille fait donation de :

                                      1 – une somme de 500 F

                                     2 – une maison sise rue du buis

                                      3 – 14 ares de terres au lieudit le chemin de Reims

         - 7 mars 1887        legs de 600 F par Mme Veuve  Brouleau Dromain

 

 

 

- mairie :

 

 

 

         C’est au commencement du 13e siècle que fut érigée la commune de Craonne, et la redevance a payer au bailli du Vermandois pour les frais de Giste royal fut élevée à 126 livres.

         La seigneurie de Craonne étant partagée entre l’abbé de Saint Rémy et les trésorier du chapitre de Laon qui avait droit de présentation à la cuve Saint Martin, des  difficultés ne tardèrent pas à s’élever entre les deux seigneurs au sujet de la nomination du maire ; l’évêque de Laon, Robert le Coq, statua, en 1335, qu’ils le choisiraient en commun chaque année et, qu’en cas de désaccord, ils le nommeraient alternativement ; mais cet arrangement ne fut pas de longue durée, et nous voyons dès l’année 1397, la mairie de Craonne et Chévreux, en tant qu’elle dépendait du prieuré Saint Marcoul, réunie à celle de Corbény.

         La mairie de Corbeny, Craonne et Chévreux, fut vers ce temps constituée en un fief héréditaire, mouvant de l’abbé de St Rémy, et dont le possesseur pouvait disposer à son gré, c’est-à-dire, la rendre ou la louer, suivant les lois des fiefs, et dont le revenu consistait en cent sous tournois et quatre muids du vin, fournis par le prieuré.

         On ne connaît les noms que d’un petit nombre de maires féodaux héréditaires :

         - 1397         Gilles Amiet

         - 1479         Jean Gilbert, écuyer

         - 1559         Jacques Lenoir, écuyer ; l’abbé de Saint Remy lui accorda, le 5 mars 1572, l’autorisation d’avoir viagèrement un colombier à pied, moyennant un cens annuel de 4 deniers ; on sait que le droit de posséder de tels colombiers était réservé aux seigneurs ; la concession faite à Jacques Lenoir nous induit à croire qu’il habitait le petit manoir de la Tourelle, et que peut être le  fit construire ; le colombier dont il vient d’être question a disparu seulement au commencement de ce siècle ; le manoir a été aussi divisé en deux habitations, et l’une d’elles à bien conservé son cachet d’ancienneté ; la famille Fouquet y résidait au XVIIe et XVIIIe siècles et plus tard ce fut le logement de M. de la Fage, commandant de la brigade de la maréchaussée.

 

         - 1588         Noel Balot, sieur de Lapigneur, baille de Reims

         - 1622         Jean Bourquet, la mairie lui fut adjugée le 15 avril

         - 1623         Antoine de Chartigny rendit foi et hommage comme maire de Corbeny à l’abbé de St Remy le 22 février

         - 1634         Louis Boutteville, acheta la mairie à la veuve du précédent, et cet office fut estimé 1200 livres par deux avocats, en tenant compte de quatre muids de vin à prendre sur le prieuré ; le coût de l’expertise fut de 8 livres.

         L’année même de son entrée en charge, Louis Nouteville érige à ses frais avec le consentement du prieur, une croix près de l’entrée du bourg, au lieu qui a

 

 

 

gardé le nom de Croix du Maire, et où se trouve actuellement le cimetière paroissial.

         - 1642         Christophe Morel reprit la mairie à bail à la veuve Boutteville

         Adam Cullot lui succéda et fut le dernier maire féodal. La mairie fut rachetée par des religieux par contrat passé, le 6 septembre 1655 devant Leclève, notaire à Corbeny, et confirmé par sentence du présidial de Laon le 23 octobre, même année.

         Aux fonctions administratives, les moyens ajoutaient, celle de juges, et ils étaient chargés de rendre la justice à Corbeny et à Craonne. Ils trouaient leurs audience le lundi de chaque semaine et devaient à leurs frais poursuivre les criminels insolvables.

         Ils n’avaient point d’auditoire, c’est-à-dire de salle d’audience particulière ; c’est dans leur demeure ou à la porte de la maison seigneuriale qu’ils entendaient les plaideurs et condamnaient les coupables.

         Ils étaient assistés d’un lieutenant de justice qui, sur leur présentation, recevait de l’abbé des lettres d’institution et était, tenus à la résidence, sous peine de voir son emploi déclaré vacant.

         La mairie de Corbeny, Craonne et Chévreux, avons-nous dit plus haut, cessa d’être tenue en fief à partir de l’année 1655 ; mais le maire n’en continua pas moins de rendre la justice et nous voyons le 14 novembre 1568, Pierre Vuilez, ou Veuillez tenir un plaid général ; le tribunal fut ainsi composé : Pierre Vuilez, mayeur de Corbeny, Craonne et Chévreux ; Jean Le Clève, procureur fiscal ; Pierre Rousseaux, échevin ; Philippe Labbé, échevin ; Jean Wuarnet, greffier ; Robert Cheraux , sergent ; Nicolas Lolligeois, garde forestier ; en l’année 1666, le même mayeur, Pierre Vuilez s’intitulait encore juge et garde en la justice de Corbény.

         C’est seulement vers 1668 que le maire fut déchargé de ses fonctions de juge et laissé à ses seules fonctions administratives ; celles-ci furent même restreintes  au bourg de Corbeny ; Craonne et Chévreux eurent leur administrateur particulier ; quant à la justice elle fut rendue par un bailli.

 

Liste des maires  et adjoints de Craonne

 

Maires

Adjoints

17.. - 1775  M. Lefèvre

 

1775-1780  M. Dequin

 

1780-1781 M. Petit

 

1783-1784 M. Lefèvre

 

1784-1786 M. Sohier

 

1786-1787 M. Chéruit

 

1787-1790 M. Simon

 

1790-1791 M. Edard

 

1791-1792 M. de Villelongue

 

1792-1793 M. Lefèvre

 

1793-1795 M. Prévot

 

1795-1796 M. Martin

 

1796-1800 M. Rappelet

 

1800-1801 M. Leclerc

 

1801-1804 M. Rappelet

1804 M. Vignier

1804-1805 M. Pellet

1804.1805 M. Prévoteau

1805-1823 M. Babled-Pinon

1805.1813 M. Guiot

1823-1843 M. Curiot

1813.1835 M. Godet

1843-1844 M. Curiot

1835.1844 M. Sohier

1844-1849 M. Mennesson

1844.1850 M. Broulleau

1849-1850 M. Mauregny

1850.1853 M. Lapy

1850-1862 M. Dollé

1853.1854 M. Gavet

1862-1870 M. Bablet-Audebert

1854.1871 M. Brouilleau

1870-1871 M. Gavet

1871.1874 M. Lesigne

1871-1872 M. Broulleaux

1874.1876 M. Lamotte

1872-1876 M. Dollé

1876.1878 M. Danquin

1876-1878 M. Dollé (par intérim)

1878.1881 M. Longuet

1878-1882 M. Broulleaux

1881.1887 M. Danquin

1882          M. Longuet

1887          M. Lamotte

 

        

- liste des juges de paix et des greffiers :

 

JUGES DE PAIX

GREFFIERS

1790.1797 M. Dequin

1790.1801 M. Bernier

1797.1813 M. Courtin

1801.1814 M. Vasselier

1813.1837 M. de Tugny

1814.1817 M. Delamotte

1837.1868 M. Babled

1817.1837 M. Lacambre

1868.1878 M. Piette

1837.1846 M. Vigreux

1878          M. Lesigne

1846.1860 M. Dumay

 

1860.1866 M. Liance

 

1866          M. Brouleau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- liste des huissiers :

 

         - an 9 à an 12        M. Corrant 

         - an 9 à an 11        M. Delvincourt

         - an 9 à an 12        M. Corrant

         - an 11 à 1810       M. Chevergny

         - 1812.1816           M. Carbonnier

         - 1817.1846           M. Pierret

         - 1846.1871           M. Evrard

         - 1872                   M. Longuet

 

- notaires :

 

         Nous n’avons point à faire ici l’histoire, d’ailleurs très obscure, du notariat ; nous croyons cependant utile de dire que le droit d’enregistrer les actes publics appartint d’abord aux seigneurs, qui l’exercèrent par leurs baillis et officiers de justice ; Saint Louis ayant le premier institué des notaires royaux au Châtelet de Paris, Philippe le Bel étendit cette institution à toutes les terres de la couronne en 1302. Les tabellions furent créés en 1542 par François 1er, pour mettre en grosse et sceller les actes des notaires ; puis Henri II institua les Gardes notes, chargés  recevoir, à la mort des notaires, toutes leurs minutes et de les conserver pour leurs successeurs.

         Les trois classes de notaires furent ramenées en 1597, par Henri IV à une seule réunissant leurs attributions ; enfin, le 6 octobre 1791, la constituante transforma les notaires royaux en notaires publics et le 16 mars 1803, une loi nouvelle donna à ce corps l’organisation qu’il a encor aujourd’hui.

 

- liste des notaires :

 

         - 1659.1692           M. Blanche

         - 1736.1763           M. Dequin

         - 1753.1781           M. Danquin

         - 1763.1806           M. Dequin

         - 1781.1792           M. Suin

         - 1798                    M. Wignier (jusqu’à vendémiaire an XIII)

         - 1806.1826           M. Godet

         - 1826.1843           M. Lapy

         - 1843.1852           M. Mennesson

         - 1852.1871           M. Garet

         - 1872.1872           M. Wallon (administrateur provisoire)

         - 1872                   M. Blanchart

 

 

- liste des percepteurs :

 

         - 1800.1823           M. Prévot

         - 1823.1856           M. Huet

         - 1856.1863           M. Fournery

         - 1863.1867           M. Bozon

         - 1867.1876           M. Baudelot

         - 1876.1879           M. Pognart

         - 1879.1880           M. Lescot

         - 1880.1882           M. Belloy Henry

         - 1882.1884           M. Royaux

         - 1884.1885           M. Belloy Charles

         - 1885                   M. Bardenet

 

- écoles :

 

- 29 pluviôse an XII : » cejourd’hui 29 pluviôse an douze, les membres du conseil de la commune de Craonne assemblés au lieu ordinaire de ses séances présidée par le maire, disent qu’au moment ou le gouvernement s’occupe a pourvoir a la décence du culte et fait organiser des bureaux de fabrique dans les paroisses, ledit conseil regarde comme une obligation essentiel d’assurer l’instruction de la jeunesse, en fixant le sort du clerc laïc a qui elle est confiée et en lui prescrivant les devoirs qu’il a à remplir :

         Sort du maître d’école

 

1  il sera logé au depens de la commune qui s’occupera incessamment a lui procurer une école plus vaste plus éclairée et mieux proportionnée au nombre des enfans qui s’accroit de jour en jour avec la population

2 – il sera en tout tems exemps de logement et d’imposition mobiliaire

3 – il continuera à jouir du petit jardin qui est sur le cimetière

4 – il touchera par ménage un franc cinquante centimes chaque année et en deux termes égaux le 1er a Pasques et le 2e a Noel

5 – chaque enfant lui payera par mois un honoraire de 50, 40, 30 et 20 centimes suivant la classe qu’il occupera

6 – il touchera chaque année vingt quatre francs tournois pour regler et remonter l’horloge ainsi que de sonner à 8, 11 et 4 heures pour les ouvriers.

7 – il lui sera permis de se présenter après la vendange dans les pressoires pour y recueillir le vin qui lui sera volontairement et librement distribué a la charge de recevoir annuellement et gratuitement dans son école vingt enfant de la classe des pauvres que le maire de la commune de concert avec le ministre du culte lui auront désignés

 

 

         Charge du maître d’école

1-  il sera constament aux ordres du ministre du culte pour les offices de l’église et l’administration des sacremen

2 – il reglera et soignera l’horloge de l’église qui lui est confié de manière que la marche et la sonnerie ne soient jamais interompues

3- Il fera regulierement les dimanches le catéchisme aux enfants dans un des collatéraux de l’église, et ne le terminera qu’avec celui que le ministre du culte fait dans la nef aux enfans d’un âge plus avancé ou qui se preparent a leur première communion

4 – outre ce catéchisme les dimanches il en fera un chaque semaine le jeudi et samedi dans son école depuis une heure jusqu’à trois pour disposer les enfans a repondre le dimanche sur le chapitre qu’ils auront eu a apprendre par cœur et a reciter l’évangile, s’ils ont été jugés assés raisonnables pour l’étudier et le réciter de mémoire

5 – il sonnera tout les jours, l’angelus, l’été comme l’hiver a six heures du matin sans distinction pour les dimanches et fêtes et pour le soir a la chute du jour et au retour du travail

6 – son école commencera tous les jours de travail pour le matin savoir l’été à sept heures précise a commancer au 1er germinal jusqu’au 1er vendémiaire et l’hiver à sept heures demie depuis le 1er vendémiaire jusqu’au 1er germinal jusqu'à onze heures et pour laprès midi depuis une heure jusqu'à quatre heures demie hiver et a six heures en été

7 – depuis quatre heure demies jusqu'à cinq  il donnera une leçon de plein chant aux garçons de la première classe

8 – il fera matin et soir annoncer l’heure et l’ouverture de l’école en faisant tinter douze coups de la petite cloche

9 – il ne s’absentera jamais aux jours et heures des écoles sous quelque prétexte que ce soir, sans en avoir prévenu le ministre du culte

10 – il y aura interrption de classe où vacance pendant la quinzaine de la vendange, mais l’école sera ouverte et tenue dans la semaine Sainte, le lundi gras, le mercredi des cendres et aux jours de fêtes non chomées pour faciliter de plus en plus l’instruction d’une jeunesse nombreuse et entre les mains d’un seul maître

11 – la femme du maître d’école continuera de être chargée des petits enfans et ne les fera descendre de l’école que quand ils sauront épeler

12 – il menera une conduite exemplaire et fera tous les sacrifices nécessaires pour se mettre à couvert de la censure

13 – il inspectera tous les enfans qui lui seront confiés, même hors de l’école, et exigera qu’ils soient, respectueux et a leur place pendant les offices et qu’ils se conduisent sagement dans les rues

14 – il sera tenu de se présenter au conseil assemblé de Noel à Pasques et d’y

 

 

 

présenter un certificat du ministre du culte qui atteste de sa bonne conduite, et de son exactitude a remplir tous ses devoirs

         que ces obligations soient remplies fidèlement, le maître d’école peut compter sur la protection du conseil municipal et sur la reconnaissance de la commune.

         Le conseil arrête que copie de la présente délibération sera envoyée au Citoyen. Chemin , maître d’école pour s’y conformer »

 

- séance du 6 février 1806

 

         «  Le conseil municipal de la commune de Craonne assemblée en vertu de la loi qui l’autorise à se réunir le 15 pluviôse pendant quinze jours, pour délibérer sur tout ce qui concerne et interesse ladite commune lecture faite de l’arrêté de la préfecture du 25 janvier et de l’interdit porté par Monseigneur l’ évêque de Soissons de même datte, sur Jean Etienne Chemin, clerc laïc et maître d’école, dans ladite commune, convaincu de la vérité des faits déposés contre lui et de la justice des mesures rigoureuses que prennent les autorités spirituel et temporel pour éloigner de la paroisse un sujet qui la révolte depuis longtemps par ses scandales :

Arrête :

1 : que ledit, Jean Etienne Chemin sera appellé pour avoir notification de l’interdi prononcé par Mr l’évêque et de l’arrêté de la préfecture qui le suspend également de ses fonctions,

2 : qui lui est signifié d’évaquer la maison commune où l tien l’école pour la laisser libre a son successeur,   

3 : que le ministre du culte sera invité a annoncer sur le champ la vacance de la place et a chercher de concert avec les membres du conseil un sujet qui convienne pour la conduite et les talans pour être présenté à ladite administration

Fait et arrêté à Craonne les jours et an que dessus »

 

- 1832 : construction de la mairie actuelle avec école (garçons), halle et salle d’audience

         Devis : 7526 F ; la dépense paraît avoir été de 10 381 F 30C

 

         La commune de Craonne est pourvue de deux écoles primaires publiques ; l’école des garçons est dirigée par un instituteur laïque, et celle des filles par une institutrice congréganiste.

         L’école des garçons, située au dessus de la halle, tient du côté de l’est à la

 

 

 

 

mairie, du côté de l’ouest à la maison de M. Lebègue, du côté du midi à la rue St Remy et du côté du Nord à la rue du Presbytère.

         Elle a 8m30 de longueur, 6 m75 de largeur et 3 m 70 de hauteur.

         Elle est éclairée par 6 fenêtres : 3 sur la façade et 3 sur le derrière.

         Nombre d’élèves : 37

         La commune ne possède pas de logement pour son instituteur

         Le conseil municipal inscrit chaque année au budget une somme de 340 F sous le titre « indemnités de logement à l’instituteur » et c’est à l’aide de cette somme qu’elle lui procure un local.

 

         L’école des filles :

 

- 10 mai 1830 : le premier acquéreur du presbytère de Craonne l’ayant vendu à M. Levecque, curé, et les héritiers de ce dernier l’ayant cédé à M. Dollé, curé actuel, celui-ci, dès le 23 mars 1812, l’avait abandonné à la commune moyennant 2400F.

         Le 10 mai 1830, M. Dollé donne gratuitement sa maison à la commune, sous condition qu’elle achètera la maison de Mme Veuve Babled-Maynon, pour y installer une école de filles tenue par deux sœurs, en ajoutant diverses obligations.

         Le 28 octobre 1830, à a suite d’une enquête dans laquelle la majorité des habitants s’était prononcée contre l’établissement d’une école de filles, dirigée par des sœurs, le conseil vote sur la question de savoir s’il y a lieu de poursuivre la vente des biens communaux destinés à solder les 6000 f prix de la maison achetée : cinq conseillers votent pour et cinq contre.

         Le 1er août 1836, le conseil accepte la donation du presbytère faite par M. Dollé, et vote 66OO F pour suffire à l’installation de l’école des filles.

 

         Le 29 juillet 1856 : le conseil municipal réuni en session extraordinaire reconnaissant que la maison d’école des filles est devenue inhabitable décide que l’acquisition d’une maison sise rue St Remy, appartenant à M. Fournaire, devra être faite moyennant la somme de 6500F.

        

         Le 29 septembre 1860 : achat de ladite maison ; le montant des réparations ayant été de 2200 F, la dépense s’est donc élevée à 8700 F.

        

         La première classe a 6 m de longueur, 5 m de largeur, et 3 m de hauteur ; elle est éclairée par 3 fenêtres : 2 sur la façade et une sur le derrière.

 

         La deuxième classe a 6 m de longueur, 5 m de largeur et 3 m de hauteur

 

 

Elle est également éclairée par 3 fenêtres : 2 sur la façade et une sur le derrière .

         Nombre d’élèves : 25

 

- liste des instituteurs :

 

         - 1790         M. Lacroix

         - 1795         M. Hacquart

         - 1796         M. Chemin

         - 1806         M. Coudray

         - 1806         M. Petit

         - 1809         M. Périn

         - 1825         M. Bizon

         - 1867         M. Poix

         - 1872         M. Thuillier

         - 1875         M. Colombes

         - 1880         M. Tranchart

 

- liste des institutrices :

 

         - 1840         Sœur Joséphine Decrepet

         - 1852         sœur Marie de la Croix

         - 1879         sœur Marie Mayo

         - 1880         sœur Marie Mesnard

         - 1884         sœur Lesigne

         - 1885         sœur Lefèvre

         - 1886         sœur Guon (Marie Ange)

 

 

 

3 – GEOGRAPHIE ECONOMIQUE

 

 

- état des terres :

 

         Les terres du territoire de Craonne sont d’un labour assez facile ; l’agriculture suit la voie progressive ; si l’on emploie peu d’engrais artificiels pour l’amendement des terres, toutes les pailles retournent en fumier à la terre    Par suite du morcellement de la propriété les terres sont bien cultivées.

         Les différentes récoltes se succèdent à peu près de la manière suivante :

 

 

 

 

         1e  année : pommes de terre ; 2e année : froment ou seigle ; 3e année : avoine ;

         La culture dérobée est assez souvent pratiquée.

         L’assolement libre est pratiqué par les maraîchers

         Les instruments aratoires en usage sont : la charrue simple, le brabant, l’extirpateur, la herse, le rouleau.

         Les céréales cultivées sont : le blé, le seigle, l’avoine, l’orge.

         La récolte des céréales est assez productive, mais le pays ne peut suffire à la consommation de ses habitants.

        

 

- prairies naturelles ou artificielles :

 

         Il existe environ 25 ha de prairies naturelles donnant un foin de bonne qualité, et 25 ha de prairies artificielles où croissent le trèfle, la luzerne, le sainfoin.

         On cultive aussi diverses sortes de fourrages, tels que la lentille, la jarosse.

 

- extrait de la délibération du conseil municipal du 22 août 1824

 

         « le conseil, etc

         Après en avoir délibéré a été d’avis que l’usage de la vaine pâture sur les prairies des particuliers non closes ni entourés de fossés, soit à l’avenir interdit à la proie commune, aux troupeaux des particuliers, et aux particuliers eux-mêmes qui conduisent leurs bestiaux par le licol, attendu au surplus que les patures communs sont suffisantes pour la proie commune et la proie appart

         Fait, etc

 

         Un arrêté du 9 novembre 1824, qui règle la vaine pâture contient les dispositions suivantes :

 

1824 – 9 novembre : arrêté concernant le rglement pour l’exercice de la vaine pâture sur le terroir de la commune de Craonne.

         Le maire de la commune de Craonne, considérant qu’il est urgent que l’exercice de la vaine pâture soit réglé sur le terroir de Craonne, et en conséquence de la délibération prise par le conseil municipal dans sa séance du 22 août dernier ainsi que des motifs qui y sont détaillés desquelles il resulte que les pâtures communes sont suffisantes pour les proies communes et les proies à part d’après l’ancien usage et que ladite vaine pature doit être à la

 

 

 

 

venir interdite dans les prairies des particuliers non closes ni entourés de fossés, tant aux troupeaux communs qu’aux troupeaux particuliers :

         arrête ce qui suit :

        

         art. 1 :

         les pâturages dans les prairies des particuliers non closes ni entourées de fossés est et demeure interdit à la venir à toutes especes de troupeaux

         art. 2 :

         les troupeaux de vaches paturont comme c’est fait jusqu’al’ors toute l’année, les patures communal, situées sur la montagne et dans les lieux clos,

         art. 3 :

         les troupeaux de moutons pourront paturer comme cela c’est fait jusqu’al’ors toute l’année, la montagne et les patures appellées les Monts, ainsi que les terres en j’achères ; ils ne pourront paturer, ainsi que cela à tout jours eu lieu, dans les deux grandes patures situées au prez du bois de Corbeny et tenant au terroir de Bouconville qu’a partir du 11 novembre de chaque année ; jusqu’au 25 mars suivant, pour le surplus de l’année ces paturage étant exclusivement pour les troupeaux de bêtes à cornes.

         Fait et arrêté à la mairie, à Craonne, ce 9 novembre 1824

         Approuvé le 11 décembre 1824 par M. le préfet de l’Aisne

 

- usages de diverses natures qui sont en vigueur :

 

- logement :

 

         (art. 1777) : le fermier sortant doit laisser à celui qui lui succède dans la culture, les logements convenables et autres facilités pour les travaux de l’année suivante, et réciproquement le fermier entrant doit procurer à celui qui sort les logements convenables, et autres facilités pour la consommation des fourrages et pour les récoltes restant à faire ; dans l’un et dans l’autre cas, on doit se conformer à l’usage des lieux.

         Le fermier entrant prend possession à la Saint Martin qui précède sa première couvraine ; 1 d’un tiers des terres labourables dont se compose l’exploitation, ne sont pas comptées comme telles celles de ces terres converties en prairies artificielles, à la condition, toutefois, qu’elles seront laissées en cet état au départ du fermier sortant et qu’elles n’excéderaient pas le cinquième de la masse ; 2 – et d’une partie du corps de logis et de ses dépendances un tiers environ, ainsi que des bâtiments qui lui sont nécessaires ; et à leur grangement des fourrages destinés à la nourriture de ces bestiaux. Au 1er octobre qui suit la dernière récolte faite par le fermier sortant, celui-ci cède à son successeur la

 

 

 

partie du corps de logis qu’il avait occupée jusque là pour reprendre celle cédée à ce dernier le 11 novembre précédent ; pareille permutation a lieu au sujet des écuries de leurs bêtes d’attelage ; le fermier sortant conserve la jouissance des granges jusqu’au 1er mai de l’année qui suit la dernière récolte, et jusqu’au 1er juin suivant celle des bergeries et étables abritant les bestiaux consommateurs.

 

- pailles et fermiers :

 

         (art. 1778) – le fermier sortant doit laisser aussi les pailles et engrais de l’année, s’il les a reçus lors des entrées en jouissance, et quand même il ne les aurait pas reçus le propriétaire pourra les retenir suivant estimation.

         Les pailles, généralement quelconques, doivent retourner à la terre qui les a produites ; mais les fourrages peuvent être distraits par le fermier sortant, et le fumier à fournir par sol doit être en quantité suffisante pour fumer une étendue équivalant au sixième de la totalité des terres labourables de l’exploitation. A défaut de cette quantité de fumier, le fermier entrant a droit à des dommages et intérêts.

 

- étangs :

 

         On trouve quelques étangs mais ils sont des créations de l’industrie humaine.

 

- les arbres fruitiers et la vigne :

 

         Les arbres fruitiers sont : le pommier, le poirier, le cerisier, le noyer, le pommier.

         Les vins de Craonne sont renommés à juste titre ; mais seulement, depuis un certain nombre d’années, les produits qu’en tirent les vignerons sont, peu rémunérateurs, et il est à craindre que dans un temps plus ou moins rapproché, cette culture ne disparaisse de la commune et même du canton.

 

- le houblon et la betterave :

 

         Le houblon n’a jamais été cultivé à Craonne.

         On y cultive à peine 4 ha de betteraves fourragères pour l’alimentation du bétail.

 

- cultures de toutes espèces :

 

         Les légumes secs cultivés à Craonne sont : la fève, les poins communs, et le haricot de Soissons.

         Les légumes verts sont : les pommes de terre, les carottes, les navets, les choux navets, le choux, les choux fleurs, les oignons, les poireaux, le céleri, les concombres, les artichauts, les fraises, les salades, les épinards et asperges.

         Nota : la culture des petits pois et des asperges dont les habitants trouvent un facile écoulement sur la place de Reims et que la nature calcaro-siliceuse du terrain, dans les parties déclives exposées à l’est et au sud, permet de récolter de fort bonne heure, leur donne des profits intéressants.

         Les haricots dit haricot de Soissons y est également l’objet d’une culture importante.

 

- biens communaux :

 

         D’après le plan des chemins, ruelles, sentes, et biens communaux de la commune, l’étendue des biens communaux appartenant à ladite commune est de 108 ha 49 a 77 ca.

         Ces biens sont loués pour la plupart, par baux de onze années ne produisent plus annuellement que 462 francs 55 centimes.

 

- les animaux :

 

         Il existe dans la commune :

 

         56 chevaux ; 5 mulets ; 60 bêtes à cornes ; 18 chèvres ; 125 porcs (races du pays ) ; et 25 ruches d’abeilles en activité

         - Les animaux nuisibles à l’agriculture sont : le sanglier, le renard, le blaireau, la belette, le putois, la fouine, la marte, l’écureuil, le lièvre, le lapin de garenne, le loir, le mulot, le campagnol, l’épervier, l’émouchet, la buse, le rat, la souris, la limace grise, l’escargot, etc.

         - les animaux utiles à l’agriculture sont : la chauve-souris, le hérisson, la musaraigne, le lézard, la taupe, la grenouille, le crapaud, l’orvet, la couleuvre, la rainette, le chat-huant, l’effraie, l’hirondelle, le pic-vert, le coucou, etc.

         Dans le groupe des passereaux, les oiseaux à bec conique, court, robuste, nous fournissent une foule d’auxiliaires, plus ou moins intéressés, dont nous avons le droit de calculer les services et les méfaits.

         Je citerai principalement : les moineaux, pilleurs de semailles et de moissons, le bouvreuil (surnommé l’ébourgeonneur), le pinson, le chardonneret, la linotte, l’alouette, la mésange.

         Parmi les oiseaux à bec dentelé, je signalerai le merle.

         Le groupe des becs fins nous fournit une armée de chercheurs, d’éplucheurs, je citerai : le rossignol, la fauvette, le roitelet, la bergeronnette, le

 

 

 

 hoche-queue,

         le geai et la pie doivent être surveillés.

         Les insectes nuisibles sont : le taupin des blés, diverses espèces de chenilles, le ver gris, le papillon, le cloporte, la fourmi, le hanneton, la courtilière, la calandre du blé, les scolytes, les charançons, la forficule ou perce oreille, les sauterelles, les criquet, le frelon, la punaise, la guêpe, le puceron, le cousin, le taon, la mouche, le papillon blanc, etc.

         Les insectes utiles sont ; le lampyre, la coccinelle, la libellule, l’abeille, la mouche à viande.

 

- le droit de chasse :

 

         Le droit de chasse était l’un des principaux droits seigneuriaux ; les seigneurs le louaient, lorsqu’ils ne pouvaient l’exercer eux-mêmes.

         Relevons ici quelques uns des procès auquels donna lieu la violation de ce droit.

         En 1355, un porcelet sauvage fut chassé dans les bois du prieuré par des braconniers ; mais les religieux découvrirent les filets et s’en saisirent de là un procès qui se termina par un accord à l’amiable.

 

         En 1674, une sentence de la maitrise particulière de Coucy le Château condamna trois habitants de Corbeny chacun en cent livres d’amende pour avoir chassé dans les bois du prieuré.

 

         En 1747, un sieur Reignier, ayant chassé à Craonne, dans un canton dit La Croix des Bois appartenant aux religieux, s’entendit condamner par la maitrise de Laon en 50 livres d’amende et 100 livres de dommages ; la sentence fut ratifiée par la table de Marly de Pais mais avec mitigation de l’amende et du dommage. Pour veiller au droit de chasse, les religieux avaient un sergent forestier ou garde-chasse ; le 25 janvier 1636 le sieur de la Capelle, gentilhomme ordinaire de l’abbé de Saint Remy, fut nommé par lui capitaine, gardien des chasses de Corbeny, Craonne et Chevreux avec une rente de 12 cordes de bois et 3000 fagots pour son chauffage.

         Le 15 février 1747, ce fut le comte d’Etampes qui reçut le titre d’inspecteur des chasses de Corbeny, Craonne, et Saint Erme ; le prieuré de St Erme, qui avait appartenu à l’abbaye de Lobbes en Hainaut était, depuis le 25 juillet 1573 réuni à l’abbaye de Saint Remy qui l’avait échangé pour le prieuré d’Houdin en Belgique ; l’accord avait été passe entre l’archevêque abbé Charles de Lorraine et Messire Erme François abbé de Lobbes

 

 

 

         La chasse n’est plus louée depuis 1871. Cependant par délibération du 22 octobre 1871, approuvée le 28 octobre suivant, le conseil municipal a autorisé le maire à concéder annuellement et par voie directe le droit de chasse sur les biens communaux ; la concession est délivrée sur le vu d’une quittance de la somme de dix francs versés dans la caisse municipale ; le produit annuel de la chasse sur les dits biens communaux est de soixante francs.

         La chasse est libre sur le reste du territoire.

         Le territoire de Craonne est assez giboyeux ; on y rencontre le lièvre, le lapin, la perdrix, la caille, etc.

 

- sociétés agricoles, agences, comices, foires, marchés, abattoirs :

 

         Les foires ont lieu le mardi saint et le 3 novembre.

         Il y a marché à Craonne le samedi.

         La 1ere foire a été établie le 13 décembre 1832 par Louis Philippe ; la dernière a été établie en 1432 par Louis XI sur la demande du prieur de Corbény.

 

Etablissement à Craonne d’une foire franche annuelle de trois jours en 1482

 

         « Louis, etc, nous avons recu l’humble supplication de noz bien amez les prieur et couvent de St Marcoul contenant que ils sont seigneurs et à eux complètes et appartient, à cause dudit prieuré, le village de Craonne, lequel est situé et assis en beau pais fertile, et dépopulé tant au moyen des guerres qui du temps de fu nostre chier et honoré père, que Dieu pardonne ! y ont eu aussi long espace de temps, comme aussi par plusieurs allées et venue de gens d’armes et au moyen des guerres qui ont esté en nostre royaume depuis nostre avènement à la couronne, ont par plusieurs fois logé audit village de Craonne, par quoy les subjets d’icelle, terres ont été dépouillés de tous les biens qui y croissent, et à ceste cause sont tombés en si grande poverté qu’ils ne peuvent supporter en paier les deniers et rentes qu’ils doivent audits supplians, par quoy le Divin service en peut estre retardé ou diminué. Et à ces causes, iceux supplians nous font supplier et requérir que, attendu ce que dit est, que nostre plaisir soit leur octroient et establir chacun en une foire franche audit lieu de Craonne, durant trois jours consécutifs, afin que les subjets, manans et habitans dudit lieu puissent, plus aisément, payer leurs tailles et imposition, et sur ce leur impartir nostre grâce et provision. Pourquoy nous, inclinons favorablement à la requeste desdits supplians, en faveur de Monsieur St Marcoul auquel ladite église est fondée, avons créé et establi, créons et establissons ….. une foire franche chacun an audit lieu de Craonne trois jours

 

 

Durans au mois de novembre, c’est assavoir : les deux, trois et quatre premiers jours dudit moys, auxquels jours et chacun d’iceux on pourra vendre et achepter au dit lieu de Craonne, toutes denrées et marchandises comme l’on fait ès autres foires et marchés dudit pays. Si donnons en mandemant, etc. Donné à Beaugency, le 10 juillet 1482 et de nostre règne le 22e

 

 

 

 

                                      Préfecture de l’Aisne

 

 

Ampliation de l’ordonnance Royale en date à Paris du 13 décembre 1832

 

                            Louis Philippe, Roi des Français

                            A tous présent et à venir, Salut

 

                            Sur les rapports de notre ministre secrétaire d’Etat du commerce et des travaux publics

 

                            Le comité de l’intérieur et du commerce en conseil d’état entendu

                            Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

 

                            Articler l :

         Il sera établi dans la commune de Craonne arrondissement de Laon, département de l’Aisne, une deuxième foire dont la tenue aura lieu le jeudi de la deuxième semaine de Careme

 

                            Article 2 :

         Notre ministre secrétaire d’Etat du commerce et des travaux publics est chargé de l’exécution de la présente ordonnance qui sera insérée au bulletin des lois

         Donné au palais des Tuileries, le treize décembre mil huit cent trente deux

 

         Signé Louis Philippe

 

         Par le roi :

         Le pair de France ministre secrétaire d’état au département du commerce et des travaux publics

        

 

         Signé Cte d’Argout

 

         Pour ampliation : le maître des requêtes secrétaire           général du ministère du commerce et des travaux publics

 

         Signé : Edmond Blanc

 

         Pour ampliation conforme :

         Le conseiller de préfecture, secrétaire général

         Signé : Moret

 

- carrières, mines et minières :

 

         On extrait en beaucoup de lieux des marnes pour l’amendement des terres : les sols argileux de Longchamps entretenaient encore il y a 2 ans une briqueterie et une tuilerie.

         On trouve sur le territoire de Craonne trois carrières de pierres à bâtir et une de pierre à chaux :

 

         1 – la carrière de la Croix du Guidon

         2 – la carrière de la Caricailloux

         3 – la carrière du four à chaux

 

         Toutes trois pierre à bâtir

 

         4 – la carrière du bois de Geny : pierre à chaux.

 

- usines et manufacture :

 

         la commune de Craonne ne possède ni usine ni manufacture ; les moulins (Pontoy, Bourberis, moulin à l’Huile) n’occupent pas d’ouvriers.

         Craonne possède seulement deux fabriques de chaises occupant une dizaine d’ouvriers gagnant de 2 f à 2 F 50 par jour.

 

 

 

Fait à Craonne, le 18 avril 1888

 

 

L’instituteur

 

A. Cranchart