Les armes de Saint-Quentin

 

Blason : ‘d’azur au buste de Saint Quentin d’argen,t accompagné de trois fleurs de lys d’or »

 

Ornements extérieurs : l’écu timbré de la couronne murale à cinq tours, crénelée d’or, maçonnée et ouverte de sable est posée sur une clef à dextre et une épée à senestre passées en sautoir, aussi d’or. En pointe de l’écu figure un listel d’argent chargé de la devise en lettres de sable : « PRO DEO REGE ET PATRIA » (pour Dieu, le Roi et la Patrie), et auquel sont appendues les décorations au naturel : la croix des Mayeurs, accordée par Louis XV en 1752, pour « la fidélité de la ville envers le Roi de France », (Saint-Quentin est la seule ville de France autorisée à faire figurer cette distinction dans ces armoiries) ; la croix de la Légion d’Honneur (décret du 6 juin 1897) et la croix de Guerre 1914-1918 (avec citation à l’Ordre de l’Armée).

 

 

Le Président de la République

Vu l’avis émis par le Conseil de l’Ordre de la légion d’Honneur dans sa séance du 5 juin 1897,

Sur la proposition des Ministres de la Guerre, de la Justice et de l’Intérieur

DECRETE

Article 1er. - la ville de saint- Quentin est autorisée à faire figurer dans ses armoiries la croix de la Légion d’honneur.

Article 2.- Les ministres d la Guerre, de la justice et de l’intérieur sont chargés à l’exécution du présent arrêté.

 

                                                                                                        Fait à Paris, le 6 juin 1897.

                                                                                                        Président de la République

                                                                                          Signé Félix Faure

 

                        Par le Président de la République

                        Le Ministre de la Guerre

                        Signé : général BILLOT

Le Ministre de l’intérieur           Le garde des Sceaux, Ministres de la Justice et des Cultes

Signé : Louis BARTHOU                                                    Signé : DARLAN

 

 

«  La ville de Saint- Quentin a donné, il y a 26 ans la preuve éclatante du patriotisme de ses habitants.

Le Gouvernement a jugé qu’il était nécessaire de perpétuer le souvenir de la résistance qu’ils ont opposée aux attaques de l’ennemi. »

«  Augusta Veronanduorum » fut bâtie à environ dix kilomètres de Vermand, la capitale des courageux Vermandues dont César parle dans ses Commentaires de façon fort élogieuse d’ailleurs.

Saint- Quentin y fut décapité au IVème siècle ; ses restes, dispersés dans la Somme, furent retrouvés quelques années plus tard, et inhumés sous la basilique dont les travaux ne commencèrent qu’en 1220.

Bâtie sur les deux rives de la Somme, et située sur la route des invasions, non loin d la Sambre, de l’Escaut et de l’Oise, la cité véritable porte du nord, eut toujours à souffrir de sa situation géographique.

Détruite successivement par les Germains et les Normands, Saint- Quentin se distingua particulièrement lors du siège espagnol en 1557. Nombre de ses habitants furent massacrés, mais la résistance qu’elle opposa à l’ennemi dix-sept durant, réussi à lui barrer la route de la capitale. Ce qui fit dire au général espagnol Caceres : « Chaque citoyen fut un mur de pierres », phrase élogieuse qui devint la devise de cette fière cité : « Civis Murus erat. En 1752, son loyalisme envers la monarchie lui vaut également d’être décorée par Louis XV de la croix des Mayeurs. Elle fut la seule ville de France qui reçut cette distinction.

Mais saint- Quentin allait une fois encore faire preuve d’un magnifique courage : assaillie le 8 octobre 1870 par 800 Prussiens environ, elle réussit à les repousser, et même à en faire quelques prisonniers… Les premiers revinrent à plusieurs reprises exigeant de fortes sommes d’argent tout en prenant de nombreux otages. Enfin, le 19 janvier, le prince de Lippe rentra dans la ville avec deux fois plus d’hommes qu’il n’en comptait Faidherbe, mais Saint- Quentin avait réussi à « fixer » l’ennemi et, de ce fait, avait bien mérité de la patrie. C’est au cours d’une magnifique et émouvante cérémonie que le président de la République, monsieur Félix Faure, remit le 7 juin 1897, la Croix de la Légion d’honneur à la ville tandis que l’on tirait les coups de canon.

Une brève période de paix permit à Saint- Quentin de se relever. Héritière des mulquiniers moyenâgeux, l’industrie textile se développa rapidement : guipuriers, brodeurs, tullistes, se remirent courageusement au travail, tandis que l’on ouvrait les ateliers de construction mécanique.

Hélas, 1914 fit de nouveau connaître l’occupation à cette ville si souvent meurtrie. Evacuée en 1917, elle fut pilonnée par l’artillerie et totalement détruite ; quoique affreusement mutilée, la basilique échappa à cet anéantissement.

La population s’était amenuisée et était tombée à 37 334 âmes en 1921.

Mais, courageusement, les habitants se remirent au travail et pour honorer ce courage, le gouvernement attribua la croix de guerre à la ville qui fut un des premières à se la voir décerner avec la citation suivante : La ville de Saint- Quentin, soumise, dès 1914, à l’occupation allemande, a supporté stoïquement la ruine et l’incendie, lorsque les armées alliées, engagèrent sous ses murs, au printemps 1917, une bataille acharnée.

Evacuée par ordre du commandant allemand, a subi fièrement ce nouveau sacrifice. Malgré les souffrances et les vexations, a conservé intacte sa foi dans le succès final. Travaille à son relèvement avec une énergie digne de son courage.

 

Paris : le 6 janvier 1920

Signé :Georges Clémenceau.

 

 

 

 

 

Extrait de Villes, Emblèmes et Collectivités décorés de la Légion d’honneur

Article de Maryse Trannois et Sébastien Sartori ; Reproduction : Nathalie Debreux