PRENOMS DU 19ème Siècle 

L’exemple de Flavy-le-Martel

 

Par Mémoires du Canton

 

Parmi les prénoms féminins, c’est Marie, prénom à forte connotation religieuse, qui est le plus utilisé à toutes les périodes du 19ème siècle, parfois seul mais le plus souvent en prénom ajouté ou composé. Pour les garçons, le choix paraît dicté par des critères plus variés.

 

1803-1812 :

- Joséphine et Rose étaient les deux prénoms de l’épouse de Napoléon 1er, Joséphine Rose Tascher de la Pagerie, plus connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais, du nom de son premier mari.

Virginie et Suzanne étaient en vogue au 18ème siècle dans les arts : « Paul et Virginie », roman de Bernardin de Saint-Pierre, Suzanne dans « Le mariage de Figaro » de Beaumarchais, mis en musique par Mozart.

On trouve des prénoms curieux (voir tableau) et aussi des prénoms nouveaux formés par abréviation de prénoms existants : Delaïde (Adélaïde), Mélie (Amélie).

- Les prénoms masculins les plus répandus sont Louis et Charles, prisés sous l’ancien régime, Pierre et Joseph, survivance du catholicisme, Napoléon, référence au chef d’état, Auguste, Hypolite, Pâris, César, retour à l’antiquité.

 

1813-1822 :

- Joséphine reste toujours en vogue, Adélaïde, le prénom de la seule survivante de Louis XVI, apparaît fréquemment ainsi qu’Ismérie.

- Charles et Louis ainsi que Joseph, sont toujours fréquents. César est fort utilisé.

1823-1832 :

- Joséphine et Ismérie plaisent toujours. On voit apparaître Louise, prénom porté par la fille de Louis-Philippe 1er, reine des Belges. On trouve également beaucoup de Céline ou Célina ; Zélie devient un prénom courant.

- Louis, Charles, Joseph, Pierre, dominent toujours ; on rencontre aussi de nombreux François et Honoré, et toujours César. On peut aussi noter l’apparition de Jules.

 

1833-1842 :

- Joséphine est toujours à la mode, mais Louise progresse. On constate une apparition importante de Zélie et Amaranthe.

- Charles et Joseph restent fortement répandus, Louis décline.

 

1843-1852 :

- Joséphine et Louise se maintiennent, ainsi que Zélie et Ismérie.

- Charles et Joseph sont toujours à l’honneur, Louis revient. On note l’arrivée de Victor, Edouard et Gustave, et le retour de Napoléon.

 

1852-1862 :

- Louise et Joséphine sont toujours en vogue. Apparaît Eugénie, prénom de l’épouse de Napoléon III, Eugénie de Montijo ; de nouveaux prénoms deviennent courants : Augustine, Berthe, Julienne, Amélie, Marthe.

- Joseph, Charles et Louis se maintiennent, mais on constate une percée de Alfred et Arthur.

 

 

1862-1872 :

- A côté du maintien de Louise et Joséphine, on voit apparaître Jeanne.

- Persistance de Charles, Joseph et Louis, mais poussée d’Arthur.

 

1873-1882 :

- Joséphine disparaît. A Louise, Albertine,  Lucienne, Eugénie, s’ajoutent Henriette et Hélène

- Alfred prend la tête, Georges apparaît.

 

1883-1892 :

- On rencontre encore beaucoup de Louise et Jeanne. On voit arriver Gabrielle et Charlotte

- Arthur, Georges et Albert dominent, Alfred et Gustave sont toujours présents.

 

1893-1902 :

- Louise, Charlotte, Georgette, Lucienne sont en vogue

- Emile et Georges font une percée. René, Henri et André apparaissent.

 

1903-1912 :

- A côté de Louise, on note la présence de Simone et l’arrivée de Denise, Irène et Mireille.

- Henri, Georges et Lucien dominent.


 

Si on excepte l’omniprésence de « Marie », on note plus de fantaisie dans le choix du prénom des filles.

Pour les garçons, on reste plus classique.

 

Chez les filles, on peut noter l’influence des « people » du moment : Joséphine, Rose, Adélaïde, Louise, Eugénie

Mais on constate aussi la recherche de l’originalité : Argentine, Constantine, Basilique, Divine, Dauphine, Damarisse, le choix de sonorités féminines : Obéline, Zélie, Azémia, Malvina, Abeline, Ismérie

Certains prénoms peuvent nous sembler difficiles à porter : Bélissante, Basilique, Scholastique, Pétronille, Napoléone, Cloviste, Isabule, Onézime, Opportune, Restitude, Vénérande, Angadrem, Perpétue, Cloédie, Médélisse, Thomasse, Théolone

 

Chez les garçons, on reste fidèle aux classiques : Louis, Charles, Joseph, jusqu’aux années 1860, puis apparaissent Arthur, Alfred, Albert, Georges, Emile, Henri, André, Lucien, Jules, qui deviennent aussi des classiques.

Les références à l’histoire, ancienne ou contemporaine, sont fréquentes : Napoléon, Auguste, César, Charlemagne, Clovis, Annibal, Galien, Arthus, Clodomir, Colbert, Faidherbe, Kléber, Fénelon, Ovide, Abélard.

Ces prénoms ne sont pas toujours faciles à assumer, mais que dire de :

Agathon, Policarpe, Philogène, Zéphir, Philigore, Anacréon, Numa, Cléonis, Mériade, Sosthène, Adéodat