LES COMBATS DE LA CAVERNE DU DRAGON EN 1917

 

 

Dans le secteur du Doigt et du monument d’Hurtebise, le 16 avril 1917, la crête du Chemin des Dames fut atteinte par la 10e D I coloniale. Là se trouvait creusée sous le plateau, une vaste creute occupée par l’ennemi qui l’avait baptisée « la Grotte du Dragon ». Elle est située 4500 m à l’est de Cerny, près de la ferme d’Hurtebise.

 

 

C’était une ancienne carrière qui s’étend du nord au sud. Les Allemands en avaient fait une place forte, l’utilisant comme abri. Ils y installèrent des dortoirs, des dépôts de vivres et de munitions. Un groupe éléctrogène fournit l’électricité. De nouvelles galeries dont une sortie débouchant sur la pente nord, des puits d’aération furent créés. La grotte pouvait ainsi abriter un millier d’hommes qui y vivait protégé des bombardements. Une infirmerie recueillait les blessés. Les décédés étaient inhumés dans un petit cimetière ouvert dans un coin de la caverne.

 

 

Le 5 mai, les Français progressèrent sur le plateau. L’entrée sud de la grotte, murée, fut prise.

Les assaillants la surveillèrent  très étroitement, craignant qu’une attaque surprise n’en débouchât. Les contre-attaques allemandes se succédèrent sans arrêt en vain pour dégager la creute.

 

 

Le 17 juin, après un violent pilonnage, l’ennemi rompit le 43e B C P, reprit le Doigt, au-dessus de la caverne.

 

 

Menacés d’être rejeté de la crête, les Français contre-attaquèrent le 25 juin. L’assaut fut mené par le 152e R I, le régiment des Diables Rouges, qui nettoya au lance-flammes les nids de résistance. L’entrée sud de la caverne fut gazée. Le plateau fut rapidement pris. A 21h, les Français étaient solidement installés. L’entrée nord de la creute était atteinte. Tandis que les fantassins ratissaient la position, le médecin-major Duchamp et le prêtre-infirmier Py, pénétrèrent dans la caverne où ils se trouvèrent face aux occupants intoxiqués par les gaz.

230 hommes dont 2 officiers et 2 médecins se rendirent sans résistance : ils appartenaient au 57e R I prussien.

 

 

Les Français, utilisèrent à leur tour la grotte comme abri. La 17e D I du général Lanceron releva le 2 juillet la 164e D I. Le 1er bataillon du 68e R I s’installa au secteur Y : Monument d’Hurtebise et Caverne. Le 8, il repoussa un coup de mains ennemi contre la grotte.

Dans la nuit du 9, la 3ème compagnie du capitaine Troupeau qui défendait la grotte, y subit une nouvelle attaqueet refoula l’ennemi à coups de grenades. Le 25 juillet, les Allemands attaquèrent l’entrée sud du Dragon tenue par la 1ère compagnie du 68e  et par le 3ème bataillon du 90e R I qui y tenaient garnison. L’ennemi fut tenu en échec et rejété avec des pertes.

Le 27, les Marsouins de la coloniale relevèrent l’infanterie. La 3ème D I coloniale (7e, 21e, 23e   R I C) monta en ligne.

Le 7e R I C livra, avec le 61e bataillon sénégalais, de furieux combats à la grenade, lors de l’attaque du 29 juillet. La lutte devint incessante autour d’Hurtebise et elle dura tout le mois d’août, sous le chaud soleil d’été, sans eau, parmi les cadavres en putréfaction.

 

 

 

La 151ème D I  (293e ,  403e , 410e R I) releva les coloniaux, puis la 130ème D I (39e , 239e , 407e R I) releva la 151e D I. La lutte continua en septembre dans le secteur du Doigt où les Allemands contre-attaquèrent avec violence.

 

L’artillerie des deux camps pulvérisait sans cesse le secteur devenu un enfer comparable à Verdun.

 

 

Source : Panneau d’information de la Nécropole Nationale de Cerny en Laonnois (Chemin des Dames).

Transcrit le 22/04/2007 par Guy Destré Adhérent N°315.